|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir des reviews sur ma fic !O.o Et bien on va remercier les jeunes demoiselles comme il faut !
L'âme d'Avaris : Merci d'apprécier ce que je raconte ! J'espère avoir autant d'imagination pour la suite. (dur ! dur !...) La suite, la voilà !
Gwenn : Merci pour ton mail !!!Ca m'a fait plaisir de recevoir en premier ton enthousiasme face à mon sadisme d'arrêter la où il faut ! ;-) Malheureusement, le petit Rowan ne va pas « s'amuser » avant un petit moment.
J'avais reçu hier deux lettres d'Angleterre, dont une que je tenais encore dans ma main. Mes yeux se posèrent sur la missive d'Allan, ouverte sur mon guéridon à côté de moi. Il m'envoyait des nouvelles de notre chère Albion et surtout de lui, de ses sentiments pour moi, renforcés par la distance, du fait que mon absence lui meurtrissait atrocement le coeur et qu'il espérait très bientôt me rejoindre sur le vieux continent afin de continuer à partager et à goûter nos âmes enivrées par le parfum de la passion. Chacune de ses lettres me réjouissait au plus haut point mais me rendait triste et nostalgique de nos étreintes passées. Le contact et le parfum de mon cher Allan me manquaient aussi cruellement, surtout en ce moment même, dans la froideur et la solitude de mon appartement.
Je regardais de nouveau l'autre papier épais et lisse que je tenais entre mes doigts glacés, une fine écriture penchée était couchée sur cette surface sans défaut qui sentait légèrement le jasmin et chaque mot qui était tracé avait été lu et relu, prononcé et redit, inlassablement depuis que mon regard s'était posé sur le nom de l'expéditeur. L'horloge indiquait six heures et trente quatre minutes. Je me décidais à ranger les feuilles dans leurs enveloppes et à me laver afin de me changer les idées et surtout me réchauffer après ma nuit passée dans le froid.
Ce matin, il faisait un peu froid dans cet immense édifice en pierre et je réajustais mon manteau sur mes épaules ; j'appréciais cet endroit tôt le matin : il y avait très peu de monde surtout au moment où les jours commençaient à se refroidir. Je m'y étais présenté dès l'ouverture à huit heures, après avoir erré un moment autour de l'université : j'avais besoin de m'oxygéner la tête.
Le bruit d'un livre tombant par terre me tira de ma contemplation de la Nature ; au milieu de ce cocon de silence, le son sembla déchirer la tranquillité des lieux. Le jeune homme ramassa rapidement l'objet du dérangement et à la vue de la charmante et familière frimousse qui se révélait sous les mèches blondes, je ne pus m'empêcher de sourire en anticipant sa réaction dès qu'il croiserait mon regard. Claude resta un instant à me fixer puis, gêné, hésita sur la démarche à suivre. Ce magnifique visage n'avait pas quitté mes pensées depuis notre rencontre à la réunion du professeur Potier, la semaine dernière, j'avais tenté de le revoir à plusieurs reprises mais sans succès. Alors cet heureux hasard ne pouvait que me réjouir, me donnant ma première bonne fortune depuis que le jour s'était levé et ma joie ne faisait que grandir au fur et à mesure qu'il s'avançait vers moi.
- Bonjour monsieur Stone. Vous êtes bien matinal !
- Bonjour monsieur Vallon, c'est un plaisir de vous revoir ! Mais asseyez- vous donc ! lui dis-je en lui présentant une chaise à côté de moi.
Il sembla un peu embêté de ma proposition et ses yeux cherchaient une échappatoire, puis il se résolut à s'asseoir.
- J'ai du travail à faire, je ne pourrais pas vous accorder beaucoup de temps ! Lâcha-t-il sans me regarder.
- Moi aussi ! Mais prenons tout de même le temps ! lui glissais-je malicieusement.
Il me fixa en fronçant légèrement les sourcils, l'air offensé.
- Nous n'avions pas eu vraiment le plaisir de faire connaissance la dernière fois. La situation n'était pas vraiment propice, de plus, nous avons pris un mauvais départ. Permettez-moi de vous présenter mes humbles excuses sur mes manières cavalières et je voudrais que nous repartions sur de nouvelles bases. Si vous le voulez bien !...
J'avais pris mon air le plus engageant pour lui parler, avec un sourire franc sans artifice. Il m'avait regardé un peu boudeur, mais son expression changea et il me répondit, un peu gêné :
- Je dois avouer que j'ai un peu parlé sans savoir, en ne ménageant pas mes paroles. Aussi, je me dois de vous présenter des excuses.
