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Fiction » Romance » La Vie Rêvée font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Paradise Nightwish
Fiction Rated: K - French - Drama/Romance - Reviews: 8 - Published: 09-09-03 - Updated: 09-09-03 - Complete - id:1396048

Ce récit est à chapitre unique. Je l’ai écrit l’an dernier.

Tout les personnages sont à moi.

Voici :

La Vie Rêvée

*¤*

Ma vie est loin d’être un rêve. Entre un mari tyrannique et deux enfants insupportables, je vis en enfer. Les quelques instants dont je dispose pour moi se font rares. Une fois mon mari parti, et les deux monstres à l’école, il me faut encore nettoyer leur merde – vaisselle – lessive – ménage. J’y passe la matinée. Le repas prêt, j’attends qu’ils rentrent. Ils arrivent, mettent les pieds sous la table, mangent et repartent soi pour le boulot, soi pour l’école.

Et rebelotte – vaisselle – rangement – ménage. Dès que j’ai fini, je vais me reposer. Les enfants ne tardent pas. Et il faut leur préparer à goûter. Puis voici la corvée des devoirs.

Maudits soient-ils, tous ! Personne ne sait qui je suis.

Je me suis mariée, fort jeune, à un jeune homme charmant. Le seul que j’aie jamais connu. Aujourd’hui, je n’ai même pas 30 ans que je suis fatiguée de tout. Mon époux, comme je l’aime, est de cinq ans mon aîné. On plus vieil enfant n’a que 8 ans. Le plus jeune 5. J’en ai 26. Je ne sors jamais d’ici, de cette maison.

No Soucy ! Il s’occupe de tout ! Comme elle a de la chance, son mari fait tout pour elle !!!

Ce qu’il faut pas entendre !!!

Il fait les courses, mais je fais la liste, les débarrasse, et les range.

Il amène les enfants à l’école voisine. C’est là le seul moment qu’il passe jamais avec eux.

Il travaille dur pour nourrir sa famille. Je n’entends jamais parler de son boulot. Je ne sais même plus si j’ai un jour su ce qu’il faisait vraiment.

Je suis isolée.

Mes voisins m’ignorent. Savent-ils au moins que j’existe ? Que je suis là ?

Je suis une personne ! Je suis VIVANTE !

Que peuvent-ils bien dire de moi ? Une femme associale ? Sauvage ? Renfermée sur elle-même ?

Je m’en fous. Qu’ils parlent donc !!!

Je n’ai aucun ami. Je n’ai jamais de courrier. D’ailleurs, je n’ai même pas la clé de la boîte à lettres.

Il m’oppresse… Je ne sers qu’à lui. Je lui fais son ménage, sa bouffe, son linge, ses gosses. Se rappelle-t’il seulement mon prénom ? Ma date de naissance ? Comment et où nous nous sommes rencontrés ?

Je l’ignore. Je passe mes journées, seule. Dans cette vieille maison toute vide. Ces murs m’étouffent. Chaque jour, ils resserrent l’étau sur moi.

Il est vrai que ce n’est pas vraiment l’enfer. Et ça ne l’a pas toujours été.

Après notre mariage, j’ai poursuivi mes études. Je me suis à peine arrêtée à la naissance de notre aîné. Le mari s’occupait de tout.

Quand je suis tombée enceinte de nouveau, il se réjouissait. Mais en revenant de l’échographie, il s’est renfermé. L’aîné est un garçon. Le second une fille. Est-ce cela qui le minait ? Il ne m’a rien dit. Et, depuis 5 ans, on communique de moins en moins.

Le matin, au réveil, il n’est souvent plus là.

Sur la table, le matin, non plus un mot doux, mais une liste d’affaires à ajouter sur la liste de courses, ou de choses à faire.

Ainsi, j’ai appris à bricoler – réparer – colmater – recoudre – visser – clouer - …

Je n’aime pas les travaux manuels.

Lui qu’on ne pouvait séparer de son gamin est devenu froid, distant. Il m’a demandé d’arrêter mes études, un matin – un papier posé sur la table. Le commencement des ennuis. Je l’aimais. Je l’ai fait.

