|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Titre: Without you I'm nothing
Écrivailleuse: Miyuse
Base/Disclaimer: J'ai tenu le monde dans mes mains. Bien mal m'en prit, tout mal fini '
Genre: Yaoi, lime, dépressif, déprimant, trist'meuh, POV, et puis lettre. Sans oublier: DF
Rating: PG-13 (j'hésite avec le –15, mais bon…)
Note: sortez les mouchoirs… Toujours est-il que je me hais -#
Without you, I'm nothing.
Merci.
Grâce à toi, j’ai "appris" l'amour. Ce sentiment qui m'était encore inconnu il y a 6 mois…
Chaque fois que je te voyais, mon cœur s'emballait, mes joues viraient au pourpre, mes mains tremblaient…
Et quand tu n'étais pas là… Tu monopolisais mon esprit, je me languissais toujours de te voir, je pensais à toi sans cesse… Je pense toujours à toi, d'ailleurs…
Je n'aurais jamais pensé ressentir ce genre de chose… Il faut dire qu'avant de t'avoir rencontré, je n'étais sûr de rien. Sinon de vivre. Enfin, "vivre", c'est beaucoup dire…
Il y a encore quelques mois, le mot sentiment ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Le mot affection ne m'évoquait rien.
Tu te souviens de notre rencontre ?
C'était le jour de la rentrée. Je suis arrivé en retard. Pour le premier cours, en plus.
Il ne restait plus qu'une place, au fond de la classe. Je m'y suis assis. Tu étais installé à côté de moi.
Tu m'as souri.
Un de ces sourires qui me fait fondre. Un de ces sourires que tu me réservais.
Moi je t'ai à peine regardé. À l'époque, je ne savais pas sourire. Je ne connaissais pas le bonheur. Heureusement que tu me l'as fait découvrir…
Les premiers cours finis, tu allais te diriger vers ta bande de copains, mais tu t'es finalement retourné vers moi.
- "C'est quoi ton nom ? m'as-tu demandé.
- Alexis…
- Moi c'est Luka. Je crois qu'on a tous nos cours en commun, donc si tu es un peu perdu, je suis là !
- Merci…"
Tu m'as fait un petit clin d'œil, et puis tu es reparti.
Je dois t'avouer que sur le moment, je t'ai pris pour un dingue qui drague tout ce qui bouge. Fille ou pas.
Sans que je m'en aperçoive, par cette simple conversation, tu avais déjà commencé à répandre ton poison tout en moi.
Ce poison qu'on ne peut déceler qu'à partir du moment où il est si profondément ancré dans le cœur, qu'on ne sait plus s'en débarrasser. On l'appelle l'amour. Tu le savais ?
Sans doute.
Toujours est-il que par la suite, malgré nos horaires semblables, nous ne nous sommes pas beaucoup parlé… Enfin… Disons que tu as essayé maintes fois d'établir la communication, mais avec moi, c'était plutôt difficile. Je me suis toujours montré froid et distant. Ce n'est pas pour rien qu'on me surnomme l'iceberg…
Par la suite, tu t'es résigné. Cela m'avait soulagé. Tu ne peux pas savoir à quel point tu me mettais mal à l'aise. Tes sourires, ta manière d'être, ta façon de parler… Tu avais l'air très sur de toi, très taquin. Pas méchant pour autant, ça non. Mais je ne pouvais m'empêcher de te fuir. D'une certaine manière, tu me faisais peur… Tu étais si décontracté… Personne ne m'a jamais témoigné la moindre marque de sympathie, alors tu penses bien…
Pour que nous commencions à vraiment faire connaissance, il a fallu que le prof de philo nous donne une dissertation à faire en groupe. Tu m'avais immédiatement proposé qu'on la fasse ensemble. Je n'ai pas pu te résister bien longtemps. De toute façon, personne n'aurait voulu la faire avec moi, donc…
Tu te souviens, pendant les vacances de Noël, tu m'as invité plusieurs fois pour qu'on travaille sur notre devoir ? Je n'ai pas pu refuser. Il fallait bien qu'on la fasse cette dissertation…
La première fois que j'ai mis les pieds chez toi, je me suis montré très secret, fermé. Comme à la fac, quoi. J'étais totalement perdu. Entre toi, ta sœur et ta mère… Maintenant, je sais de qui te viens ce côté "sociable". À peine étais-je entré chez toi que ta génitrice me sautait dessus pour m'assaillir de questions. Comment je m'appelais, est-ce que je n'avais pas trop de mal à m'intégrer dans cette fac, son fils était-il gentil avec moi,…
Puis ta sœur est apparue. En me voyant, tout son visage s'est éclairé. Elle m'a salué chaleureusement, en me disant qu'elle était heureuse de rencontré le "célèbre Alexis". Toi tu avais pris une délicieuse teinte coquelicot. Ce jour là, je n'avais pas compris pourquoi. Où plutôt, je n'avais pas osé y croire.
