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Titre : A l’ombre du crépuscule– Chapitre 1
Auteur : Demetryan
Note : Au cas où un de mes anciens lecteurs se prenait d’envie de relire cette histoire : tout a été entièrement retravaillé et beaucoup de choses ont été modifiées. De même, le nom de l’auteur a changé mais c’est toujours bien, moi, hein ;D. Plus de détails quand j’aurai mis en ligne le chapitre soixante-deux. En cas de déséquilibre d’un chapitre à un autre, c’est normal, c’est que je n’ai pas encore mis en ligne le suivant ;o.
A l’ombre du crépuscule
Chapitre 1
Akihito se frotta les yeux et s’assit sur le bord de son lit. Sa nuit courte, son angoisse, lui donnaient mal à la tête, et il se leva de bien mauvaise grâce. Il se gratta le ventre, puis attrapa son uniforme dans son placard, avant de sortir en caleçon, pour se rendre dans la salle de bain. Il prit une douche froide, en serrant les dents, et resta quelques minutes de plus dans la cabine, le front contre le carrelage. Il enjamba le petit bord, puis attrapa une serviette, avec laquelle il se frotta énergiquement les cheveux. Il se planta devant le miroir et s’observa avec attention. Son doigt glissa le long de l’arête de son nez, et Akihito soupira. Il ne pouvait pas espérer changer en l’espace d’une nuit. Il écarta les cheveux noirs qui collaient à son front et découvrit ses yeux sombres, tristes et profonds, soulignés de vilains cernes. Il ne fit aucun effort pour les dissimuler, puis se pencha pour ramasser ses vêtements, jetés en tas dans un coin. La peau encore humide, il passa son boxer, sautillant sur un pied pendant une seconde, puis enfila sa chemise, et son pantalon. Il jeta sa cravate autour de son cou, mais ne fit pas le nœud. Il n’avait jamais réussi et préférait laisser sa mère s’en charger. Il lança son linge sale dans la panière, passa dans sa chambre pour ouvrir les volets, faire sommairement le lit, et s’empara de la sacoche en cuir, sur la chaise devant son bureau. Il descendit les escaliers lentement et entra dans la cuisine. Sa mère était debout, devant le frigidaire, à la recherche du jus d’orange. Elle avait déjà préparé le petit-déjeuner, et deux tasses étaient posées l’un en face de l’autre. Akihito soupira, assez fort pour que sa mère l’entende, et elle se retourna.
« Bonjour, maman.
-Oh, bonjour, Aki ! Tu as bien dormi ? Il fait plutôt beau pour ta rentrée, tu ne trouves pas ? »
Kyoko se forçait à sourire, mais son être entier de mère percevait la détresse de son enfant, et son impuissance à l’aider. Akihito était un excellent élève mais l’école ne l’aimait pas. Kyoko et son mari avaient tenté de trouver plusieurs solutions, Akihito avait changé deux fois de collège, et une fois de lycée, en cours d’année, mais cela n’avait rien modifié. Il était resté l’éternel paria, le laissé-pour-compte, celui qu’on ignorait et qu’on méprisait. Akihito avait souvent cherché à savoir pourquoi. Etait-ce lui ? Etait-ce les autres ? Il était si difficile pour lui d’admettre que l’histoire se répétait, dans toutes les écoles qu’il avait fréquentées. Il ne lui restait qu’une seule chose, l’espoir de pouvoir aller dans une université prestigieuse et de trouver une bonne situation. Alors, il trouvait son échappatoire dans les études, les cours du soir qu’il avait tous les jours. Akihito avait réussi à se faire un ami, il y a deux ans, dans ce nouveau lycée, mais celui-ci était parti, suivant ses parents pour déménager à Osaka. Ils n’avaient pas totalement coupé les ponts, ils se parlaient encore parfois au téléphone, mais pour Akihito, cela n’avait plus la même saveur.
Le jeune homme s’assit sans grâce sur la chaise, et renifla, avant d’observer son thé d’un œil circonspect.
