Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Fantasy » Princesse Voes font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Mydaya
Fiction Rated: K - French - Romance/Adventure - Reviews: 9 - Published: 05-01-04 - Updated: 09-30-05 - Complete - id:1596842

Chapitre Huit

Fuite


Deux semaines plus tard, tout le royaume était en liesse. En amazone sur son cheval, Jyec se demandait vraiment pourquoi elle avait finalement accepté de venir.

Habillée d’une riche robe rouge et or, elle en avait étonné plus d’un. Elle s’était faite deux tresses, mais avait préféré ne pas porter de bijoux, pour minimiser les chances de la reconnaître.

A l’entrée, elle sortit son invitation et fut vaguement annoncée. Elle parla avec quelques personnes, se faisant passer pour une noble installée près de là où habitait Losses. La cérémonie se déroula avec joie et chacun put parler avec les « heureux » mariés quand il le désirait.

Jyec allait partit lorsqu’une main se posa sur son bras. Elle se retourna et se retrouva face à une princesse aux cheveux roux.

— Bonjour, commença poliment Jyec. Je ne crois pas avoir parlé avec vous auparavant. Pourriez-vous me rappeler votre nom, je vous prie ?

— Voyons, Jyec, s’amusa l’autre. Vous ne me reconnaissez vraiment pas ? Nomay...

— Nomay, répéta-t-elle, incrédule. Mais comment... ? Mais pourquoi... ? J’avoue que je suis assez surprise ! Je ne m’y attendais pas... Pourrais-je avoir les dessous de cette étrange affaire ?

— Mais bien sûr. Après que vous soyez repartis avec votre ami, je suis allée dans mon pays, celui du Mage Noir. En fait, il avait fait un coup d’état et avait voulu tuer la Princesse en même temps que ses parents. Mais elle a juste perdu la mémoire et s’est retrouvée dans un autre endroit.

— Vous êtes la Princesse Asphyo, celle du Pays du Sud !

— Oui, cette perle m’avait protégée de son sort et m’a aidé à détrôner avec quelques amis de ma ville. D’ailleurs, je compte me marier avec un pays voisin car je suis vite devenue amie avec le Prince.

— Félicitations !

— Et je veux vous inviter à mon mariage car c’est un peu grâce à vous...

Elles parlèrent quelques temps de tout et de rien.

Puis le nouveau couple les remarqua. Jyec et le Prince Lience firent comme s’il ne s’était rien passé. Le marié s’étonna également devant l’histoire de Nomay.

— Jyec, fit Losses. Cela vous change vraiment, cette robe ! Elle donne l’impression qu’elle a été faite pour vous. Où avez-vous déniché cette merveille ?

— Avec l’argent que je me suis fait, je l’ai achetée, mais je dois bien avouer que je ne me souviens plus du tout où je l’avais trouvée. Je suis vraiment désolée !

— Je pense qu’elle vous irait d’autant plus si vous quittiez cet affreux maquillage que vous vous obstinez à garder, s’immisça le Prince avec un sourire amusé.

— Oh oui, acquiescèrent en même temps Losses et Nomay. Venez, nous allons tout arranger !

Elles la prirent chacun par un bras et la traînèrent près d’un coin d’eau, alors que Jyec essayait tant bien que mal à se dégager. Elle jeta un regard noir au Prince qui affichait un sourire triomphant. Losses lui lava la figure tandis que Noamy la maintenait solidement. A la fin, sa coiffure n’était plus et son maquillage avait disparut. L’assistance al plus proche arrêta de parler soudainement. Petit à petit, tous avaient le regard fixé sur Jyec. Celle-ci se cacha le visage et partit en courant. Losses se tourna vers son mari. Celui-ci restait de marbre. Elle s’avança doucement de lui et le regarda dans les yeux :

— C’était Jyec ?

— Oui.

— Mais elle ressemblait à la fois à quelqu’un d’autre. Ce visage, ces cheveux... j’ai l’impression de la connaître. Savez-vous qui est-ce ?

— ... oui.

— C’était la véritable Princesse Voes, lança Nomay.

— La « véritable », releva Losses.

— Vous n’avez jamais été celle qui j’avais connue, rajouta le Prince Lience. Vous n’êtes qu’une parvenue installée sur le trône précipitamment par une gouvernant qui n’a jamais su regarder au-delà des apparences car Voes n’a jamais été aussi joyeuse.

— Mais que va-t-on faire, demanda-t-elle au bord de la crise de larmes.

— Comment ça « on » ? Vous allez gentiment retourner dans votre minable village et essayer de vous faire oublier. Vous ne savez rien faire. Notre mariage servait principalement à combiner les pouvoirs de nos deux familles royales, mais je crains qu’avec cette révélation, notre mariage va être annulé.