Ensuite, tu as coupé court aux présentations, prétextant qu'on avait beaucoup de travail. Ce qui était peut-être vrai.
J'étais assez intimidé à l'idée de rentrer dans ta chambre. C'était ton "jardin secret" après tout.
Elle était assez petite, mais néanmoins très jolie. Très lumineuse. Dans les tons oranges. Mais un orange doux, hein. Abricot même…
Ce jour-là, nous n'avons pas beaucoup travaillé. Tu m'as beaucoup parlé de toi.
Comme à mon habitude, je n'ai pas souvent ouvert la bouche. Mais tu étais patient. Tu étais prêt à attendre que je me dévoile peu à peu. Tu n'as jamais voulu me presser. Je crois que tu étais déjà assez content que je t'écoute. Réciproquement, cela me faisait plaisir que tu m'en apprennes plus à ton sujet.
Ce qui était bien avec toi, c'est que tu parlais pour deux.
Je suis revenu quelques jours plus tard. Cette fois là, nous nous sommes concentrés sur le sujet de la dissertation. Nous avons noté tout ce qui nous passait par la tête. Finalement, après 3 heures de travail intensif, nous l'avons finie. Je m'étais levé assez précipitamment. J'étais pressé de m'en aller. Je me plaisais bien chez toi, c'est pas ça, mais.. Si, en fait, c'est précisément ça. Je me plaisais trop bien chez toi. L'atmosphère chaleureuse qui régnait dans cette maison, ta famille, ta chambre, et, bien sûr: toi. Je me rendais compte que je m'attachais vraiment à toi. Pas comme un ami, non. Bien plus que ça.
Je suis vite parti. Tu n'as pas essayé de me retenir, tu t'es contenté de me sourire en me disant de repasser dans quelques jours.
Une fois rentré chez moi, je me suis demandé si je ne devenais pas fou. Il fallait que je me rende à l'évidence. Je t'aimais.
Je me l'étais enfin avoué, c'était toujours ça… Mais ça m'a quand même fait un choc. Mets-toi à ma place. Je n'étais jamais tombé amoureux. Et maintenant que ça m'arrivait, c'était d'un garçon !
Je n'avais jamais remarqué que j'avais une attirance pour les personnes de mon sexe.
Quand je repense à tout ça, je me dis qu'en fait, je n'ai jamais été attiré par personne, sinon par toi. Tu aurais été une fille que ç'aurait été pareil. Ca devait être toi, dans tous les cas. C'est peut-être ça qu'on appelle le destin… Je n'en sais trop rien, à vrai dire.
Quelques jours ont passé, puis, je suis venu te voir. Tu ne m'as rien dit, tu t'es juste contenté de me sourire. J'étais très mal à l'aise. Je ne savais pas quoi faire.
Alors je me suis contenté de m'excuser d'être parti si vite la dernière fois. J'ai baissé la tête et ai fixé le sol.
Tu ne m'en as pas voulu. Tant mieux.
'Assieds-toi' m'as-tu dis, en me voyant indécis. Je t'ai obéis et tu as éclaté de rire.
- " Je ne vais pas te manger, tu le sais bien ! m'as-tu fait.
- Me manger, peut-être pas, en effet… "
Je t'ai regardé dans les yeux, me sentant totalement désorienté. Tu me faisais peur.
Non.
Les sentiments que j'éprouvais à ton égard me faisaient peur.