L’isolement a commencé.

Mon petit pleurait « où est Papa ? » « Je ne sais pas mon bébé » « je suis pas ton bébé, je suis celui de Papa ! »

Un poignard dans mon cœur, enfoncé profondément. Ce jour là, il a saigné pour la première fois.

Mon petit bonhomme.

Ma petite, elle, me colle tout le temps. Ensemble, ils font les quatre cent coups, En dehors de cela, ils ne se supportent pas.

Au milieu de leurs incessantes disputes, ils me demandent de faire l’arbitre, alors que j’ai horreur de ce rôle. Et le mari qui ne dit rien…quand il est là.

Enfermée dans ma routine, dans cette maison que je ne supporte plus, dans ma tête. Il ne m’a pas encore interdit de penser.

Je rêve souvent.

D’être une autre personne dans une autre ville. Ou bien d’être tout simplement moi. Je ne parle à personne : les enfants ne jurent que par leur père. Car même si la petite s’accroche à moi, il représente l’autorité. Elle le craint, comme le grand. Et pour eux, je ne dois pas représenter grand chose. On peut compter le nombre de fois où ils m’ont appelée « Maman » sur les doigts des deux mains.

Je fais partie de leur décor.

Qu’est-ce qui me retient ici ?

Eux.

Même s’ils m’ignorent, m’oublient – et je trouve ça étrange – je ne parviens pas à les rayer de mon cœur.

Chaque pas vers la porte de sortie devient un calvaire.

Alors je sais que je suis coincée là, ad vitam eternam.

Condamnée à mourir à petit feu. Par ceux que j’aime.

Je m’efface. Depuis que celui que j’aimais a disparu au profit d’un fantôme. Cinq ans de prison mentale, puisque les barreaux sont imaginaires.

Il faut que ça change.

J’ai froid.

Quand je tremblais, il arrivait tout de suite avec une couverture.

Quand je tremble, s’il est là, il ne le voit pas.

Si je lui parle, il n’entend pas. Ou alors il ne veut pas entendre. Il reste assis des heures dans son fauteuil, à fixer le vide d’un regard éteint.

Nous n’avons pas la T.V.

Inutile. Ce serait une source de disputes supplémentaire je pense.

Décision : cette nuit il dort en bas !

Réaction : Une couverture sortie de l’armoire, pas un son.

Je désespère.

J’ai envie de parler. J’en ai besoin. Tout le monde ne peut se passer de vie sociale !!! Je ne pense pas.

Pas moi.

Dormir.

Un sommeil définitif.

Ou alors, changer de vie, de famille.

La mienne m’a oubliée.

Mes parents ?

A croire que ce qui m’arrive est prédestiné ! Des fantômes eux aussi.

Si je fuis, vivrais-je seule ? Sans doutes.

Seule, mais libre.

Mais je ne peux pas m’en aller.

Pas sans mes petits monstres.

Pas sans lui, celui que j’avais épousé. Pas son ombre.

Voilà un rêve.

Qu’il redevienne lui-même.

N’ai-je servi qu’à lui donner des enfants ?

Encore une dispute. Il grommelle. Silence. Reprise.

Je n’en peux plus.

« LA FERME ! »

J’ai hurlé. Plus fort que moi. Les regards se sont tournés vers moi.

« Qu’est-ce que t’as encore ? Arrête de nous faire ta crise » a-t’il dit.

Je n’en suis toujours pas revenue.

Le mari n’a rien ajouté.

Les enfants ont pleuré.

Je n’en peux plus.

La vie mérite-t’elle vraiment d’être vécue ?

Je l’ignore.

Entendre mes enfants pleurer m’a fait mal. C’est une sensation étrange. A ces moments là, j’ai envie de les attraper et de les serrer fort, très fort sur mon cœur. Es petits démons. Sans eux, le mari se serait-il changé en ombre ? J’ai envie de pleurer. Qu’il me console. Comme si je n’étais qu’une toute petite fille.

