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Fiction » Fantasy » Un pirate nommé Chaton font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Mydaya
Fiction Rated: K - French - Adventure - Reviews: 5 - Published: 04-15-04 - Updated: 04-16-04 - id:1581779
Chapitre III
Nouvelles Connaissances

Après lui avoir fait visiter l'intérieur, Mythe le fit remonter sur le pont principal. Thibault y reconnut deux matelots. Laissant la jeune fille en plan, il alla vers eux : - Élite, s'écria-t-il. Garderie ! Cela faisait bien longtemps. - Mais c'est le gosse qui était avec Perroquet, s'exclama à son tour Élite. Ça y est ? Tu suis les traces de ton père ? - Non, je suis ici simplement parce que cette vie m'attire. Et puis le capitaine a semblé favorable à ma montée sur son navire. Ce sera ma première fois. - Bah alors, bienvenue à bord. Ils se racontèrent un peu ce qu'il leur était arrivé. Garderie et Élite, un an après la démission du capitaine Barbichette, avaient été enrôlés sur Le Maodet. Mythe les avait choisit, disaient-ils. - Qui est-elle vraiment, questionna Thibault. - Nous ne raconterons que ce qu'on nous a dit, murmura Garderie en prenant un air conspirateur. Mais, bien avant qu'on ne nous enrôle sur ce navire, le capitaine a repêché une femme abandonnée sur une île déserte. Elle s'appelait il me semble Fiona : elle était enceinte et a donné naissance à Mythe. C'est tout ce qu'on sait. - Est-ce la mère ou le capitaine qui lui a donné ce nom ridicule ? - Tu n'y es pas du tout, mon pauvre ! C'est elle-même qui s'est donné ce nom. On sait pourquoi à chaque fois qu'elle parle. Elle nous a redonné à tous des noms. Élite, elle l'a surnommé Serpent et moi, Aigle. Tu y crois ?

- Pour moi, il me semble qu'elle me considère comme un petit chat. Ce n'est pas très flatteur. J'aurais préféré qu'elle choisisse un nom plus viril, digne de moi, quoi ! Vous au moins, vous représentez des animaux dangereux. Pourquoi petit chat ? - Chaton ne doit pas aiguiser ses griffes sur Mythe, fit un voix derrière Thibault. Celui-ci se retourna et se vit face à face avec Mythe. Il l'avait complètement oubliée celle-là ! Et puis pourquoi utilisait-elle la troisième personne en parlant d'elle-même ? - Je suis désolé de ne pas user de tact avec vous, répliqua-t-il. Mais pourquoi m'avez donné ce surnom ridicule ? Je n'ai pas la moindre envie de le porter ! Je ne me prêterais pas au babillage d'une fille à moitié folle ! - Mythe n'est pas folle, rétorqua à son tour Mythe. Chaton n'a qu'à s'en prendre qu'à soi-même s'il est devenu un chaton ! Il suit son père le Tigre, alors forcément, si Chaton est né chaton, il restera ainsi jusqu'à la fin de sa vie. - Prouve que tu n'es pas folle, petite ! Je ne permets pas que l'on m'insulte de cette manière. Mais il est vrai que jamais je ne frapperais une femme, encore moins s'il s'agit d'une fille qui plus est, est folle. - Chaton est noble dans son c?ur, murmura-t-elle. Mais Mythe n'est pas folle comme elle l'a déjà dit. Elle n'a pas à justifier sa raison d'être, comme essaye de faire Chaton. - Je sais pourquoi je suis né. - Ferma-la, coupa le capitaine. Thibault se retourna violemment, tandis que Élite et Garderie, mine de rien, retournaient à leurs besognes. Mythe regarda le capitaine sans vraiment le voir. Ne sachant toujours pas comment le capitaine se comportait avec elle, Thibault se morigéna d'avoir parlé durement avec la jeune fille. Il présenta ses excuses au capitaine, puis à la jeune fille. Mais alors qu'il allait voir ailleurs et essayer de se faire discret, le capitaine fit : - Chaton. dis-moi, as-tu une arme de prédilection ? - J'ai pris des cours d'escrime, annonça fièrement Thibault, un peu vexé que le capitaine se prenne au jeu de Mythe. J'ai acquis une longue