D'un autre côté, j'avais une irrésistible envie que tu me sautes dessus…Envie qu'il me fallait refouler, j'en étais certain.
- " Je… Je vais devoir te laisser, t'ai-je lancé d'un air gêné.
- Déjà ? "
Tu as grimacé, puis m'as raccompagné jusqu'à la porte d'entrée. Je t'ai salué, puis me suis engagé sur le chemin qui me ramènerait chez moi. Tu m'as suivi avec tes yeux, je le sais. Avec ton cœur aussi, peut-être.
Une fois rentré chez moi (un simple petit studio deux pièces. Tu te rappelles ?), je me suis écroulé sur le canapé et j'ai pleuré tout mon soul.
Pourquoi ? Je ne le sais pas moi-même !
Je me souviens juste que je me suis soudain senti très mélancolique.
Que je voulais t'avoir auprès de moi.
Que j'avais besoin de toi.
Mais que malgré ça, lorsque nous étions ensemble, j'étais comme bloqué. Et ça me faisait mal.
Trop mal.
Et puis, un coup de sonnette a retenti. J'ai cru que c'était une blague, que je divaguais, mais lorsque j'ai ouvert la porte, j'ai du me rendre à l'évidence. C'était bien toi.
- " Luka ?
- Héhé, re-bonjour mon p'tit Alexis ! Oh, avant que je n'oublie: tu as le bonjour de Lilou, ma sœurette !
- Ah… Merci… "
Tu as plissé les yeux de rire pendant que je m'effaçai, histoire de te laisser entrer.
- " Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
- Devine…! Tu ne croyais quand même pas que j'allais te laisser m'échapper ?! Une fois, je veux bien, mais pas deux "
"Tu ne croyais quand même pas que j'allais te laisser m'échapper" … Pourquoi cette petite lettre ? … Depuis quand étais-je censé t'appartenir…?
- " …C'est une blague !? te demandais-je, l'air grave.
- Voyons, ai-je l'air de rire ? "
Je t'ai regardé, ébahi et atterré à la fois. Bien sur que tu avais l'air de rire ! Comme toujours ! Je t'ai très rarement vu sérieux…
- " Oui. Tu as même l'air de t'amuser follement.
- Ca n'a pas l'air d'être ton cas… Quelque chose te tracasse ?
- Tu te fiches de moi ?!
- Non. Là je suis sérieux. "
J'ai toujours eu un fichu caractère, n'est-ce pas ? Je réagissais souvent au quart de tour…
- " Allons, mon amour, qu'est-ce qui te met dans un état pareil ?
- …!
- Oui ? "
J'ai du me faire violence pour ne pas te mettre dehors. Sur ce coup, tu m'avais profondément excédé. Disons que ton attitude m'avais pris de court. Or j'ai toujours détesté les surprises…
- " 'Mon amour' !? Et depuis quand ?!
- Depuis que je me suis rendu compte que je t'aimais. Ce qui m'a effleuré l'esprit il y a seulement quelques heures, alors qu'un petit crétin s'enfuyait de ma chambre, comme un voleur. "
- Hey, petit crétin toi-même ! …Q-Quoi ?! Tu m'aimes ?! "
Il m'avais fallu quelques secondes avant que je ne comprennes ce que tu venait de me dire…
- " Je crois bien oui, as-tu dis en t'approchant doucement de moi.
- Luka… ?
- Hm ? "
Tu as passé tes bras autour de mon cou, et m'as regardé dans les yeux. Ensuite, tu as penché le visage, de sorte que nos lèvres se rapprochent de plus en plus. Jusqu'à ce qu'elles s'effleurent. Un léger frisson à parcouru mon corps.
- " Luka… Je…
- Oui ?
- Non, rien…
- Hm… "
Tu m'as embrassé une nouvelle fois. Avec plus d'empressement, de fougue.
J'ai moi-même resserré notre étreinte. Je voulais être sur de ne pas rêver, te sentir vivant contre moi, éveillant chacun de mes sens.
Ensuite, j'ai senti que ta langue essayait de briser le barrage de mes lèvres. Barrage qui n'a résisté que quelques secondes. Et encore, juste pour la forme.
Ce nouveau contact était comme électrisant, mais pourtant, il m'apaisait aussi d'une certaine manière.
