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Auteur : Gwenaelle D.
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Disclaimer : les persos sont à moua ^^
Genre : romantique
Remarque : ben voilà, je me lance dans un nouveau style : l’histoire d’amour. J’me demande ce que cela va donner ^___^
Remarque 2 : pour ceux ou celles qui lisent « cruauté pour une âme pure », rassurez-vous, je ne l’ai pas abandonné, loin de là. Simplement, j’ai trouvé des béta-lectrice très littéraires qui me font reprendre pas mal de choses, c’est pour cela que le rythme de parution s’est ralenti :o) Vala.
Destinée sentimentale
Chapitre 1 : la rencontre
- « Reese ! Attend-moi ! »
Je me retournais pour faire face à ma meilleure amie qui courait comme une dératé pour me rejoindre. Quoi qu’il arrive, quel que soit le jour, rien n’y faisait : Stella était toujours en retard. Toujours ! C’est le jour où elle sera à l’heure que je commencerai sérieusement à m’inquiéter. Elle arriva enfin à ma hauteur, toute rouge et essouflée.
- « Pourquoi… faut-il que tu marches toujours aussi vite ? »
- « Désolée. » répondis-je avec un petit sourire crispé.
Stella est mon exact opposé : pas très grande, blonde avec des frisettes, une petite bouille toute ronde, de grands yeux vert, des lèvres pulpeuses, un corps d’athlète et un caractère de joyeux drille. Inutile de préciser que sa popularité est immense dans notre lycée. C’est bien simple, je ne lui connais aucun ennemi. Cette fille à le don de la sympathie. Elle attire les gens comme un pot de miel attire les abeilles. Pourquoi est-elle ma meilleure amie, alors que je suis renfermée, timide et timorée ? Tout simplement parce qu’on se connaît depuis le berceau. Nos parents sont voisins et amis depuis toujours, on a eu la même nourisse, on a fréquenté les même écoles, et on a toujours été dans la même classe. En bref : sans elle, je suis perdue, et inversement.
- « Devine quoi ! Chris m’a appelé hier ! »
Ah oui, parce que j’ai aussi oublié de vous préciser : Stella collectionne les petits amis. Ses relations durent de deux jours à plusieurs mois. Elle se lasse vite, à ce qu’elle me dit. Personnellement, je ne sais pas comment elle fait… Il faut dire aussi que je n’ai jamais eu de petit ami. Avec mon mètre soixante-quinze, mes cheveux ternes et plats, mes lunettes et mon nez de fouine, j’attire pas vraiment la gente masculine. De plus, à l’inverse de Stella qui adore le sport et les sorties, je suis plutôt rat de bibliothèque et cinéphile : deux passe-temps qui ne favorisent ni les rencontres ni la communication. Mais que voulez-vous. Pour moi les garçon naviguent dans une autre dimension, ils me sont complètement étrangés, et je n’ai jamais cherché à les connaître. Je dis déjà bonjour aux nombreux amis de Stella, ce qui est déjà pas mal, croyez-moi !
- « Chris ? »
- « Oui, tu sais, le joueur de basket ! »
- « Ah ! Oui… »
Cela ne me disait absolument rien !
- « Figure-toi qu’il m’a proposé tout net d’aller au cinéma avec lui ! »
- « Et c’est pas bien ? »
- « Eh bien je ne sais pas… Il n’y a pas mit les formes, tu comprends. »
- « Ah oui je vois. Mais… Tu ne sors pas déjà avec quelqu’un ? »
- « Steve ? Bah oui mais bon, notre relation stagne un peu alors… »
- « Hmm… »
Décidément, je n’arriverai jamais à comprendre comment on peut changer aussi souvent d’avis… et de petit ami…
Je ne me suis jamais vraiment posé la question, à savoir, qu’est-ce que j’attendrais d’une relation, si jamais j’en ai une un jour… A seize ans, j’avoues qu’avoir un petit ami n’est pas une préoccupation qui me tracasse. En réalité, c’est même le dernier de mes soucis. J’apporte toute mon énergie à ma scolarité. Je n’ai jamais eu de facilité en classe, mais ce qui est sûr, c’est que je veux réussir dans la vie. Et pour cela, je dois bosser dur, probablement deux fois plus que Stella d’ailleurs, qui a de sacrées facilités et pourrait être première de la classe si elle s’en donnait la peine.
Mes parents sont ouvriers tout les deux. Mon père travaille dans une usine de voitures, et ma mère dans l’industrie textile. Je suis fille unique, ce qui me chagrine. Stella a l’air de partager de véritables moments de complicité avec son petit frère, et je les jalouse un peu de ce côté là. D’un autre côté, leurs parents sont divorcés, et ils vivent tous les deux avec leur père, qui s’est déjà remarié plusieurs fois. Leur climat familial est un peu tendu de ce côté là.