La gifle partit toute seule. Nomay se positionna devant Losses et défia le Prince du regard :

— Ne vous en prenez pas à elle, Prince Lience ! Occupez-vous de rattraper la Princesse Voes. Je me charge d’elle.

— Non, je n’irais pas la chercher, puisqu’elle ne veut pas revenir. Si elle s’est cachée, c’est pour une bonne raison, et je ne veux pas détruire ses rêves.

— N’avez-vous pas compris que ses rêves vous incluaient ? Le pouvoir de ma famille est de lire les pensées des autres lorsque je le désire. Je connais la vérité. Inconsciemment, elle était revenue ici pour vous voir. Allez au moins lui parler.

Le Prince se mordit la langue puis sortit du château en courant. Galopant à bride abattue, il fouilla tous les environs, en commençant par son auberge. Il la retrouva au bout d’une heure de recherches intensives. Elle marchait d’un pas vif et avait remis une tenue plus adaptée pour voyager. Elle ignora le Prince lorsqu’il fit avancer sa monture au pas, à ses côtés.

— Où vas-tu comme ça, interrogea-t-il.

— Loin d’ici.

— Tu m’abandonnerais avec cette femme qui n’est pas toi ?

— Je ne suis plus faite pour une vie royale. J’aime trop la liberté à présent. Je porte ce que je veux, je dis ce que je veux, je vais où je veux, j’aime qui je veux ; il n’y a presque aucune contrainte. Je n’arrive plus... à vivre parmi... eux...

— Ne veux-tu pas réessayer ?

— Non, j’aime ma condition de mercenaire. Et puis... pourquoi ce serait à moi de changer pour te rejoindre et pour qu’on soit ensemble ? Pourquoi ne serait-ce pas toi qui t’enfuirais de ton royaume ? Dans une relation, li faut savoir faire aussi des concessions !

— Ce serait de la lâcheté, se récria-t-il. Je reste car notre pays a besoin de moi... et de toi également ! Enfin non, il a plutôt besoin de notre enfant...

— Tu penses comme un noble. Je ne suis plus ainsi. La descendance, je m'en fiche, je veux être avec des personnes que j'aime. Je suis encore jeune, je trouverais un jour ou l'autre mon âme sœur. Pardon, Lience, je ne suis plus faite pour toi. Cette nouvelle Voes te convient mieux. Apprends à la connaître un peu et tu l'aimeras. Et puis, elle pourra de te faire un enfant...

— Mais elle n'a pas ton pouvoir. Notre enfant n'héritera que de mes pouvoirs et les tiens se perdront à jamais si tu continues à n'en faire qu'à ta tête. Tu préfères les femmes, d'accord, je n'y peux rien et c'est en partie de ma faute, mais ne condamne pas tout le pays avec tes caprices !

— ...

— Voes !

— Si jamais... si jamais Losses est au courant et l'approuve, je pourrais éventuellement porter notre enfant une fois. Mais il n'y aura rien d'autre, Lience, pardon.

— Alors... c'est vraiment fini... entre nous ?

— Oui. Ne m'en veut pas autant, Lience. Je t'ai aimée... Mais comme je te l'ai déjà dit, la Princesse Voes est morte depuis longtemps. Losses fera une magnifique reine, alors rends-la heureuse comme tu me rendais heureuse lorsque nous étions enfants.

— ...

Le Prince descendit de sa monture et alla l'enlacer. Jyec lui rendit son étreinte et ils restèrent ainsi un long moment. Ce fut leurs adieux. Le Prince Lience l'embrassa une dernière fois, puis s'en alla sur sa monture, le moral à zéro. La jeune femme le regarda disparaître avec tristesse et soupira, avant de continuer sa route, plus tranquillement. En fait, après plusieurs pas, elle retourna sur son chemin et alla à son auberge où le patron l'accueillit avec un grand sourire. Elle écouta d'une oreille distraite les cloches de l'église sonner.


— Jyec !

La jeune femme se retourna et son sourire s’agrandit à la vue de la Princesse Voes et du Prince Lience. Jyec s’habillait toujours effrontément, mais ne mettait plus une tonne de maquillage, puisque ça ne servait à rien de se cacher. Elle s’inclina respectueusement devant les dirigeants, mais trois petites bouilles se jetèrent sur ses jambes et la déséquilibrèrent. Leur mère les gronda, tandis que le Prince riait de bon cœur. Jyec, après avoir échappé aux trois enfants royaux, sourit à nouveau au couple. Elle avait été engagée il y a peu comme militaire par le Prince Lience et elle s’occupait entièrement des entraînements. Dans la cour du château, les nobles et autres ne suivaient pas le couple royal partout, et ce dernier avait profité d’une accalmie pour rendre visite à leur vieille amie.

