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Fiction » Romance » Nuits blanches font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Meanne77
Fiction Rated: K - French - Angst/Romance - Reviews: 6 - Published: 04-14-04 - Updated: 06-24-05 - Complete - id:1581080

Ceci n'est pas une suite, mais simplement la version que j'ai adaptée pour pouvoir la jouer au théâtre, et quelque part, je suppose que je voulais en garder une trace. De prime abord, elle peut sembler bancale, tronquée, mais pour tout dire, à force que ne pas relire l'autre mais celle-ci, à force de l'apprendre par coeur et encore par coeur, de bosser la mise en scène, de répéter, répéter et répéter encore, de se planter dans son propre texte et répéter encore une fois pour finalement le jouer devant un public... A force, c'est cette version qui me semble être devenue la vraie, à tel point que je me demande ce qu'il pouvait y avoir d'autre dans la version d'origine, d'autre que du... superflu ?

En définitif, je crois que je considère ces deux textes comme totalement différents l'un de l'autre, comme si l'un n'avait strictement rien avoir avec l'autre.
J'ai laissé les paragraphes tels qu'ils sont joués, puisque leur agencment est différent de la version d'origine...
Je n'ai pas encore relu la version d'origine pour vraiment les comparer, parce que j'ai peur que ça me perturbe alors qu'il reste la représentation de demain...
Néanmoins, ça restera une expérience intéressante à vivre, probablement unique, et que je ne suis pas prête d'oublier...

Pour donner une indication de la mise en scène, je me tiens debout face au public, appuyée contre un lit mis en position vertical, donnant l'impression que le public me voit du dessus. Lorsque je regarde le public, en fait je fixe le "plafond"...

Nuits blanches (Version Théâtre)

Je t’ai accompagné à l’aéroport tout à l’heure, parce que je n’aime pas te voir partir. C’est illogique, je sais. Remarque, je n’aime pas tellement te voir revenir non plus, parce que ça veut dire que tu t’es absenté.
Je me couche, ou plutôt je m’allonge. Dire "je me couche" donnerait l’impression que je vais dormir.
J’éteints la lumière et j’attends, je me prépare à penser… Et je vais en avoir, des heures, pour penser !

Tu es parti pour une semaine, soit pour ce qui m’importe, six nuits. Six nuits blanches en perspective, six nuits durant lesquelles je ne vais pas dormir, même si je vais fermer les yeux.

C’est un peu comme lorsque l’on change de sommier ou de matelas, il faut un certain temps d’adaptation avant de se sentir de nouveau dans « son lit » et de pouvoir dormir vraiment, pleinement, sereinement. Dormir, quoi.
Je ne sais pas quel est mon temps d’adaptation à ton absence, mais je sais que six nuits, ce n’est pas suffisant.

Ce n’est même pas une question de présence qui manque, c’est une question de toi. Il m’est arrivé, depuis qu’on est ensemble, et pour des raisons de place ou de commodité, de partager un matelas avec quelqu’un qui n’est pas toi : je ne dors pas pour autant. Tu es un peu comme mon somnifère, dans le bon sens du terme. On dort ensemble depuis trop longtemps pour que je puisse dormir lorsque tu n’es pas là.

Tu bouges, la nuit, tu marmonnes, souvent. Régulièrement, je me prends un coup de coude, ou un coup de pied. Tu me tiens chaud, tu t’enroules dans les couvertures, tu me prends pour ton oreiller ou tu me tournes le dos. T’es chiant, au lit, tu sais ?
Tu ne ronfles pas, mais tu respires, fort. C’est un souffle chaud qui vient souvent me chatouiller la peau. Ça a une irrégularité régulière, ça a un rythme qui est toi. Il est difficile d’entendre autre chose. Lorsque tu n’es pas là, j’entends les autres bruits de la maison. J’ai l’impression d’être chez quelqu’un d’autre, d’être chez un étranger.

J’ai essayé de m’étaler, la première fois que tu es parti comme ça. Ça ne marche pas, le lit est trop grand, les draps trop vastes, je me perds dedans.
Finalement, je suis revenu à ma place à moi. Ce n’est pas ce qui me fait dormir mais il y a au moins un sentiment de normalité dans notre chambre.

Bien sûr, si je tends le bras, je tombe dans le précipice de ton absence.

Je ne tends pas le bras.



© Copyright 2004 Meanne77 (FictionPress ID:269796).


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