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Disclaimer : Les personnages de cette fiction m'appartiennent tous (pour une fois). Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé, etc, etc…
Style : Slash – une scène violente
Résumé : Ouh là… même finie, je ne sais pas comment la résumer ! Lisez et vous saurez !
Auteur : Cybelia – cybelia_
Note de l'auteur : Cette fic, je ne sais toujours pas d'où elle sort. Je me suis assise devant mon clavier un soir et pouf, c'est sorti tout seul ! J'espère que vous aimerez !
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Chapitre 1Alexis entra dans le studio d'enregistrement, le cœur battant la chamade. Il n'y était pas revenu depuis des mois. Pas depuis "ce jour-là". Il jeta un regard distrait aux deux techniciens qui s'affairaient sur leurs consoles et se dirigea vers le fauteuil vide qui l'attendait à l'autre bout de la pièce. Il le regarda quelques secondes avant de s'y asseoir, doucement, comme s'il avait peur que le siège ne disparaisse. Une fois assis, il leva les yeux vers la cabine insonorisée et laissa échapper un long soupir.
Tu me manques tant… Pourquoi m'as-tu laissé seul ici ? Je pensais qu'il me serait facile de revenir et de faire comme si rien ne s'était passé, mais ça ne l'est pas…
Il se détourna pour que les autres ne voient pas ses larmes. Il les sécha vivement en entendant quelqu'un l'interpeller.
- Monsieur Johnson ?
Alexis fit volte-face et se retrouva nez à nez avec le propriétaire du studio, John Wiseman.
- Bonjour, Monsieur Wiseman.
- Je suis heureux de vous revoir enfin parmi nous.
- Merci.
- On vous a donné le planning d'aujourd'hui ?
- Non, pas encore. Je viens juste d'arriver.
Wiseman lui tendit une chemise cartonnée.
- Vous commencez avec une séance pour Mademoiselle Dole. Et, cet après-midi, c'est Richard Masson qui enregistre son nouveau single.
- Ok, répondit distraitement Alexis en feuilletant le planning.
- Bonne journée.
- Merci, Monsieur.
Lorsque l'autre homme fut parti, le jeune ingénieur du son se tourna vers ses assistants.
- Marc, Lucy, vous avez entendu ?
- Oui, chef ! Content de te revoir, répondit Marc Lovel, un grand brun aux yeux noirs dont la carrure faisait penser à celle d'un boxeur poids lourd.
- Salut Alex ! Gazouilla la jeune Lucy Simons.
Elle s'approcha de son patron et lui déposa un baiser sonore sur la joue. Puis, elle retourna s'asseoir. Alexis la contempla quelques secondes. Ses longs cheveux blonds étaient attachés en deux nattes et elle portait toujours ces petits hauts moulants qui lui attiraient les regards de bien des hommes. Pourtant, le seul dont elle voulait attirer l'attention était justement inaccessible pour elle. Elle le savait depuis longtemps, mais ça ne l'empêchait pas de garder espoir. Alexis soupira et se tourna vers sa console.
- Bon, au boulot ! Sylvia Dole ne devrait pas tarder à arriver et il faut que tout soit prêt !
- A tes ordres, chef ! Répondirent en chœur ses assistants.
Il était prêt de vingt-deux heures lorsque la séance avec le chanteur de country music, Richard Masson, prit fin. Il était très satisfait du travail et remercia chaleureusement Alexis.
- Vous avez fait du bon boulot, Monsieur Johnson.
- Merci. Mais, votre talent y est pour beaucoup.
- C'est gentil. Bon, je vous laisse sinon ma femme va encore m'enguirlander parce que je rentre tard. Bonne soirée !
- Au revoir !
Lorsque le chanteur fut parti, Lucy se tourna vers Alexis.
- Marc et moi, on va dîner au Dancer's. Tu veux venir ?
- Non, merci. Je vais rentrer.
- Ok. A demain, alors !
- A demain.
Le jeune homme attendit que ses amis fussent partis pour se lever de son siège. Il alla fermer la porte à clé, puis entra dans la cabine. Il rangea les micros et passa un coup de balai. Richard Masson était très doué et très gentil, mais il avait la fâcheuse manie de manger des pépites de tournesol et de laisser des petits bouts de coquille partout où il passait. Alexis rangea le balai et allait refermer la porte du placard lorsque son regard fut attiré par un bout de tissu coloré. Il tendit la main et frissonna lorsque ses doigts se refermèrent sur l'étoffe. Il attira le vêtement à lui et le respira.
Cette odeur… Son odeur…Il se laissa tomber à genoux sur le sol et fondit en larmes, le visage enfoui dans le pull, oublié là un jour par la seule personne qu'il avait aimée plus que sa vie.
Pourquoi es-tu parti ? Pourquoi ?Cela faisait des mois, mais il ne comprenait toujours pas pourquoi l'amour de sa vie lui avait été enlevé. Il finit par calmer ses pleurs et se releva, tenant toujours le pull serré contre lui. Puis, il prit sa veste et quitta le studio.
Michael s'assit et alluma son ordinateur. Il consulta ses mails, puis partit à la recherche des informations dont il avait besoin. Il n'aimait pas travailler la nuit, seul au journal, mais il n'avait pas le choix. Son patron lui avait clairement fait comprendre que s'il continuait ses recherches pendant son temps de travail, il pourrait dire adieu à sa place. Il soupira et tapa dans le moteur de recherche le mot "Harvey". En voyant la liste des réponses, son attention fut attirée par un article paru dans le journal local de Whitetown dans l'Illinois qui titrait : "Un jeune chanteur de rock assassiné par un serial killer.". Michael parcourut l'article en vitesse et l'imprima pour pouvoir le lire chez lui. Il éteignit l'ordinateur et quitta son bureau. Pendant le trajet, il ne pensait qu'à cette phrase qu'il venait de lire. Une fois chez lui, avant même de se faire à manger, il se jeta sur l'article et le lut d'un bout à l'autre. Lorsqu'il eut fini, il eut un sourire triste. Alexis Johnson… Nous avons tant en commun… Il faut que je lui parle !Il regarda sa montre et vit qu'il était presque minuit.