Celle-ci était en compagnie d’une servante rouge comme une tomate qui s’inclina gauchement. Jyec lui murmura quelque chose à l’oreille et sa compagne s’en alla avec un petit sourire, puis elle se tourna vers les deux autres :

— Comment allez-vous ? demanda-t-elle toujours avec moquerie, oubliant momentanément les titres pompeux.

— Bien, bien, merci, sourit Losses. Qui était-ce ? Une nouvelle petite amie ?

— Hum hum..., acquiesça la brune. Bon alors comment se portent mes bambins préférés ?

— Les deux vrais enfants royaux, Alia, l’aînée, et Phyro, le plus jeune des trois, ne présentent qu’un seul pouvoir, expliqua le Prince Lience. Merci, encore une fois, d’avoir accepté le petit compromis. Ton enfant, Jyec, est ton portrait craché : insupportable. Meas est rusé et entraîne généralement son petit frère pour de folles aventures impossibles !

— Je me sens coupable, rigola la jeune femme. Au moins, il présente nos deux pouvoirs et pourra perdurer nos traditions et notre pays. Mais ce n’est pas spécialement moi qu’il faut remercier. Princesse Voes, vous avez du faire beaucoup de sacrifices pour me laisser faire un enfant à votre mari.

— C’était pour le bien du pays, sourit-elle tristement. Et puis, je sais bien que vous ne me le piqueriez pas ! Meas est un enfant magnifique ; je ne vois pas pourquoi je ne l’accepterais pas ! Et puis... nous nous sommes réconciliés avec le Prince et nous pouvons dire que nous sommes au stade de l’amour, certainement.

— J’en suis heureuse pour vous.

Meas tendit les bras vers Jyec qui le souleva et l’installa contre son buste. L’enfant rigola, ravi. Mais alors son demi-frère et sa demi-sœur demandèrent le même traitement et bientôt Jyec se vit affublée de trois gosses, un sur ses épaules et deux dans ses bras. Le couple royal regarda le tableau avec un sourire amusé, voyant leur amie peiner.

Une femme accourut à l’autre bout de la cour et se précipita pour dégager Jyec de ces demi-portions. La nouvelle venue regarda la mercenaire, non pas avec mépris, mais comme une pestiférée. Elle murmura aux enfants :

— Ne dérangez pas vos parents ! Et puis ne vous approchez pas de cette dame, elle pourrait vous apprendre des choses qui ne sont pas dans les bonnes mœurs !

— Dixane aime bien s’occuper d’eux, fit le Prince en regardant la nourrice un peu vieille disparaître derrière une porte.

— Les enfants sont-ils au courant de toute l’histoire ? interrogea Jyec.

— Non. Nous pensons vivre dans ce mensonge car nous ne savons pas comment les nobles réagiraient. Durant le mariage, peu de gens ont vraiment découvert la réalité. Dixane est bien entendu au courant, puisque c’est elle qui a fait en sorte qu’on croit que Meas et Phyro soient nés en même temps. D’ailleurs, nous pensons marier Meas avec la fille du pays voisin, le Pays du Sud.

— N’est-ce pas celui où Nomay est devenue Princesse ?

— Si, acquiesça Losses. Ils n’ont qu’un enfant pour le moment, et leur fille et notre fils semblent bien proches... Nous comptions les fiancer, ainsi leur descendance aura trois pouvoirs !

— Tout ceci n’est que manipulation de nobles, soupira Jyec. Je ne veux plus en entendre parler.

Ils allèrent entamer un nouveau sujet, mais un soldat appela Jyec qui dut quitter le Prince Lience et la Princesse Voes. Ceux-ci sourirent en la voyant passer d’abord dans le quartier des servantes avant de courir pour ne pas être en retard au quartier des officiers. Le Prince offrit son bras à sa femme et ils se baladèrent, heureux d’avoir pu revoir la véritable Princesse Voes libre et pleine de vie.

FIN


Mydaya : Chapitre plus long que précédemment (et encore je voulais mettre cette dernière partie en épilogue v.v) mais ça marque la fin de cette petite histoire. J’espère que ces petites aventures vous ont plu dans tout ça ! Je voudrais d’ailleurs remercier Nelja pour ses reviews constructives (Je te hais ! J’ai du revoir pas mal de trucs dans mon scénario !! Grrr ! lool ! Si ça m’a beaucoup aider ;p)



© Copyright 2004 Mydaya (FictionPress ID:408263).


Return to Top