« Courage, mon chéri, lui murmura sa mère. Si tu veux, je peux venir te chercher à la sortie.
-Maman, je t’en prie… Ce n’est pas ça, tu le sais très bien.
-Pardon, Aki… Tiens bon, bientôt, tu iras à l’université. Et je sais très bien que tu iras dans une grande fac, hein, mon chéri ?
-J’espère, m’an. Si j’échoue, je ne sais pas ce que je ferai… »
Kyoko eut un regard tendre pour son fils, et lui caressa les cheveux, s’amusant de le voir s’échapper de la caresse, avec un air outragé. Akihito croqua dans son morceau de pain et fixa, morne, son verre de jus d’orange. Il voulait se dire que tout irait bien, que cette fois-ci, il s’en tirerait sans casse. Plus jeune, il avait été plus petit que la moyenne, plus frêle aussi, mais une petite poussée de croissance, durant ces deux derniers mois, lui avait permis de retrouver une taille normale. Akihito espérait secrètement grandir encore un peu, mais pour le moment, il se contentait de ce qu’il avait, comme toujours. Il releva la tête, presque surpris, quand sa mère s’exclama :
« Qu’est-ce que fabrique ton frère ? Il reprend lui aussi ses cours aujourd’hui, et il traîne ! »
Akihito haussa les épaules et reçut une petite tape derrière la tête. Un autre jeune homme, plus âgé que lui, rit un peu bêtement et s’installa à sa place, en saluant sa mère, qui s’empressa de le satisfaire.
« Comment tu vas, Kotarô ?
-Très bien, très bien ! Je suis en retard ! »
Il attaqua son petit déjeuner de bon appétit et Akihito réprima une plainte qui lui brûlait malgré tout les lèvres. Son frère avait environ trois ans de plus que lui, il venait de souffler sa vingtième-et-unième bougie et entamait sa dernière année universitaire dans une grande école dont le prestige faisait la fierté de ses parents. D’un naturel ouvert et charmant, Kotarô cumulait sans vergogne ce que Akihito peinait à toucher du doigt, ne fut-ce qu’une seule seconde. Kotarô n’avait jamais peiné pour réussir ou se faire des amis. Il était beau, grand et élancé, des gestes gracieux, une voix chaude et douce. Ses yeux caramel, ornés de fins sourcils, pétillaient de malice, sa bouche s’offrait toujours sur un sourire. D’un style classique, mais élégant, il avait beaucoup de charme. Ses cheveux teints dans un blond agressif, tombaient sur ses épaules. Il portait aujourd’hui un jeans à la coupe soignée et un pull noir léger.
Akihito se consumait souvent de jalousie pour son frère, dont il s’estimait n’être qu’une pâle et défectueuse copie.
« Tu veux que je t’emmène, Aki ? proposa Kotarô.
-Nan, merci. »
Kyoko s’échappa à l’étage pour aller faire les chambres de ses fils. Kotarô joua avec ses clés de voiture. Un maigre silence tomba entre eux et le jeune homme toussota, avant de lancer :
« Une petite année, Aki et après, tu es libre !
-Libre, je sais pas, mais débarrassé, oui. La fac, ça sera différent du lycée.
-Tu devrais faire un petit effort pour t’intégrer.
-C’est plus facile à dire qu’à faire… rétorqua Akihito, sèchement.
-Je sais bien. Je veux juste t’aider. Parfois, j’ai l’impression que tu complais là-dedans.
-Je n’ai pas envie, tu peux comprendre ça ?
-Tu es désespérant, dans le fond. Enfin, je ne vais pas te forcer. Tu passes à côté de beaucoup de choses…
-Merci de me le rappeler, Kotarô. Tu en as d’autres, comme ça ?
-Excuse-moi, je ne veux pas être méchant. Juste que ça me fait un peu de peine.
