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Fiction » Fantasy » La légende de l'arbre Fael font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: himitsu1155
Fiction Rated: K - French - Fantasy/Drama - Reviews: 6 - Published: 03-17-04 - Updated: 02-17-06 - id:1554140

Titre : Là où les dieux deviennent des hommes.

Auteur : Himitsu.

Genre : Aztèques, fantastique.

Source : France 5 …

Disclaimers : Hors série de « 5e Gauche, sans ascenseur ».

Warning : tout élément historiquement correct est fortuit.

Statut : One Shot.

Musique de fond : Lonely Day – System of a Down.


Prélude :

Choset : t’es à la bourre !

Himitsu : -- mais j’avais plus d’pc

Choset :et tes mains ?

Himitsu : le début était sur le pécééé

Choset : feignasse !

Himitsu : paardoon çç


Là où les Dieux deviennent des Hommes

-Alors c’est ce soir ?

Frank regarda autour d’eux d’un air conspirateur. Personne ne semblait avoir tendu l’oreille à la réflexion peu discrète de Maël mais mieux valait être prudent. Nadia releva le nez de son bol de soupe à ce moment là et le toisa avec suspicion.

-Oui ?

-Non, rien de spécial. Comment s’est passée ta journée ?

Elle grommela un commentaire peu engageant mentionnant moustiques et orties et replongea dans la méditation morose qui l’occupait avant qu’elle ne croise son regard. Franck fit un clin d’œil à Maël, il n’avait pas déclenché la mine antipersonnelle qu’il venait de mettre à jour et il était fier de la performance.

Le rendez-vous était pris. Ils se retrouveraient tous dans la tente des grands avant de se rendre dans la forêt, pour éviter d’être dérangé par un moniteur. Ce n’était pas tous les jours qu’on faisait une séance de spiritisme.

xxxxx

-C’est qui lui ?

-T’occupe, il est avec moi.

-Mais c’est un petit…

-Et j’ai l’impression qu’il nous sera utile ce soir. Te fais pas de bile, il est discret.

Maël agita ses boucles blondes en acquiesçant vivement. Il voulait vraiment assister à cette expérience. Manuel sortit un vieux livre jauni et racorni qu’il plaça au milieu des bougies. Les ombres projetées sur les troncs et rochers qui les entouraient changèrent subtilement et tous furent immédiatement saisis par l’atmosphère de mystère qui s’était installée. Ils s’assirent chacun devant une flamme et attendirent.

-Et maintenant ?

-Attends, fit Manuel en tournant les pages avec précaution, là ! Il faut se tenir par la main…

Avec les réticences de mise, ils prirent les mains de leurs voisins.

-Bon, maintenant vous allez penser à une question précise, ça serait bien si on avait la même.

-Est-ce que je vais devenir riche ?

-Il vaudrait mieux que ça nous concerne tous.

-Comment on peut pénétrer dans la réserve sans se faire pincer ?

-Fred !

-Quoi ?! J’ai dis sans se faire pincer.

-Oublie.

-Et qu’est-ce que vous diriez de « Esprit es-tu là » ?

Un court silence suivit la proposition de Maël, chacun semblant considérer sérieusement la question.

-Je vous avais dit qu’il serait utile.

-Allez, va pour ça, vous vous concentrez les mecs.

Ils se recueillirent dans la pénombre avec bien plus de sérieux qu’ils ne le faisaient lors de la prière du matin.

Manuel prit en silence un verre rempli à moitié d’eau et le plaça à côté du livre. Tous fixèrent leur attention sur la surface encore en mouvement.

-Et ça c’est de la poudre de plume de serpent, dit-il en leur présentant un sachet de couleur blanche.

-Tu es sûr que tu t’es pas fait refiler un truc louche ? Ca le ferait pas si on nous chopait avec de la dope ou une autre saleté.

-Ca m’étonnerait, c’était dans ce grenier qu’on a nettoyé chez le vieux rebouteux le mois dernier, celui qui est mort, ajouta-t-il avec un trémolo dans la voix. La mère supérieure a dit que sa famille comptait dans ses ancêtres les premiers prêtres partis convertir le nouveau monde… et vu le nombre de bizarreries qu’il y avait entassées, ils n’étaient pas revenus les mains vides. C’est vraiment un pur hasard que j’aie trouvé ce bouquin caché dans le plancher.