- « On commence par quoi ce matin ? »
Je soupirais.
- « Eco comme tous les mardi. »
- « Ah oui c’est vrai. »
- « Tête en l’air. »
- « Même pas vrai. »
- « Tu as danse ce soir ? »
- « Ouaip ! Le gala de fin d’année arrive à grand pas, c’est un peu Tchernobyl. La prof devient de plus en plus nerveuse… Et toi tu vas faire quoi ? »
- « Il faut que je passe rendre des livres à la bibliothèque puis que j’aille bosser à l’assos. »
Oui parce que je ne vous ai pas dis, mais j’adore les animaux. Du coup, ben pour essayer de faire quelque chose pour eux, je travaille comme bénévole à l’association de ma petite ville qui s’occupe des chiens et chats errants, perdus ou abandonnés. Je suis juste standardiste téléphonique deux soirs par semaine, ce qui n’est pas grand chose.
- « Ok. Ah tiens ! Voila Peggy et Suzy. Je vais vite fais leur faire la bise, je te rejoins en classe. »
- « Ca marche. »
Et sur ce, Stella partit en trottinant voir ses amies.
Je continuais tranquillement mon chemin jusqu’à la salle de classe, sans me soucier des autres élèves. Une fois seule, je me retrouvais toujours plongée dans mon monde : même si je bossais dur à l’école pour réussir, un rêve ne cessait de me titiller. Ecrire. Mettre sur papier toutes ces idées, toutes ces aventures qui se bousculent dans ma tête. Ne serait-ce pas formidable ? Malheureusement, je n’ose toujours pas me lancer. Et puis, écrire… pour qui ? Pour moi ? Cela est-il vraiment bien utile ?… Mais cette histoire d’ange gardien partait pourtant bien… Je sentis mes joues rosir. J’ai beau me dire que je me fiche des garçons, je n’arrête pas de m’inventer des histoires d’amour avec des anges, ces créatures parfaites, ne prodiguant que bonheur et amour. Honnêtement, un simple garçon peut-il décemment être comparé à un ange ? La réponse est claire : absolument pas.
J’entrais comme un automate dans ma classe et je m’assis à ma place, près de la fenêtre. Je posais mon cartable sur la table, croisais les bras dessus et posais ma tête dans le creux, sur le côté, regardant distraitement par la fenêtre. J’aime bien ce petit moment de silence, avant que la cloche ne sonne et que tous les élèves ne viennent envahir leur salle. C’est très…
La porte s’ouvrit soudain en grand, et les éclats de rire de deux garçons arrivèrent à mes oreilles. Je me redresse d’un coup et les regarde, surprise.
- « Wouah mais si tu vas voir cette école est top ! Les profs sont sympas, les meufs sont bonnes, tu verras tu vas t’éclater ! »
- « Mais oui c’est ça, en attendant j’ai toujours pas croisé Pamela Anderson ! »
- « Sally Griff. Son nom c’est Sally Griff ! »
- « Ah ouais c’est vrai. »
Les deux jeunes gens s’aperçurent enfin de ma présence. Ils restèrent silencieux un moment. Je les regardais sans réagir. Il y avait un rouquin habillé à la dernière mode que j’avais déjà dû croiser dans les couloirs, vu que sa tête ne m’était pas inconnue. Son ami par contre, me procura un sacré choc. Blond comme les blé, des yeux aussi bleus que l’eau des lagons tropicaux, une peau matte et une stature d’athléte. J’avais beau ne pas me soucier des garçons, la beauté de ce dernier était indéniable.
- « Hmmm… Heu… Je crois qu’on s’est trompé de classe ! » fit le rouquin. « En fait, c’est par là ! » continua-t-il en sortant de la pièce et en indiquant la droite.
Le deuxième garçon resta interdit un petit moment, puis le suivit sans rien dire. Quelques secondes après, je vis un bras se tendre pour refermer la porte de la classe.
Je restais coi. Pourquoi est-ce que, lorsque mon regard avait croisé ces magnifiques yeux bleus, mon cœur s’était-il mit à battre plus fort ? C’était une réaction toute à fait inhabituelle de ma part. Je fronçais le nez, pas très heureuse de ce qu’il venait de se passer. Mais je n’eus pas le loisir de m’attarder plus longuement sur cet aparté du matin, la cloche annonçant le début des cours venait de retentir.
