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Author: Isil
Fiction Rated: K+ - French - Romance/Adventure - Reviews: 78 - Published: 11-05-03 - Updated: 06-19-06 - id:1439239

Auteur : Isil Base : Originale
Genre : Yaoi romance, aventure
Rating : R
Disclaimer: Ils sont à moi-euh!!Niark niark niark !! Bon, par contre, la chanson est de Tom McRae, c’est pas moi qui l’ai écrite…
Notes: Mieux vaut tard que jamais, comme on dit toujours… Je vous présente toutes mes excuses pour le délai entre chaque chapitre, mais Dame Inspiration m'a délaissée pour d'autres horizons et Dame Vie Réélle s'acharne sur moi. Je fais de mon mieux, mais c'est pas facile :-) J'espère que ce chapitre satisfera vos besoins!

One More Mile
Chapitre 17 : Manipulations

And everything is so familiar…

La nuit était quasiment tombée quand Andrea ouvrit les yeux. Il cligna des paupières, étonné d’avoir dormi si longtemps, mais surtout stupéfait que son sommeil aie été si calme et reposant. Il n’avait pas été troublé par des songes pourtant récurrents d’ordinaire, et la seule chose dont il se souvienne était un corps chaud pressé contre le sien.

C’était d’ailleurs l’absence de cette douce chaleur qui l’avait réveillé. Tandis qu’il luttait pour refaire surface, il entendit un bruit provenant de la petite cuisine, dont la porte était entrouverte et laissait passer un rai de lumière tremblotante. Il se redressa sur son lit de fortune et regarda autour de lui, notant au passage que la plupart des bougies avaient été éteintes et que certaines manquaient carrément.

Les souvenirs de sa confession lui revinrent soudain et il se laissa retomber en arrière, saisit un coussin et se le plaqua contre le visage. Il étouffa un soupir dans son rempart de plumes et ferma un instant les yeux. Il ne regrettait pas du tout d’avoir tout raconté au garçon, au contraire. Il avait trouvé chez ce paradoxe ambulant une acceptation et une absence de jugement douces à en mourir et qui, en fin de compte, ne le surprenaient pas outre mesure. Il avait appris à connaître Shinji, autant que possible en tout cas, et même s’il avait encore un peu de mal à saisir comment il fonctionnait, il avait su d’instinct quelle serait sa réaction à ses révélations. Et il lui avait fait confiance.

La seule chose qui le troublait en fait, c’était l’état presque second dans lequel il se trouvait à présent. Un peu de sommeil semblait avoir suffi à faire s’envoler tous les démons qui s’étaient réveillés plus tôt dans la journée, tandis qu’il épanchait son cœur dans les bras du jeune homme. Par deux fois, déjà, Shinji avait réussi à le tirer de son marasme, avec plus ou moins de délicatesse, mais le résultat était le même : pour un temps, même court, il était libre.

Il repoussa son coussin pour laisser à un témoin hypothétique le privilège de voir un sourire extatique se dessiner sur son visage. Il se demanda brièvement si le gamin ne l’avait pas drogué, puis haussa les épaules. Quoi que ce fût, c’était particulièrement efficace et agréable.

Il quitta le sofa, s’étirant et grimaçant, persuadé qu’il devait avoir la marque des ressorts imprimée dans le dos. Après s’être mentalement plaint, pour sa satisfaction personnelle, il se dirigea vers la cuisine pour voir ce que le garçon fabriquait là-bas, alors qu’il devait être à sa place : en train de lui servir de bouillotte.

Il se raidit en apercevant un sac non identifié dans un coin non loin de la porte d’entrée. Il se rapprocha à pas de loup, et entendit deux voix provenant de la pièce en question. Il se plaça de façon à voir ce qu’il s’y passait sans être lui-même trop exposé.

D’un coup d’œil, il reconnut leur invité surprise. Shigeru. Un peu rassuré, Andrea s’apprêtait à se joindre à eux quand le jeune se mit à parler d’une voix basse.

-Tu ne dois pas y aller.

Il entendit un soupir et il perçut un mouvement derrière la porte, sans pour autant apercevoir Shinji. Ce dernier sembla tirer une chaise et s’y installer avant de répondre.

-Et pourquoi ça ?

-Parce que c’est trop dangereux. Tu n’es pas préparé ni équipé. Y aller tout seul serait du suicide.

-Premièrement je me suis préparé, j’ai étudié les plans de la maison. Deuxièmement je ne vois pas trop de quel équipement je pourrais avoir besoin que je ne puisse pas me procurer avec l’argent d’Andrea-san. Et troisièmement, je ne suis pas seul.