Maël jeta un œil au livre. Lui savait que ce n’était pas vraiment un hasard. Il avait immédiatement été attiré dans un recoin où s’entassaient des malles bien plus lourdes que ce qu’il était capable de déplacer. Il avait prétexté avoir vu bouger quelque chose et ils s’étaient mis à plusieurs pour trouver la bestiole imaginaire. Luisant entre les planches, quelque chose avait semblé l’appeler. Sous ses yeux, une planche avait commencé à se déboîter et Manuel avait trébuché dessus, l’arrachant complètement et révélant un coffret qui contenait la poudre posé sur un livre. Manuel avait décrété après lecture d’une note de papier fragile qu’elle était faite de plumes de serpent, il n’avait pas voulu en démordre et leur avait montré un passage du livre qu’il était malheureusement le seul à pouvoir lire.

Il était écrit en une curieuse écriture qui ressemblait à des hiéroglyphes sans en être. En dessous il était annoté en espagnol ou en portugais, Maël n’aurait pas su le dire, mais visiblement une langue que déchiffrait Manuel. Ils se firent passer le verre dans lequel avait été dissoute une pincée de la poudre. Une fois la gorgée âcre bue, Manuel commença à incanter ou du moins lire le texte phonétiquement. Il ne s’agissait assurément plus d’une langue connue. Emporté par le rythme des mots, Manuel haussa le ton et le groupe commença à se regarder avec appréhension, ils ne voulaient assurément pas attirer l’attention d’un surveillant.

Ils crurent à une illusion d’optique lorsque le restant du verre commença à scintiller puis il crépita en éclaboussant les enfants. Lorsque le calme revint, le silence leur parut assourdissant. Frank s’inquiéta immédiatement pour Maël, s’il lui arrivait quelque chose, Nadia l’écorcherait vif. Le petit ne semblait pas blessé mais Frank eut un frisson d’effroi. De minuscules particules de lumière flottaient autour de lui, son regard lointain ne semblait plus pouvoir se raccrocher à ce monde.

-Maël ?

Le regard noisette qui avait tourné au doré le transperça. Un inconnu se cachait derrière ces prunelles qui brûlaient presque la rétine.

-Esprit es-tu là ? demanda Fred avec crainte.

Sans répondre Maël tourna lentement sa tête blonde vers lui, l’observant avec ce qui aurait pu sembler une extrême curiosité, esquissant un sourire.

-Cette peau… Êtes-vous des spectres ? demanda une voix à l’écho impossible qui sortait de ses lèvres sans que ce fut la sienne.

-Sursautant à ses propres mots, il porta les mains à ses lèvres puis explora son visage au toucher.

-Qui êtes vous ? Quel est ce corps que j’habite ? Ce soleil est toujours le même que celui sous lequel je suis né, et lui, est-il revenu ?

-Qui ça ?

-Le seigneur blanc de l’Est, celui qui s’éveille à la première étoile et reste jusqu’à ce que la dernière s’éteigne… Nous devions renaître ensemble, il me l’a promis, j’ai tant attendu.

Interdits, ils le regardèrent entre appréhension et incrédulité.

-C’était prévu dans ton bouquin ça, Manuel !?

-Aucune idée.

-Bon, ben moi je crois que je vais y aller, déclara Fred d’un ton faussement badin.

Il commençait à se lever quand Manuel tira vivement sur sa main pour le maintenir à sa place.

-Assis ! On ne bouge pas.

Manuel promena un regard où se lisait colère et panique. Impressionnés, les garçons attendaient qu’il leur dise quoi faire. Maël les imita avec un peu plus de curiosité que d’appréhension.

-Personne ne s’en va avant qu’on ait réussi à renvoyer ça d’où ça vient.

Il pointa un index accusateur en direction de Maël. Avant que quelqu’un ait pensé à l’en empêcher, l’interpelé se leva et brisa le cercle. Il saisit le verre et but ce qu’il restait du liquide. Il resta immobile un moment puis s’effondra d’un bloc.

