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Fiction » Romance » Lotus font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Lenamei Aoi
Fiction Rated: M - French - Romance/Mystery - Reviews: 80 - Published: 03-24-03 - Updated: 04-30-03 - id:1264815
Hum hum… Bonjour tout le monde !!! C'est Aoi !!! Ben voici ma pitite fic " Lotus " ! C'est la première que je mets en ligne alors soyez indulgents… ! J'espère que l'histoire vous plaira, que les personnages (qui sont à moi !!! ) vous ferons rire, peut être pleurer… Non, on va pas abuser non plus ! Enfin, que tout mon petit monde vous donnera envie de lire la suite !
Que dire de plus… Vous m'excuserez, mais à chaque fois que je planchais sur Lotus, je me mettais dans un état second, donc ne vous étonnez pas si parfois… Enfin.
Surtout, ne vous arrêtez pas aux premières lignes, lisez jusqu'à la fin !! Pliiiiiiiiizzzz !!! On m'a souvent dit que le premier chapitre était dur à lire mais que la suite valait le coup ( sans prétention, c'est promis ). Voilà ! Merci encore et rdv en fin de chapitre !!

LOTUS #1

L'avenir de l'humanité connut son véritable destin lors de la création des sept vases sacrés, chef-d'œuvres émergeant des six continents. Le Lynx aux Tulipes Fauves a été créé sur le continent européen. On dit qu'un artiste de l'Europe du nord se serait inspiré de sa femme pour peindre ce vase. Le Dragon aux Cerisiers Verts a été créé au Japon. Son créateur se serait servi de son propre sang pour peindre les yeux du dragon. La Louve aux Roses Noires vient du continent américain. On dit que se serait une femme élevée par les loups qui en est l'origine. Le Serpent à la Peau Rouge vient de Nouvelle-Zélande et aurait été créé à partir d'un mélange de terres dont la plupart contiennent des minéraux inconnus. L'Ours aux Fleurs de Glace vient de l'arctique et serait fait de glace figée par un moyen inconnu. La Lionne aux Fleurs d'Acacia Jaunes vient d'Afrique centrale et contiendrait de l'eau dans ses parois.
Ces six vases constituent la plus belle et la plus rare collection qui ait jamais existée. A ce jour, seul trois collectionneurs au monde possèdent l'un de ces vases.
A New York, Andrew Mallory Jenkins, cinquante sept ans, ancien pilote de courses automobiles, possède la Louve aux Roses Noires. A Paris, Tristan Montoroy, trente neuf ans, riche antiquaire et peintre de renom, possède le Lynx aux Tulipes Fauves. A Tôkyô, Takayama Keiichi, vingt six ans, dirigeant des Takayama Industries après la retraite anticipée de son père, possède quant à lui le Dragon aux Cerisiers Verts. Quatre œuvres restent introuvables, chacun d'entre eux voulant mettre la main sur la mystérieuse et légendaire Vierge aux Lotus Bleus.
- Cinq millions… On peut tous se le payer à ce prix là… Six… Sept… Voyons voir qui dit mieux que dix millions…
- Monsieur… L'interphone crépita. Monsieur Nakajima est là.
- Bien, faites-le entrer.
La porte du bureau s'ouvrit en grand fracas.
- Dis-moi que t'es sur le coup ! Takeshi marcha à grands pas jusqu'au bureau de Kei.
- J'y suis…
- Et ? C'en est où ?
- Je mène la danse mais Jenkins m'en veut aujourd'hui.
- A combien vous êtes ?
- Dix mi… Non, dix millions deux cent mille. Il croit que je vais laisser tomber ! Dix millions cinq cent mille. L'Ours aux Fleurs de Glace est à moi dans… Cinq, quatre, trois, deux, un… Bingo. Je l'ai. Jenkins doit être vert de rage. Le pauvre. Rater une si belle occasion…
- D'où il sort celui - là ?
