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Miguël jeta un regard infiniment heureux sur sa maison. Une dizaine de pas le séparait maintenant de son humble demeure. Il les exécuta sans plus qu’un sourire flottant sur son visage pâle. Quand il passa la porte, il trouva Dean et Kady morts d’inquiétude dans le salon, attendant son retour. Dès qu’ils l’aperçurent, ils se levèrent et Kady vint jusqu’à lui avec un air plus qu’inquiet sur le visage. Elle s’était même rongée les ongles, tant la nervosité la gagnait dans les situations comme celles-là. Mais Miguël n’aurait pu deviner qu’il y avait autre chose que sa sortie qui les dérangeait à ce point. En effet, le faucon leurs avait échapper et il s’était réfugié dans la chambre du petit. Rien ne le faisait revenir.
‘‘ Nous sommes si content de te voir !! Où Diable étais-tu passé ??’’, le réprimanda la jeune mère.
Dean restait immobile, il attendait que sa femme ait finit de parler pour ajouter ses consignes.
‘‘ Ne fais plus cela je t’en pris Miguël ! Dis-moi où tu es allé s’il te plaît.’’, continuait Kady.
- ‘‘ C’est une longue histoire.’’, commença l’adolescent.
- ‘‘ Tu peux tout nous dire jeune homme. ’’, confirma sa mère adoptive.
Le garçon réfléchit et décida de leur en parler plus tard. Étaient-ils vraiment tous prêts à adopter une vie de famille ? Miguël pencha la tête vers ses pieds et hocha de la négative. Il ne pouvait pas se permettre de les inquiéter et il ne voulait pas non plus qu’ils le prennent pour un fou alors il opta pour le mensonge.
‘‘ C’est que. . .’’
Le garçon se tut en voyant une plume blanche tomber dehors.
‘‘ En bref, je croyais que c’était Hanks qui s’était enfuit à cause des plumes blanches que je trouvais alors je les ai suivi et j’ai finit par ne plus en voir et puis je suis revenu.’’
Kady jeta un rapide coup d’oeil à Dean lui signifiant qu’elle lui parlerait plus tard à propos des agissements douteux de Miguël. Cependant, elle ne démentit pas ses propos. Dean quant à lui, lui demanda de monter d’un ton très calme.
‘‘ Je crois que nous avons à nous parler Miguël’’, lui dit-il d’une voix froide.
Mais Kady l’interrompit.
‘‘ Si tu as à lui parler, fais-le devant moi.’’
Miguël se dit alors que comme menteur il était plutôt mauvais. Il avala sa salive et fixa Dean. Il était clair que son père adoptif ne savait pas par où commencer.
‘‘ Miguël, tu fais maintenant partie de notre famille et tu le sais, il y a des règles à suivre. Je croyais que c’était assimilé pour toi, mais on ne dirait pas alors je vais te les répéter. Il t’est interdit de quitter la maison sans nous dire où tu vas.’’ Il aperçut le regard exaspéré de l’adolescent de quatorze ans. ‘‘ Je crois que ce n’est pas trop te demander que de nous dire au moins où tu vas et combien de temps tu penses y passer.
- Nous devrions peut-être lui indiquer une heure pour rentrer.’’, intervint sa femme.
Dean acquiessa et regarda le jeune garçon. Il avait du mal à croire que lui et sa femme puissent autant s’inquiéter pour un enfant qui n’était même pas relié à eux...
« La sang n’est pas toujours requis pour qu’un lien se créé. »
Miguël déposa son stylo et regarda un moment son livre. Dean n’avait pas été le seul à remarquer ce lien qui devenait de plus en plus étroit entre eux trois. Et bien qu’il en était heureux, le gamin de quatorze ans ne pouvait pas dire la même chose de Kady. Elle semblait beaucoup plus tendue, plus fatiguée, nerveuse même. Il se redressa et considéra un moment la question.
« Et si c’était Hanks ? »
Secouant la tête légèrement, il songea qu’elle n’avait pas l’air de le mépriser à ce point. Il pensa à l’homme qui était apparu devant lui sur le chemin de retour et songea à en inscrire une bribe dans son cahier, mais il y renonça en distinguant les bruits de pas de son cousin dans les escaliers. Rapidement, il glissa son journal sous le lit et se redressa pour ne laisser aucun indice. C’était presque étrange comme tous les événements se succédaient sans lui laisser le temps de réfléchir. . .