-Nadia va me tuer, fit Franck en regardant avec inquiétude le visage vide de toute expression de l’enfant endormi.

Ils revinrent furtivement aux tentes. Franck eut beaucoup de mal à coucher discrètement Maël et il réveilla son voisin.

-Franck ?

-Gaspard ? Tu ne dors pas ?

-Je dormais.

-Ah, désolé… dis, tu veux me rendre un service ?

-Ca dépend, dis toujours.

-On a eu comme un problème et Maël est bizarre. Tu veux bien me prévenir dès qu’il émerge demain ?

-Ca peut se faire. Tu répareras ma radio ?

-Ca marche.

Son sourire était déjà si éclatant de jour, que même en pleine nuit Franck put le distinguer. Il ébouriffa les cheveux frisés et sortit avant de se faire repérer puis regagna son sac de couchage dans une autre tente.

xxxxx

Le lendemain, lorsque Maël s’éveilla, il fixa Gaspard d’un regard perdu mais l’instant d’après lui sourit. Franck le surveilla avec attention durant le petit déjeuner puis finit par se détendre. L’alerte semblait passée. Il ne saisit pas l’éclat furtif qu’eurent ses yeux lorsque Maël glissa un coup d’œil par dessus le rebord de son bol. Tout, autour de lui, semblait le fasciner. Il fronça le nez devant le petit déjeuner frugal mais n’en termina pas moins ce qui était devant lui.

Il profita du désordre de la fin de repas pour disparaître sans que personne ne s’en aperçoive. Après avoir fait le tour du camp, il s’enfonça dans la forêt en suivant une sente presque invisible qui en partait. Le soleil perçait parfois mais il régnait une fraîcheur apaisante dans le sous-bois. Le terrain était accidenté et les ronces le griffaient parfois, mais Maël ne ressentait la douleur que d’une façon très distante. Quelque chose s’interposait entre sa conscience et le contrôle de ses mouvements… quelque chose et même quelqu’un à qui il pouvait toujours exposer ses protestations.

-Et tu comptes aller loin comme ça ?

-Aussi loin qu’il le faudra.

-Tu trouves pas que tu abuses un peu ?

Le fantôme n’eut pas de réponse. Certes, il aurait bien voulu ne jamais avoir été appelé, il se demandait d’ailleurs la raison pour laquelle il se retrouvait à cohabiter avec un autre esprit dans un corps d’enfant. Tout ce que l’éthéré savait c’est qu’il avait fait un drôle de rêve cette nuit. Un rêve où une créature qu’il n’avait jamais vue lui demandait de se rendre en un endroit bien précis. Il finit par entendre le bruit discret d’un filet d’eau et trouva le ruisseau.

-Hé ! Chaussures !

-Pardon ?

-Tu vas les tremper, si tu veux marcher dans l’eau tu as intérêt à les enlever.

-Comment ?

-Oh, débrouilles-toi, tu as bien été capable de me voler mon corps, tu vas devoir être obligé de te débrouiller avec.

Le fantôme grommela quelque chose au sujet de l’éducation et finit par démêler les nœuds des lacets. Lorsqu’il posa un pied dans le ruisseau, il se tétanisa. Une impression de froid le saisit et une étrange vapeur se forma autour de lui. S’étirant comme entraînée par un souffle invisible, elle traça dans l’air une direction à suivre.

-Mais qu’est-ce que c’est ?

-Mon gardien, répondit Maël avec une certaine tendresse.

-Qui es-tu pour avoir un tel protecteur ?

-Juste Maël. La source d’eau à laquelle il était lié s’éteignait lorsque j’ai été déposé sur sa rive. Nous nous sommes entraidés, je lui sers de source, il me protège.

-Tu n’as pas de parents ?

Maël ne répondit pas. Si son gardien avait décidé d’aider cet esprit, il ne voyait pas de raison de lui mentir, mais rien ne l’obligeait à éclairer les coins d’ombre que lui-même évitait soigneusement. Le fantôme tenta de changer de sujet.

-Je m’appelle Xalli, je servais au temple du soleil.