Mais il m’oublie, ne me regarde pas, ne ma parle pas, ne me touche plus. Je n’existe plus. Pour personne.

Peut-être est-ce moi qui ai changé. Lui si doux, si attentionné. Non, le problème ne peut venir que de moi.

Plus le temps passe et plus je perds pied.

*

Ce matin, il fait beau. Le soleil brille. Les oiseaux chantent. Les nuages sont invisibles. Encore une très belle journée en perspective.

Mes enfants dorment encore. J’allume la T.V. Que de bonnes nouvelles.

Tout va bien dans le meilleur des mondes…

Il est l’heure de les réveiller, ils ne rechignent pas.

Ils ont des visages d’anges.

Sages, ils déjeunent.

C’est l’heure de partir à l’école.

Dès que je les ai déposés, je file à la crèche où je travaille depuis peu.

Même si tous les chérubins que j’y rencontre sont adorables, ils ne le sont pas autant que mes feus petits anges.

Je vis au Paradis.

Juste après le travail, je vole les récupérer à l’étude. Ils m’attendent gentiment.

Quoi de plus touchant que votre enfant qui se jette à votre cou en criant « Maman ! » avec des larmes de joie dans les yeux ?

Rien de tel. Rien de plus beau.

Des anges. Rien de moins.

C’est leur dessin animé préféré qui passe.

Les voir heureux me rend heureuse.

Quand j’étais plus jeune – à leur âge devrais-je même dire – j’avais en tête une image toute bête, symbolique du bonheur… J’imaginais un papillon voletant parmi les nuages.

Et il n’y a que quand je suis vraiment heureuse que cette vision me vient.

*

Encore une sale journée dans ce bas monde.

Je veux décoller. Mes pieds sont rivés au sol. Lestés de plomb.

Le mari est déjà parti. Est-il seulement rentré ?

J’en doute.

Je pars réveiller les petits monstres. Ils hurlent, me rabrouent.

La mort me fascine.

Je l’envie. J’ai envie d’elle. De la voir me contempler. Qu’elle me touche et m’absorbe.

Elle plus que personne d’autre.

Ne serait-ce qu’une envie de renouveau ?

La maladie me ronge et gagne du terrain. Ma solitude.

Suis-je dérangée ?

J’ai l’impression d’être en décalage avec le monde entier.

D’être seule.

Je devrais y être habituée, mais rien à faire.

Je vis dans un monde de silences permanents.

Je crois que j’ai trouvé un moyen d’évasion. J’ai envie de hurler.

*

Aujourd’hui, c’est mercredi. Mes chers anges n’ont pas classe. Je les emmène donc à la crèche où je travaille. Ils aiment tellement ça. Mon petit garçon, âgé de 11 ans est un peu vieux pour ça, mais il en profite pour faire ses devoirs. C’est mon petit champion. Ma fille, elle, a 8 ans. Et elle a toujours peur de me perdre. Même si les jeunes de la crèche le sont trop, elle joue avec eux. Ou alors elle fait ses devoirs avec son grand frère. Ils s’adorent. Elle a de la chance d’avoir un grand frère pour veiller sur elle. Elle ne sait pas à quel point cela peut être important. Pourvu qu’il reste un gentil garçon. Sage, attentionné. Et non une petite teigne. S’il devenait comme la plupart des enfants que l’on voit maintenant. Pourvu que ma petite princesse reste ce qu’elle est. Simple, emplie de tendresse.

Lui va devenir un beau garçon. Un joli petit tombeur… Je pense. Il est si mignon. Il a de grands yeux bleus très expressifs. Et d’un très beau bleu, pas commun du tout. Un bleu profond, à peine plus clair que l’indigo, qui vire au violet sous le coup d’émotions fortes. Ni plus petit, ni plus grand, ni plus mince, ni plus gros que la moyenne des jeunes de son âge. Et, comme on dit, une véritable gueule d’amour. Il va en briser des cœurs. A commencer par le mien, le jour où il partira vivre sa vie.