L’inspecteur Chaunser cogna contre la porte. Il venait d’arriver à l’adresse que James lui avait fournie et la maison devant laquelle il se trouvait était particulièrement grande. Elle semblait assez luxueuse et devait compter deux grandes étages. La peinture blanche semblait fraîche et le toît en bordeaux prouvaient que sa victime avait du goût, mais l’inspecteur n’avait pas le temps de s’attarder à ce genre de détails. Il cogna une nouvelle fois et personne ne vint lui ouvrir. Le policier opta alors pour l’approche pratique. Il traversa la pelouse afin de faire le tour de la maison. Thomas scruta les murs et tenta de n’éveiller aucun soupçon, mais la voiture de service stationnée devant la maison n’était pas des plus subtile. Il n’avait pour l’instant aucune preuve, la famille avait parfaitement le droit d’être sortie. . .sauf s’il ne s’agissait pas d’eux, ce que lui croyait. N’ayant pas de papier légaux lui permettant de défoncer une porte et de violer leur domicile privé, Chaunser ne fit que le tour prudemment et ne vit rien d’anormal. Pas de fenêtre brisées, de porte déjà défoncées : rien. Plus grincheux encore, il retourna à sa voiture et quitta les lieux sans plus attendre.
Juste quand il atteignit son véhicule, un oeil apparut parmis les stores du second étage. Thomas n’était parvenu à rien, mais apparemment que quelqu’un en avait pris connaissance. . .
Thomas fit le tour et aperçut de la peinture sur le côté conducteur de l’automobile. Rageant intérieurement, il ouvrit la portière et s’installa à l’intérieur. Il mit le contact et commença à rouler. Le policier jeta un coup d’oeil dans son mirroir et vit l’un de ses pneus crevé. Chaunser arrêta son auto, en sortit et se déplaça vers la roue abimée.
« Mais c’est pas vrai !! », gronda intérieurement l’homme.
Il ne pouvait pas le changer sur place puisqu’il n’avait pas de pneu de rechange sur lui. Il ouvrit son cellulaire et composa rapidement les numéros en appuyant rudement sur chaque chiffre.
« Oui ? »
« Ryann, peux-tu venir me rejoindre, j’ai une crevaison. »
« Où es-tu ? », demanda prestement James.
L’inspecteur soupira lourdement.
« Devant cette baraque de malheur ! »
« J’arrive tout de suite. Reste là. »
James raccrocha.
« Évidemment que je vais rester là ! Où veut-il que j’aille nom de Dieu ! »
Thomas s’appuya contre la voiture. Il sortit un paquet de gommes de son manteau et en prit deux d’un coup. Il allait trouver qui était le garnement qui lui avait fait le coup. Ça, il le jurait. Pendant près de cinq minute, il vociféra intérieurement contre les voyous de la rue, puis il finit par se calmer d’un seul coup. Ses yeux se tournèrent vers la porte d’entrée et il y chercha un indice. Il y retourna et se donna le droit de vérifier le courriel. Bien qu’il ne trouva que des annonces et publicités comprimées dans un sac, il s’intéressa au fait qu’il se trouvait encore là. Soit le sac était indésirable, soit la famille le ramassait pls tard. Le policier marcha un peu sur le trottoir, suivit le chemin qui menait à la rue et retourna s’asseoir dans son automobile. Il pianota un instant sur le volant. Finalement pris de curiosité, il regarda vers la maison gigantesque. Aucun jardin, aucune plante qui mériterait de l’attention n’était amménagée au-devant de l’habitation. L’homme pencha son corps vers la maison et il observa le deuxième étage. Toutes les fenêtres posées au deuxième étaient fermées. La décoration n’avait rien d’extravagant non plus. Il décida d’aller poser quelques questions aux voisins. Thomas sortit une fois de plus de son véhicule et ferma les portes à clef. Il marcha jusqu’à la maison voisine. Elle donnait un contraste incroyable avec son rouge bourgogne et sa toîture noire. L’inspecteur cogna trois bons coups à la porte et attendit. Bientôt la porte s’ouvrait et lui laissait voir une fillette d’une dizaine d’années.
« Oui ? », demanda t-elle avec de beaux grands yeux.