Avec un peu de chance, il ne sera pas encore couché.
Michael prit son téléphone et demanda le numéro d'Alexis aux renseignements. Une voix douce lui répondit :
- Allô ?
- Vous êtes Alexis Johnson ?
- Oui. Que puis-je pour vous ?
- Je m'appelle Michael Major et je suis journaliste au "Herald Tribune". Je…
- Je n'ai rien à vous dire. Au revoir !
Alors qu'Alexis allait raccrocher, Michael lança :
- Harvey a aussi tué quelqu'un que j'aimais !
Il y eut un blanc au bout du fil, mais le journaliste savait que son interlocuteur n'avait pas raccroché.
- Monsieur Johnson ?
- C'est vrai ?
- Oui. Il a tué ma sœur, Anna. Je… j'aimerais vous rencontrer, s'il vous plait.
- D'accord.
- Demain ?
- Je travaille, mais vous n'aurez qu'à passer au studio d'enregistrement Norwood à midi. Vous savez où c'est ?
- Oui. Merci. A demain.
- A demain.
Lorsqu'il eut raccroché, Michael soupira.
J'espère qu'il m'écoutera…-----------------------------------------------------------
Chapitre 2Pendant toute la matinée, Alexis n'avait pas arrêté de regarder sa montre. Marc et Lucy, qui l'avaient remarqué, l'interrogèrent :
- Tu as un rendez-vous ?
- Non… Enfin si. Je dois voir quelqu'un à midi.
- C'est qui ?
- Lucy ! La réprimanda Marc. Ne sois pas aussi curieuse !
- Ce n'est rien. Mais, je ne préfère rien vous dire pour l'instant.
Comme il replongeait dans son mutisme, ses assistants n'insistèrent pas. A midi pile, Alexis bondit de son fauteuil et lança à la jeune chanteuse qui se trouvait dans la cabine :
- Pause déjeuner ! On reprend dans une heure !
Puis, il sortit précipitamment.
Michael était en avance et il avait hâte de voir à quoi ressemblait cet Alexis Johnson. Il sortit de sa voiture et s'appuya à la portière ouverte. Il retint son souffle en voyant la porte du studio s'ouvrit brusquement et un jeune homme en sortir. Alors que l'autre homme s'avançait doucement vers lui, il eut le temps de l'observer. Il était grand, bien bâti et portait des vêtements de qualité, mais pas tapageurs. Ses cheveux roux, bouclés, lui tombaient sur les épaules en une cascade de feu. Alexis s'arrêta à quelques mètres de Michael et celui-ci ôta ses lunettes de soleil. Il plongea son regard noir dans celui azur d'Alexis et remarqua la tristesse qui voilait ses yeux. Michael s'avança en tendant la main.
- Bonjour, je suis Michael Major.
- Alexis Johnson.
Ils se serrèrent la main et se regardèrent, en silence.
Alexis avait lui aussi observé son visiteur pendant qu'il s'approchait. La première chose qui l'avait frappé était la couleur de ses cheveux. Noirs comme du jais, ils étaient coupés très courts, mais rendaient le visage du jeune homme encore plus pâle qu'il ne l'était réellement. Lorsqu'il enleva ses lunettes noires, Alexis vit que ses yeux étaient de la même teinte sombre, si sombre qu'on ne distinguait pas la pupille de l'iris. Une fois les présentations faites, Michael demanda :
- On pourrait aller discuter quelque part ?
- Oui. Suivez-moi !
Alexis se dirigea vers le bar qui se trouvait juste à côté du studio, suivi par Michael. Ils s'installèrent au fond de la salle, à l'écart des autres clients.
- Alors, Monsieur Major, pourquoi vouliez-vous me voir ?
- Comme je vous l'ai dit, ma sœur a été assassinée par Steve Harvey. Je… cherche des personnes qui sont dans le même cas que moi pour… Au fait, vous êtes au courant ?
- Au courant ?
- Harvey est sorti de prison.
Alexis sentit son cœur s'arrêter quelques secondes. En le voyant devenir pâle comme un linge, Michael se pencha vers lui et prit sa main.
- Vous allez bien ?
- Ce n'est pas possible… articula le jeune homme avec difficulté.
- Malheureusement, si.
- Que… pourquoi ont-ils fait ça ?
- Son avocat a réussi à le faire placer en hôpital psychiatrique. Cela fait deux semaines qu'il y est.
- Mais, ça veut dire qu'il est toujours enfermé ? Demanda Alexis en retirant vivement sa main.
- Oui. Mais, il est très facile de s'évader d'un tel établissement et j'ai peur qu'il ne soit très vite dans la nature.
- Que puis-je y faire ?
- M'aider. Je veux tout faire pour que Harvey retourne en prison, mais j'ai besoin d'aide.
- Vous allez faire un article, c'est ça ?
- Non. J'ai un projet plus ambitieux. Je veux porter l'affaire devant la Cour Suprême. Mais, pour cela, j'ai besoin de témoignages. De votre témoignage.
- Pourquoi moi ? Harvey a tué onze personnes ! Vous pouvez trouver d'autres témoins !
Michael se rendit compte que son interlocuteur tremblait.
Il est mort de peur… Mais, moi aussi, j'ai peur…- Alexis, vous avez côtoyé Harvey pendant un mois avant… Les autres ne l'ont pas approché autant. Nous sommes les seuls dans cette situation.