Elle aussi est très belle. Si je pouvais lire dans l’avenir… Comme son frère, elle a de grands yeux bleus. Les siens sont bleu marine et virent au turquoise lors d’émotions fortes. Elle s’intéresse à tout. A 8 ans, c’est déjà un petit bout de « bonne femme ». C’est marrant. Enfin, je trouve.

Je ne suis peut-être pas très objective en ce qui concerne mes deux anges blonds, mais je suis leur mère, c’est normal.

Aucune inquiétude !

*

Je sais comment appeler cet endroit. La maison du cauchemar.

Une prison.

Il faut que je trouve la sortie. J’aimerais trouver une solution.

Ou qu’elle se présente à moi. Je me la représente très bien.

Une grande porte noire avec un panneau lumineux au-dessus « SORTIE ».

Un panneau clignotant.

Vert et blanc.

Je hais cette vie.

Je me hais.

Je sais ce que je veux. Et ce n’est pas cette vie.

Pas ma vie. Pas celle que je vis en ce moment.

Si quelqu’un la veut, qu’il la prenne … et la garde.

Je n’en veux pas.

Aujourd’hui, j’ai pris une décision. Je veux m’en sortir.

Je vais m’en sortir.

Sortir de cette existence.

En entamer une autre, plus à mon goût.

Et la garde.

En profiter.

A jamais.

Voilà que je fais des rimes. C’est trop drôle.

Je n’en peux plus.

J’ai l’impression d’avoir quelqu’un enfermé dans ma tête. Un forcené.

Il cogne et cogne encore sans s’arrêter sur les parois de mon crâne.

Un battement continuel.

Ca cogne, ça cogne.

C’est insupportable. J’ai envie de me cogner la tête contre les murs.

Jusqu’à ce qu’elle explose.

*

Mes plus grandes réussites dans cette vie, sont mes enfants et mes diplômes.

Je me suis battue pour eux. Je me rappelle à quel point ça a été dur.

Mais je n’aime pas évoquer ce passé douloureux. A présent, nous avons tout pour être heureux.

Ensemble. Pour toujours. Mais comme jamais.

Une famille unie. Un rêve. Un très vieux rêve enfin devenu réalité.

*

Et elle finira par exploser.

*

Elle me hait, c’est certain.

Je ne suis qu’un lâche.

Depuis cinq ans, je l’abandonne.

Mais que pense-t’elle de moi ?

Et nos enfants.

Ils ont peur de nous, de nos silences. De mes silences. Peu à peu je disparais de leur vie. Je sens bien qu’elle n’aime pas cette vie.

Je l’aime. Mais je ne me rappelle plus pourquoi je suis devenu une ombre.

Je vais le moins possible la voir.

Je l’aime. Je la sens s’éloigner peu à peu de moi. Il faut que je fasse quelque chose. Par amour pour elle.

Lui dire, lui avouer. Mais lui dire quoi ?

Je ne sais plus.

Plus pourquoi je suis là, avec elle.

Torture des sens que de la savoir là, inaccessible à mon Amour.

Quelle ironie.

Que c’est-il passé ce jour là ? Ce jour où j’ai commencé à disparaître, et à l’entraîner dans ma chute.

Je dois faire quelque chose.

Un immense sacrifice pour celle que j’aime à la folie. Et plus qu’à la mort.

*

Il en aime une autre, c’est certain.

Pourquoi m’oublirait-il sinon ?

Je l’aime à en mourir, je crois.

En fait non.

Je n’aime pas cette ombre de lui-même.

J’aime à la folie, c’est vrai. Mais celui que j’aime à disparu voici cinq longues années.

Où est-il parti ?

Pourquoi dois-je vivre avec cette copie de lui ?

Pâle imitation de l’homme que j’aime. Où est-il ? Faîtes qu’il revienne, seigneur.

Je suis prête à croire à tout et n’importe quoi s’il redevient enfin lui-même.

Seigneur je vous en prie. Je vous en supplie.

J’ai envie de l’attraper par les épaules et de le secouer. Fort. Très fort.

Afin qu’il se réveille.

Je vais reprendre mes études. Je lui ai annoncé ce matin.