Le policier sortit sa plaque et la montra à la fillette.
« Police, est-ce que t’es parents sont là ? »
« Je m’appelles Élisabeth, pas Police monsieur. »
L’officier se radoucit un peu et se pencha vers la jeune demoiselle.
« Est-ce que tes parents sont ici Élisabeth ? J’aimerais leur parler. »
Elle fit signe que oui et courut vers la salle adjacente.
« Maman! Il y a un gros monsieur qui veut te voir à la porte!! », cria t-elle.
Le policier se regarda un peu, lui laissant le point qu’il était gros.
Une femme plus mûre se présenta à la porte.
« Oui ? »
Elle avait l’air contrariée, un peu ennuyée, même. Elle portait une robe de nuit bleu marine ainsi qu’un jeans pâle par-dessous.
« Police, madame. Je viens vous poser quelques questions. »
La femme se laissa tomber contre le cadre de porte et le regarda en l’écoutant .
« Connaissez-vous vos voisins, madame ? »
Elle croisa les bras et lui jeta un air méfiant.
« Oui. . .Un peu. Ils sont là depuis plus de cinq ans. »
« Connaissez-vous leurs noms ? »
La femme se cru à un interrogatoire.
« Entrez je vous en pris, nous serons plus à l’aise pour discuter. »
Il jeta un regard vers sa bagnole et sans dire un mot s’exécuta. Ce que Ryann allait avoir de la misère à le trouver !
‘‘Dean je crois que c’est primordial.’’
Kady le regarda avec soucis. Elle et lui avait une conversation à propos de leur Miguël.
‘‘ Je crois qu’il faut lui donner un peu de temps, on ne peut pas le connaître par coeur au bout d’un mois ma belle.
- Je voudrais qu’on établisse des règles, je ne veux pas qu’il décide de partir comme ça d’un seul coup !’’
Dean la contempla silencieusement.
‘‘ Que suggères-tu ? Tu veux le punir ?’’
Kady se rapprocha de Dean.
‘‘Non. . .pas cette fois, mais je veux qu’on l’avertisse. Je veux qu’il y ait des règles tu comprends ?’’, demanda t-elle.
Elle savait bien que Dean l’écoutait et qu’il suivait ce qu’elle disait, mais elle avait peur au fond d’elle-même. Si jamais Miguël leur faisait le coup à eux aussi de partir comme ça ? C’en était assez de vivre dans le noir ainsi elle tourna le dos à son conjoint et monta jusqu’à la chambre de Miguël.
La porte était fermée.
‘‘C’est moi Miguël, je peux entrer ?’’, dit-elle à travers la porte.
Tout de suite, Miguël vint lui ouvrir et la laissa entrer.
‘‘Oui ?’’
La femme se permit d’entrer et alla s’asseoir sur le lit.
‘‘ Est-ce qu’on peut se parler un peu ?’’
Dean entra lui aussi.
‘‘Il y a un problème Kady ?’’, demanda innocemment Miguël.
‘‘ J’aimerais mettre des petites choses au clair. Tu m’as vraiment fait peur Miguël !’’
Elle l’enlaça avec amour.
‘‘ Je ne veux plus que tu partes sans préciser où tu vas et quand tu reviens, Miguël acquiesça, Et ne laisse pas tes invités seul !’’
Lorsqu’ils se furent tous trois expliqués, Randy
Alec, Vanasse, Mark-Antony ainsi que Camille étaient dans le bureau de l’Ange niveau trois. Mark et Alec traitaient du cas de Camille qui avait enfreint l’ordre de Mark concernant Miguël. Vanasse n’était en aucun cas concerné, mais c’était aussi son bureau alors il avait parfaitement le droit d’être là et d’écouter.
‘‘ Quel sorte d’imbécile peux-tu être Camille !? Mais à quoi pensais-tu ?!’’, le gronda Alec.
- Camille est irresponsable.’’, renchérit Mark.
- ‘‘ Tu veux quoi ? Que je te retire de ce poste Camille !? Que je te fasse renvoyer ? Mais qu’espérais-tu !?’’,le menaça encore Alec.
- ‘‘ Non ! S’vous plait.’’,supplia Camille en retour.
Alec sortit en soupirant et claqua la porte derrière lui.