Puis, tu t'es détaché de moi. Voyant mon air éploré, tu m'as caressé la joue.
- " Je suis désolé, mais je vais devoir te quitter…
- Déjà ?…
- Je ne sais pas si tu t'en souviens, mais la rentrée, c'est dans deux jours ! Je dois encore travailler, moi ! m'as-tu dis en riant.
- Oh… J'avais totalement oublié.
- C'est ce que je vois
- Bon… Hé bien à lundi, alors ?
- Non, à demain ! Je passerai te voir. À moins que ça ne t'ennuie… ?
- Pas du tout ! Passes quand tu veux, je serai là !!
- Héhé, tant mieux… "
Tu m'as embrassé une dernière fois, puis m'as quitté sur un "Ha, j'ai hâte d'être demain !".
Un sourire a alors irradié mon visage. J'avais l'impression d'être dans un rêve.
Tu étais venu chez-moi pour m'avouer que tu m'aimais. Il devait y avoir erreur !
Ou peut-être pas…Le lendemain, à peine m'étais-je levé que déjà j'avais fini ma besogne pour l'université.
J'ai du patienter quelques heures avant que tu ne me rendes visite.
Je t'ai sauté au cou, manquant de t'étrangler.
- " Il me semble que tu es bien plus …extraverti, toi, depuis hier. Je t'ai donc fait tant d'effets ?
- Tu ne t'imagines pas à quels points ! "
Tu m'as regardé attendri, puis a capturé mes lèvres.
- " Tu as faim ? t'ai-je ensuite demandé.
- Un peu, oui. "
Tu t'es assis à table, alors que je me hâtais à te préparer quelque chose à manger.
- " Poulet tandoori, ça te va ?
- C'est un plat indien, non ?
- Oui... Désolé, je ne sais faire que ça…
- Pas grave. Je suis curieux de goûter ! "
Pendant que j'ai cuisiné, tu n'as pas cessé de me regarder. Tu avais l'air rêveur.
Les yeux dans le vague, et ce petit sourire aux lèvres…
Pour moi, c'est ça le bonheur, ces deux choses si simples et si agréables. Elles me sont synonymes de joie.
- " C'est prêt, t'ai-je ensuite lancé.
- Hum, goûtons donc cela
- Hey, attends, c'est chaud !
- Je suis insensible à la chaleur
- Fais gaffe quand même ! …Alors, c'est bon ?! Je n'suis pas trop mauvais cuisinier ?
- C'est par-fait ! Un véritable cordon bleu ! "
J'ai goûter à mon tour pour vérifier tes dires. Une grimace s'est dessinée sur mon visage.
- " Pouah ! C'est infect ! Désolé de t'infliger ça… Tu veux que j'commande une pizza ?
- Mais non, c'est délicieux ; c'est toi qui l'a fait, ça me suffit.
- Oo …Si tu y tiens… "
Une fois que tu as eu fini, tu m'as demandé de te resservir. Un instant, je me suis demandé si tu n'étais pas un brin maso…
Tu t'es levé, puis tu m'as pris dans tes bras. J'y étais bien.
- " J'aimerais qu'on reste comme ça pour toujours… m'as-tu soufflé.
- Hm… Moi aussi, t'ai-je répondu en fermant les yeux. "
Ensuite, je t'ai posé une question qui me tenait à cœur. C'était une question vraiment stupide, mais, je ne sais pas pourquoi, il fallait que je te la pose.
- " Luka, pourquoi tu m'aimes ?
- Parce que tu cuisines terriblement bien "
Je t'ai regardé, suppliant.
- " Si on ne peut même plus plaisanter…
- …
- Tout simplement parce qu'avec toi, je me sens bien. "
Tu m'as serré un peu plus fort contre toi.
- " Je t'aime. "
Les jours ont passés. Les cours ont repris.
Nous nous revoyions en dehors des cours. Souvent, j'allais chez toi. Ta sœur me faisait toujours de grands sourires. Plus particulièrement lorsque tu me serrais dans tes bras. Tu ne t'es jamais dit qu'elle était homophile ?
Ta mère, elle, se montrait toujours d'une gentillesse sans bornes. Ton père, je ne l'ai jamais vu.