- Nous ?
- Harvey est sorti avec ma sœur pendant trois semaines avant… de la tuer… Elle a été sa troisième victime…
- Vic était la cinquième…
- Je sais. Cela fait six jours que j'épluche les articles concernant les victimes de ce dingue. Vous n'êtes pas le premier que j'ai appelé, mais vous êtes le seul qui ait accepté de me rencontrer. Je vous en prie. J'ai besoin de vous.
Alexis ferma les yeux quelques secondes.
Vic… Je dois le faire… Pour toi…Il releva la tête et planta son regard dans celui de Michael.
- D'accord, je vous suis. Que dois-je faire ?
- Il me faut le récit complet de tout ce qui est arrivé entre la première fois où vous avez vu Harvey et le jour où…
- Vous l'aurez. Ce soir.
- Si vite ?
- Je l'ai déjà écrit. Après la mort de Vic… je suis allé voir un psy qui m'a dit de tout écrire. Il m'a dit que c'était le meilleur moyen pour m'en sortir.
- Et, ça a marché ?
Alexis eut un sourire triste.
- Pas vraiment… Je pense à lui tout le temps…
Il soupira. Soudain, une voix cristalline lui fit lever les yeux.
- Alex ! On doit reprendre !
- Lucy ? Euh… J'arrive !
Il se leva et sortit une carte de visite de sa poche. Il la tendit à Michael en disant :
- Venez chez moi ce soir, à vingt-deux heures.
- Ok, répondit le journaliste en prenant le petit bout de carton.
Alexis sortit du bar et retourna au studio. Michael se rassit et termina son déjeuner, le cœur plein d'espoir.
Une fois dans le studio, Lucy ne put s'empêcher d'interroger son patron :
- Dis, Alex, c'était qui ?
- Lucy ! La gronda à nouveau Marc.
- Quoi, j'ai le droit de demander ! En tous cas, il était bien beau !
- Merci, mais on ne t'a pas demandé ton avis. Et Alex a le droit de déjeuner avec qui il veut. Allez, Miss, au boulot !
- Rabat-joie ! S'exclama la jeune fille en tirant la langue à son camarade, avant d'aller s'asseoir devant sa console.
Alexis n'avait rien dit. Il repensa à ce que lui avait dit Michael et espéra de tout son cœur que Harvey ne s'échapperait pas de l'hôpital psychiatrique avant qu'ils aient réussi à le faire remettre en prison.
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Chapitre 3Michael arriva devant l'immeuble à vingt-deux heures précises. Il monta au troisième étage et sonna. Alexis lui ouvrit si rapidement qu'il se demanda si son hôte ne l'attendait pas derrière la porte.
- Vous voulez boire quelque chose ? Bière, soda ?
- Un soda, s'il vous plait. Je ne bois pas d'alcool.
Alexis disparut quelques secondes dans la cuisine et revint avec deux canettes de soda. Il fit signe à son invité de s'asseoir sur le canapé et prit place en face de lui, dans un fauteuil en osier. Un dossier à couverture bleue était posé sur la table basse et Alexis le poussa vers Michael.
- Voici ce que j'ai écrit.
Le journaliste pris le dossier et le feuilleta.
- J'aimerais… Non, laissez tomber…
- Vous voulez que je vous raconte ?
Alexis soupira.
- Il va bien falloir que je finisse par parler de cette histoire avec quelqu'un alors, autant que ça soit vous. Tout a commencé en août, cela fait presque un an. Le batteur du groupe "Club Kings" était parti pour rejoindre sa fiancée à New York. Vic, qui était le leader du groupe, a passé une petite annonce dans le journal local pour lui trouver un remplaçant. A peine deux jours plus tard, Steve Harvey s'est présenté. Il nous a dit qu'il s'appelait Paul White et qu'il venait de Los Angeles. Il a fait un essai avec le groupe qui a été très enthousiasmé. Ils l'ont donc engagé de suite. Pendant les trois premières semaines, tout allait bien. Puis, un jour, Harvey a commencé à nous regarder bizarrement, Vic et moi. Pour tout vous dire, ce type me faisait peur. Il y avait dans son regard quelque chose qui me dérangeait et j'en ai parlé à Vic. Il m'a dit que je me faisais des idées et il m'a promis de lui parler. Je ne sais pas ce qu'il s'est réellement passé entre eux… Un soir, Vic et moi avions rendez-vous pour dîner au Dancer's, un restaurant à la mode. Il n'est jamais venu. Quand je suis rentré à la maison, j'étais à la fois furieux et terriblement angoissé. Je sentais qu'il lui était arrivé quelque chose… Je ne sais pas encore comment je l'ai su, mais je le ressentais au plus profond de moi. L'appartement était vide. J'ai veillé toute la nuit, mais Vic n'est jamais rentré. Le matin, je suis allé au local où le groupe répétait. On était lundi et je savais qu'il n'y aurait personne puisque les autres travaillaient. Je suis entré et j'ai tout de suite su que quelque chose clochait car la lumière était allumée. Je suis entré et il était là…
Alexis s'arrêta, la gorge nouée. Michael se pencha vers lui.
- Si c'est trop dur…
- Non, il faut que j'aille jusqu'au bout, répliqua t'il d'une voix tremblante. Vic… était allongé sur le sol, torse-nu. Il avait des entailles partout sur la poitrine. Il y avait du sang… tellement de sang…
Le jeune homme ne put aller plus loin et s'effondra en pleurs. Michael se leva et s'assit sur l'accoudoir du fauteuil. Puis, il le prit dans ses bras et le berça doucement.