- Une jeune femme l'avait dans son grenier depuis la mort de ses parents. Il viendrait de l'époque où son grand-père était explorateur dans l'Antarctique. Il aurait fait parti des premières expéditions mais n'avait jamais été reconnu comme un grand scientifique. Alors elle a voulu que ce vase soit vendu aux enchères pour ne pas en faire profiter son pays qui a renié son grand-père.
- Ouais, ben on peut dire qu'on en a bien profité !
- Bien. Je crois que je vais rentrer, ces enchères m'ont complètement vidé le cerveau.
- Et le compte en banque ! Toujours pas de nouvelles de la Vierge ?
- Aucune. Espérons que le même type d'histoire se produise pour elle, bien que j'en doute en fait. Kei se leva et ferma son ordinateur portable. Je vais être obligé de rester connecté toute la nuit si je veux avoir des infos, cette enchère va réveiller du monde, je le sens.
- Tu viens avec moi, je vais faire un tour avant de rentrer.
- Non, je suis vraiment lessivé. Je vais rentrer directement.
- On se voit demain alors.
- C'est ça, à demain. Et bois pas trop, je veux pas avoir à te porter jusque chez Tanaka demain matin.
- T'inquiète, tu sais que je suis toujours pro dans tout ce que je fais, non ?
- Ouais, c'est ça…
Kei et Takeshi sortirent de l'ascenseur au sous-sol et se séparèrent, chacun partant en direction de sa voiture. Une fois sorti du parking, Kei alluma la radio.
- Toujours les même bêtises… Il inséra un CD et se détendit, bloqué dans les embouteillages quotidiens. Une limousine noire vint se positionner au même niveau que sa voiture.
- Qui cela peut bien être ? Tanaka en a une blanche. Celle de Mitsuko n'est pas comme ça. Peut-être que c'est Goro. Il baissa un peu sa vitre teintée pour mieux la voir. Au même moment, la vitre arrière de la limousine se baissa elle aussi, laissant apparaître un visage étrange qui semblait regarder dans sa direction. Que… ? La limousine partit, la voie venant de se dégager.
Le cœur de Kei battait plus fort qu'avant. Quel était ce visage étrange ? On aurait dit un masque… Kei regarda la voiture s'éloigner et tenta de la suivre, sa curiosité le poussant parfois à faire des choses insensées. Ils slalomaient entre les voitures hésitantes mais le chauffeur de la limousine devait avoir une bonne expérience de la conduite car il échappa habilement à Kei qui avait eu toutes les peines du monde à la suivre. Il s'arrêta un instant sur le bas côté et laissa tomber sa tête en arrière en poussant un long soupir.
- Bon, c'est pas tout mais il faudrait que je pense à rentrer.
Les rues se dégagèrent et il fut bientôt arrivé au pied du building en haut duquel se trouvait son appartement. Il avait préféré habiter dans le bâtiment principal du groupe, ainsi pouvait-il se rendre à son bureau sans sortir. Il gara sa voiture au sous-sol et prit son ascenseur personnel menant directement à son étage. Une fois rentré chez lui, il se dirigea directement vers un pièce de taille moyenne et ouvrit la porte comme s'il s'agissait d'une pièce sacrée. Une lumière tamisée éclaira alors le sol et le bas des murs découvrant au fond de la pièce le vase que Kei possédait déjà : le Dragon aux Cerisiers Verts. Il contempla l'œuvre comme si c'était la première fois qu'il la découvrait, toujours émerveillé par tant de beauté. Il s'approcha et caressa délicatement la surface lisse de l'objet. Une femme nue portant la peau d'un dragon sur le dos semblait chanter une sérénade aux cerisiers la protégeant de leurs branches solides aux magnifiques fleurs rosées.
- Toujours aussi belle. Mais demain tu ne seras plus seule. Je viens de retrouver une de tes compagnes, ma belle. Elle vient d'Europe et elle est très belle. J'espère que tu es heureuse de la retrouver parce qu'elle m'a coûté une petite fortune !