Vanasse fixait Mark depuis un bon moment. Il n’avait pas à s’en mêler, mais Mark ne contrôlait pas ses émotions et ses nerfs étaient à vif.
‘‘ Mark ? Tu ne crois pas que tu exagères ? Camille n’est encore qu’un enfant’’
Les yeux de Vanasse passèrent à Camille, puis revinrent à Mark.
‘‘ Hey j’ai qu’un an de moins que toi !’’, s’offusqua le français à la réponse de Vanasse.
‘‘ Sors Camille.’’, ordonna froidement Mark.
‘‘ Je crois qu’il peut rester : ça le concerne.’’, répliqua Vanasse.
‘‘ Non. Sors Camille.’’, répéta l’Américain.
‘‘ Je ne veux pas parler d’autre chose Mark.’’
Et Mark-Antony lui répondit : On dirait que tu as peur de rester seul avec moi.
Vanasse ne sut quoi répondre.
Camille regarda le couple étrange qu’ils formaient. Il distingua facilement le sentiment qu’éprouvait Vanasse rien qu’en regardant dans ses yeux.
‘‘ Je sors Mark, merci Van d’avoir pris ma défense.’’,finit par dire Camille.
S’avouant vaincu, le jeune français sortit de la pièce laissant ainsi seuls Vanasse et Mark-Antony.
‘‘ Si nous évitons ainsi d’en parler ce sera difficile d’occuper le même local Vanasse.’’, indiqua son mentor.
- ‘‘Alors je te renseigne sûrement en disant que nous ne le partagerons plus bientôt.’’
Mark fronça les sourcils, interrogateur. Vanasse continua.
‘‘ Alec l’avait décidé voilà quelques jours de cela et il va transférer Camille ici. Ce sera mieux pour vous.’’
« Mais pas pour nous », songea l’ange plein de mélancolie.
Un nouveau silence plongea la salle dans la gêne. L’anglais et l’américain s’observaient sans parler.
L’ange niveau trois finit par casser le silence et le moment de contemplation qui s’y déroulait.
‘‘ Vanasse tu n’as pas été choisi pour la mission alors pourquoi ?’’
Il devait savoir. Cela l’intriguait tant.
‘‘ Tu me laisserais faire partie de l’équipe si je te le révélais ?’’, répondit astucieusement Vanasse.
« Si jamais il me répond que c’est son intuition je lui aurai offert une complicité pour rien. », réfléchit Mark.
L’américain n’hésita pas longtemps : il résista à la curiosité en se disant qu’il finirait bien par savoir.
Le bel anglais se retourna vers la porte quand il entendit la poignée tournée. Il s’assit sur une chaise et croisa ses mains ensemble. Quelqu’un allait entrer et le téléphone se mit à sonner aussi. Tandis que Mark-Antony répondait au téléphone, Vanasse fixa la porte qui s’ouvrit avec Camille de l’autre côté. Il lâcha la poignée et sourit largement à ses deux aînés. Il tira un tiroir du bureau de l’ange aux cheveux noirs et empoigna quelques friandises cachée.
‘‘ La prochaine fois tu les mettras sous clef Van.’’, lui indiqua le Français.
Son sourire s’élargit avant de disparaître pour laisser place à la parole.
‘‘ Alors qu’est-ce qu’elle te voulait Yasmine?’’, questionna t-il.
Camille ne voulait pas de détail, ni même avoir la réponse à sa question : il voulait voir la réaction du premier protégé de Mark. Comment Vanasse le prendrait-il ?
‘‘ Ça fait bien deux ans qu’elle n’est pas venue hein?’’, ajouta t-il tout en observant le visage de Vanasse à la recherche d’un quelconque indice de sentiment.
Une minute à peine eu le temps de défiler avant que Vanasse n’écarquille ses yeux sous le coup de l’effroi et qu’il ne se retourne pour lui-même voir la réaction de Mark.
‘‘ Tu ne me l’avais pas demandé Vanasse!’’, se justifia le mentor en réponse au regard outré de son ami.
Camille percevait très bien la tempête qui se dissimulait dans la pièce. Elle approchait, prête à éclater et composé de nuages particulièrement chargés.
‘‘ Et tu m’en veux encore ?’’, siffla Vanasse entre ses dents, complètement anéanti. ‘‘Tu le savais que cette chienne était revenue!’’, s’indigna l’ange.