- " Il est mort m'as-tu dit un jour d'une voix neutre.
- Oh…
- T'en fais pas pour ça J'devais avoir sept ans quand ça s'est produit. Mais bon, pour moi, c'est comme si je n'avais jamais eu que Maman. Elle nous a élevés, Lilou et moi. On s'est toujours super bien entendu tous les trois ! Avec ma sœur, c'est super particulier. Je la considère comme ma meilleure amie, je l'adore !
- C'est génial…
- Et toi, chou, tes parents ? Tu n'm'en parle jamais. T'as pas d'attaches familiales ? "
J'ai pris un air indifférent. Voilà la discussion que j'avais toujours voulu éviter. Même si je me doutais bien que je ne le pourrais pas éternellement.
- " J'ai été abandonné à la naissance. On m'a trimballé d'une famille d'accueil à l'autre. Jusqu'à l'année passée. Maintenant, comme tu le sais, je vis seul. Tant mieux ;
- Pardon…
- Tu ne pouvais pas savoir. Puis, c'est pas grave, c'est du passé ! "
Tu as bien vu que j'essayai de prendre ça à la légère. Alors tu m'as serré dans tes bras.
- " Moi je ne t'abandonnerai jamais. "
Cette phrase, elle est restée ancrée dans ma mémoire. Tu me l'avais dite avec tant de sincérité. Je ne pouvais que te croire.
Elle était mon garde-fou. J'y repensais chaque fois que je déprimais et qu'on ne pouvait pas se voir.
Ca valait tous les trésors du monde.
Puis un jour, tu es venu me voir. Tu n'étais pas comme d'habitude. Tu semblais désespéré.
En rentrant dans mon studio, tu t'es effondré dans mes bras. Tu as commencé à pleurer, et je t'ai serré maladroitement contre moi.
- " Raconte-moi… t'ai-je supplié. "
Nous nous sommes dirigés vers le canapé où tu t'es écroulé. Je t'ai servi un verre d'eau que tu as bu lentement, à mesure que tes sanglots s'espaçaient.
- " Luka… Dis-moi ce qui ne va pas. Je veux t'aider. Ca me fait mal de te voir ainsi… !
- L-Lilou… as-tu péniblement articulé.
- Hé bien, que s'est-il passé ?
- Elle s'est faite agressée… Elle… "
Tu as recommencé à pleurer. Je t'ai pris dans mes bras, te serrant de plus en plus fort. À un tel point que j'ai cru que j'allais te briser les os.
- " Et… ?
- On l'a retrouvée battue à trois rues de chez moi. Inconsciente. Elle est à l'hôpital, maintenant… dans le coma… "
Les larmes dévalaient toujours ton visage, alors que j'encaissai difficilement. Lilou…
- " Pleure… t'ai-je dit. Si ça peut te soulager, pleure autant que tu veux. "
Tu n'attendais que ça pour repartir dans une crise de larmes.
J'avais mal de te voir comme ça. Mal d'imaginer la gentille Lilou entre vie et mort dans un lit d'hôpital.
Je savais l'amour que tu portais à ta sœur. Vous vous aimiez énormément, vous étiez très complices.
- " Et ta mère… ? demandai-je.
- À son chevet… "
Tu as mis du temps à te calmer. Finalement, tu t'es endormi dans mes bras. Je t'ai longtemps dévisagé. Tu étais beau. Tu l'as toujours été.
Pendant que tu te reposais, je m'interrogeais au sujet de Lilou…
Qui avait bien pu s'attaquer à elle ? Dans quel but… ? Pourquoi elle ?
Je n'en avais aucune idée. On n'aurait rien pu faire si elle ne se réveillait pas.
Mais encore fallait-il qu'elle se réveille.
Je sortais de la salle de bain quand tu te réveilla.
Ta première pensée fut pour ta sœur.
- " Comment va-t-elle ?
- Je ne sais pas… Il faudrait aller la voir à l'hôpital, non …? "
Tu as acquiescé, puis tu es venu m'embrassé.
- " Merci au fait…
- Oh… Je… Pourquoi… ?
- Merci d'être là… "
J'ai rougis. Tu m'as souris tristement.