Il resta encore quelques instant à la contempler puis sortit. Il posa son ordinateur sur le bureau de sa chambre et le brancha au mur. Il s'assit en face et pianota sur le clavier, toujours en quête des autres vases. Sa passion pour eux avait commencé lorsqu'il vit pour la première fois la photo du Lynx aux Roses Noires de Jenkins dans un magazine d'art. La beauté des traits de cette œuvre lui avait parut irréelle aussi s'était - il dit que s'il pouvait en avoir un, il serait heureux de le posséder. Mais un ne lui suffisait plus désormais, il les voulait tous. C'est là tout leur pouvoir, aimait répéter Watanabe, le vieil antiquaire du coin en parlant des vases. Kei passa toute la nuit les yeux rivés sur son écran. Des rumeurs couraient sur le net concernant la Lionne aux Fleurs d'Acacia Jaunes mais rien ne prouvait quoi que ce soit. Il se réveilla le lendemain matin encore tout habillé, à moitié allongé sur son bureau, l'ordinateur encore allumé. Le soleil était déjà levé depuis longtemps et un bruit désagréable le fit grogner. Il se leva, cherchant la direction de ce bruit et réalisa enfin qu'il s'agissait de son téléphone portable resté dans sa veste qu'il avait posé sur le lit. Il répondit à contre cœur.
- Qu'est ce que c'est ?
- Dis ! T'as vu l'heure ?
- Nakajima… c'est toi ?
- Comment ça c'est moi ? Bien sûr que c'est moi, empoté ! Tu comptes arriver bientôt ou il faut que je vienne te chercher ?
- Mmm… Quelle heure il est ?
- Il est huit heures passé. Tu comptes dire quoi à Tanaka ?
- Tanaka ! Et merde ! J'avais complètement oublié !
- Tu ferais mieux de te dépêcher si tu veux pas avoir des ennuis.
Takeshi raccrocha. Kei jeta son téléphone portable sur le lit et couru sous la douche d'où il ressortit à peine quelques minutes plus tard. Il enfila un nouveau costume et ne prit même pas la peine de se raser mais passa quand même un coup de peigne dans ses cheveux mouillés. Il sortit de son appartement et descendit au parking sous terrain par son ascenseur. Il marcha rapidement jusqu'à sa voiture et démarra à toute vitesse. Il se retrouva bien évidemment bloqué dans les embouteillages quotidiens mais garda étrangement son calme. Il regardait autour de lui et se souvint alors de cette limousine de la veille. Et ce visage… Etrange, pensa-t-il. Au fur et à mesure que la circulation avançait, il crut apercevoir cette même limousine quelques voitures devant lui. Il se dressa sur son siège, espérant voir quelque chose mais ne parvint même pas à voir le toit de la voiture.
- Je suis pas bien réveillé, je dois encore rêver ! Il réussi à se faufiler entre les voitures et dépassa l'endroit où il avait cru voir la fameuse limousine. Mais rien. Il roula jusque devant les bureaux de Tanaka et fit garer sa voiture par un jeune homme qui le regardait avec un air amusé. L'ayant remarqué, Kei le regarda et se pencha sur lui.
- Vous avez un problème, jeune homme ?
Le voiturier n'osa répondre et baissa la tête.
- Si vous n'avez rien, c'est sûrement moi alors. Allez-y, dîtes-moi ce qui ne va pas chez moi !
- Je… Votre joue. Je… me disais que vous aviez peut-être rendez-vous alors…
- Quoi ma joue ? Il se pencha sur son rétroviseur et plissa les yeux. Bon sang !
La manche de sa chemise avait fait des plis sur sa peau alors qu'il s'était endormi sur son bras. Il s'en voulut de ne pas s'être mieux regardé dans la glace avant de partir. Euh.. Merci. Il tendit les clés de sa voiture au jeune homme et rentra tête baissée dans le grand building.
Il croisa beaucoup de monde qui allaient et venaient et fut agréablement surpris que personne ne l'ai reconnu. Il tapa de quelques coups secs sur le bouton de l'ascenseur et attendit, la tête toujours baissée.