- Je sais… Je suis désolé…
Des larmes coulaient sur les joues du journaliste qui ne pouvait s'empêcher de repenser à sa sœur. Le corps d'Alexis était secoué de sanglots et il se raccrochait à Michael comme à une bouée de sauvetage. Il lui fallut plusieurs longues minutes avant d'arriver à se calmer. Lorsqu'il fut certain qu'Alexis allait un peu mieux, Michael s'éloigna doucement et retourna s'asseoir sur le canapé.
- Je suis désolé de m'être effondré comme ça. C'était il y a presque un an et pourtant, j'ai l'impression que c'était hier. Je n'ai jamais réussi à sortir cette image affreuse de mon esprit…
- Je comprends…
Alexis leva vers lui un regard empli de douleur et de tristesse. Il fut surpris de voir que les joues de Michael étaient inondées de larmes. C'était à son tour de raconter l'épreuve qu'il avait traversée.
- Anna… Elle était si jeune. Elle avait dix-neuf ans. Elle était étudiante à Harvard et elle était promise à un brillant avenir d'avocate. Un soir, elle est venue à la maison avec Harvey. Il s'appelait à l'époque Allan Price. Il était lui aussi étudiant en droit. Il avait rencontré Anna lors d'une conférence et ils sortaient ensemble depuis une semaine lorsqu'elle me l'a présenté. Je ne me suis pas méfié… Si seulement j'avais su… Un soir, Anna a débarqué chez moi. Elle s'était disputée avec lui et me demandait de l'héberger pour quelques jours… Et, j'ai refusé…
Comme il s'était arrêté, Alexis demanda doucement :
- Pour quelle raison ?
- Je… Je venais de rencontrer un homme que je croyais être celui avec qui je passerais le restant de mes jours… Je ne voulais pas qu'Anna gâche notre soirée… Alors, je lui ai dit de rentrer chez elle, que tout s'arrangerait… Je… j'étais trop ivre pour remarquer qu'elle était terrifiée. Eh oui, soupira t'il devant le regard interrogatif de son auditeur, j'étais alcoolique… Je vous jure que depuis ce jour-là, je n'ai plus bu une goutte d'alcool… Si seulement je l'avais écoutée…
- Ce n'est pas de votre faute.
- Si… J'aurais du faire quelque chose, au lieu de rester là à me saouler avec mon copain. Lequel copain s'est fait la malle après… la mort d'Anna… Le lendemain matin, la police est venue me voir. J'avais la gueule de bois et je ne comprenais pas ce qu'ils me voulaient. Jusqu'à ce que l'un des flics dise : "Votre sœur a été tuée". Là, c'était comme si tout le reste avait disparu instantanément. Ils m'ont demandé de les accompagner à la morgue pour l'identifier. Ca a été terrible… de la voir, allongée… si pâle…
Michael s'essuya vivement les joues avant de continuer.
- Ils m'ont dit qu'elle avait été retrouvée dans un fossé, près de l'autoroute qui relie Chicago à Boston. Elle… elle avait été violée et frappée de plusieurs coups de couteaux… Sur le coup, je n'ai pas pensé à Harvey. La police non plus, d'ailleurs. Ce n'est que lorsque, des mois plus tard, j'ai appris le meurtre de sa neuvième victime que je l'ai reconnu. Je suis allé voir la police, mais je n'avais aucune preuve et j'ai du faire des recherches par moi-même pour en trouver. Lorsque j'en ai eu d'assez probantes, je suis retourné les voir et ils l'ont choppé. Entre-temps, il avait tué deux autres personnes.
- C'est donc grâce à vous qu'ils l'ont eu ?
- Oui. Mais, je leur en veux terriblement de ne pas m'avoir cru dès le début. Deux personnes innocentes auraient pu être sauvées… Alors, aujourd'hui, je veux tout faire pour que cette ordure retourne en taule et y reste jusqu'à la fin de ses jours.
Son ton s'était durci et Alexis le regarda comme s'il le voyait pour la première fois. Une lueur de haine avait envahi le regard sombre du jeune journaliste.
- Je ferais tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous aider, Michael.
- Merci.
Alexis se leva et jeta un coup d'œil à la pendule qui indiquait une heure du matin.
- Vous avez un endroit où dormir ?
- J'ai vu un motel en venant. Ils auront bien une chambre pour moi.
- Vous pouvez rester ici. Je n'ai que ce canapé à vous proposer, mais…
- D'accord. Merci.
Le jeune homme alla chercher une couverture et un oreiller dans sa chambre et les ramena dans le salon. Il les posa sur le canapé, puis se tourna vers Michael.
- Je peux vous demander quelque chose ?
- Je vous écoute.
- Vous avez une photo d'Anna ? J'aimerais voir à quoi elle ressemblait.
- Bien sûr.
Le journaliste prit son portefeuille dans sa poche de blouson et en sortit une photo qu'il tendit à son hôte.
- Elle avait seize ans sur cette photo.
Alexis contempla la jeune fille souriante, puis rendit le cliché à Michael. Il se tourna alors vers un cadre qui était posé sur un meuble et le tendit à son invité.
- C'est Vic.
Un beau jeune homme à la peau noire et aux cheveux rasés posait dans les bras d'Alexis. Cette photo respirait le bonheur et Michael ressentit un pincement au cœur.
- Vous étiez ensemble depuis longtemps ?
- Trois ans… Je n'avais jamais aimé quelqu'un comme je l'ai aimé… et comme je l'aime encore…
- Je comprends.
- Bon, je vais me coucher. Bonne nuit.
- Bonne nuit.