-Ouais, bon… Sympa, ta sollicitude, mais d’un côté, tu n’as jamais rien fait pour m’aider non plus. Donc, tes conseils, tu peux te les garder. Moi, j’ai du mal à me faire des amis. Mais je suis pas comme toi, d’accord. Je n’ai certainement pas autant d’intérêt que toi aux yeux des autres.
-Mais attends, Aki, ce n’est pas ce que…
-Je suis à la bourre. Je me casse. »
Akihito repassa dans la salle de bain, se brossa les dents, d’un air concentré et sévère. Il savait qu’il avait mauvais caractère, qu’il était susceptible et orgueilleux, mais il n’avait que ça, encore, pour lui. S’il abandonnait ce qui faisait sa personnalité, il ne lui restait rien pour affronter les autres.
Akihito s’était de temps en temps battu, au collège. Il s’agissait le plus souvent d’un instinct de défense, de rébellion, qui s’évanouissait dans l’instant. Dans son nouveau lycée, il restait transparent, et on passait devant lui, sans un regard, sans lui adresser la parole. Akihito ne savait pas ce qu’il y avait de pire, exister dans la douleur des coups, s’éteindre dans l’indifférence.
Il attendit cinq minutes à l’arrêt de bus, à une centaine de mètres de chez lui. Il mit ses écouteurs, alluma son lecteur mp3, et ferma les yeux une seconde pour savourer l’instant de paix que lui procurait la musique qui tambourinait dans ses oreilles. Il grimpa dans le véhicule, se fraya un chemin jusqu’au fond, sans égard pour ceux qui lui barraient le passage, et s’assit contre la fenêtre. Les pieds appuyés sur la petite barre placée au dos du siège devant, il chercha une seconde à décrypter le tag griffonné au cutter dans la vitre tailladée de haut en bas. Les yeux absents, il regarda monter des élèves de son lycée et se tassa un peu plus sur son siège. Blasé, il retourna à la contemplation d’un paysage urbain bien monotone. Il ne pensa même pas que c’était à cet arrêt que le rejoignait, il y a encore quelques mois, son seul ami. Mais songer à Makoto ne servait à rien, il ne reviendrait pas et finirait par l’oublier.
Un mouvement d’air près de lui et on s’assit à ses côtés. Akihito tourna à peine la tête, se contenta de chercher dans le reflet de la fenêtre l’image de celui ou celle qui avait grignoté son espace vital. Le jeune homme portait le même uniforme que lui. Il était mince, peut-être un peu trop. Ses cheveux roux illuminait un visage fin. Akihito pouvait apercevoir les trois boucles d’oreille qui pendaient à son oreille gauche. Il était le typique garçon un peu rebelle, mais suffisamment intelligent pour s’en sortir avec de bonnes notes et pour ne pas se retrouver dans des ennuis plus qu’il ne lui en fallait. Akihito avait vaguement entendu parler de lui, au hasard d’une conversation qu’il avait surprise entre ses voisines de casier, visiblement très intéressées par ce jeune homme. Celui-ci était le fils unique d’un grand homme d’affaires, régulier donateur pour l’école privée dans laquelle allait son rejeton, et pour laquelle les parents d’Akihito avaient fait beaucoup de sacrifices. Ce garçon avait presque tous les droits, aux yeux de tous. Akihito laissa échapper un petit soupir méprisant puis s’en désintéressa aussitôt et poussa le volume de son lecteur au maximum.
L’autre type l’observa discrètement, à son tour. Akihito avait fermé les paupières, une nouvelle fois, et ses doigts battaient de temps à autre la mesure du hard rock qui dégoulinait de ses écouteurs. Le jeune homme fronça les sourcils et se mordit la lèvre. Cette aura glacée qui émanait de lui sans même qu’il ne s’en rende compte... Cette froideur pour seule camarade. Ce garçon ne devait même pas s’en apercevoir et penser que si le monde le haïssait, ce n’était pas de sa faute. Mais ce véritable glaçon était un repoussoir, même pour les meilleures volontés. Il ne cherchait de toute façon par à se mettre en valeur, à s’arracher à cette image, et son visage pourtant avenant, perdait son charme et sa beauté, sous le masque de tristesse et de solitude.