- Hé ! Takayama !
Kei redressa vivement la tête. Il aurait voulu tuer celui qui venait de l'appeler mais se calma lorsqu'il vit Takeshi s'approcher de lui à vive allure ?
- Tu te fous de moi ? C'est toi qui me fais la morale hier soir et qui arrive en retard ce matin ? Ca fait un demi-heure que je t'attends ici ! J'espère que Tanaka n'est pas trop sur les nerfs. Takeshi étouffa un rire. Toi, t'as mal dormi !
- Ne commence pas. Il ira se faire voir si il est pas content. C'est moi qui dirige le projet et il a encore de la chance que je me sois déplacé. Si il ne s'était pas cassé une jambe en glissant dans ses escaliers…
- Allons ne traînons pas et montons.
Ils prirent l'ascenseur et montèrent au trente cinquième étage. Mais lorsque les portes s'ouvrirent, Kei tomba nez à nez avec une vision irréelle. Ce visage… C'était bien le même… Un homme masqué entouré de ce qui semblaient être des gardes du corps attendaient devant les portes de fer. Kei le regarda un instant, incapable de bouger. Il observait les détails subtils du masque. Des traits fins couleur or, des yeux clos aux cils finement détaillés, une bouche délicate et légèrement rosée, des joues au teint de corail… Ses longs cheveux noirs aux reflets bleus flottaient autour de lui comme si ils avaient été plus légers que l'air lui-même. Et ce doux parfum… Que tant de beauté…, pensa t il alors. L'amateur d'art qu'il était fut subitement réveillé par une vision qu'il n'avait jamais eu auparavant. La perfection existait alors. Le masque se leva alors, tournant son regard vers lui comme pour lui adresser la parole mais aucun son ne sortit de ce visage parfait. Kei regarda alors les vêtements de cette personne et fut surpris par le raffinement des broderies, certainement au fil d'or. Les manches aux grands ourlets blancs tranchaient avec le tissu bleu profond satiné. Sa main se leva légèrement dans la manche de satin blanc, faisant tinter une clochette invisible. A ce son, les gardes du corps avancèrent, bousculant légèrement Kei. Ils disparurent derrière les portes de l'ascenseur qui se refermèrent sur eux.
- Kei ? Kei ? Takeshi le secoua par l'épaule. Oh ! Il faut y aller ! Fini de rêver !
Mais Kei resta figé à regarder les portes de l'ascenseur.
- Tu as vu ce que j'ai vu, Takeshi ?
- C'est Karma. Tu ne connais pas Karma ?
- Karma… Non.
- C'est une chanteuse. Certains disent que c'est une femme, d'autres disent que c'est un homme. Moi je vois bien que c'est une femme.
- Karma… répéta Kei, totalement envoûté par ce qu'il venait de voir.
- Il faut y aller, Kei. Tanaka nous attend depuis plus d'un quart d'heure.
- O… Oui. Allons-y.
Ils se dirigèrent vers la salle de conférence où une jeune femme les accueillit avec un large sourire radieux.
- Soyez les bienvenus, messieurs. Monsieur Tanaka vous attend. Elle ouvrit la porte devant eux et les fit entrer dans la salle. Tanaka et quelques uns de ses associés attendaient assis au bout de la grande table. Ils se levèrent à la vue de Kei et le saluèrent.
- Les embouteillages ? demanda Tanaka.
- On peut dire ça, oui, répondit Kei qui n'avait visiblement pas l'esprit avec eux.
- Bien, puisque tout le monde est là, je pense que nous pouvons commencer.
Ils s'assirent autour de la table et chacun consulta des dossiers qui avaient été préalablement posés sur la table devant chacune des places qui étaient occupées.
- Comme nous le prévoyions, commença Tanaka, les marchés sont à la baisse.