Alexis retourna dans sa chambre. Il ferma la porte, puis, changeant d'avis, l'entrouvrit un peu. Puis, il mit son pyjama et se coucha. Par la porte entrouverte, il pouvait voir le canapé et Michael. Celui-ci enleva son tee-shirt et alla éteindre la lumière. Il savait qu'Alexis le voyait et sourit. Puis, il s'allongea sur le canapé et s'endormit presque aussitôt.
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Chapitre 4Alexis s'éveilla à l'aube. Il avait mal dormi, revoyant sans cesse le corps mutilé de Vic. Il en voulait un peu à Michael d'avoir ravivé ses mauvais souvenirs, mais si cela pouvait l'aider à faire condamner Harvey à perpétuité, il serait prêt à raconter son histoire encore et encore. Il s'habilla et se leva, puis alla préparer le café. Michael dormait encore, un bras replié sur le visage. Alexis s'arrêta quelques secondes pour l'observer. Il laissa son regard errer lentement sur le torse blanc du jeune homme. Soudain, il s'aperçut que Michael le regardait. Alexis rougit violemment et se retourna vivement vers la cuisine. Il prépara le café sans oser jeter un coup d'œil vers le salon. Michael enfila son tee-shirt et se dirigea vers la cuisine.
- Bonjour.
- Bonjour. Vous avez bien dormi ?
Michael secoua la tête.
- Dormi oui, bien non. Depuis que je sais qu'Harvey n'est plus en prison, j'ai peur de le voir débarquer… Mais, sinon, votre canapé est très confortable.
- Merci. Moi aussi, j'ai du mal à dormir. Depuis la mort de Vic… j'ai toujours eu du mal à dormir seul quand nous vivions ensemble et que nous étions loin l'un de l'autre… A présent…
- Je sais ce que c'est. Je suis seul depuis la mort d'Anna. A chaque fois que je rencontre quelqu'un, j'ai peur qu'il lui arrive quelque chose.
- Je ne sais pas si je pourrai un jour aimer quelqu'un comme j'aimais Vic… Il me manque tellement…
Alexis soupira et fit l'effort de sourire à son invité.
- Vous prendrez du café ?
- Oui, avec un sucre.
Le jeune ingénieur du son prépara deux tasses et s'assit sur un tabouret à côté de Michael.
- Qu'allez-vous faire à présent ?
- Je rentre à Chicago. Mon rédacteur en chef doit me haïr. Je devais lui rendre un article hier et j'ai oublié. Je vais donc passer au bureau, et ensuite, je fonce chez mon avocat pour lui donner votre récit et voir avec lui ce qu'on peut faire.
- Vous me tenez au courant ?
- Bien sûr.
Ils burent leurs cafés en silence, puis Michael se prépara à partir.
- Bon… Il faut que j'y aille. Merci pour tout.
- Merci à vous !
Alexis arriva au studio un peu en retard et Lucy ne se gêna pas pour lui faire une remarque.
- Il était comment ?
- Qui ?
- Le jeune homme avec qui tu as passé la nuit, pardi !
Alexis la regarda comme si elle était devenue folle.
- De qui parles-tu ?
- De celui avec qui tu étais hier au resto ! Je suis sûre que tu as passé la nuit avec lui !
Marc arriva derrière elle et lui mit une petite tape sur la tête.
- Espèce de fouine, ça ne te regarde pas ce qu'Alex fait de ses nuits !
- Aïe ! Sale brute !
Pour la première fois depuis des mois, Alexis se mit à rire en regardant ses assistants se chamailler.
Ils sont vraiment faits l'un pour l'autre, ces deux-là !- Bon, les enfants, si on se mettait au boulot ?
- Ok, chef ! Quand cette brute de Marc aura fini de m'embêter !
Le technicien soupira et s'assit.
J'espère que Michael va pouvoir faire quelque chose !Le journaliste entra dans la salle de rédaction en essayant de passer inaperçu, mais il échoua.
- Major ! Dans mon bureau ! Tout de suite !
Michael soupira et obéit. Lorsqu'il fut entré dans le bureau de son rédacteur en chef, Simon Gordon, celui-ci claqua la porte derrière lui.
- Où est votre article sur les chevaux de course ?
- Je viens de le remettre à la correction.
- Je devais l'avoir hier !
- Je suis désolé. J'avais une affaire urgente à régler.
- Encore cette histoire avec Harvey ? Je vous avais pourtant prévenu !
- Mais, Monsieur…
- Taisez-vous ! Videz votre bureau, passez prendre votre chèque et débarrassez-moi le plancher !
Michael baissa les yeux et sortit. Il savait que son chef n'avait pas le droit de le virer comme ça, mais il ne voulait plus lutter. Pas pour ça. Il prit un carton, rassembla ses affaires et quitta l'immeuble du "Herald Tribune". Il monta dans sa voiture et alluma la radio. Il se laissa bercer par la musique jusqu'à ce qu'il se gare devant chez lui. Puis, il prit son carton et monta les escaliers qui menaient à son appartement au premier étage. Alors qu'il introduisait la clé dans la serrure, il reçut un coup sur la nuque et s'écroula, inconscient.
Alexis soupira. La matinée avait été épuisante. Le chanteur qui venait d'enregistrer un titre avait été odieux avec le jeune homme et ses assistants. Lorsqu'il fut partis, les trois amis purent enfin souffler.
- On va manger ?
- Ok.
Ils se levèrent et se dirigèrent vers le bar où Alexis et Michael avaient déjeuné la veille. Ils s'installèrent et commandèrent. Alors qu'il s'apprêtait à mordre dans son hamburger, Alexis entendit la voix du présentateur des infos. Il se retourna vers la télévision, les yeux agrandis par la terreur.