épée qui ne m'a jamais trahie. Elle m'accompagne tout le temps. - Donne-la à Mythe, coupa le capitaine. Elle te la perfectionnera. Mythe ? Savoir aiguiser une arme aussi dangereuse ? Une jeune fille qui en savait long sur les épées ? Comment était-ce possible ? Et pourquoi fallait- il que son épée soit perfectionnée ? Son maître d'arme lui avait lui-même aiguisé l'épée avant que Thibault ne parte chercher un poste dans la piraterie. A contrec?ur, Thibault défit son baluchon et sortit son épée. Hésitant, il la tendit à Mythe. Celle-ci ne la prit pas tout de suite. Avant elle la regarda, puis son visage s'illumina quand elle prit en main l'arme. Thibault eut une boule dans la gorge. Mythe partit dans le bateau, sûrement dans sa cabine et Thibault ne vit plus le capitaine. Le jeune homme en profita pour aller converser avec ses vieux amis qui soufflaient entre deux cargaisons à porter. - Pourquoi certains ne chargent pas le bateau, s'enquit-il. Si tout le monde s'y mettait, cela irait plus vite, non ? - Ecoute, chuchota Garderie. Ferme-la pour l'instant et aide-nous à porter tous ces paquets ! Et puis laisse ces marins tranquilles ! Le capitaine t'expliquera plus tard. Thibault laissa son baluchon traîner sur le pont, en compagnie de sa veste. Il remonta ses manches et souleva un paquet qui était à terre. Il faillit tomber sous le poids, mais réussit après quelques essais, à garder un équilibre précaire. Les marins qui ne faisaient rien sur le bateau, rirent à gorge déployée en le montrant du doigt. Le rire se répandit sur le quai. Même Garderie et Élite s'y mettaient. Rougissant d'humiliation et de colère, Thibault reprit sa route vers le bateau. Il dut s'arrêter une fois devant le pont qui reliait le bateau à la terre. Puis une autre fois, après ce pont. En attendant, plusieurs autres matelots avaient effectué trois allers-retours. Epuisé, le jeune homme posa son sac à côté des autres. Beaucoup de moqueries lui parvinrent et il dut se contenir pour ne pas répliquer. Il n'aimait pas voir que certains jouaient aux cartes ou aux dés, au lieu de travailler. Une main se posa sur son épaule. Sursautant, il se retourna. - Excuse-moi, petit. Mais tu fais du boucan ou tu le provoques. Ce qui m'empêche de dormir, alors ferme-la et tiens-toi tranquille ! Il s'agissait d'un homme assez bien bâti. Les cheveux noirs et la peau mate, il aurait pu attirer de nombreuses filles si ce n'est qu'on lui avait crevé les yeux. Un bandeau noir recouvrait ses yeux, mais les traces de brûlure débordaient du tissu, empiétant sur les joues. Ce pirate avait dû être attrapé par la marine et aveuglé. Mais pourquoi ne l'avait-on pas tout simplement tué ? - Qui es-tu ? - Je m'appelle Thibault, balbutia celui-ci, intimidé et ne sachant pas trop comment se comporter. Je suis une nouvelle recrue. Et toi ? - Je suis Chauve-souris. Comment t'appelles-tu ? - Chaton, grommela-t-il. Mais mon vrai nom, c'est Thibault. Ce n'est pas la peine de faire attention à l'autre surnom. - Pourtant, si tu m'as avoué ce nom, ça veut juste dire que tu viens de l'accepter un peu plus. Si au contraire, tu m'avais dit : « je viens de dire mon nom », là, tu n'aurais pas eut ta place sur ce bateau. Bienvenu sur le bateau du capitaine Fourmi. - Fourmi, répéta Thibault en souriant. - Ne te moque pas si aisément, rétorqua sèchement Chauve-souris sans sourire. C'est un grand honneur pour moi et pour les autres marins que d'être sous le commandement du capitaine Fourmi. Toi aussi, tu apprendras à le respecter. En attendant, où veux-tu être affecté ? - Je veux me battre, fit-il fièrement. Comme mon père avant moi et aussi pour prouver aux autorités qu'ils ont torts. - Sur quels points ? Coupé dans son élan, Thibault balbutia quelques instants des phrases