Mais nous avons eu la bonne initiative de préserver nos parts de marché dans les secteurs les plus prometteurs ce qui nous donne une petite avance sur nos concurrents. Vos parts sont ainsi entre de bonnes mains, monsieur Takayama. Je pense que nous nous remonterons d'ici la fin du mois, c'est la reprise économique alors ne soyons pas trop exigeants. Parlons de notre projet si vous le voulez bien. Il me semble que vouloir s'étendre en Amérique est une idée intéressante. L'étude de marché a prouvé que les produits que nous proposons risqueraient fort de rencontrer une grande clientèle en quête de qualité.
- Je pense que nous ne devons pas nous emballer trop vite, dit Kei à mi-voix.
- Bien entendu. Il est évident qu'il ne faut rien précipiter si nous ne voulons faire d'erreur. Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes et je pense qu'il faut se lancer. Votre père aurait foncé.
- Mon père… Kei releva la tête. Je ne suis pas mon père aussi ne prendrai-je pas les mêmes risques que lui.
- Il savait pourtant mener votre entreprise à la perfection.
- Et ça l'a rendu malade.
- Bien. Tanaka gratta sa gorge et se redressa sur sa chaise, visiblement gêné par ce qui venait de se passer. Si nous continuions ?
Mais Kei ne suivait déjà plus la conversation, ou à moitié du moins. Ce visage de porcelaine l'obsédait encore. C'était bien le même qu'il avait vu dans cette limousine la veille dans les embouteillages. Il répondait vaguement aux questions que Tanaka lui adressait et semblait fatigué de participer à cette réunion. Au bout de deux heures, Tanaka se leva et tendit la main vers Kei.
- Bien ! Je pense que nous nous reverrons avant la clôture du projet alors je vous dis à bientôt et donnez le bonjour à votre père.
- Je n'y manquerai pas. Kei s'éloigna doucement lorsque le même parfum qu'il avait senti lors de cette étrange rencontre lui chatouilla agréablement les narines. Tanaka ! Attendez !
- Un problème ?
- Euh… Il y avait quelqu'un tout à l'heure quand je suis arrivé. Il portait un masque et…
- Karma ? Elle est venue pour parler affaires. Enfin, c'est plutôt son assistant qui a parlé pour elle.
- Vous traitez avec Karma ?
- Oui. Elle donne une représentation demain soir dans une de mes salles et elle voulait me voir en personne pour " juger elle-même de ma profondeur ". Ce sont les termes exacts qu'elle, enfin, que son assistant a employé. Ce sont les stars, que voulez vous.
- Les stars ?
- C'est pourtant une chanteuse très connue. Vous semblez ne pas la connaître. Je ne saurais vous dire si elle a du talent, ce qu'elle fait est bien trop abstrait pour moi ! Mais vous pourriez en juger par vous-même en allant la voir demain soir.
- Pourquoi dites-vous " elle " ?
- Il est clair que c'est une femme. Je sais que beaucoup prétendent le contraire mais pour moi cela ne fais aucun doute. Un homme ne peut dégager autant de grâce et de finesse.
Kei resta perplexe. Cette Karma le fascinait. Il ne l'avait pourtant rencontrée qu'une seule fois, deux en comptant cette " entrevue " dans l'embouteillage que déjà il voulait en savoir plus sur elle. Et sur son masque. Jamais il n'avait entendu parler d'une telle pièce au Japon. Il se dirigea vers l'ascenseur et interpella Takeshi qui se trouvait près de l'accueil avec la secrétaire de Tanaka.
- Takeshi, on y va.
- Dis, t'es si pressé que ça ?
- On a des choses à faire.
- Ok. Donnes - moi encore quelques minutes et je te rejoins.
- Non. J'ai besoin de toi tout de suite.
- Ok…
Takeshi le rejoint dans l'ascenseur et poussa un long soupir traduisant son mécontentement.
- Tu viens de me mettre un bon coup à l'eau. Cette petite est vraiment époustouflante ! Mais dis-moi, tu m'as pressé pour quoi faire ?
- Je veux que tu me trouves tout ce qui est possible sur Karma.
- Tu plaisantes là ?!
- Non.
- Tu me casses mon coup avec cette secrétaire pour satisfaire tes propres petits besoins ?! Je rêve !