Akihito sortit de son demi-sommeil quand le bus s’arrêta devant son lycée. Il passa devant le garçon à côté de lui sans lui adresser un regard, et sauta à terre. Sa sacoche se balançait au bout de sa main. Il marcha rapidement vers les grands panneaux d’affichage où avaient été placardées les listes pour les classes de cette année. Akihito s’approcha, sans considération pour le petit groupe déjà amassé devant. Il lut les autres noms, et en reconnut trois ou quatre, mais à priori, il n’avait pas de quoi s’inquiéter. Il préféra regagner directement sa salle de classe. Il passa le hall et monta les quelques volées d’escaliers qui le menaient au premier étage. Il fit coulisser la porte pour rentrer et alla s’installer sur un des bureaux du fond. Il était si concentré sur le jeu vidéo de son téléphone portable, qu’il n’entendit même pas les autres élèves rentrer.
Kotarô se gara anarchiquement dans le parking de la faculté, et, essoufflé, il traversa les couloirs, fendant la foule d’étudiants. Il entra dans un grand amphithéâtre, gravit quelques marches, puis s’assit dans une des rangées. Il sortait ses affaires quand une petite tape sur son épaule lui fit relever la tête.
« Tiens, salut, Aoshi.
-Salut, Ko. Je t’ai vu arriver, mais j’ai pas réussi à te rattraper.
-J’avais peur d’être en retard. Je suis parti à la bourre, ce matin.
-Qu’est-ce que t’as fait, encore ?
-Rien. Mon réveil a sonné, pour une raison qui m’échappe, avec vingt minutes de retard. Résultat, j’ai failli crever sur la route pour être à l’heure.
-Ca serait dommage de mourir pour un truc comme ça, plaisanta Aoshi.
-Bof… Puis je crois que j’ai vexé mon frangin.
-Ah ouais ?
-Ouais… D’un côté, c’est pas comme si c’était difficile.
-Ca, tu l’as dit. Je me souviens d’un jour, tu lui as fait une remarque, je sais même plus pourquoi, mais il t’avait lancé un regard… T’as de la chance d’être encore en vie.
-C’est Aki. On le changera pas en une journée. »
Aoshi sourit et Kotarô baissa la tête, avant de farfouiller dans son sac pour sortir une feuille de papier et un crayon.
« Il est pas là, Tôru ? demanda Kotarô.
-Je sais pas, répondit Aoshi, soudain sur la défensive. Pourquoi je serais au courant ?
-Je demandais ça comme ça, Aoshi. Pas la peine de t’énerver, répliqua Kotarô, surpris.
-Désolé, je suis un peu tendu en ce moment. »
Aoshi se tut en voyant entrer leur professeur, et observa le garçon, deux rangées plus bas, commencer à piquer du nez, avant de s’endormir, la tête enfouie dans ses bras croisés devant lui. Leur professeur d’économie était profondément démoralisant et inintéressant. Kotarô se contenta de noter ce qui lui semblait important, mais bâilla plus aux corneilles qu’autre chose. Il vit entrer deux autres jeunes hommes et une jeune femme, qui s’assirent rapidement sur la première rangée, sans faire de bruit. A midi, il attrapa son sac, fourra ses cours dedans sans faire attention, et partit les rejoindre, suivi de Aoshi, toujours plus posé que lui. Ils se saluèrent puis partirent ensemble pour déjeuner, dans un petit restaurant du coin.
« Je suis crevée, déplora une jeune femme à l’allure délurée, en s’asseyant.
-Déjà, Kasumi ? plaisanta Aoshi, en lui tirant la langue.