incompréhensives, puis finalement, se tut. Intimidé et n'ayant pas de répliques sur le bout de la langue, il baissa les yeux même si l'autre ne le voyait pas ainsi humilié. - Oh, Chauve-souris ! On a faim ! C'était un marin que Thibault ne connaissait pas. Mais il était sûr de le reconnaître entre mille. Ses muscles doraient au soleil. Vêtu simplement d'un pagne, il avait les cheveux blonds. Ses yeux bleus étincelaient sous l'effet des rayons du soleil. Thibault fit la moue. Tant d'idéalité masculine risquait de faire passer le jeune homme pour un moins que rien. Si tous les pirates étaient ainsi, il n'aurait jamais de chance avec les femmes ! Le marin en question arriva et son regard méprisant se posa un instant sur Thibault. Voyant que celui-ci lui tenait tête, il se détourna pour s'adresser à Chauve-souris. - Le soir tombe et on crève de faim ! Le capitaine nous a dit que Mythe s'occupait de Chaton, alors la cuisine risque d'être vide. T'es le plus doué, pourquoi pas te dévouer ? - Je m'appelle Thibault, intervint celui-ci. Ce stupide surnom a-t-il fait tout le tour du bateau ou quoi ? Je n'admettrais pas qu'on l'utilise pour se moquer de moi. Cette fille, Mythe, me l'a donné alors qu'on ne se connaît même pas ! - Je ne t'ai pas insulté, fit calmement le marin, toujours avec un air méprisant. Tout le monde sur ce bateau a un nom particulier. Quand t'as accepté de t'embarquer ici, tu dois accepter nos règles, alors ferme-la ! - C'est beaucoup plus facile pour vous qui n'avez pas un nom aussi ridicule. Tout le monde a un nom d'animal puissant et moi, je n'ai que droit à un minuscule chaton, ce qui est pire qu'un chat. - Pourtant, notre capitaine est le capitaine Fourmi. Et personne n'oserait parler de lui sans respect. Gagne ton propre respect et alors après, tu te moqueras bien d'avoir ce nom. - Et vous, qui êtes-vous ? - Je m'appelle Gorille, sourit le marin. On peut dire que j'ai de quoi me vanter, mais j'ai gagné mon respect. - Je ne vois pas comment je pourrais le gagner si tous ces marins me regardent travailler dur et ne pas y arriver, alors qu'eux, sont tranquillement installés, le plus souvent en train de jouer à des jeux interdits. - Des jeux interdits, répéta Gorille en voyant Chauve-souris partir en direction de la cuisine. D'où est-ce que tu sors comme ça, mon petit gars ? Ici, ce n'est pas un bateau de luxe. On vit pour se battre, pas pour jouer à la marelle ! - Je ne disais rien dans ce sens-là. Gorille réfléchit un instant, fixant le jeune homme toujours avec un air méprisant. Puis il lui sourit, faisant comprendre par là qu'il comprenait et qu'il ne l'embêterait plus sur ce sujet-là. Le marin alla reprendre un sac qu'il avait abandonné et, le soulevant comme s'il ne s'agissait que d'une plume, il le porta jusqu'à une cale. Thibault parut vexé, mais finalement, après avoir vu la musculature vraiment très développée du pirate, il haussa les épaules et alla chercher un autre sac, sous le regard moqueur d'une centaine de pirates. Rouge d'humiliation, il continua tout de même à porter les sacs, alors qu'un autre marin y arrivait beaucoup plus facilement. Le soir, Garderie lui donna une gamelle vide. Il lui indiqua où il fallait aller. Thibault se retrouva à faire la queue pour recevoir des mains du cuisinier, Chauve-souris, une sorte de soupe. Seuls ceux qui avaient travaillé en eurent. Les autres marins regardèrent les mangeurs avec tristesse, parfois avec nostalgie. Mangeant avec Garderie et Élite, Thibault les désigna du bout du menton : - Ne leur donne-t-on rien ? - C'est toi qui dit ça, s'étonna Élite. Ils ne travaillaient pas, tu te souviens ? Pas de travail, pas à manger, c'est comme ça. - Mais, euh. Pourquoi ne travaillent-ils pas alors ? Et puis s'ils ne mangent pas, ils ne