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A/N: Cette nouvelle littéraire a été écrite pour mon cours de français à l'école, et comme je suis contente de ce que j'ai écrit, j'ai décidé de la poster ici! Comme elle a été corrigée par ma prof avant que je ne la poste, je crois qu'on peut dire que ma prof de français m'a servi de "beta reader"!
A/N 2: En relisant, je me suis aperçue qu'il est stupide de mon personnage de sortir de la rame de métro à chaque station puisqu'elles sont toutes sur la même ligne... Alors prétendons que ce n'est pas vraiment le cas!
Disclaimer: Les stations de métro nommées dans l'histoire existent réellement à Montréal, et donc elles ne m'appartiennent pas. Même chose pour le slogan anti-tabac!
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OCÉANS BLEUS
Je traverse rapidement la place principale de la station de métro en direction du quai numéro un, maudissant ma meilleure amie intérieurement. J'ai réussi à obtenir une entrevue avec l'éditrice d'un magazine très populaire, et Aisha m'avait promis de m'y accompagner. Ce matin, toutefois, elle s'est désistée, et voilà donc pourquoi je me retrouve toute seule à me taper une heure de métro.
Le quai est bondé lorsque j'y parviens quelques secondes avant la rame de métro, et je suis toujours aussi furieuse contre cette soi-disant amie qui a préféré prendre part aux projets de dernière minute de son petit-ami au lieu de m'accompagner, chose qui était prévue depuis plus d'un mois.
Calée contre le dossier en cuir rigide de mon siège, j'observe les gens autour de moi. C'est mon activité favorite: je regarde la foule et j'invente l'histoire de la vie des personnes qui captent mon attention. Comme ce vieil homme assis près de la porte. Il lit le journal et un bouquet de fleurs est posé sur la banquette à côté de lui. Peut-être a-t-il rendez-vous avec une ancienne copine du cours secondaire? Ou peut-être sa femme est-elle gravement malade à l'hôpital? Ou peut-être est-ce l'anniversaire de la mort de sa mère et a-t-il décidé de visiter sa tombe au cimetière? Lui seul connaît sa destination. Nous ne pouvons que nous contenter d'imaginer.
Je promène mon regard sur la foule. Une jeune femme est assise non loin de moi, berçant un petit bébé. Un garçon d'une quinzaine d'années joue avec un jeu vidéo portatif. Une fille à peine plus âgée que moi feuillette un catalogue de robes de mariée. Mes yeux font le tour du wagon, scrutant les visages des gens. Qui sait, peut-être y a-t-il un terroriste au milieu d'entre nous!
Soudainement, je croise un regard bleu comme l'océan. Wow… Jamais, dans mes dix-sept ans de vie, je n'ai vu des yeux bleus aussi pâles! Ces yeux appartiennent à un garçon d'environ mon âge, aux cheveux brun foncé et à la peau légèrement bronzée - chose inhabituelle puisque nous sommes au milieu du mois de janvier. Et quel beau spécimen de la race mâle!
Il a quelque chose d'étrange, celui-là. Un air mystérieux, comme s'il cachait quelque lourd secret. Comme première impression, je lui donnerais dix sur dix.
Je décide de lui parler, de me présenter. Peut-être se rend-il au même endroit que moi et que je m'en ferai un bon compagnon de voyage…
Au moment où je me lève, la rame s'arrête brusquement. Surprise, je regarde autour de moi et m'aperçois que nous sommes arrivés à la station Guy-Concordia. Avant même que je ne m'en rende compte, la foule s'est engouffrée à travers les portes du wagon, entraînant avec elle le bel inconnu.
Zut! Je suis donc bien malchanceuse aujourd'hui! Et puis, si je ne me dépêche pas, je vais manquer la rame à destination de la station Peel!
Je me dépêche donc vers le quai numéro trois. Je suis l'une des dernières personnes à monter à bord, et par conséquent je me retrouve debout, agrippée à un poteau. Je ne peux m'arrêter de penser au bel inconnu. Que se cache-t-il derrière ses yeux pâles et voilés?