"… très dangereux. Il a déjà assassiné onze personnes avant d'avoir été arrêté grâce au témoignage d'un de nos confrères de la presse écrite. La police recommande la plus grande prudence. Si vous le voyez…"
Alexis n'entendait plus. Tout ce qu'il voyait, c'était la photo de Harvey qui s'étalait sur l'écran, le mot "Wanted" inscrit en dessous.
- Alex ? Ca va ?
- Tu vas bien ? Tu es tout pâle…
Il se retourna vers ses amis et murmura :
- C'est l'assassin de Vic… Il s'est évadé… Oh Mon dieu !
Il sait que c'est Michael qui l'a fait arrêter. Il faut que je le prévienne !Il prit son portable et la carte de visite que le journaliste lui avait laissé et composa son numéro. Au bout de dix sonneries, il raccrocha. Il eut alors l'idée d'appeler le "Herald Tribune", mais une standardiste l'informa que Monsieur Major avait été licencié le jour même. Il composa alors le numéro du téléphone fixe de Michael et tomba sur le répondeur.
- Michael, c'est moi, Alexis ! Harvey s'est évadé…
Alors qu'il parlait, la communication s'interrompit brusquement. Un terrible pressentiment résonnait dans la tête du jeune homme. Il abandonna ses deux amis et fonça chez lui. Dans la chambre, il ouvrit le tiroir de la table de nuit et en sortit un revolver qu'il avait acheté juste après l'assassinat de son amant. Puis, il mémorisa l'adresse de Michael et prit sa voiture direction Chicago.
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Chapitre 5Michael avait horriblement mal à la tête. Il ouvrit doucement les yeux et mit quelques secondes à réaliser ce qu'il voyait. Le visage de Steve Harvey était penché sur lui.
- Bonjour, Mike ! Tu te souviens de moi ?
Michael voulut hurler, mais il était bâillonné avec du ruban adhésif et ne réussit qu'à émettre un gémissement plaintif. Il était entièrement nu, menotté aux barreaux de son lit, les bras et les jambes écartés. Harvey lui lança un regard lubrique et sortit un canif de sa poche.
- C'est avec ça que j'ai tailladé ta petite sœur. Quelle petite garce ! Si elle s'était laissé faire, elle serait peut-être encore en vie… Quoique…
Il eut un sourire mauvais et dévora du regard le corps offert de sa proie. Michael se débattit, mais il ne réussit qu'à s'entailler les poignets et les chevilles avec le métal des menottes.
- Ca ne sert à rien de te tortiller comme ça… Quoique, en y réfléchissant bien… Ca m'excite quand tu fais ça…
Michael se figea instantanément. Harvey s'assit au bord du lit et posa la lame de son couteau sur la poitrine de sa victime. Il lui fit une petite entaille et se pencha pour lécher le sang qui coulait de la blessure. Michael gémit de douleur et de terreur.
- N'aies pas peur, Mike… Je ne vais pas te faire de mal… Quoique…
Il fit une autre entaille, et une autre, et une autre… Michael résista pour ne pas s'évanouir. Il était terrorisé, mais savait qu'il devait rester conscient. Harvey planta le couteau dans l'oreiller, juste à côté de la tête de Michael, se leva et se dirigea vers la fenêtre.
- Je vais mettre une ambiance un peu plus romantique pour la suite.
Il ferma les stores et ferma les portes qui menaient aux autres pièces. Michael essaya vainement de se libérer, mais ne parvint qu'à s'entailler un peu plus les poignets. Il sentait le sang qui coulait de ses différentes blessures, mais ne pouvait rien faire pour s'en sortir. Son esprit partit vers une seule personne.
Alexis ! Pourvu qu'il ne s'en prenne pas à lui !Harvey revint et monta à genoux sur le lit, entre les jambes de sa victime. Puis, il baissa son pantalon et passa sa main dans son caleçon pour se caresser.
- Tu sais que tu m'excite beaucoup, mon petit Mike… Ta sœur, wouah, quelle bombe ! Mais, je pense que tu dois être aussi un bon coup ! On va voir ça tout de suite !
Il se pencha vers Michael qui poussa un hurlement étouffé.
Alexis monta les marches quatre à quatre. Il eut soudain un doute.
Et si Harvey n'est pas là ? Si…Alors qu'il arrivait devant l'appartement de Michael, il entendit un gémissement de terreur. Il n'hésita plus et donna un coup de pied dans la serrure qui céda. Il entra dans l'appartement, brandissant son arme devant lui et fut stoppé net par la vision d'horreur qui s'offrait à lui. Harvey se tenait au-dessus de Michael, prêt à le violer. Le criminel, stoppé dans son élan, se tourna vers l'intrus.
- Qui ? Alexis ? Je me disais aussi…
- Descend de ce lit !
Harvey n'eut pas l'air de s'apercevoir que le nouvel arrivant était armé et sourit. Il se rhabilla et obéit, tout en laissant le lit et Michael entre Alexis et lui.
- Je suis heureux de te voir. Une fois que j'en aurais fini avec Mike, je pourrais m'occuper de toi…
Alexis tremblait de colère et il dut prendre son arme à deux mains pour ne pas la lâcher.
- Ecarte-toi !
Harvey, qui parut enfin voir le revolver, mais ne se départit pas de son sourire, recula d'un pas. Alexis détourna les yeux du tueur quelques secondes pour voir si Michael était conscient. Harvey en profita pour se jeter sur son couteau et le lança. Au même instant, Alexis tira. Michael s'évanouit en voyant les deux hommes s'effondrer en même temps. Un silence de mort s'abattit sur la pièce.
Alexis avait mal au bras. Il ouvrit les yeux et vit que le couteau lui avait fait une longue estafilade avant d'aller se planter dans le mur, derrière lui. Il se mit à quatre pattes, son arme toujours serrée dans sa main droite et prit appui sur le lit pour se relever. Il vit immédiatement que Michael était évanoui, mais il ne s'attarda pas. Il voulait être sûr que Harvey ne leur ferait plus de mal. Il contourna le lit et se pencha sur le corps du tueur. Il prit son pouls et soupira.