pourront pas se battre et. - Arrête de poser des questions, le coupa Élite. On t'a déjà dit de ne pas t'en mêler pour l'instant. Seuls le capitaine et Mythe ont le droit de révéler la vérité. Thibault ouvrit la bouche, mais un lourd regard de ses camardes le réduisit au silence. Il laissa filer, mais se promit d'en discuter avec Mythe une fois. Ce qui lui fit poser une question : - Où est la mère de Mythe, Fiona ? - Dans la cale, répondit simplement Garderie en finissant rapidement son assiette. Il se leva, suivi de près par Élite, et ils allèrent directement se coucher, à la grande surprise de Thibault. Il croyait que les pirates faisaient la fête toute la nuit. Garderie et Élite n'étaient pas les seuls à aller se coucher. Bientôt, il n'y eut plus que lui. Soupirant, il posa sa gamelle là où les autres avaient posé la sienne. Se retournant, il se retrouva nez à nez avec Mythe. La jeune enfant semblait n'avoir que treize ans. Ses yeux étaient cernés. Elle salua distraitement le jeune homme et alla se servir à manger. Elle mangea en silence et assez rapidement. Puis elle redescendit à l'intérieur du navire. Thibault l'interpella. La blonde se retournant avec un air las. - Où est mon arme ? - Mythe prend soin des griffes de son Chaton, ne t'en fais pas. - Ce n'est pas ce que je demandais, répliqua-t-il en fronçant les sourcils. - Mythe ne veut pas répondre à Chaton alors qu'il est en colère contre elle. Elle n'a pas envie d'être la proie de ses crocs, quand elle lui a pris ses griffes afin de les limer. - Ne peux-tu t'exprimer normalement ? Il s'agit d'une simple épée, pas de griffes. Tu peux comprendre ça, non ? Et puis qu'est-ce que peut être mes crocs ? Mes paroles un peu trop blessantes ? Arrête d'utiliser tes métaphores avec moi, j'en ai assez. - Mythe est fatiguée ce soir. Elle n'aurait pas du s'arrêter pour écouter le doux miaulement du Chaton, car celui-ci s'est transformé en une menace si je m'approchais de trop près. - Je t'ai demandé d'arrêter avec ça, remarqua Thibault. Je m'appelle Thibault, un point c'est tout. Il n'y a pas de doux petit chaton, pas de griffe, de croc. Nous sommes dans la vie réelle, pas dans un monde infesté d'animaux tous les plus étranges des uns que les autres. Je n'accepterais pas ce nom, car je désire être respecté. - Mythe est vraiment fatiguée. Surveille bien les souris, Chaton. - Mais je ne suis pas. Sans succès. Avec un certain énervement, Thibault alla se coucher. Les quinze autres lits étaient remplis. Mais où était le reste de l'équipage ? Dormaient-ils ? N'ayant pas sommeil, Thibault voulut sortir, mais étrangement, la porte s'était refermée derrière lui. Il eut beau pester et forcer sur la poignée, rien n'y fit. Prenant peur, le jeune homme alla réveiller un de ses amis. Garderie fut le premier qu'il trouva. Le secouant avec douceur, il lui expliqua l'étrange phénomène auquel il se voyait confronté. - Chaton, je t'aime bien mais tu vois, demain le bateau part à l'aube. Alors si tu pouvais essayer de dormir, cela m'arrangerait. - Mais la porte est coincée, insista Thibault. - Nous verrons demain. Puis plus rien à part des ronflements. Perplexe, Thibault s'installa dans son hamac, mais resta éveillé très longtemps. Il ne parvint à plonger dans les bras de Morphée que très tard et encore, il sentit des rêves sombres le tourmenter.

Comme c'était demandé par Noeru, j'ai fini le 3ème chapitre assez rapidement. J'espère que celui-ci a autant plu que les autres (j'ai l'impression de me répéter, non ?) L'histoire doit paraître un peu lente, je crois. En tout cas, c'est nécessaire pour le suspense et pour l'arrivée de plein de personnages ! Je sais bien qu'il y a plein de mystère, mais c'est fais exprès



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