- ‘‘ Ne parle pas de Yasmine comme ça!’’,l’intervint Mark.
Camille appréciait la scène. Son cerveau bouillait de possibilités concernant ses plans futurs. Rien ne lui indiquait plus qu’en ce moment comment agir avec les deux hommes. Vanasse était sensible et raffinée alors que Mark était sportif et très en proie à la colère. Le jeune adulte entrevoyait alors la réalité pendant que les deux autres se querellaient. Vanasse et Yasmine n’avaient jamais étés de mèche comme l’avait plaidé Vanasse pendant deux ans.
‘‘ C’est une traînée Mark! J’en dirai ce que j’en sais!’’, répliqua Vanasse avec haine.
- ‘‘ Elle n’était pas comme ça! Tu ne l’as pas connu!!’’, s’enragea son mentor.
- ‘‘C’était une garce Mark ! Ne la fréquente pas!!’’, lui interdit l’anglais.
- ‘‘ Ce n’est pas toi qui m’empêcherai de fréquenter qui je veux!
- N’importe qui, mais pas ELLE’’, cria Vanasse.
- ‘‘VANASSE ADAMS!, l’interrompit Mark, Ne t’en prends pas à elle!!
- Qu’est-ce que tu lui trouvais nom de Dieu!?’’
Vanasse respirait fortement en regardant intensément son compagnon. Ses yeux laissaient Mark de marbre, le refroidissant.
‘‘ Tu es parfaitement insensible Vanasse. Tu n’es qu’un ange. Un ange sans sentiment et sans merci? Moi je l’aimais et je ne te laisserai pas la traité de pute une fois de plus.’’
Camille, toujours présent, releva la réplique et éleva un sourcil. Mark-Antony était un imbécile.
‘‘ Vanasse éprouve des sentiments, pour ça ne t’en fais pas.’’, finit par dire Camille qui s’intégra à la dispute.
Sur le coup, la tension augmenta jusqu’à faire sursauter les anges qui n’avaient pas pris conscience que Camille écoutait la conversation. L’ange de 19 ans chercha un instant d’où venait la voix à l’accent prononcé et fixa ensuite Camille sans bouger. Une peur irréelle glaça Camille jusque dans chacune de ses orteilles. Il éprouvait cela pour la première fois. C’était là le pouvoir du jeune anglais.
‘‘Que viens-tu de dire Camille ?’’, demanda Vanasse d’une voix étranglée.
Camille sourit malgré tout. Il jeta un regard en biais à Mark qui l’observait tout aussi intensément. L’ange de 26 ans était curieux. Camille ne doutait pas qu’il s’attendait à apprendre l’identité de la mystérieuse femme dans le coeur de son protégé, mais le jeune adulte de 18 ans ne lui donnerait pas ce plaisir.
‘‘ Je viens de dire que tu ressentais les sentiments. . . La haine autant que l’amour.’’, répéta t-il.
Mark se calmait lentement, Camille pouvait le sentir. Son regard posé prouvait que sa fureur se dissipait peu à peu.
‘‘Tu as pourtant bien vu que Vanasse détestait Yasmine, pas besoin de lui en vouloir davantage. Je paris qu’il ne s’est jamais intéressé à elle.’’
Vanasse resta étonné d’entendre enfin quelqu’un affirmer qu’il n’avait aucun rapport avec l’ex de Mark. Soulagé de ne plus avoir ce fardeau sur ses épaules, Vanasse ne délaissait plus Camille de ses prunelles. Comment savait-il ? Que savait-il ?
Miguël serra la main de Randy. La journée s’était écoulée et la semaine avait passé vite. Le jeune garçon espérait le revoir bientôt et salua sa tante d’une étreinte. Kady et Dean proposèrent à Martine de rester prendre un café, mais elle déclina en indiquant qu’elle avait un rendez-vous par la suite. Remerciant aimablement Kady et Dean, elle sortit suivit de Randy qui referma la porte derrière lui. Miguël se retrouvait à nouveau seul avec ses parents adoptifs. Il se demanda s’il devait leur en parler, mais rien ne lui prouvait que les adultes lui feraient confiance par la suite. Fatigué, il alla s’asseoir sur le divan et ouvrit la télévision pour écouter une émission. La jeune femme s’assit auprès de lui et ne dit rien. Seul Dean monta.