Il n’a pas réagit, comme si cela ne lui faisait rien. Pas une once de sentiment.

Il ne m’aime plus, c’est sûr.

*

On dirait qu’elle veut s’en sortir.

Sortir de cet enfer silencieux où nous vivons depuis si longtemps. Je sais que je l’empêche de vivre sa vie comme elle l’entend.

Pourquoi j’existe ?

Je ne le mérite pas.

Je ne la mérite pas.

Sans elle je ne voudrais plus vivre.

Elle a dit qu’elle comptait reprendre ses études.

Je suis heureux pour elle.

Mais j’ai été incapable de dire un mot. Ni un « bravo » ni un « chouette ».

Comme elle doit me haïr…

Que pense-t’elle de moi ?

Je l’aime. C’est décidé. Je vais la libérer de moi.

Elle mérite mieux que moi.

C’est un moment critique.

LE POINT DE NON-RETOUR.

*

Où est il encore ?

Et avec qui ?

M’évite-t’il ? Il ne rentre que tard quand je dors déjà, et repart avant que je me lève.

Rentre-t’il seulement la nuit ?

Je l’ignore.

Je l’aime

Je ne peux plus la voir souffrir.

Pour cela je ruine ma santé à ne plus dormir. Je rentre tard et repars tôt, afin qu’elle ne me voit plus. Et je passe ma nuit à la contempler. C’est si dur.

Cette nuit, en la contemplant, je lui ai écrit. La dernière lettre.

Jamais plus je ne lui écrirai. Je ne serai plus là pour la faire souffrir.

Ni elle, ni nos enfants.

Ce matin encore, pas de traces de lui.

Sur la table de la cuisine, une lettre.

C’est son écriture, je le sais, même s’il y a longtemps que je ne l’ai vue.

Ni lue.

Je n’ai pas envie de lire cela.

Plus tard.

Les enfants d’abord.

Il est 10h, j’ai oublié de mettre mon réveil à sonner.

« Vite les enfants, debout ! »

Mais ils ne sont pas là. Peut-être les a-t’il déposés à l’école ?

Voilà ce qu’il a du m’écrire.

*

Ma Chérie,

Ceci est la dernière lettre que je t’écrirai de ma vie.

Je vais te libérer de l’enfer dans lequel je t’ai inconsciemment confinée.

Je suis désolée de t’avoir fait subir tout ça. Si tu savais à quel point je regrette tout cela.

Je t’aime. Comme au premier jour. Peut-être même plus.

Sûrement plus.

Il y a des mois que j’ai perdu le sommeil, rentrant tard et partant tôt de la maison. Sans y dormir. J’ai passé mes nuits à te regarder dormir.

Seuls moments où je ne lisais pas la souffrance que je t’infligeais sur ton si beau visage.

J’ignore, je n’ai toujours pas compris pourquoi j’ai changé d’un coup. Un mal mystérieux ? Si c’est ça, alors c’est ce mal étrange qui me ronge. Me fait perdre l’appetit, le sommeil, le goût de vivre.

Un silence où je me suis enfermé, t’excluant définitivement de ma vie.

J’ignore totalement tes sentiments face à ces changements profonds en moi.

Tu dors tranquillement, juste à coté de moi.

Tu ne sais même pas que je suis là. Et je prie pour que tu ne te réveilles pas.

Dors mon ange.

J’aime tout de toi.

Absolument tout de toi.

Excepté une chose. L’expression de souffrance gravée sur ton visage telle un rictus.

Et ce rictus me faisait souffrir. Plus encore que tu ne peux l’imaginer.

Je vais être totalement honnête avec toi. Tous les mensonges de nos existences.

De ton existence.

Cela fait des mois que je n’ai plus d’emploi.

A quoi passais-je donc mes journées ? Où ? Avec qui ?

Sache que les cinq années de souffrances n’ont pas été si inutiles.