Il avait murmuré son pardon d'une voix douce et sincère, rougissant de sa faute comme un enfant et détournant ses yeux, remplis d'humilité. Je me retins de l'embrasser sur la joue pour le consoler et je lui dis en souriant :
- Je les accepte aussi simplement que vous recevez les miennes. Pourquoi ne pas étudiez ensemble ? Nous nous motiverons mutuellement tout en discutant ! Je dois avouer que j'ai un peu de mal à écrire mon exposé sur les droits des minorités dans la vie politique !
Il ria de bon coeur et accepta ma proposition.
- Il a l'air très sympathique ce Vallon ! s'exclama Martin. Mais ça fait combien de temps que tu es ici ?
- Oh ! Depuis huit heures… dis-je évasivement en rangeant mes affaires.
- Quoi depuis l'ouverture ?! Par ce temps glacial ?!
- Oui depuis l'ouverture, par ce temps glacial ! D'ailleurs, cela te ferait du bien mon bon Martin, au lieu d'hiberner comme une taupe !
Tout en plaisantant, nous nous dirigeâmes vers la sortie où nous fûmes interpellés par la bibliothécaire, mademoiselle Mangin.
- Dites-moi jeunes hommes, qui vous croyez-vous pour faire autant de bruit dans une bibliothèque ?! Je vous rappelle que des gens y travaillent et qu'ils ont besoin de tranquillité !
- Ah ! Excusez-nous, Miss Mangin, nous nous en souviendrons et nous serons plus discrets à l'avenir ! Excusez-nous encore.
Et je traînais Martin dehors avant qu'il ne répliqua de façon virulente à ce « dragon » comme il aimait à l'appeler.
- Mais pourquoi tu ne m'as pas laissé lui répondre à cette vieille fille ?!!!
- Parce que j'ai besoin d'aller à la bibliothèque et que je ne veux pas être obligé d'user de ruses de sioux pour y aller sans me faire manger par ce dragon !
- Elle est toujours de mauvaise humeur de toute façon ! Bouda Martin.
Mademoiselle Mangin, responsable bibliothécaire de l'université, semblait aussi vieille que les livres que les étudiants consultaient. C'était une petite femme sèche et fine qui vous parlait de façon autoritaire et désagréable. Peu de monde l'appréciait, que ce soit les élèves ou les professeurs, mais tout le monde avait besoin de ses connaissances sur les bouquins et les manuscrits de la bibliothèque, sans quoi ils passeraient des heures à chercher dans la jungle des étagères remplies à craquer. De plus, le fait que l'on avait profané son « territoire », deux semaines plutôt, en volant les photographies qui s'y trouvaient, n'avait en rien arrangé son humeur ; cela l'avait même aggravé.
- Mais dis-moi, que faisait Vallon à la bibliothèque ? s'exclama tout d'un coup mon compagnon.
- Eh bien, comme tous les étudiants, Martin, il est venu y travailler.
- Oui, je le sais bien Rowan ! Je ne suis pas idiot !
Chose qui m'effleura l'esprit un instant.
-Mais aucun autre membre du cercle de Saint Just ne vient à la bibliothèque !
-Mais pourquoi ? Demandais-je étonné. Il y a de nombreuses sources intéressantes pour eux, là-bas !
- Ah oui, tu ne peux pas le savoir, tu n'étais pas encore arrivé ! Se rendit compte Martin en se frappant le front avec la paume de sa main. C'était juste avant que les grandes vacances, avant que tu ne t'inscrives ici, le « dragon » a eu une altercation avec François de Valois, maintenant président du cercle, et depuis tous la boycottent ! Raconta-t-il, tout content de m'apprendre une chose que je ne savais pas.
- Mais où vont-ils se documenter maintenant ? Dis-je perplexe.
- Tu ne sais pas qui est le père de François?! Il s'agit de Charles de Valois : président du plus renommé salon littéraire de Paris ! Ils ont à leur disposition la plus complète des bibliothèques littéraires d'Europe, tout ça grâce à des donations personnelles de leurs membres !
- Ah !... Mais qu'est-ce qui a déclenché cette altercation entre Miss Mangin et François de Valois ? Il m'a semblé être un garçon plutôt poli et diplomate !...
- Bah en fait, je n'étais pas présent quand c'était arrivé : c'est un ami qui me l'a raconté, confessa-t-il l'air penaud. Mais apparemment, Miss Mangin a dit quelque chose sur le père de François qui ne lui a pas plu.
Je restais sans rien dire une fois que Martin s'était tu : cette histoire était assez étrange mais sans grande importance ; cependant elle resta classée dans un coin de ma tête. Comme nos ventres réclamaient famine, surtout celui de mon ami, nous nous décidâmes d'aller manger un succulent repas au « Petit chez Soi », un restaurant de terroir pas très loin de l'université.