-Si je pouvais, je passerais ma vie dans mon lit, moi. Et toi, mon petit Shô ? poursuivit-elle, avec une voix enfantine. »
Je n’ai pas ce genre de considérations, fut la seule réponse qu’elle obtint, mais elle haussa les épaules, et se tourna vers Kotarô pour discuter avec lui. Aoshi jetait quelques coups d’œil furtif au garçon à l’allure chétive en face de lui, et Tôru baissa le nez, trouvant soudain un vif intérêt dans l’algue savamment enroulée autour de ses makis au saumon. Vers deux heures, Aoshi annonça, en leur laissant de la monnaie sur la table, qu’il partait et qu’il raccompagnait Tôru en même temps que Kasumi. La jeune femme salua ses deux autres amis, puis courut à la suite de Tôru et Aoshi, qui se dirigeaient vers une voiture garée un peu plus loin.
Kotarô demeura avec Shô alors que celui-ci jouait avec son briquet, d’un air absent.
« Hum… Sinon… Ca va ? On s’est pas encore parlé, depuis ce matin, commença Kotarô, gêné.
-Ca va, ouais. Ca te plait pas, hein, que Aoshi et Tôru soient trop souvent ensemble ? lui lança soudain Shô, qui s’amusait à présent à faire tourner une cigarette entre ses doigts. »
Kotarô bafouilla et se défendit, mais le sourire en coin de Shô, ironique, lui fit comprendre qu’il ne le croyait pas. Au début, Kotarô n’avait pas beaucoup apprécié ce garçon qu’Aoshi lui avait présenté, il y avait trois ans de cela. Il était cynique, parfois un peu arrogant, trop perspicace et trop intelligent pour sa propre sécurité, mais il avait un bon fond, et il était bien plus gentil et doux, qu’il ne voulait le faire croire. Il tenait à ses amis et faisait tout pour eux, mais il avait ses défauts et ne s’en cachait pas.
« Ca fait un moment que t’es sorti avec Aoshi. Tu devrais tourner la page. Enfin, je dis ça, j’m’en fous en fait. Bon, on peut bouger ? J’aimerais bien fumer, et je peux pas le faire ici.
-Ok, pas de souci. Je demande l’addition, répondit Kotarô, en rassemblant l’argent que lui avaient laissé ses trois autres amis. »
Shô paya sa part et se leva, plaçant sa cigarette entre ses lèvres, avant de sortir. Kotarô le rejoignit quelques secondes plus tard, et l’observa une minute, puis consulta son téléphone portable. Shô avait touché juste, comme souvent ; Aoshi était son meilleur ami et avait été son meilleur amant pendant quelques mois. Mais d’un commun accord, leur relation avait pris fin, comme elle avait commencé, aussi discrètement. Pas de cris, pas de pleurs ; Kotarô ne regrettait pas. Mais depuis quelques temps, il voyait d’un très mauvais œil le rapprochement entre Aoshi et Tôru, contre qui, à la base, il n’avait strictement rien. Il soupira et agita la main pour repousser la fumée que Shô venait de souffler.
Shô n’était pas très grand, et ses cheveux avaient, eux aussi, perdu leur couleur naturelle pour se parer d’un roux assez foncé, qui tirait presque sur le châtain. Ses prunelles si particulières, l’une vert, l’autre brune et dorée, ajoutaient une étrangeté de plus à ce jeune homme si mystérieux. Sa peau plus claire, ses yeux moins en amande, révélaient un mélange, un métissage qui lui donnait un réel pouvoir de séduction. Kotarô avait un jour réfléchi à la meilleure manière de qualifier Shô et il était arrivé à une conclusion simple et expéditive : il émanait de lui un érotisme dérangeant, et le sourire qu’il affichait souvent prouvait qu’il en était parfaitement conscient.
« Y’a un truc ou quoi ? s’inquiéta Shô, face à l’inquisition de Kotarô.
-Non, rien, excuse-moi, je pensais à autre chose. Bon… Tu rentres en métro ?
-Ouais.
-Alors je te raccompagne jusqu’à la prochaine station puis je rentre.
-Ok, on fait comme ça. »
Shô eut un sourire franc, cette fois, et marcha près de Kotarô, en discutant.
A suivre…