- Ne dis pas n'importe quoi. Elle porte un masque qui m'intéresse.
- Tu comptes lui prendre ? Laisse moi te dire que tu n'as aucune chance. Elle le porte en permanence même sur scène ou lors d'interview.
- Pourquoi ?
- Je sais pas. Les ragots vont bon train à ce sujet. Moi je pense que c'est parce qu'elle est trop moche pour se montrer !
- Et ce qu'elle chante ?
- Avis aux amateurs de musique pour drogués !
- Du rock ?
- Oh non ! C'est plus dans le genre transcendantal, ou un truc dans le même genre. C'est bien fait pour ceux qui planent après un shoot.
- Ca a pourtant l'air de marcher.
- Mmm… C'est pas désagréable à écouter, c'est pour ça.
- Procure-moi un disque de ce qu'elle fait.
- Tu vas pas te mettre à écouter ça ?!
- J'aimerais juger de ce qu'elle fait par moi-même.
- C'est toi qui vois. Mais ne comptes pas sur moi pour écouter ça avec toi, ça me donne le cafard.
- Je ne t'ai rien demandé de tel. Je veux juste que tu me trouve un de ses disques.
Ils se séparèrent à la sortie du building. Kei regarda autour de lui, espérant revoir Karma. Il monta dans sa voiture que le voiturier venait de ramener. C'était le même jeune homme qui lui sourit de la même façon.
- Merci, dit Kei sans regarder celui qui lui tendait les clés. Puis il se retourna vivement vers lui. Dites-moi, vous ne sauriez pas où est partie Karma, par hasard ?
- Eh bien… Le jeune homme hésita.
- N'ayez craintes, je ne dirai pas d'où je tiens l'info.
- J'ai entendu l'assistant de mademoiselle Karma dire au chauffeur de se rendre à la salle. Seulement j'ignore de quelle salle il s'agit, monsieur.
- Mmm… Elle donne un représentation demain soir. Vous savez où exactement ?
- Je crois qu'il s'agit du Dôme Alpha.
- Bien. Merci encore !
Kei lui donna un pourboire qui fit écarquiller les yeux de l'intéressé. Il démarra et se rendit au Dôme Alpha. Il fallait absolument qu'il revoit ce visage. Il se gara sur le parking des visiteurs et s'avança vers la grille qui était bien évidemment fermée. Il tenta de trouver une entrée mais tout était bien gardé. Il voyait la limousine garée près d'une porte à l'arrière et la regarda quelques instants. Peut-être est-elle encore à l'intérieur, pensa t il sans quitter les vitres arrières des yeux. Il attendit encore mais finit par se lasser de ne rien voir. Il s'avança alors vers la grille la plus proche de la limousine et plissa les yeux. Il lui semblait sentir ce parfum qui ne l'avait pas quitté depuis le couloir devant l'ascenseur. Puis la porte du bâtiment s'ouvrit. Les mêmes gardes du corps sortirent et…
- Karma…
Le visage de porcelaine brillait subtilement à la lumière matinale. Kei ne pouvait le quitter des yeux, hypnotisé par ses couleurs irisées. Ses longs cheveux semblaient toujours flotter autour d'elle comme un nuage de fils d'ébène bleuté. La légère brise porta alors ce parfum jusqu'au nez de Kei. Il ferma les yeux quelques secondes, appréciant plus que jamais cette douce odeur. Il rouvrit les yeux, ivre de cette senteur florale. Le visage de porcelaine se tourna alors vers lui et le regarda. Karma fit quelques pas vers Kei qui était totalement figé. Une trentaine de mètres les séparait mais Kei semblait être plus près de lui que jamais. Puis Karma leva subrepticement la main droite vers lui et le même son de clochette qu'il avait entendu chez Tanaka tinta doucement. Le vent se leva soudainement et de la poussière vola dans les yeux de Kei qui perdit Karma de vue. Il passa sa main sur son visage et tenta de regarder en direction de la limousine mais Karma avait déjà disparu, la voiture démarrant et sortant de l'enceinte. Kei courut jusqu'à sa voiture et démarra en trombe en tentant de repérer la limousine. Mais elle devait être déjà bien loin car il freina d'un coup sec et posa sa tête sur le volant, visiblement désespéré. Il retourna à son bureau et se jeta dans son fauteuil en cuir en soupirant profondément. Takeshi entra sans frapper et se planta devant le bureau.