Shigeru ricana de façon très peu flatteuse et l’italien fronça les sourcils, vexé.

-Et tu veux qu’il fasse quoi, au juste, ton italien ? Ouvre les yeux, Shin, s’il t’a engagé, c’est justement parce qu’il n’y connaît rien.

-On a un plan.

-Je suppose que ce plan prévoit une entrée sans problèmes dans le manoir. Vous allez faire comment ?

Il y eut un silence, puis Shinji reprit la parole d’une voix sourde, visiblement irrité.

-Je te préfère quand tu es avec Rin.

-Pourquoi ?

-Parce que tu la boucles et que tu le laisses parler.

Le plus âgé eut un petit rire pas franchement amusé.

-Désolé de t’ennuyer, mais tu sais que j’ai raison. Tu ferais mieux de forcer ton italien à reprendre l’avion vers son pays et de retourner au Den le temps de te faire oublier.

-Pas question. Je lui ai promis que j’irais jusqu’au bout.

-Au risque de te faire tuer ?

Il n’obtint pas de réponse et secoua la tête d’un air dégoûté.

-C’est n’importe quoi…

-Je t’emmerde, Shigeru.

Andrea leva un sourcil et félicita mentalement Shinji pour sa réplique cassante, à défaut d’être polie. Pourtant, dans un coin de son esprit, une voix murmurait que Shigeru avait tout à fait raison, que ce qu’ils voulaient faire était voué à l’échec, et que cet échec signifierait leur mort à tous les deux.

-Yumiya ne te laissera pas faire.

-Ne sois pas naïf. S’il ne t’a pas tapé sur les doigts pour m’avoir porté secours cet après-midi, ça veut sûrement dire qu’il savait exactement dans quoi il m’embarquait en me louant à Andrea-san.

-De quoi tu parles ?

-C’est ce qu’il veut depuis toujours… Voir Asakawa chuter est devenu son but dans la vie. Il en rêve même la nuit, ce malade. Et puis, réfléchis, tu crois que ça lui arrive souvent de louer un ex-Rat à un italien dont personne ne sait rien ?

Le silence qui suivit prouva à Andrea que Shinji venait de marquer un point. Cette perspective n’était cependant pas des plus agréables. Si ce que le japonais sous-entendait était vrai, alors Yumiya s’était servi de lui. Shigeru énonça tout haut ses propres doutes :

-Tu ne penses quand même pas qu’il serait allé jusqu’à utiliser l’italien dans le but de faire tomber Asakawa ?

-Je ne crois pas qu’il pensait aller jusque là. Je pense qu’il espérait juste pouvoir mettre un peu la pagaille dans ses affaires. C’est pour ça que c’est à moi qu’il a demandé d’accompagner Andrea-san.

-Je ne te suis pas.

-Au cas où ça tournerait mal, mieux vaut perdre une putain qu’un Rat. Il faut regarder les choses en face : je suis tout en bas de l’échelle des priorités.

Il vit Shigeru froncer les sourcils et ouvrir la bouche pour répliquer, avant de soupirer. Il ne reprit la parole qu’un peu plus tard.

-Mais comment savait-il ce que l’italien avait en tête ?

-Je ne suis pas sûr. Il tient à connaître tous ses clients, alors je suppose qu’il a fait des recherches sur lui.

Charmant. Vraiment de mieux en mieux… En plus de l’avoir utilisé pour ses propres affaires, Yumiya avait fouillé dans sa vie privée. Il serra les poings et s’efforça de se calmer. Il ne servirait à rien d’aller étrangler le vieux japonais, d’autant plus qu’il l’avait franchement cherché en fréquentant des types comme lui.

-Bien sûr, ce ne sont que des suppositions.

-J’ai raison, Shigeru. Nous savons tous les deux qu’il en serait capable. Pas vrai ?

Shigeru se leva sans répondre. Avant qu’Andrea ait pu réagir, il était à la porte de la cuisine, face à lui. Il ne lui accorda même pas un regard mais en passant à côté de lui, il lui murmura une promesse :

-S’il arrive quelque chose à Shinji, vous n’aurez aucun endroit suffisamment sûr pour vous cacher, soyez-en sûr.

Quelques secondes plus tard, il avait quitté l’appartement en silence. Andrea resta à la porte et croisa le regard presque amusé de son partenaire.

-Tu savais que j’étais là ?

-Non, mais ça ne m’étonne pas. Vous êtes là depuis quand ?