-Tu étais un prêtre ?

-Non, juste un serviteur, je me suis occupé du sacrifice pour la dernière cérémonie à laquelle j’ai participé.

-Le sacrifice ?

-Durant un an, j’ai dû lui apprendre à danser et jouer de la flûte…

-Un sacrifice humain ?!

Xalli acquiesça et Maël sentit comme une pointe de douleur au creux de sa propre poitrine.

-Le culte avait changé peu à peu, les dieux ont commencé à demander des hommes, des femmes aussi. Quand les guerriers sont revenus d’une attaque avec ce prisonnier, le grand prêtre a dit que le dieu jaguar le réclamait pour la prochaine cérémonie. Et c’est moi qui ai été désigné pour m’en occuper. Au début il ne parlait pas notre langue, je l’ai appelé Itzel, la lumière du soir, il était destiné à s’éteindre.

-Je suis désolé.

-Pourquoi ?

-Tu sembles beaucoup tenir à lui. C’est lui que tu appelais quand tu es arrivé ?

Ce fut au tour de Xalli de se taire. Ils arrivèrent dans une petite mare où le soleil maintenant haut se reflétait en un cercle éblouissant. C’est au moment où il posa le pied dans le reflet qu’il y eut un flash aveuglant et tout disparut autour d’eux. Ils furent comme emportés sur une tempête tumultueuse, suivant un chemin qui avait été autrefois fréquenté mais qu’ils étaient les seuls aujourd’hui à explorer. En chaque forêt existait un point de passage semblable, et tous menaient à un seul endroit. Ils se laissèrent ballotter au gré du vent puisque rien de ce qu’il avait tenté ne semblait capable de lui donner le moindre contrôle sur sa course. Ils ne comptaient plus le temps quand leur voyage prit fin brusquement et que l’obscurité se fit. Xalli paniqua, perdu dans le noir et le vide de nouveau.

-On se calme, habitue tes yeux avant de perdre l’équilibre, conseilla une voix rauque familière de Maël.

Après tout il l’entendait depuis aussi loin que remontaient ses souvenirs. Petit à petit ils purent distinguer les ombres qui l’entouraient. A ses pieds, une flaque d’eau rayonnait encore légèrement, comme s’ils avaient emmené avec eux un peu de l’eau du ruisseau dans lequel le soleil avait imprimé ce traître reflet. Des ruines prêtes à partir en poussières se dressaient avec une élégance fragile tout autour d’eux. Loin au dessus ils pouvaient distinguer une forêt de stalactites rendus argentés par un fin rayon de lumière. Ils descendirent la rue jusqu’à se retrouver devant un lac, l’îlot qui se trouvait en son centre n’était habité que de quelques colonnes d’un blanc éclatant cernant un autel.

-C’est ici que se trouve la seule personne capable de t’aider, l’informa le gardien.

-Quel est ce lieu ?

-Le sanctuaire du Fael, répondit la voix qui semblait provenir de la brume qui les guidait. Nous nous trouvons juste en dessous de l’Arbre Fael, personne n’a vu cet endroit depuis des dizaines de siècles.

Ils firent le tour du lac jusqu’à arriver devant une série de dalles de pierre qui dépassaient de l’eau. Lorsqu’ils posèrent le pied sur le rivage, un souffle naquit et fit naître un sifflement discret dans les colonnes.

-Fael, je demande audience, demanda avec fermeté l’immatériel.

Un instant plus tard, ils remarquèrent une silhouette qui semblait sortie de nulle part, affalée sur l’autel.

-Gardien à la manque, pourquoi l’amènes-tu ici ?

-Il y a un problème, et pas un du genre que je puisse régler.

L’homme qui descendit de son piédestal semblait attirer à lui toute la lumière présente. Il était vêtu d’une toge blanche et son interminable chevelure d’un or pâle traînait presque dans la poussière. Il s’approcha nonchalamment mais marqua un temps d’arrêt arrivé devant Maël.

-En effet… Comment est-ce arrivé ?

Maël resta hypnotisé par les yeux d’un bleu transparent et sans pupille tandis que le gardien résumait leur soirée de la veille.