- T'as eu des ennuis ?
Kei ne répondit pas tout de suite. Il était tourné vers la baie vitrée et se balançait légèrement d'avant en arrière.
- Non.
- Tiens. J'ai trouvé ce que tu m'as demandé.
Kei se retourna d'un coup en faisant pivoter sa chaise et se leva d'un bond.
- Tu l'as ?!
- Je te trouve bizarre. Y'a quelque chose qui va pas ? T'es malade ?
- Ne dis pas de bêtises. Je vais très bien. Il arracha le disque des mains de son ami et le contempla avant de l'ouvrir. Mais Kei n'eut pas le temps de le mettre dans le lecteur que la voix de sa secrétaire crépita dans l'interphone.
- Monsieur, monsieur Terada vient d'appeler, il s'excuse de ne pas pouvoir venir aujourd'hui, sa fille est malade et il tient à rester auprès d'elle.
- Merci Takako. Envoyez-lui des fleurs de ma part. Bon, je crois que je vais rentrer, plus rien ne me retient ici.
- Et ces dossiers ? Takeshi pointa le doigt vers le côté du bureau.
- Je les amène chez moi. Toi aussi tu devrais rentrer. Ou traîner encore dans les rues !
Kei saisit sa veste et l'enfila rapidement en glissant le disque dans sa poche. Il tapa sur l'épaule de Takeshi en lui souriant.
- Et merci encore pour le disque !
- Tant que tu te drogues pas…
- Oh ! Ca ne serait pas la première fois ! Ne fais pas celui qui ne se rappelle pas de ses années à l'université !
- Mmm…
Kei monta dans son ascenseur personnel alors que Takeshi en prenait un autre.
- A demain ! lança Takeshi.
Une fois dans son appartement, Kei enleva sa veste et sa cravate et se dirigea comme un robot vers sa chaîne hi-fi. Il inséra le disque dans le lecteur et le joua. Il s'approcha de la grande baie vitrée et observait Tôkyô qu'il dominait largement. La musique de Karma l'interpella. Jamais il n'avait entendu pareille voix. Ce n'était ni celle d'un homme ni celle d'une femme. On aurait même pu dire qu'il s'agissait des deux en même temps. Il ferma les yeux et revit ce visage de porcelaine se tourner vers lui. Etait-ce seulement de la porcelaine ? Tout lui semblait irréel quand il était là. Karma… Quel joli nom, pensa t il. La musique le transporta alors dans un autre monde. Ces accords étranges et ces murmures résonnaient au fond de lui. Il se sentit soudainement prit d'un malaise et s'assit dans un fauteuil. Mais la musique ne cessait pas de jouer cet air profond qui lui faisait tourner la tête. Mais il ne la coupa pas. Il continuait à écouter, se rappelant de ce parfum. Et ce son… La clochette… Elle semblait si proche qu'il semblait pouvoir l'apercevoir. Kei tendit les mains dans le vide et manqua de tomber de son fauteuil. Il se réveilla en sursaut en s'agrippant aux accoudoirs. Il se tourna vers sa chaîne et s'aperçut alors que le disque était fini. Depuis longtemps. Il regarda sa montre et se frotta les yeux.
- Bon sang… Trois heures du matin. Combien de temps est ce que j'ai dormi ?…

Comme promis, me voilà !! C'est surtout pour vous féliciter d'avoir lu le premier chapitre en entier !! Le deuxième est déjà terminé alors il devrait arriver dans très très peu de temps !! Remarquez que j'ai dû omettre quelques traits d'union dans le texte… Je suis en guerre contre eux…
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