***
La journée passa, aussi morne que d’habitude. J’en ressortie complètement crevée : garder une concentration maximale pendant tous les cours était plus qu’éreintant. Heureusement, à la pause déjeuner, je m’allégeais l’esprit en écoutant les propos légers dignes de toute bonne fille de seize ans. Les amies de Stella et cette dernière étaient toute excitée : un nouvel élève de terminal venait d’arriver, et il paraît qu’il était beau comme un dieu. La petite péripétie du matin me revint en mémoire, et je ne pus que sourire : il s’agissait forcément du même garçon. Les ragots sont vraiment plus rapides que la lumière dans un lycée.
Je quittais Stella sur une bise, direction la bibliothèque municipale. J’avais trois livres à rendre, et il me resterait, si je calculais bien, vingt minutes pour rechercher mes prochaines perles rares. Les romans de science-fiction et d’heroic fantasy sont mes préférés, mais les collections s’épuisent vite dans les bibliothèques de province.
- « Bonjour madame Bigot ! »
- « Bonjour Reese. Comment ça va aujourd’hui ? »
- « Très bien et vous ? Votre dos va mieux ? »
- « Oh tu sais, ça va ça vient. »
Je lui tendis mes livres et ma carte qu’elle tamponna.
- « Bonne pêche au trésor ! » me lança-t-elle alors que j’entrais dans la pièce principale.
Je me rendis directement au rayon « romans d’aventure. » Je n’avais pas encore une idée bien précise de ce que je voulais lire, mais je trouverai bien sur l’inspiration d’une couverture ou autre. Je me promenais dans les rayons lorsque j’aperçus une petite fille, sur la pointe des pieds, les bras tendus, essayant désespérement d’attraper un livre placé bien trop haut pour sa petite taille.
- « Tu veux lequel ? » lui demandais-je une fois à sa hauteur.
Elle tourna vers moi une petit visage rempli de tâche de rousseurs avec un nez supportant une énorme paire de lunettes.
- « Celui-là avec la couverture bleue. » fit-elle en tournant la tête, faisant voler ses couettes au passage.
J’attrapais le livre et lui tendis.
- « Merci. »
- « De rien. Moby dick c’est un très bon choix. »
C’est aussi peut-être un peu trop fort pour toi, me dis-je. Elle ne devait pas avoir plus de huit ans.
- « Merci. Je viens de finir l’Ile au trésor et j’avais envie de changer de milieu. Je ne connais rien à la mer. »
Je fus stupéfaite un moment. Cette petite avait l’air d’en avoir dans le ciboulot.
- « Tu lis quoi toi ? »
- « Moi ? Oh rien de spécial. Je n’ai pas d’auteur favori, je lis le résumé de l’histoire à l’arrière du livre, et s’il me tente je le prends. »
- « Hmm. Je vois. » fit-elle en hochant la tête, très sérieuse. « Mais tu lis quoi ? »
Je faillis éclater de rire. Les enfants, tant qu’ils n’ont pas une réponse nette et précise, ne renoncent jamais.
- « Et bien… Voyons voir… »
Je commençais à me promener, suivi par la petite fille. Je m’arrêtais finalement et piochais un livre au hasard. Je lus le titre à voix haute.
- « Anthologie des fées. »
- « Woaaaaaaaah. »
- « Ca a l’air bien. »
- « Il y a des dessins ? »
Je feuilletais le bouquin rapidement.
- « Quelques uns en noir et blanc. Tiens. »
Je baissais le livre à sa hauteur pour qu’elle puisse jeter un coup d’œil.
- « Oooooh. Je n’ai jamais lu de livre sur les fées. »
- « Hmmm moi non plus, il n’y en a pas tant que ça en fait. »
- « Tu me diras s’il est bien ? »
- « Pas de problème. »
- « Mon grand frère, il arrête pas de jouer à des jeux de rôles, et après, il arrête pas de m’appeler sa petite fée. J’aime bien ça. » fit-elle en souriant.
- « Effectivement c’est un très joli surnom. »
- « Tu as un frère ? »
- « Malheureusement non, ni de sœur d’ailleurs. »
- « Oh. Bon, je dois y aller. »
- « Moi aussi. Rentre bien. »
- « Je vais essayer, je connais pas très bien la ville encore. »
- « Tu es nouvelle ? »
- « On a aménager hier. »
- « Effectivement. Tu habites où ? »
- « Dans le quartier du Puech… Puech… Heu… »
- « Le Puech Petit ? »
- « Oui c’est ça ! »
- « C’est pas tout près. Tu veux que je te raccompagnes ? »
- « Oh oui ! »
Le quartier était à un bon quart d’heure à pied. Sachant que l’association se trouvait à l’autre bout de la ville, j’aurais probablement trois bons quarts d’heure de retard.
