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Coulent, coulent les mots sous ma plume.
Coulent, coulent mes larmes le long de mes joues. Elles roulent, et finissent par tomber, comme je finis toujours par pleurer.
Je pleure, sans savoir pourquoi.
Je pleure, sans savoir pourquoi.
Simplement pour que l’on me tende une main amicale ?
Non. Je ne crois pas.
Je pleure sans savoir sur quoi…
Pour une main tendue ? Un sourire ? Je ne sais pas.
Peut-être simplement pour soulager mon corps de toute cette eau, pour laver mon corps de mes actes.
Coulent, coulent les mots sous ma plume.
Coulent, coulent mes pensées… Elles coulent sur le papier, elles coulent tout simplement hors de moi.
Quand je vois ce sang qui coule, ces larmes qui roulent… Je voudrais disparaître. Ne plus voir ces personnes souffrir. Ne plus souffrir moi-même.
Juste partir…
Mourir ?
En finir ?
Cela ne veut rien dire…
Rien dire pour moi… S’il y a une vie après la mort, ne pourrait-elle pas être pire ? Sans mes amis, sans ceux que j’aime…
Coulent, coulent les mots sous ma plume.
Coule, coule le sang qui rougit mes bras, ma feuille.
Trempée dans l’épais liquide rouge, ma plume court. Elle court sur le papier blanc, et ne s’arrêtera pas… Pas avant que mon cœur ne cesse de battre.
Je pense à eux, qui auraient de la peine.
Je pense à ceux qui n’en auront pas…
Est-ce que cette haine vaut la peine ?
La peine de vivre ? La peine de mourir ? La peine de saigner ? De pleurer ?
Et je regarde ces mots couler, mon corps pleurer ces larmes rouges…
Seigneur, ouvrez vos ailes, que je m’y blottisse.
Ouvrez moi les portes de la mort, que je m’y complaise…
Paradis ou enfer, peu importe.
La solitude et la lassitude que je ressens m’emportent.
Ouvre tes ailes noires, oh Lucifer, réchauffe-moi.
J’ai tellement froid.
Ma peau est blanche sous le sang, je le sais.
Pâle comme les cachets que j’ai pris avant de laisser courir ma plume une dernière fois…
Court, court ma plume sur cette feuille.
Vole, vole ma plume, vole vers les cieux.
A présent tu es libre d’aller où tu veux.
Et moi, de fermer les yeux…