‘‘ Tu n’as pas descendu Hanks depuis tout à l’heure ?’’, demanda simplement Kady d’une voix douce.
Miguël tourna la tête vers elle et fronça les sourcils.
‘‘ Il est pas en bas ?’’
D’un bond, l’adolescent se redressa et monta les escaliers en vitesse. Sa chambre était vide, la porte était grande ouverte et les fenêtres étaient closes. Aucun signe de l’oiseau. Miguël s’immobilisa en entendant cogner à la porte. Dean semblait dans la salle de bain. Le garçon cru distinguer dans le silence quelque battements d’ailes. Il décida d’aller vérifier si Hanks n’était pas dans la chambre de ses parents et y entra tout doucement. Timide et discret, Miguël s’aventura dans la chambre et vit une silhouette tenant le faucon. La vitesse de ses battements de coeur accéléra. Il se hâta de presser l’interrupteur afin d’y voir plus clair.
Comme tant de fois auparavant, il n’y avait personne. Était-il devenu fou ?
« Qu’est-ce qui m’arrive ?’’, se questionna Miguël.
Il avait le souvenir d’une forme humanoïde possédant des cheveux longs jusqu’aux clavicules, un visage à la forme triangulaire sans oublier qu’elle était vêtu étrangement. Ses battements de coeur décélérèrent. Il avait vaguement sentit les battements dans sa tête, comme quand il s’approchait de qui que ce soit. Hanks aussi avait disparu.
« C’est comme si quelqu’un s’acharne à me faire du mal. . . »
L’hypothèse était probable, mais non vérifiable.
Miguël leva les mains à la hauteur de sa tête et les installa posément sur son crâne en fermant les yeux face à une douleur aigu. Il se retourna pour repartir et fut aussitôt face à une créature dont il n’aurait jamais imaginé l’existence. Une apparence semi humanoïde l’aidait à se tenir debout, mais sinon, rien de plus humain. Peut-être la parole. Sa tête noire semblait couverte de goudron et ses yeux tout aussi noirs ne le laissait présager rien de bon. Aucune oreille à la tête, mais les orifices étaient libres.Ses longs doigts qui finissaient en griffes – voir lames- longues et affilées effrayèrent immédiatement Miguël.
Dans un moment comme celui-là, la première réaction fut de se demander si c’était bien réel.
Miguël resta stupéfait devant l’étrange créature quelques secondes à peine, mais elles apparurent à son cerveau comme s’il s’était écoulé une dizaine de minute. Il chercha Kady et Dean en bas des marches, mais ne vit personne. Il était paniqué seul face à cette chose. Il se retourna et entra dans la chambre de ses parents adoptifs sans un regard pour le monstre derrière lui. Il referma la porte et souffla un instant. La voix de Kady lui apprit qu’elle n’était pas si loin finalement. Elle allait monter et son cri indiqua que son regard n’avait pu manquer cette chose effroyable dont le coeur battait d’un cri aigu. Le pauvre adolescent ne savait que faire et décida d’aller voir comment se portait sa mère adoptive. Il ouvrit la porte d’un élan et aperçut l’immonde créature qui l’attendait.
‘‘ Referme la porte Miguël! Referme-la!!’’, cria Kady, apeurée.
Dean se trouvait juste derrière elle et il la retenait. Ses bras musclés serraient les hanches de sa conjointe alors qu’il ressentait lui-même énormément de peur vis-à-vis ce petit garçon qu’il connaissait depuis si peu de temps. Rien de semblable n’avait jamais été dénoncé dans les rues tranquilles de la ville au-paravant.
Miguël sentit un deuxième battement. Celui-ci était stable, calme. Pourtant, il était loin de ses parents, trop pour ressentir leur coeur. Il sursauta quand une main se posa sur son épaule.
‘‘ Referme la porte Miguël.’’, lui ordonna d’une voix douce et froide l’étranger.
Il s’agissait là du jeune homme qu’il avait croisé un peu plus tôt. Ses mêmes yeux gris cendrés le fixaient sans attachement. Ses mèches de cheveux noires cachaient une partie du visage de cet inconnu. Miguël l’écouta et referma la porte.
‘‘ Mais Kady !?’’, demanda Miguël avec une voix pleine de sentiments.
- Ça ne les attaquera pas.
- Et c’est quoi ça d’abord!?