Ainsi perdue dans mes pensées, je remarque à peine que la rame s'est arrêtée à la station Peel. Je suis les autres passagers vers la sortie et me dirige comme une automate vers le prochain quai d'embarquement. Par chance, j'ai déjà fait ce trajet plusieurs fois et je ne me perds pas en chemin.
En attendant l'arrivée de la rame, je promène mon regard sur les panneaux publicitaires affichés tout alentour. Fumer peut vous tuer. Je roule intérieurement les yeux en lisant ce slogan. Ils ont définitivement besoin de trouver des phrases plus frappantes et originales.
Les gens autour de moi semblent s'ennuyer tout autant. Certains ont sorti un livre, un journal ou leur lecteur CD; d'autres fixent un point dans le vide. J'observe pendant un moment un homme âgé tenter de nettoyer ses lunettes avec un vieux mouchoir sale, puis mes yeux rencontrent deux océans, ceux qui me sont déjà si familiers.
Il me sourit; je fais un mouvement pour m'avancer vers lui, mais quelqu'un bute contre moi et j'ai peine à garder mon équilibre.
Ma stabilité retrouvée, je jette un regard noir aux garçons qui m'ont bousculée, puis je regarde en direction de l'étranger sans nom. Zut! Je réprime un juron. Il a encore disparu.
Maudissant l'immaturité des garçons de mon âge, je monte à bord de la rame nouvellement arrivée, celle qui me mènera jusqu'à la station McGill.
Le trajet se fait sans encombres. Je finis par me convaincre, bien à contrecœur, qu'il n'y a aucun sens à me casser la tête à trouver et à parler à un garçon que je ne reverrai plus de toute façon.
Parvenue à la station McGill, j'ai à peine deux ou trois minutes pour me diriger vers ma destination suivante. Je réussis à me trouver un siège libre dans la nouvelle rame et le trajet vers la station Place-des-Arts commence.
Ma frustration fait vite place à la nervosité. L'endroit où mon entrevue doit prendre place est de plus en plus près… plus que deux rames à prendre après celle-ci, puis une rue à traverser en sortant du métro et je serai arrivée.
Je regarde par la fenêtre et les yeux bleus du garçon inconnu me reviennent à l'esprit. Leur couleur est si envoûtante; leur pâleur, si inhabituelle! Comment puis-je être ensorcelée à ce point par quelqu'un que je viens à peine de croiser et à qui je n'ai jamais adressé la parole?
Peut-être est-ce ce qu'ils veulent dire par "coup de foudre"…
Je secoue la tête et chasse rapidement ces pensées. À ce moment, les roues métalliques émettent un étrange sifflement aigu en frottant sur les rails, signalant l'arrêt imminent de la rame.
Combattant furieusement l'envie de me ronger les ongles alors que la nervosité me submerge, je me dirige vers l'avant-dernière rame que je prendrai ce matin. Je désire réellement décrocher cet emploi dans le magazine, et j'ai peur de ne pas faire bonne impression.
J'arrive au quai en même temps que la rame de métro allant vers la station Saint-Laurent. Il y a beaucoup moins de passagers cette fois-ci, et je parviens à me dénicher un siège dans une rangée vide.
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Je suis maintenant en direction de Berri-UQAM. Les briques grises et sales du mur défilent devant mes yeux à une vitesse folle. Étourdie, je cligne des yeux et détourne le regard, à l'instant même où je sens quelqu'un s'asseoir près de moi. Par réflexe, je jette un coup d'œil à cette personne.
Super!
Je n'en crois pas mes yeux. Pourtant, ceux-ci rencontrent bel et bien deux océans d'un bleu très pâle. Muette, je me tourne vers mon étranger mystérieux.
"Salut, me dit-il d'une voix grave et amicale. Je m'appelle Tyler…"