- " On y va ? t'ai-je demandé..
- Allons-y… "
Nous avons quitté mon studio et nous sommes dirigé vers la gare des bus la plus proche.
Nous avons pris le bus n°26, je m'en souviens encore. Il était bondé. À croire que tout le monde devait rendre visite à un proche, à l'hôpital…
Un immense bâtiment grisâtre se dressa devant nous.
Alors que nous y pénétrions, ta main s'est emparée de la mienne, la serrant comme pour se chercher du réconfort. Tu paraissais très mal à l'aise dans cet endroit…
Moi j'ai toujours détesté les hôpitaux… Ce sont des pues-la-mort…
Tu t'es rendu à l'accueil. Je t'ai entendu parler à la dame d'une voix faible.
- " La chambre de Lilou Pespyre, s'il vous plait ?
- 634, lui répondit la femme d'une voix morne.
- Merci…"
Nous sommes montés jusqu'au sixième étage par les escaliers. Les ascenseurs t'effrayaient.
Lorsque nous arrivâmes devant la chambre de ta sœur, mon cœur se serra. À quoi ressemblait-elle …?
En entrant, tu vis ta mère, assoupie, tenant la main de Lilou.
Tu ne fis pas de bruits, ne voulant pas la réveiller. Tu t'agenouilla devant le lit de ta sœur, et recommença à pleurer.
Moi je contemplai la scène de loin, m'y sentant totalement étranger…
Lilou était très pâle et couverte d'hématomes. Elle souffrait de multiple contusions et avait d'importants problèmes respiratoire. On lui avait pourtant mis "l'oxygène". Elle était entourée de toutes sortes d'appareils grâce auxquels son corps était tenu en vie…
Un médecin entra. Il nous jaugea du regard, puis se tourna vers moi.
- " Vous êtes de la famille ?
- Non...
- Je suis son frère, murmura Luka.
- Bien. Vous n'ignorez sans doute pas que votre sœur est dans un coma profond ? Elle souffre énormément. C'est une chance qu'elle soit encore en vie… Elle a vraiment été battue à mort. Cependant, je doute qu'elle sorte vivante de cet hôpital. J'en suis profondément désolé. "
Cela dit, il sortit de la chambre aussi vite qu'il était entré.
- " Sale con ! "
Ce sont les seules paroles qui ont su passer le seuil de tes lèvres.
Personnellement, je te comprenais tout à fait… Ce docteur était vraiment écœurant.. Un hypocrite, comme les autres, voilà ce qu'il était ! Profondément désolé ?! Mais bien sur…
- " Lilou… Je doute que tu m'entendes… Mais reviens, je t'en prie… Sans toi, je ne suis plus rien… "
Tu t'es relevé, et m'as demandé si nous pouvions partir.
Tu as embrassé ta sœur et ta mère, puis nous sommes sortis.
Tu as passé la semaine qui suivait chez moi, alors que ta mère passait la sienne à l'hôpital.
Nous suivions chaque jour le même schéma.
Je me levai le premier et préparais le petit déjeuner. Ensuite, je te réveillai, tu avalai quelque chose en vitesse et filait passer ta journée à l'hosto. Pendant ce temps, j'allais en cours, récupérant au passage tes travaux. Le soir, lorsque j'avais fini, je passais te chercher à l'hôpital. L'état de ta sœur se dégradait. Tu étais de plus en plus inquiet. Le soir, quand tu ne déprimais pas, nous parlions de choses diverses, où j'essayais de te changer les idées.
Passa une semaine. Puis deux. Et enfin trois.
Tu fus convoqué à la fac pour absence répétitive. Ne pouvait-on pas comprendre que tu t'inquiétais pour ta sœur ?!
Le jour précédant ta convocation, tu me fis promettre d'aller passer la journée à l'hôpital, en compagnie de Lilou. J'acceptai d'emblée, j'aurais fait n'importe quoi pour te faire plaisir.
- " Merci, t'es un amour.. me glissa-tu alors que nous nous couchions.