Il est mort.
Il fouilla ses poches pour trouver les clés des menottes, puis, soulagé, il lâcha enfin son arme et se retourna vers Michael. Il le détacha, lui ôta son bâillon et rabattit le couvre-lit sur le corps nu et meurtri de son ami. Puis, il prit son téléphone portable et appela la police et une ambulance. En attendant les secours, il alla chercher de l'eau tiède dans une bassine et entreprit de laver les blessures de Michael. Le journaliste ouvrit les yeux et eut un sursaut de terreur.
- Calme-toi, Michael. C'est moi, Alexis.
- Harvey ?
- Il est mort. Ne t'inquiètes pas, il ne te fera plus de mal.
- Tu… tu es blessé…
- Ce n'est rien. J'ai appelé une ambulance. Repose-toi.
- Merci.
Alexis sourit et déposa un léger baiser sur ses lèvres.
- Repose-toi.
Michael s'endormit, terrassé par l'émotion et la fatigue.
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Chapitre 6Michael ouvrit les yeux dans une pièce toute blanche et se redressa d'un bond.
- Alexis !
- Je suis là. Calme-toi. Tu n'as plus rien à craindre.
Le jeune homme aida son ami à se rallonger puis s'assit au bord du lit.
- Tu m'as sauvé la vie… Elle t'appartient désormais…
Alexis rougit devant le regard insistant de son ami.
- Ne dis pas de bêtises. Tu es fatigué, il faut que tu dormes.
- Je n'ai pas sommeil.
- Alors, je vais appeler le médecin pour qu'il t'examine. Et, la police veut te demander ta déposition.
- D'accord. Au fait, comment tu vas ? Ton bras ?
- Ce n'était rien. Ils m'ont fait quelques points de suture.
- Alexis ?
- Oui ?
- Ne pars pas trop loin.
- Je vais juste téléphoner à mes assistants pour les rassurer sur mon sort et je reviens.
Il sortit et tomba sur le médecin qui s'occupait de Michael. En apprenant que son patient était réveillé, le docteur se précipita dans la chambre pour l'examiner. Un policier qui attendait le réveil du journaliste pour l'interroger se planta derrière la porte, pour attendre son tour. Alexis se dirigea vers la cabine la plus proche et composa le numéro du studio d'enregistrement. Comme personne ne répondait, il regarda sa montre.
Dix-sept heures ! Mais, où sont-ils ?Soudain, une voix guillerette retentit derrière lui.
- Je t'avais bien dit que c'était lui !
Il se retourna et tomba nez à nez avec Lucy et Marc.
- Qu'est-ce que vous faites ici ?
- La police nous a appelé pour nous poser des questions sur Vic et on leur a demandé s'ils savaient où tu étais. Et nous voilà, répondit Marc.
- Comment va ton ami ? Demanda Lucy, soucieuse.
- Ca aurait pu être pire. Je suis arrivé juste à temps.
- Tant mieux !
- Et toi, ça va ?
- Oui. Merci d'être venus.
- Je n'avais pas le choix. Cette tête de mule était prête à faire du stop si je ne l'emmenais pas ici. Alors, j'ai cédé.
- Avoue que tu étais inquiet, toi aussi !
Alexis leva les mains pour les calmer. Lucy et Marc le regardèrent d'un air contrit.
- Je retourne auprès de Michael. Vous pouvez rentrer.
- Ok. Je suppose que tu ne viendras pas travailler demain ?
- Non. Ils m'ont dit que Michael pourrait sortir ce soir et je ne veux pas le laisser seul.
- Envoie-lui nos amitiés.
- D'accord, merci.
Les couple s'éloigna en se chamaillant. Alexis soupira.
Vivement qu'ils se déclarent ! Ils commencent à être insupportables ! Mais, ils sont si gentils.Il retourna vers la chambre de Michael et croisa le policier qui en sortait.
- J'ai la déposition de Monsieur Major. Si nous avons besoin de quelque chose, nous vous appellerons.
- D'accord.
Une fois le policier parti, Alexis rentra dans la chambre et Michael l'accueillit avec un grand sourire.
- Je peux sortir ce soir.
- C'est formidable.
Le sourire du journaliste disparut. Son ami s'approcha et lui prit la main.
- Je ne veux pas rentrer chez moi…
- Pas de problème, tu n'auras qu'à venir à la maison.
- Ca ne te dérange pas ?
En réponse, Alexis se pencha doucement vers lui et déposa un doux baiser sur ses lèvres. Lorsqu'il se releva, il vit que les yeux de Michael étaient emplis de larmes.
- Qu'y a t'il ? S'inquiéta son ami.
- Je… j'ai l'impression que… je crois que…
- Chut, ne dis rien, souffla Alexis en lui posant un doigt sur les lèvres.
Puis, il l'embrassa à nouveau. Ils furent interrompus par une infirmière qui rougit en les voyant.
- Heu… Excusez-moi… Monsieur Major, vous devez signer ce document pour pouvoir sortir.
- Pas de problème.
Pendant tout le temps qu'elle passa dans la chambre, la jeune femme évita de croiser les regards des deux hommes. Lorsqu'elle fut sortie, ils éclatèrent de rire.
- Eh bien, je crois qu'elle se souviendra de nous ! S'exclama Alexis en riant.
- Tu as raison.
Michael passa une main dans les cheveux flamboyants de son ami et l'attira à lui.
- Embrasse-moi.