- « C’est d’accord alors, je dois juste passer un coup de fil et c’est bon. »
Je prévins Justine de mon retard, ce qui ne la traumatisa pas plus que ça. On sortit de la bibliothèque après avoir fait enregistrer nos livres et demander une nouvelle carte de membres pour Lina, la petite fille.
- « Et toi tu t’appelles comment ? »
- « Reese. »
- « Bah, c’est bizarre comme prénom. »
- « Tu trouves ? »
- « Ouais. »
Nous bavardâmes pendant tout le trajet. Je n’avais pas spécialement l’habitude de fréquenter les enfants de huit ans, mais cette gamine était éveillée et avait la langue bien pendue. Je ne m’ennuyais pas une minute. J’en appris beaucoup sur sa famille, son père avocat, sa mère institutrice et son grand frère exceptionnel. C’était presque de l’adoration à ce stade. Elle avait un chien, un chat et deux poissons rouges. Le déménagement avait dû être rock’n roll, vu les anecdotes qu’elle racontait. En un quart d’heure, j’ai dû pouvoir placer deux « oui » et quelques « ah bon ? » dans toute la conversation. C’était amusant.
On arriva enfin chez elle. Très bien élevée, elle m’invita à boire le thé. Je déclinais malheureusement l’invitation, j’étais plus que pressée. Mais on promit de se revoir à la bibliothèque.
Une fois la porte refermée, ni une ni deux, je partis au petit trot, rebroussant chemin. Je vérifiais l’heure à ma montre : 18h20. Zut ! J’étais plus en retard que prévu. Je me mis à courir vraiment. Je détestes être en retard. Je regardais le trottoir pour faire « attention à la marche » lorsqu’une roue de vélo se matérialisa devant moi.
- « Atten… ! »
Trop tard.
Je venais tout juste de m’emplafonner dans un cycliste qui aurait tout de même pu regarder où il allait ! Je me retrouvais à voler des les airs et atteris durement sur les fesses.
- « Ouch ! »
Mon cartable vola dans les airs et alla atterir dans le jardin d’à côté. J’entendis un bruit de crissement de pneus, une bordée de jurons et un bruit sourd, signifiant que le conducteur du vélo avait aussi dû tater du bitume. Je me relevais lentement, furax. Après tout, j’étais le piéton, j’avais donc priorité.
- « Ca va ? Rien de cassé ? »
Je me retournais, surprise par le ton vraiment concerné de la voix… Pour me retrouver face au garçon de ce matin. Et là, étrangement, j’eus un blocage. Impossible de lâcher un mot.
- « Tout va bien ? » redemanda-t-il ?
- « Oui… Désolée… »
Je m’approchais du jardin, histoire de voir où avait atteri mon cartable. Je devins blanche comme un linge.
- « C’est pas possible… »
Je me dirigeais vers le portable et sonnais. Je sentis le garçon se rapprocher dans mon dos.
- « Qu’est-ce qu’il se pa… Oh oh ! »
Une femme apparue à la porte.
- « Je peux vous aider ? »
- « Excusez-moi Madame, mais j’ai malencontreusement… heu… lancer mon cartable dans votre jardin et… votre chien est en train de le manger. »
- « Quoi ? CHICO ! »
- « Wouaf wouaf ! »
- « Oh mon dieu. Il l’a complètement déchiqueté. » fit-elle en s’approchant du cadavre de mon cartable.
- « Ce… Ce n’est rien, c’est de ma faute… »
Elle me rendit les restes de mon sac, et par la même occasion les restes de mes cours de la journées et de mes stylos.
- « Encore désolée pour le dérangement. »
- « Mais je vous en prie. Je suis navrée pour votre cartable. »
- « Ce n’est rien. Merci encore. »
Je me retournais et repris ma route. Le garçon alla relever son vélo et me rejoinds.
- « Hé ben dis donc ce… »
Je levais ma main en l’air et je le regardais durement. Je n’avais vraiment pas envie d’écouter ses bavardages. Il me regarda surpris, mais n’insista pas. Je repartis d’un pas rapide, serrant les restes de mon cartable contre moi. En réalité, je n’avais pas du tout envie qu’il voit mes larmes poindre le bout de leur nez. Ce cartable était un cadeau de mes parents pour mon entrée en sixième et il ne m’avait jamais quitté depuis. Il était en cuir marron, patiné, et très pratique. Il leur avait coûté cher, et il était clair qu’il n’allait pas m’en racheter un de sitôt. Les temps n’étaient pas très faciles en ce moment, et les préoccupation de ma famille se tournaient vers ma grand-mère, qui était hospitalisée pour un cancer. J’allais devoir me balader à l’école avec un sac plastique en guise de cartable. Super. Je n’attendais que ça.
Finalement, cela n’était pas mon jour.
A suivre.
Gwenaelle D., 16 mai 2003