La curiosité du jeune garçon ne paraissait posséder aucune limite. Vanasse soupira subtilement à travers son châle et dévia son regard. Les choses étaient un petit peu trop compliquées.
‘‘ Tu ressens sa haine pas vrai ?’’
La question étonna le petit qui n’avait rien ressentit de tel. Devant cette négation flagrente, Vanasse prit une respiration plus longue et le fixa.
‘‘ Les explications viendront plus tard. Écarte-toi.’’
Effectivement, Miguël se tenait devant la porte depuis le début de sa conversation avec l’Ange. Il fit comme on le lui avait demandé et observa la réaction de Vanasse. Celui-ci ouvrit posément la porte sans éprouver aucune crainte et il avança vers l’ennemi. Ses pas ne montraient aucune hésitation. Ses yeux se concentraient sur sa cible sans osciller. Le jeune homme dénoua son foulard et la laissa pendre, lousse, devant son cou. Le bas de son visage ne pouvait être vu ni par le couple en bas des marches ni par Miguël qui se tenait derrière lui. Vanasse ne cessait de marcher et il prononçait des incantations qui parvenaient en chuchotements aux oreilles humaines des trois témoins. Le monstre n’avait d’autre choix que de reculer devant la présence menaçante de l’Ange. La créature belliqueuse s’arrêta devant la porte de la chambre du garçon et il devint, grâce aux incantations puissantes, un tas informe de quelque chose qui ressemblait à du goudron noir. Vanasse posa son pied dessus et l’écrasa misérablement. La bouillie fondit comme un vampire devant l’eau bénite et disparut.
Pendant ce temps, Kady et Dean avaient rejoint le pauvre Miguël qui n’avait lâché Vanasse et cette chose des yeux. Il était pétrifié par la peur. Le battement n’avait pas complètement disparu lui, seulement un faible cri qui s’éteint d’un seul coup.
‘‘ Il est parti. . .’’, souffla faiblement le jeune garçon qui n’arrivait pas à y croire.
Vanasse attacha son châle, puis se retourna sans répliquer. Il savait que son apparition les avait tous choqués, tout autant que celle du monstre.
‘‘ Vous, qui êtes-vous ?!’’, questionna la jeune mère.
L’ange les observa sans répondre. Doucement, comme s’il craignait qu’une bombe n’explose au moindre geste brusque, il se pencha. Il déposa par la suite une petite carte blanche avant de quitter la demeure par la porte d’entrée. Kady et Dean le laissèrent partir sans trop bouger, incertains de la décision à prendre. Cet événement avait quelque peu dérangé leur vie.
‘‘ Tu vas bien Mik!?’’
C’était la voix de sa mère, inquiète.
‘‘ Moi oui et vous?? ’’
Kady ferma les yeux en souhaitant qu’une telle chose n’arrive plus jamais et elle serra les deux hommes de sa vie dans ses bras.
‘‘Ça va.’’, répondit finalement Dean en regardant sa femme.
Miguël s’éloigna de l’étreinte maternelle de la jeune femme et alla chercher le petit bout de papier qui traînait sur le sol. Ses yeux lirent alors une série de chiffre. N’y comprenant rien, il retourna la carte pour voir s’il n’y avait rien d’écrit de l’autre côté du carton blanc.
‘‘Qu’est-ce qui est marqué ?’’, l’interrogea curieusement Dean.
Miguël le leur rapporta et ils trouvèrent tous aussi curieux qu’un jeune homme laissent seulement une carte presque vierge.
‘‘ Je crois que maintenant si je vous en parle, vous me croirez.’’, commença Miguël.
Il devait leur expliquer ce qui se passait pour qu’ils l’aident et égallement pour ne pas mettre leur vie en danger non plus.
‘‘ En quittant ma maison, j’ai trouvé une lettre. Je l’ai lue et ai souhaité devenir un ange. Ensuite, j’ai rencontré Dean qui m’a aimablement conduit à l’hôpital et je me suis retrouvé ici. Depuis, il y a plein de choses étranges qui arrivent! Je vois souvent des plumes blanches tomber du ciel...
- Nous en avons vu quelques unes aussi. Nous croyions qu’elles venaient du plumage d’Hanks.’’
Miguël haussa les épaules. Il n’en savait rien.