Comme nous menions une vie austère, j’ai pu épargner énormément. Et c’est une petite partie de cette épargne que j’ai utilisé pour payer l’essence que j’ai utilisée depuis presque un an que je n’ai plus d’emploi. (Pour les autres dépenses, il y a mon chômage, et tes allocs…)

Sitôt parti le matin, je roulais jusqu’à un endroit calme où je dormais un peu en attendant l’heure de rentrer.

Et toujours dans la voiture, j’attendais non loin de la maison que tu dormes.

Puis je montais embrasser les enfants et t’observer.

C’est une de ces nuits que j’ai pris cette décision.

Tu n’es plus heureuse avec moi.

Je te gâche la vie.

Je vais partir loin. Très loin.

Dans un monde peut-être meilleur, où je t’attendrai toujours.

Mais je t’en supplie, ne me rejoins pas trop vite.

Je ne sais plus si tu m’aimes ou me hait.

Si tu m’aimes, ne fait pas comme moi.

Ne me rejoins pas trop vite, mon Ange.

Pense aux deux bébés qui te restent, preuves de mon infini amour pour toi.

Ils peuvent se passer d’un père. Mais pas d’une mère. Je suis déjà loin pour eux.

Continues tes études. Vis ta vie comme tu l’entends. On se retrouvera un jour. Je t’aime.

Je veillerai toujours sur toi, que ce soit d’en haut ou d’en bas.

J’ignore où je vais atterir.

Je sais que ce sera loin de toi, et c’est dur. Très dur.

Je crois que tu vas souffrir, mais tu pourras te consoler.

Ce sont mes dernières volontés.

Que, moi parti, tu sois enfin HEUREUSE !

Vis ta vie, oublie moi.

Je n’ai toujours aimé que toi.

Adieu

Ton Époux.

*

Tout un monde qui s’écroule.

Les larmes aux yeux, des sanglots bloquaient ma gorge. Ma tête s’est mise à tourner. Tourner.

Ils l’ont retrouvé dans un fossé. Lui qui ne buvait jamais a descendu des litres d’alcools divers, et absorbé au moins autant de médicaments. Puis il est allé se jeter dans le vide.

Un psychologue, qui m’a suivie de près, a insisté sur le comportement de mon Amour.

Apparemment, il souffrait d’une dépression qui s’est changée en mélancolie.

Si seulement j’avais compris. Si j’avais su.

Mais je ne me suis préoccupée que de moi.

Rien que de moi.

Si seulement…

Mais je sais que je n’aurais rien pu faire. Mon psy s’est acharné à me le faire comprendre.

Mais moi aussi, à ma façon, je l’ai condamné… Je le considérais avec comme du mépris. J’aurais pu au moins lui dire encore et encore que je l’aimais.

Mes deux petits bouts n’ont pas tout de suite compris ce qu’il s’était passé.

J’ai eu beaucoup de mal à leur faire comprendre que ce qu’il voulait, c’est qu’on soit heureux tous les trois, que la vie continuait malgré tout. J’ai déjà eu assez de mal pour moi.

*

Deux ans plus tard, ses volontés, ses dernières volontés étaient respectées.

J’ai revendu la maison, et on est parti vivre loin, très loin de là.

En ville.

J’ai terminé des études courtes, mais efficaces.

J’ai pu ainsi ouvrir ma propre crèche. Elle marche bien.

Mes petits anges m’aiment vraiment.

C’est malheureux à dire, mais il avait raison.

Sans lui, je m’en sors. Je vis enfin ma vie, je suis enfin moi.

Et rien que moi.

J’ai envie de lui dire qu’il me manque. Que pour moi il restera le top.

Que je l’aime profondément.

Afin qu’il repose en paix.

Tout cela, je lui dirai lorsque je le rejoindrai, un jour.

En attendant, je ne vis plus que pour mes chéris, mes petits anges.

Sans chercher à le remplacer. Sans même y sonjer un instant.

Car à coté d’un homme qui sacrifie sa vie pour votre bonheur, ils sont tous lâches, et fades.

De toute façon je n’aime et je n’aimerai jamais que lui.

Pour toute la vie, et même après…

*¤*

Reviewez moi SVP !!!!

PaRaDiSe



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