|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Moi oui. C'est une sensation étrange. Enfin non, étrange n'est pas le bon mot. C'est assez indescriptible. Au début, c'est douloureux. Oui c'est le premier sentiment qui m'a envahit. De la douleur. Cela provient peut être de la manière dont j'ai tué ce garçon. Ah oui, je vous avait pas dit, c'était un garçon. Il devait avoir une vingtaine d'année. Peut être 25 ans. Mais pas plus...
Si je reprenais tout depuis le début ce serait peut être plus clair. Mais ce n'est déjà pas très net encore pour moi... Ca s'est passé il y a une semaine.
J'étais très mal réveillé. En fait, j'étais complètement endormi dans le métro. Il était 6h du matin et j'allais travailler. Manque de chance, je me suis endormi. C'était d'ailleurs la première fois que je m'endormais en pareil endroit. Et du coup, j'ai raté ma station. Mais je ne le savais pas encore. En ouvrant les yeux je tombe sur ce jeune homme qui me regardait visiblement amusé de ma situation. Gentiment je lui renvoie un sourire et essaie de reprendre mes esprits. C'est là qu'il décide de me parler. Lorsque quelqu'un vous parle dans le métro ça fait toujours un peu bizarre mais là, à six heure du matin, et on peut le dire, au saut du lit, et bien c'est pire encore. Il m'a demandé l'heure. Je ne porte jamais de montre. Mais, c'était juste un moyen de rompre la glace dirons nous. Ce qui l'intéressait c'était mon blouson. C'est vrai qu'il est beau, c'est pour ça que je l'ai choisi. C'est le blouson des Dolphins que j'avais acheté aux états unis. Il est très vite venu sur le sujet me complimentant sur l'objet de son désir. Il voulait l'essayer. C'est là que j'ai regardé où j'étais et que je m'aperçu que j'avais déjà sauter deux stations. Je me lève alors en lui disant simplement que je devais descendre ici. Il décida donc de me suivre ce qui ne m'a pas vraiment rassuré. Je venais de comprendre ce qu'il voulait. Et je savais qu'il ne me restait plus beaucoup de choix. Soit il allait s'arrêter en voyant des gens autour de nous, soit je devrais me battre pour garder mon blouson. Mais il n'y avait personne dans le métro à cette station... C'est au bas des escaliers en béton qu'il m'a clairement ordonner de lui donner le blouson. Je lui ai répondu par la négative. Là, il a sorti un poing américain avec des petits piques sur le dessus. Pas très aiguisé mais, suffisamment pointu pour décrocher ma mâchoire. C'est là que j'ai perdu la tête. Je me suis simplement jeté sur lui. Je ne pouvais pas le laisser me toucher. J'ai toujours eu peur de me battre. Je ne suis pas violent de nature non plus. Mais là, il fallait que je le rue de coups où j'allais y passer. Alors j'ai jeté mon pied en avant dans son bas ventre et il s'est plié en deux. C'est l'effet de surprise qui m'a donné l'avantage sur lui, je le sais maintenant. Lorsqu'il s'est redressé un peu je lui ai mis un coup de pied dans la mâchoire. Je crois n'avoir jamais frappé aussi fort avec mon pied. J'ai eu très mal. Lui aussi. J'ai senti quelque chose craqué au niveau du dessus de mon pied. Je ne suis pas sur de ce que c'était. Ma basket était éclaboussée de sang et le gars face à moi souffrait atrocement.
Je me suis toujours demandé comment faisaient les gars dans les films pour repartir à l'assaut après ce genre de coup. Ils ne peuvent pas. Et lui non plus n'a pas pu. A ce moment j'aurais dû partir. Mais j'avais une sorte de haine en moi. Un sentiment plus fort même. Je grinçais des dents en le regardant. Je devais finir. Finir quoi ? Ce gars devant moi ne parlerai sûrement plus jamais comme avant. D'abord tomber à genou, il était maintenant couché sur le côté. Il gémissait sans plus me prêter la moindre attention. Et moi je le fixais. Je tremblais de tout mon corps comme jamais auparavant. J'ai fait un pas en arrière quand il s'est tourné vers moi. Son regard était emplit de douleur. Son visage ensanglanté me faisait un peu peur aussi.
J'ai remis ça.
Je suis retourné vers lui et je l'ai frappé et encore frappé. J'ai bien du lui briser une ou deux côtes à coups de pieds. Il ne disait plus rien le pauvre. Il n'en avait sûrement plus la force. Au fur et à mesure que je lui assénais des coups, il se rapprochait de l'escalier. J'avais mal partout. Mes muscles étaient tétanisés. Je tremblais comme une feuille. Je pensais : pourquoi tu continues de le frapper comme ça ? Il ne l'aura pas ton blouson tu peux en être sur. Mais je n'arrêtais pas pour autant. J'ai changé de cible et je me suis acharné sur son crâne. Je frappait de toutes mes forces dans son visage et son crâne alla frapper l'arrête d'une des marches de l'escalier à plusieurs reprises. Je me suis tordu un doigt de pied en le cognant mais je ne m'en suis pas rendu compte de suite. J'ai d'abord vu le sang sur la marche. Ses cheveux poisseux collés par le liquide visqueux qui s'échappait de sa boîte crânienne. Il ne réagissait même plus à mes coups. Sa tête balançait comme celle d'un mannequin de tissus. C'est là que je me suis enfin arrêté. Je pleurais. Je ne distinguais plus grand chose maintenant. Tout était flou. Les larmes étaient montées d'un coup sans prévenir. Pas de sanglots. Pas de spasmes. Juste des larmes. Et la douleur. Je décidait de partir entendant le métro arriver sur le quai d'en face. C'est là que j'ai remarqué que j'avais vraiment mal au pied. J'avais frappé ce garçon si fort que je m'étais tordu un doigt de pied. Il y avait du sang partout sur la dernière marche des escaliers. Je suis monté assez rapidement. Je devais fuir maintenant.
Pour aller où ? Au travail peut être dans cet état là ? Non. Je suis rentré chez moi... Je me suis lavé et je me suis couché. J'ai revécue cette scène à chaque fois que fermais les yeux pendant les trois jours qui ont suivi. J'ai toujours mal au pied. Et j'ai toujours mal à la tête.
Comment puis-je être sur que ce garçon est mort ? Je ne le suis pas. Mais pour moi il l'est c'est sur et certain. Et je ne me fais pas d'illusion, un jour la police sonnera chez moi. Question de temps.
Tuer quelqu'un... Prendre une vie... C'est dur de l'avouer, mais...
Ca m'a fait un bien fou.