-Et tu connais mon sérieux, j’ai bien essayé de l’en dissuader…

-Hmmm oui, bien sûr, tu as dû déployer toute ta force de persuasion je n’en doute pas, mais le fait est qu’il a participé à cette séance de spiritisme et qu’on se retrouve avec un fantôme à évacuer.

Si gardien avait pu rougir, il l’aurait fait… Heureusement pour lui ce n’était pas le cas.

-Enfin, ça tombe bien, ça fait longtemps qu’on m’a demandé de retrouver cette âme... Comment aurais-je pu deviner qu’il était piégé dans ses cendres et scellé par les sorts d’un livre plus que défraîchi ?

Fael sembla un instant pensif. Il fit signe à Maël de le suivre et l’amena jusqu’à l’autel. A l’intérieur du corps, Xalli frémit. Sur le dernier autel qu’il avait vu, on avait sacrifié son amour sous ses yeux, il avait subi le même sort juste ensuite pour avoir tenté d’empêcher le grand prêtre d’officier. Il ne put pourtant pas rester longtemps inquiet, il sentait chez Fael cette même impression de calme bienveillant que chez Itzel. Maël le regarda sans sourciller tailler du bout d’un doigt une faille entre les dimensions. Il connaissait la légende de cet être depuis longtemps par les récits de son gardien, aujourd’hui ces contes pour l’endormir le soir ressemblaient à une préparation de cette rencontre… et de celles qui suivraient.

-Va chercher ton maître, j’ai un présent pour lui, demanda Fael à quelqu’un de l’autre côté de la faille que Maël ne voyait pas.

Fael s’appuya contre la pierre et patienta. Dans l’obscurité de la faille, une lumière d’un blanc aveuglant apparut. Se glissant hors du passage avec une grâce sinueuse, un homme prit pied sur le sable fin et resta figé à fixer Fael. Il était couvert d’écailles et ses cheveux étaient des plumes blanches et ébouriffées.

-Je ne suis que le passeur, à toi de récupérer son âme. Si tu blesses Maël notre marché est annulé et je t’anéantis, prévint Fael d’un ton calme mais implacable.

Le nouveau venu écarquilla brièvement les yeux. Il ne prenait visiblement pas la menace à la légère.

-Xalli ?

-Je suis bien là. Itzel, ça fait tellement longtemps que j’attends…

-Patiente encore un peu, ça ne sera pas long.

Saisissant une dague à la lame sombre, Itzel la passa sur son poignet. Ce n’est pas du sang qui coula, mais une matière argentée à la consistance semblable. Il passa une main imprégnée sur le front de Maël et ne la retira que graduellement, emportant avec elle une forme brumeuse.

-Tu es certain de vouloir faire ça ? Tu seras déchu de ton rang… prévint Fael.

-Tu crois vraiment que ça m’importe ?

Fael secoua la tête en souriant. Tournant de nouveau la lame vers lui, Itzel la plongea dans sa poitrine. Lâchant la dague, il alla chercher dans la plaie qui ne semblait pas saigner et en retira une forme palpitante qu’il mit en contact avec la forme immatérielle de Xalli. Ses blessures se refermèrent en quelques instants. Le réseau sanguin fut le premier à se former dans la vapeur couleur sable, puis il se dota d’un squelette, de chair et la peau recouvrit le corps. Le jeune homme qui se tint bientôt devant eux ouvrit les yeux avec appréhension. Lorsqu’il croisa le regard de celui qui venait de lui offrir son cœur au sens propre du terme, il se lança dans ses bras. Leurs rires firent résonner la grotte et l’écho leur revint en décalé.

-Fael, je te dois… Ce que tu voudras.

-On verra ça, je trouverais bien quelque chose à te demander. Maintenant si tu voulais bien reprendre la porte, elle est un peu difficile à tenir ouverte. L’expression du Fael marquait en effet une grande fatigue. Lorsqu’Itzel s’approcha pour le remercier, Fael s’écarta d’un pas.

-Non, rappelle-toi que ma matérialisation est très fragile. J’ai encore un peu à faire avant de l’abandonner.