-Depuis que Shigeru t’a demandé de ne pas m’accompagner au Manoir.

Shinji hocha la tête et passa à côté de lui pour retourner dans le salon. Il le frôla légèrement et ce fut un soulagement pour l’italien. Un simple geste pour lui prouver qu’il n’était pas rejeté. Il se retourna brusquement et passa ses bras autour de la taille du jeune homme, l’attirant contre lui. Il ne rencontra aucune résistance. Au contraire, deux mains se posèrent sur les siennes et les serrèrent doucement. Ils restèrent un instant immobiles, puis Andrea se força à rompre le silence, pourtant bien confortable.

-Tu n’as aucune raison de faire ça…

Shinji se retourna entre ses bras pour lui faire face. Il posa ses mains sur son torse et leva le menton pour le regarder dans les yeux.

-Je sais.

Puis il se dressa sur la pointe des pieds pour lui voler un baiser. Ce qui aurait dû être un échange presque platonique ne le resta pas longtemps, Andrea ne perdant pas une seconde avant de prendre pleine possession des lèvres de son compagnon pour approfondir leur échange et Shinji y répondit avec ferveur. Ce dernier fit remonter ses mains pour aller les passer autour du cou du roux et en profita pour jouer avec ses cheveux fins, tout en se serrant encore plus contre lui. Andrea fit vagabonder ses propres mains le long du dos de son cadet, redessinant les muscles fins qu’il devinait sous ses doigts, courant sur les hanches graciles et se perdant dans la cambrure de ses reins. Il sentait sous ses lèvres les petits soupirs qu’il déclenchait et s’en enivrait.

Il fit un pas en avant, auquel le japonais répondit par un pas en arrière, puis un autre sans quitter le cercle de ses bras. Cette danse sensuelle continua jusqu’à ce qu’ils se retrouvent tous les deux enlacés sur le canapé déplié. Andrea ne cessa pas une seconde ses caresses et ses baisers enfiévrés, quittant les lèvres sucrées qu’il dévorait pour aller s’attaquer à ce cou de cygne qui le faisait rêver depuis le premier jour. Ses mains se glissèrent sous le pull trop large que portait le garçon et il s’émerveilla une fois de plus de la douceur presque enfantine de la peau qu’elles rencontrèrent.

-Andrea-san…

Il était suffisamment lucide pour saisir la douleur dans la voix du jeune homme et il reprit rapidement ses esprits, comme s’il avait reçu une douche glacée. Il retira sa main et Shinji lui fit un sourire reconnaissant. Il se redressa sur un coude et l’observa sans rien dire. Il avait les joues légèrement rougies par les caresses qu’il venait de recevoir et son torse se soulevait à un rythme un peu rapide.

Il ne put retenir un sourire et il se pencha en avant pour l’offrir de ses lèvres à celui qui en était à l’origine. Il sentit deux bras s’enrouler autour de son cou et le tirer vers le bas, mais il résista gentiment. Il avait encore en tête les marques un peu trop violacées à son goût dont était parsemé le torse du japonais et se refusait à aggraver les choses.

Mais cette rougeur et cette lueur sensuelle dans ces yeux d’ébène, cette pose alanguie… Il ne s’en lassait pas et voulait en profiter encore un peu. Comme mûe par une volonté propre, sa main trouva le bouton du pantalon du garçon et lui régla son compte d’un seul mouvement.

-Andrea-san !

Cette fois, la voix était à la fois réprobatrice et suppliante, mais avait toujours ce ton essoufflé qui faisait tout son charme. Il piqua un baiser sur les lèvres entrouvertes et y glissa sa langue pour sentir encore mieux le gémissement qu’il déclencha quand sa main passa la barrière des sous-vêtements pour aller s’enrouler autour de l’excitation du japonais.

Il s’écarta au bout d’un petit moment sans cesser ses caresses, et ne put que fermer les yeux face à l’émotion étrangement pure qu’évoquait en lui la voix d’ange qu’il entendait… La voix d’un ange n’était décidément vraiment incomparable que dans l’ouragan du plaisir. Le corps du brun se tendit et se tordit sensuellement sous les mains impitoyablement douces qui lui rendaient le plus plaisant des hommages.

Shinji tourna la tête sur le côté, appuyant sa joue brûlante contre le drap frais et haleta en se cambrant sous les caresses de son employeur. Il se mordit les lèvres avant d’attraper d’une main presque brutale la nuque du roux et de l’attirer à lui. Ils s’embrassèrent et un dernier gémissement fut perdu dans ce baiser.