- Et toi donc… "
Tu me souris timidement alors que je me blottissais dans tes bras. Ton corps était chaud. Je me sentais si bien près de toi. Je relevai la tête, désireux de trouver tes lèvres et t'embrassai. Tu me rendis la pareille, et bientôt, nous nous caressions. Douceur, extase, douleur, plaisir,… Nous découvrîmes les joies de l'amour plus en…profondeur.
Alors que nous nous recouchions, tu me jeta un regard déchiré.
- " Alexis… Dis-moi que nous resterons toujours ensemble, promet-le moi !
- Bien sûr, ne t'inquiète pas.
- Alors, dis-le-moi s'il te plait…
- Je ne te quitterai jamais. Comment peux-tu en douter ?
- Je n'en doutais pas, je voulais juste te l'entendre dire…
- Je t'aime, fis-je en te serrant contre moi. Je te le promets. Pour toujours…
Tu m'as souris alors qu'une unique larme s'échappait de tes yeux. Je n'ai pas compris pourquoi à l'époque.
Au petit matin, je fus réveillé par une douce odeur de petits pains.
Je me suis levé, et ai été assez surpris de te trouver en train de 'cuisiner'.
Tu sifflotais un air d'un chanteur japonais que nous aimions beaucoup tout deux.
Cela me faisait plaisir de voir que tu avais retrouvé le sourire…
- " Salut toi, me lança-tu.
- Coucou. Tu as bien dormi ?
- Je dors toujours bien à tes côtés. "
Mes joues s'empourprèrent, et toi, tu éclata de rire.
Mais pas de ce rire pur comme tu en usais et abusais il y avait encore quelques semaines…
Seulement, je ne m'en rendis pas compte.
- " Ca ira pour ta convocation ? Tu me rejoins dés que les cours seront finis ?
- Mais oui, ne t'inquiète pas ! "
Je soupirai. Tu ouvris la porte, prêt à partir, puis soudain, te retourna.
- " Tu m'aimes ? "
Je me suis approché de toi et t'ai pris dans mes bras. Je t'ai effleuré la joue du doigt, puis t'ai dit de filer.
- " Bête question, désolé… Allez… Salut, chou …et sache que je t'aimerais toujours. "
J'ai fait la vaisselle, prit mes clés, et puis suis parti à l'hôpital.
Arrivé dans la chambre 634, je m'installai près de ta sœur.
C'était peut-être le fait de ne pas avoir été la voir depuis quelques jours, mais il me semblait qu'elle avait l'air plus vivant qu'avant…
Je lui ai parlé pour passer le temps. De moi, toi, nos études,… Mais surtout de toi. Je lui ai serré la main en évoquant notre soirée d'hier.
Ensuite, j'ai pris un bouquin qui traînait sur la table de nuit. Un roman à l'eau de rose. Sûrement qu'i appartenait à ta mère.
Je me lassai vite de ma lecture, et me mit à regarder les heures tourner.
Puis, j'ai eu l'impression que la main de Lilou bougeait. Alors je la lui ai de nouveau prit.
J'eus la nette sensation qu'elle me serrait maintenant la main…
- " Docteur ! Lilou, je crois bien qu'elle s'éveille !! "
Une infirmière arriva dans la minute qui suivait. Elle prit le pouls de ta sœur, et consulta ensuite les appareils. La jeune femme me sourit franchement.
- " Je crois qu'en effet, cette petite princesse va bientôt revenir parmi nous. Il va lui falloir du temps pour qu'elle émerge totalement, c'est normal. Veillez à ne pas trop la brusquer. Appelez-moi quand elle sera totalement réveillée. "
J'acquiesçai et mon concentrai sur le visage de Lilou. Celle-ci n'avait pas encore ouvert les yeux, mais fronçait énormément les sourcils. Bientôt, ses lèvres remuèrent quelque peu.
- " Qu'est-ce que tu dis ? lui demandai-je. Allez vas-y, 'tite puce, réveille-toi ! Ca fera tellement plaisir à ta mère et à Luka. "
À peine avais-je prononcé ton nom que ta sœur se redressa, sortant de son coma.
- " LUKAAAAAAAAAAAA !! NOOOOOOON !! "
Le visage en sueur, elle me regarda, horrifiée.
- " Alexis ! Vite, je t'en prie, le cours d'eau ! Le cours d'eau qui traverse notre jardin !