Claude se retourna surpris vers le propriétaire de ces paroles.
- François ?! Mais que fais-tu ici ?
Le jeune homme au regard hautain s'avança vers son ami.
- Que faisais-tu à la bibliothèque ?
- Ce que je fais ne te regarde pas François ! Lui rétorqua Claude en continuant à marcher.
- Ah ! Pardonne mon indiscrétion, s'excusa-t-il. En fait, je te cherchais pour savoir si tu viendras à la soirée que je donne ce samedi chez moi ? Mon père y fera une apparition afin de discuter un moment avec nous.
- Je… Je suis vraiment désolé mais je ne pourrais pas : je me suis déjà engagé avec une personne... répondit-il un peu gêné sans regarder François.
- Mais je l'avais annoncé depuis deux semaines aux membres du cercle ! C'est très important que tu y assistes, Claude, j'ai appuyé ta candidature pour son entrée dans le cercle ! Tu ne peux pas ne pas venir ! Commença le jeune homme en coupant le chemin du garçon blond qui fuyait son regard.
- Alors tu peux me dire la nature exacte de la raison de mon entrée dans le cercle de Saint Just ?! S’écria Claude.
Les quelques étudiants se trouvant aux alentours les regardèrent, intrigués de cette agitation. François de Valois reprit contenance et entraîna son compagnon dans un endroit plus discret pour continuer leur conversation.
- Je suis désolé, je ne voulais pas insinuer cela, Claude, déclara l'orgueilleux président embarrassé. Tu dois ton arrivée dans le cercle uniquement à tes aptitudes intellectuelles : tu es l'un des meilleurs membres de notre club, Claude, et tu l'as de nombreuses fois démontrées ! D'autres sont d'accord avec moi. Effectivement, tu n'es pas noble. Mais j'ai voulu te donner une chance, comprends-le… Et j'aimerais tout simplement que tu me donnes raison !
Le regard de François avait perdu de sa condescendance naturelle et il suppliait silencieusement le jeune homme blond sur le quel il se posait. Ce dernier le fixa, puis détourna ses yeux bleus.
- Je passerais sûrement mais je pense que je ne resterais pas longtemps.
- Merci. Ta venue m'honorera, Claude.
François n'avait pas lâché le bras de son ami depuis qu'il les a emmenés dans un enfoncement de verdure, à l'abri des regards des autres. Sa prise s'était adoucie depuis qu'il avait commencé à parler, pour devenir une caresse rassurante. Claude se dégagea de l'étreinte de son camarade et partit prestement sans se retourner.
- Que de temps perdu pour ce roturier !
François tourna vivement la tête. Alice de Brillant se tenait appuyée contre un peuplier, puis elle quitta sa place pour se diriger vers son président.
- Je ne comprendrais jamais ton engouement pour lui, François ! Tu as pourtant tant d'admirateurs, d'admiratrices, dans le cercle même.
François ne sembla pas apprécier la présence de la jeune fille aux cheveux marrons bouclés qui paraissait, elle, plutôt s'amuser de cette conversation. Le garçon s'en alla sans rien dire mais Alice le suivit.
- Qu'est-ce qu'il a de si spécial ?... Il est brillant, je dois l'avouer. Mais il est tellement asocial ! Lança-t-elle en tortillant ses boucles avec son doigt. Hum. Ca a son charme. Et puis il est mignon aussi, les filles du cercle sont d'accord dessus mais elles sont un peu réticentes à cause de son côté un peu sauvage !... La semaine dernière, Constance de Bois-Joli a même essayé témérairement de l'embrasser sur la joue. Ah !
- Tais-toi !
Les mots étaient presque inaudibles, murmurés entre les dents serrées mais le ton était sanglant et glacé. François avait attrapé le bras de sa camarade et sa main tremblante l'étreignait fortement.
- Ah ! Tu me fais mal François !
- Ne t’avise plus jamais de me parler des affaires concernant Claude Vallon !
Il la relâcha violemment et partit. Alice massa son bras meurtri en le suivant d'un regard noir.
- Quel idiot ! Pourquoi s'enflammer de cette façon ?!
Elle respira profondément puis soupira.
- Idiot.
Sa voix se brisa et ses sanglots se perdirent dans le vent.
Je suis sincèrement désolée pour les lectrices si enthousiastes de cette fiction!...
En la relisant, je me dis qu'elle a du potentiel encore... Je m'y pencherai volontiers un de ces jours car le personnage de Rowan Stone est particulièrement intéressant!
Je renouerai sans doute après la clôture de mes fictions en cours!
Merci en tout cas d'avoir lu les trois chapitres jusqu'ici et à la revoyure sans doute!
Unknown sinner Mars 2008