Andrea passa sa main libre sous le dos du garçon pour le soutenir et savoura ses derniers frissons. Il goûta avec le même plaisir à la sueur qui faisait luire son front à la lueur des chandelles et il se fit l’effet d’un chat nettoyant son petit, ce qui lui arracha un sourire. Il termina ses attentions par un baiser chaste sur ses lèvres, puis il se redressa et alla rapidement se rincer les mains à la salle de bain.

Il jeta un coup d’œil à son reflet dans le miroir et ne fut guère surpris de pouvoir y lire un sourire ravi. Il secoua la tête et ferma le robinet. Une main humide sur son front lui fit du bien et quand il retourna dans le salon, son sourire s’agrandit.

Shinji était sur le côté, roulé en boule comme un chat, le visage enfoui dans ses bras, mais il le regardait d’un air affectueux. Il vint s’asseoir à côté de lui et ne résista pas à l’envie de passer une main dans les cheveux, entortillant une mèche décolorée entre deux doigts. Il passa quelques instants à contempler le visage paisible et détendu de son partenaire, en détaillant les traits pour se les graver dans la mémoire. Peut-être aurait-il le courage d’en faire un croquis quand il serait de retour chez lui… A moins qu’il ne décide de garder à jamais pour lui seul le visage qu’avait pris sa rédemption.

Au bout de quelques minutes, le jeune homme cligna paresseusement des yeux avant de se redresser avec langueur et de venir lui donner un baiser qui le laissa le souffle court. Ce fut son tour de cligner des yeux un peu bêtement, et le temps qu’il réagisse, Shinji s’était déjà levé et rajusté gracieusement. Il disparut quelques secondes dans la salle de bains et Andrea le suivit du regard. Il le vit donc ressortir de la pièce et se figer. Il s’apprêtait à le questionner sur sa soudaine immobilité quand, suivant son regard, il aperçut un sac par terre près de la porte d’entrée. Il fronça les sourcils, son humeur soudain assombrie.

Le japonais alla examiner le sac et il lâcha un soupir en examinant son contenu.

-Qu’est-ce qu’il y a ?

A la question de son employeur, il revint à ses côtés et posa le sac ouvert sur le canapé. Andrea y découvrit deux revolvers, un couteau, une corde ainsi qu’une paire de talkies-walkies et des vêtements.

-D’où ça sort, tout ça ?

-Shigeru.

Il fronça de nouveau les sourcils face à cette réponse concise.

-Je croyais qu’il ne voulait pas que tu te lances dans cette affaire ?

Shinji haussa les épaules d’un air blasé et fit un inventaire complet du sac. Il en sortit une partie des vêtements et les passa rapidement, indifférent au regard perplexe de son employeur. C’était exactement les vêtements que portaient les Rats quand il les avait vus dans l’après-midi. Andrea secoua la tête d’un air effaré.

-Tu ne comptes quand même pas y aller maintenant ?

-Ca nous donnerait l’avantage de la surprise.

-Quelle surprise ? Takeshi sait tout !

-Il lui faudra un peu de temps pour décider de ce qu’il doit dire exactement à son patron. Qui sait, il peut même décider de ne rien lui dire s’il trouve que c’est trop dangereux pour lui. Mais quoi qu’il en soit, plus tôt on décidera d’agir, moins il aura eu le temps de se préparer.

Il vint s’asseoir sur le bord du canapé et prit une seconde pour remettre ses idées en place. Tout allait un peu trop vite pour lui… Mais Shinji avait raison, et bien que l’idée de quitter ce havre de paix qu’il semblait avoir trouvé le répugnait, il savait qu’ils devaient y aller. Il hocha donc la tête et se releva. Une rapide fouille du sac révéla une tenue à sa taille et il la passa avec une perplexité mêlée d’amusement. Shigeru semblait avoir tout prévu. Mais dans ce cas, pourquoi tenter de décourager Shinji?

-Je vous déconseille de chercher une logique dans les actions de Shigeru. Vous allez attraper la migraine pour rien.

-Il faudra que tu m’expliques comment tu fais pour lire dans les pensées…

-Question d’habitude.

Ce furent les seuls mots qu’ils échangèrent avant de quitter l’appartement. Andrea portait le sac avec le maigre matériel dont ils disposaient, et ceci n’était pas pour le rassurer… Il soupira dans l’espoir d’évacuer un peu de la tension qui l’avait si brusquement envahi et se répéta une énième fois de faire confiance à Shinji. Et cela, en soi, n’était pas si difficile, tout compte fait…

A SUIVRE…



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