- Quoi ?! Qu'est-ce qu'il s'y passe ?! "
L'infirmière réintégra la chambre et fixa Lilou éberluée.
- " Co… Comment ?! "
Il y avait de quoi être surpris. Ta sœur venait de passer d'un monde à l'autre… en faisant un retour remarqué…
- " Alexis, fit-elle alors qu'elle était secouée de sanglots, file chez nous ! Non ! Luka ne fait pas ça ! Lukaaaaaaaaaaa !!
- C'est d'accord… J'y vais… "
En prenant l'ascenseur, j'entendais encore les cris de ta sœur…
Je suis arrivé chez toi, essoufflé, fatigué. J'ai contourné ta maison pour atterrir dans ton jardin. J'ai filé au fond. Près du cours d'eau.
Et c'est là que je t'ai vu.
- " Luka… Non…! "
Ton corps, à moitié étendu dans l'eau. Ta tête 'transpercée' d'une balle. Ce revolver dans tes mains.
Voilà ce que j'ai découvert il y a une semaine.
Salaud… Tu n'es qu'un salaud… Je te hais ! Tu comprends ça ?!
JE TE HAIS !
Je te hais parce que je t'aime… Mais toi, tu t'en foutais, c'est ça ?! Sinon… Pourquoi t'aurais fait ça ?
Si tu m'aimais vraiment pourquoi ?
Je suis con. La réponse, je l'ai sous les yeux. Dans cette lettre que j'ai retrouvée dans le lit, chez moi…
" Bonjour Alexis,
Comment vas-tu ? Mieux que moi j'espère.
Je doute que tu puisses me comprendre. Mais je pense que quitter ce monde est la meilleure chose qui me reste à faire.
Contrairement à ce que tu aurais pu penser, j'ai toujours été faible. Je pense que tu as du le remarquer au cours de ces dernières semaines, alors que je te pleurais toujours dessus.
Je n'avais jamais vraiment envisagé de me suicider. Cette idée ne m'a traversé l'esprit que ces derniers jours, quand j'ai compris que Lilou était condamnée. J'étais trop lâche que pour affronter sa mort. J'ai voulu partir avant elle. Je l'aimais tant… Et je suis si égoïste.
Toi aussi, je t'aimais. Je t'aime toujours d'ailleurs. Et pourtant, je te fais souffrir. Je suis odieux.
Dans le fond, c'est vraiment mieux que je parte…
Je t'aime
Luka "
Oui, tu es odieux. Toi qui il y a encore un mois me disait que ne m'abandonnerais jamais…
En plus d'être lâche, tu étais donc un menteur…
Lorsque j'ai donné la lettre à Lilou, elle a commencé à hurler qu'elle te haïssait. Qu'elle te détestait de la laisser ainsi tomber. Mais que malgré tout, elle t'aimait.
Dans le fond, je lui ressemble.
Ne t'inquiètes pas, je prendrai soin d'elle pour toi.
Une dernière chose. Tu nous avais fait promettre à tous deux que rien ne nous séparerait.
Mais Lilou et moi, nous allons vivre.
Alexis
Notes de l'auteuz' épuisée:
Alors là…
Si je m'attendais à ça en écrivant les premières pages…!
M'en voilà à ma deuxième Death-fic… OO
Mon dieu… Je suis méchante oo encore sous le choc
Hum…
Donc tout à commencé début décembre… J'avais commencé ce petit One-shot… Seulement les deux première page. Alexis et Luka étaient encore très flous à cette époque… Maintenant, je crois que j'ai réussi à les apprivoiser…
J'ai repris l'écriture cette nuit, vers une heure du matin. Je n'ai coupé le PC que sur le coup de six heures… J'ai passé une nuit totalement blanche à écrire ça…
On va me prendre pour une dépressive ! Alors qu'en fait, pas du tout, ne !! ;
Je me demande si la mort de Luka était prévisible. Il était certain que lui et 'Lexis ne seraient plus ensemble à la fin, mais bon, quand même…
Enfin, je ne vais plus m'attarder sur ces notes… Bonne nuit, minna OO# Auteuse qui s'en remet pas de ce qu'elle a pondu