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Fiction » General » Avec tout mon amour font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Paradise Nightwish
Fiction Rated: K - French - Drama/Poetry - Reviews: 2 - Published: 03-30-04 - Updated: 03-30-04 - id:1566163

Mais quel est ce rouge, sur moi ?

Est-ce mon corps étendu là ?

- Vous croyez qu’elle est morte ?

- J’en ai peur monsieur…

- On peut bouger le corps ?

- Il est préférable de le laisser ainsi jusqu’à l’arrivée de la famille.

Pourquoi le vois-je d’en haut ?

Pourquoi ces gens s’affairent-ils autour de moi ?

Une jeune fille apparemment sans histoires, retrouvée ainsi, sans vie…

Bien sûr, ils ont appelé sa famille.

Bien sûr la famille est arrivée…

Elle s’est doucement approchée de la forme inerte, souillée de sang…

Pourquoi cette femme pleure t’elle ?

Pourquoi cet homme hurle-t’il ?

Devant ce corps, la femme tombe à genoux.

Frappant du poing à terre, elle éclate en sanglots… « Ma fille… »

- Qu’est-il arrivé à ma fille ? – hurle l’homme qui l’accompagnait.

- Nous… Nous ne savons pas. – murmura l’homme qui avait refusé que l’on bouge le corps.

Pourquoi cette sensation de plénitude ?

Pourquoi cette impression de flotter, tout en me sentant lourde, comme oppressée ?

- Nous l’avons retrouvée ainsi. Désolé…

- Il n’y a donc aucune surveillance ici ? – gronda le père, levant le poing.

- Une étudiante l’a retrouvée… - marmonna l’homme, qui pourrait être le directeur de l’établissement.

Le père souleva l’homme par le col, mais sa tension repoussa en entendant un hoquet de peur de sa femme. De peur et de sanglots mêlés.

Que suis-je ?

Les marques sur le corps, le sang éparpillé autour… Personne ne comprenait.

Pourquoi cette copie de moi en bas ? Au visage blanc, souillé de rouge ?

Tous contemplaient la plaie béante qui s’offrait à leurs regards. Car ce qui fut un corps n’était plus que meurtrissures. Meurtrissures rageuses.

Pas de souvenirs. Juste des larmes.

Meurtrissures volontaires.

Un visage figé à jamais dans un masque de souffrance infinie.

Son doux visage…

Sans comprendre, une femme sort, ne supportant plus l’odeur du sang qui embaume la pièce.

Elle n’est pas la seule à s’éclipser.

Les larmes qui ne coulent pas le long de mes joues translucides. Les larmes qui coulent le long des joues de ces gens… Je les connais pourtant ces gens… Je le sens…

Quelqu’un amena un drap blanc, en recouvrit le corps.

Mais cette vision était à jamais dans leurs yeux. Dans leurs mémoires.

Et ils pleurent celle qui est partie si jeune.

Ils pleurent celle à qui ils n’ont pas pu dire adieu…

Mes pensées sont comme mortes, je ne sais plus rien.

- Pourquoi a-t’elle fait ça ? – sanglota la mère, levant ses mains rougies par le sang de sa chair…

- Comment savoir ? C’était votre fille. A vous de comprendre.

- Que dois-je comprendre Monsieur le directeur ? – grinça le père.

- Chercher l’erreur, ce qui a pu l’amener à ce geste. Cherchez chez vous…

Et ces gens qui parlent, propos étouffés par le brouillard qui règne dans ma tête.

Le père envoya le directeur au tapis.

Celui-ci se releva, toisa le père, et s’éloigna.

Le père contempla sa fille une dernière fois…

« Pourquoi ? »

Les marques sur ce corps… Est-ce moi qui les ai faites ?

Ce linceul qui m’endort, est-ce la fin ?

La mère rabattit le drap sur le visage si pâle et écarlate, après avoir déposé un ultime baiser sur ce front à jamais pétrifié.

Je sens qu’on m’appelle. Mais je ne sais toujours pas… Que suis-je ? Pourquoi suis-je deux ?

Le père passa un bras autour de la taille de sa femme, caressa son front, ses cheveux…

- Comprends-tu, toi ?

- Pas plus que toi…

Je crois que je sais, maintenant que cette scène s’éloigne.

Je comprends à présent.

Des hommes en blouse blanche arrivèrent, encadrés par d’autres.

Des photos furent prises.

Le corps fut emporté.

Le père et la mère partirent.

Papa ! Maman ! Ne partez pas sans moi ! Je suis là !

Petite voix dans leur mémoire.

Des rires qui résonnent dans leurs souvenirs.

Des mots qu’elle prononçait avec tant d’innocence.

Des maux qu’elle passait sous silence.

Tout est blanc. Adieu la Terre. Bonjour nouvel univers…

Et une lettre tomba à leurs pieds. Une lettre écrite de rouge foncé, sur un papier blanc bordé d’or.

Ses derniers mots, écrits de son sang.

« Maman, Papa,

Je pars sans vous dire au revoir.

Je pars sans cérémonie, sans fracas.

Je suis une fille sans avenir…

Vous avez du remarquer, que je trempe mon porte plume dans mon sang… Sang venu directement des blessures que je me fais avec.

Ne culpabilisez pas, vous n’êtes pas fautifs.

Vous avez été les meilleurs parents que l’on puisse avoir.

Le problème, c’est moi.

Je suis de trop sur cette terre. Je le sais… Je n’y ai aucun avenir…

Pleurez si vous le voulez, mais pas trop longtemps…

Sans moi, la terre continuera de tourner.

Je n’avais pas ma place ici.

Sans moi, votre vie commence…

Avec tout mon amour.

Adieu… »



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