Le couple acquiesça d’un même geste et franchit la faille. Fael lissa avec précision les bords qu’il avait rapprochés. En quelques secondes, il n’y avait plus trace de l’ouverture qu’il avait ouverte sur le vide. Il s’affaissa contre l’autel et resta à souffler un moment.

-Est-ce que ça va ?

Fael releva les yeux sur Maël et lui sourit avec une douceur surprenante.

-Toujours à t’inquiéter des autres, ça te perdra, mais tu as de qui tenir… Eus peut être fier de toi. J’aurais seulement aimé qu’ils attendent un peu…

-Qui ?

-Le petit peuple, les esprits égarés… ils sentiront en toi quelqu’un capable de les aider, il y a si peu de mages aujourd’hui... Tu vas oublier ce qu’il s’est passé ici, ce ne sont pas des affaires d’enfant. Et surtout « on » aurait encore plus de mal à te surveiller…

Le gardien soupira, la remarque le concernait directement. A la surprise de Maël, Fael lui accorda l’étreinte qu’il avait refusée plus tôt. Maël se sentit sombrer dans le sommeil en même temps que le corps qu’il serrait fermement se désagrégeait dans ses bras.

-Je t’aime, fils, murmura-t-il à son oreille.

xxxxx

Maël se réveilla au beau milieu d’une clairière… La même que celle qu’ils avaient utilisé pour la séance de spiritisme la veille. Nadia fut la première à le trouver et commença à le gronder, mais quand il lui sourit rêveusement elle ne put faire autre chose que de le serrer contre elle.

-Tu m’a fait une peur bleue, idiot.

-Pardon.

-Je vais tuer Franck.

-Il a craché le morceau ?

-Qu’est-ce que tu crois, je sais être persuasive.

-Mais tu sais je vais bien.

-Non, tu es un idiot, les idiots ne vont jamais bien.

Il finit par rassurer la jeune fille qui l’avait choisi pour frère le jour où il était arrivé au foyer de la DASS. Même si sa famille n’était pas très conventionnelle, il avait des gens qui l’aimaient et qui attendaient son retour. Il prit la main que Nadia lui tendait et ils rejoignirent le camp.

-Mais qu’est-ce que tu es venu faire ici ?

-Mon gardien m’a dit qu’il y avait des fraises des bois.

-Tu sais qu’il serait temps d’essayer de te défaire de ton ami imaginaire ?

Maël sourit mais ne répondit pas. Parfois il valait mieux se taire ou faire comme si on n’avait rien entendu.


C’est un peu bête, mais je ne savais pas trop où coller cette nouvelle. Il s’agit de celle à paysage « nature » qu’on m’a demandé pour la publication en recueil… enfin acceptée, j’ai bien cru devenir folle avant d’y parvenir.

L'effacement de Ryu au stade de "gardien" était nécessaire pour simplifier l'intrigue, mais je pense que vous l'aurez reconnu quand même.

Bref, il s’agit d’un hors série de « 5eG » mais vu qu’il avait directement un lien avec la nouvelle « industrielle », je vous l’ai mise là. Je me suis fait plaisir en éclairant un peu les origines de Maël, je ne sais pas combien auront commencé à comprendre. J’ai de plus procédé à un mélange culturel dont j’avais eu l’idée cet été (qui à part moi pense à Quetzalcoatl quand on lui parle d’ange ? -.- ;) et j’espère que ça vous aura plu. Je continue dans la culture aztèque avec la nouvelle pour le fanzine Yaoi France de cet été. Viendez retrouver Xalli et Itzel ! lol, je serais à la Japan Expo de cet été c'est à peu près sûre, je vais aider Chris sur son stand du fanzineABYSS. Je pense qu'on fera aussi l'EPITA -- (bobo portefeuille...)

Je vous rappelle que nous ne sommes plus autorisés à répondre aux reviews dans le corps du texte, donc si vous voulez une RAR, laissez un email, je me ferais une joie de vous répondre.

Si vous êtes tenté de dessiner, ne vous gênez pas (oubliez pas :décents... ou du moins une feuille de vigne ou un string) ils seront en ligne sur mon blog fantôme.

SMOUTCH à tous !



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