‘‘ La vérité c’est que je ne sais pas ce qui se passe. Après ça, il y a eu ces rêves que j’ai fait et qui me faisaient mal au dos. Chaque fois que j’y rêve, je me réveille avec les omoplates qui brûlent.
- Tu aurais dû nous en parler Miguël!’’
L’air de reproche de Kady lui montrait qu’il avait eu tord de garder ce secret pour lui.
‘‘ Montre-nous ton dos mon grand.’’
Miguël enleva son chandail, mais il n’y avait rien dans son dos, aucune marque.
‘‘ J’ai vérifié et il n’y avait rien, est-ce qu’il y a quelque chose ?’’
Kady avoua que non.
‘‘ Et puis j’ai sentit qu’on me fixait. Quelqu’un me suivait peu importe où j’allais à l’aide des fenêtres. C’est quand elle s’est ouverte que j’ai eu peur et il y a eu ce. . .ce truc. . .j’ignore ce que c’était, mais j’ai eu tellement peur !’’
Il ne laissa pas le temps aux adultes de s’exprimer qu’il continua, se rappelant d’autre chose.
‘‘ Et puis. . .Il y a ce. . .Quand Randy est arrivé. À un moment de la journée j’ai cru tomber. . .et je me suis réveillé après. . .mais c’est très flou.’’
Et c’était assez loin de la vérité, mais à vrai dire c’était de tout dont il se souvenait.
‘‘ Et quand je suis tombé inconscient, j’ai vu des gens. Un espèce de rassemblement de quelques personnes et je n’arrivais pas à voir leurs visage. Ils m’ont dit que j’avais été choisi pour être un ange. . .et mon coeur s’est mis à me faire tellement mal !’’
Kady était presque horrifié de tout entendre. Loin d’en être enchantée, elle avait tant de crainte pour son jeune qu’elle sentit des larmes monter à ses yeux.
‘‘ Ne nous cache plus jamais ce genre de chose Miguël !! Seigneur Dieu !’’, elle l’entoura de ses bras.
Dean resta perplexe un bon moment.
‘‘ J’avais peur que vous me retourniez dans la rue.’’, avoua timidement Miguël.
Dean lui sourit avec gentillesse et le fixa comme son propre fils.
‘‘ Et tu étais vraiment sortie en croyant que c’était Hanks qui. . . ?
- Non. Quand je suis sorti dehors, un garçon m’attendait et il m’a tendu la main. On s’est téléporté ! Ça n’a pas de sens, mais c’est vraiment ce qui est arrivé ! J’ai atteri dans un bureau et il m’a expliqué qu’on allait devenir partenaire et il m’a effrayé, j’étais stressé et je suis parti en courant. Je suis donc sorti par la première porte que j’ai vu et j’ai fini dans les dédales de la ville. En route j’ai vu une dame pleurer sur le bord de la route et je lui ai parlé pour savoir ce qui n’allait pas et elle s’est fait tiré ! Tiré vous entendez !?’’
Ses souvenirs lui revenaient en mémoire et il se mordit la lèvre inférieure, avant de se mettre à ronger ses ongles.
‘‘ J’étais devant elle et je me suis tassé. À cet instant une balle est arrivé dans sa tête ! Je me suis enfuis à toute vitesse ! Du plus vite que je le pouvais ! Il me suivait cet homme, je l’aurais juré, mais je l’ai perdu de vue.
-Heureusement.
- Et en route, j’ai rencontré le garçon qui m’a sauvé la vie. Je ne connais pas son nom, mais. . .’’
Il mit la main dans ses poches et en sortit un bout de papier presque identique au premier.
‘‘ Il m’avait donné ça.’’
Kady et Dean se regardèrent, ne sachant que faire. Ils croyaient le jeune garçon, surtout après ce qui venait de se produire, mais. . .L’idée que tout ceci ne faisait que commencer leurs faisait peur. C’est dans ces pensées qu’on cogna à la porte. Miguël regarda ses parents adoptifs. Il sentait leurs coeurs battre autant que le sien.
‘‘ Et j’entends les coeurs battre quand je suis proche des gens. C’est comme un martèlement dans ma tête.’’
Il se sentait déjà mal à l’aise de leur avoir menti, il ne tenait pas à leur cacher des choses.
‘‘ Est-ce qu’on ouvre ?’’, demanda finalement Kady.
Kama