Alexis obéit avec empressement. Pour la première fois depuis des mois, il avait l'impression de vivre à nouveau. A bout de souffle, il s'écarta doucement de Michael et demanda :
- Bon, on s'en va ?
- Ok ! Par contre, il me faudrait des fringues.
- J'y ai pensé. Avant que l'ambulance ne nous emmène, j'ai pris la liberté de te choisir des vêtements dans ton armoire. J'espère que tu ne m'en veux pas d'avoir fouillé dans tes affaires.
- Pas le moins du monde. Merci.
- Quand tu auras fini de me remercier, habille-toi. Je t'attends dans le couloir.
Et il sortit de la chambre.
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Chapitre 7Alexis gara la voiture devant son immeuble et se tourna vers Michael. Il sourit quand il vit que son ami s'était endormi. Il détacha sa ceinture de sécurité et se pencha vers lui pour déposer un baiser sur ses lèvres. Michael ouvrit les yeux et sourit à son tour.
- Bonsoir, la Belle au Bois Dormant ! On est arrivés.
- Je vois ça.
Ils montèrent à l'appartement, Alexis aidant son ami encore faible à monter les marches. Une fois à l'intérieur, il l'installa sur le canapé et partit poser le sac de voyage contenant quelques affaires appartenant à Michael dans sa chambre. Lorsqu'il revint, Michael demanda :
- J'aimerais prendre une douche… Je me sens sale…
- D'accord. Mais, je vais d'abord te mettre les bandages étanches que le docteur a donné.
Lorsqu'il fut certain que les blessures aux poignets et aux chevilles de Michael ne risquaient pas d'être mouillées, il l'aida à se lever et l'emmena dans la salle de bains. Il ouvrit l'eau et se retourna vers Michael qui essayait d'enlever son tee-shirt.
- Attends ! Laisse-moi faire.
Alexis s'approcha et l'aida à se déshabiller. Au fur et à mesure que ses vêtements disparaissaient, Michael rougissait. Il frémit en sentant les mains douces d'Alexis contre sa peau.
- Ca va ?
- Oui, bredouilla le journaliste.
Il se détourna un peu et cacha son désir naissant avec ses mains. Alexis ne semblait pas s'être aperçu de son trouble et se déshabilla à son tour. Puis, il aida Michael à entrer dans la cabine de douche et l'y suivit. Il referma la porte doucement.
- L'eau n'est pas trop chaude ?
- C'est parfait pour moi.
Michael tournai le dos à Alexis. Celui-ci prit un savon et commença à savonner doucement le dos de son ami. Puis, il le força à lui faire face et l'embrassa tendrement avant de lui laver le torse. Il prenait d'infinies précautions pour ne pas lui faire mal, les entailles provoquées par le couteau d'Harvey étant à peine refermées. Michael ferma les yeux et se laissa bercer par le bruit de l'eau qui coulait tout autour d'eux. Au bout de quelques minutes, Alexis s'aperçut que son ami s'était endormi. Il ferma les robinets, prit un peignoir et enveloppa son ami dedans. Puis, il enfila le sien, tout en soutenant Michael pour qu'il ne glisse pas. Ensuite, il le prit dans ses bras et le porta jusqu'à la chambre. Il le déposa sur le lit et lui sécha doucement les cheveux avec une serviette. Michael se pelotonna contre Alexis qui le serra un peu plus contre lui. Il mit la serviette sous leurs têtes pour éviter d'inonder le lit et s'allongea contre son ami. Il essaya de dormir, mais il n'y arrivait pas. Il contempla le visage serein du journaliste et ne put s'empêcher de passer un doigt sur ses lèvres pâles. Puis, il passa doucement sa main dans la chevelure sombre de son ami. Au bout de quelques minutes, il finit par s'endormir.
Michael ouvrit les yeux et sourit. Une boucle de cheveux roux lui chatouillait le visage et il la repoussa doucement. Puis, il s'écarta un peu d'Alexis pour l'admirer. Il laissa son regard errer sur son visage aux lignes parfaites et descendit, suivant l'ourlet du peignoir qui s'était un peu ouvert. Il posa les yeux sur les abdominaux musclés et le ventre ferme du jeune ingénieur du son. Il ne résista pas à l'envie et posa sa main sur le bas-ventre qui s'offrait à lui. Il leva les yeux et vit qu'Alexis le fixait. Il se perdit dans l'azur de son regard.
- Alexis…
Le jeune homme frissonna en entendant son prénom prononcé avec tant de désir. D'une voix rauque, Michael murmura :
- Fais-moi l'amour… Fais-moi tout oublier…
- Tu vas tout oublier, je te le jure… répondit Alexis dans un souffle.
Le soleil était haut dans le ciel lorsque Michael s'éveilla. Il se sentait bien. Il ne s'était jamais senti aussi bien. Il ouvrit les yeux et contempla son amant qui dormait encore. Il prit une boucle rousse dans ses doigts et joua avec quelques secondes. Alexis ouvrit les yeux et lui sourit.
- Bonjour, toi.
- Bonjour. Alexis, je voulais te dire quelque chose de très important.
- De bon matin ?
- Oui. Je voulais te dire que… je t'aime…
Les yeux bleus du jeune homme s'emplirent de larmes. Michael s'inquiéta :
- Alexis… Je ne voulais pas…
- Non… Ce n'est pas toi… Je viens juste de me rendre compte que, depuis la mort de Vic, c'est la première fois que je suis vraiment heureux… Je sais au fond de mon cœur que je l'aimerais toujours… mais, je sais aussi que je ne pourrais plus vivre sans toi… Je t'aime, Michael.
Ils s'embrassèrent, le soleil filtrant à travers les stores les couvrant de sa bienveillante lumière.[1]
The EndRetour à la liste des fics
[1] Je sais, la fin n'est pas brillante…