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Author: Mydaya
Fiction Rated: K+ - French - Romance - Reviews: 3 - Published: 05-02-04 - Updated: 05-02-04 - id:1598039
Dimanche 2 Mai - Cher journal... Est-ce ainsi qu'il faut commencer son premier journal intime de toute sa vie ? J'aurais trouvé ça ridicule il y a une semaine, mais plus maintenant. Bon je suppose qu'un journal intime sert à parler à un ami imaginaire car on a besoin de s'exprimer.

Bref, je m'appelle donc Vincent Haper et j'ai 22 ans. Je travaille comme serveur dans un bar à Paris. Par contre, je n'habite pas dans la capitale, mais dans une des banlieues. J'aime peindre, me balader, écouter de musique. Je pense que ce n'est pas très banal. Seulement, je suis un peu un solitaire.

Mes parents sont divorcés. J'ai vécu seul avec mon père, ne se souvenant même plus de ma propre mère. Je crois même qu'elle a changé de nom tellement elle voulait partir. Mais je n'ai pas commencé ce journal pour s'apitoyer sur mon sort, mais plutôt me réjouir !

Aujourd'hui, après mon travail, je me suis baladé et je suis entré dans une nouvelle boutique. Il n'y avait pas beaucoup de monde, mais c'était assez serré entre les rayons d'affaires diverses. Et c'est alors que je l'ai vu, ce journal. En fait je ne comptais pas écrire dedans, mais plutôt dessiner. Car, vois-tu, cher journal, ta couverture était une superbe peinture et il y avait à quelques endroits des reconstitutions de tableau.

Je me suis approché et sans faire exprès, j'ai bousculé une stagiaire. Elle a fait tomber tous ses livres ! Je me suis bien sûr excusé et je l'ai aidé à ramasser. Seulement, alors que je la regardais, quelque chose m'a frappé. D'ailleurs à elle aussi.

Nous nous ressemblions. Elle avait les mêmes cheveux blonds. Ses lunettes déformaient la forme de ses yeux verts, mais j'ai tout de suite deviné qu'ils étaient petits, comme les miens. La forme du visage ressemblait également. Alors que j'étais habillé de noir, elle s'était vêtue d'une robe blanche.

- On se connaît, m'a-t-elle demandé timidement. Faites-vous partis de la famille Deisma ?

- Euh... non, ai-je répondu un peu bêtement. Je m'appelle Vincent Haper. C'est étrange comme nous nous ressemblons... physiquement je veux dire.

- Oui, c'est sûr. Je m'appelle Valérie Deisma

Quel nom adorable ! Nous avons parlé pendant des heures. Je ne me souviens même plus de quoi ! Finalement, je ne sais plus comment c'est venu sur le tapis, mais je l'ai invitée demain à midi, puisque je ne travaille pas.

J'ai hâte d'être à demain !

Lundi 3 Mai - C'est le grand jour ! Je suis un peu stressé, je n'ai jamais eut vraiment de petites amies, étant trop timide. Mais avec Valérie, je ne sais pas comment l'expliquer... je me sens assez à l'aise. C'et plutôt étrange de ma part de dire ça, n'est-ce pas, cher journal ?

J'ai décidé de m'habiller un peu plus clair, elle a l'air d'aimer les couleurs claires. Moi non. Mais j'ai envie de lui faire plaisir. Je sens encore son sourire quand je l'ai fait rire.

Bon ça va bientôt être l'heure... Ça fait la énième fois que je vérifie tout : habits, montre, parfum, chewing-gum, déodorant... Bon j'y vais.

Aaah, c'était déprimant. Elle était à l'heure. D'ailleurs, ça avait l'air de l'amuser que je me sois habillé en clair. Elle m'en a fait la remarque et je n'ai pas trop apprécié :

- C'est bizarre comment tu t'habilles. Ça ne te va pas du tout, on a l'impression que ce n'est pas toi. Le noir, ça te va mieux.

- Je m'habille comme je veux, ai-je répliqué.

Non mais c'est vrai. Ce n'est pas mon père quand même ! Ça aurait pu passer mais elle n'a pas arrêté d'avoir ce petit sourire pendant tout le reste du repas. Au début je m'en fichais, mais plus après.

Puis à un moment de la conversation elle a glissé en passant qu'elle avait un petit ami. Ça m'a fait comme un coup en plein c?ur, un serrement comme si l'oxygène me manquait. C'était étrange... je n'avais jamais ressenti ça auparavant.

Samedi 8 Mai - Je n'ai vraiment pas eut l'occasion de te continuer pendant la semaine. Pourquoi ? Parce que je t'avais jeté à la poubelle.

Mais là j'ai vraiment un problème : Valérie m'a appelé (déjà comment a-t- elle eut mon numéro ?) pour m'inviter le soir avec ma petite amie. Tu me diras que je n'ai pas de petite amie, mais l'autre jour, je crois que je lui ai sorti que j'en avais une pour ne pas être en reste.

Maintenant j'ai envie de me taper la tête contre le mur. Je ne savais pas quoi répondre alors j'ai accepté. Mais bon je vais devoir l'appeler pour lui dire quelque chose. que ce n'est pas possible, qu'il y a un problème...

Aaah je ne suis pas doué en mensonge et avec ma timidité, ça ne va pas s'arranger. Bon ce n'est pas grave, je me lance !

Je lui ai dit... Je suis soulagé et un peu triste de lui avoir menti mais bon.

- J'ai rompu avec ma copine... donc elle ne viendra pas. Je ne pense pas que je viendrais aussi.

- Oh comme c'est dommage, m'a-t-elle répondu au téléphone. Mais viens quand même : avec Mike et moi, je t'assure que tu ne vas pas t'ennuyer ! Cela te remontera le moral, tu verras. Ce n'est pas bon de rester seul après une déprime de ce genre.

- Je ne me sens pas..., ai-je tenté de dire.

- Donc c'est d'accord pour 19h ? Alors à ce soir !

- ... à ce soir.

Je n'aurais peut-être pas dû. Mais elle avait raison, les couleurs claires ne m'allaient pas. Je n'aimais pas être remarqué, c'est pour ça que je m'habillais en noir. Je me sens bien dans ces habits, ils me réconfortent.

Si je lève la tête de toi, mon cher journal, je peux m'apercevoir dans un miroir. J'irais ce soir mais comme je suis habituellement.

Dimanche 9 Mai - Hier soir c'était génial ! J'ai résolu l'énigme du téléphone ! Elle avait simplement regardé dans le bottin. Bon j'admets que je n'y avais pas pensé, mais bon.

Donc hier, j'ai fait la connaissance de Mike. Il est pas mal, c'est vrai. Et lui, il s'habille normalement : jeans et pull. Moi j'avais opté pour un jeans noir et une chemise noire. J'avais l'impression de faire coincé par rapport à lui.

Mais malgré ça je me suis bien amusé. Ils m'ont tous deux réconforté pour ma rupture imaginaire, c'était agréable de sentir leur regard chaleureux. Moi qui suis d'habitude renfermé. C'est peut-être l'effet de l'avoir vue encore une fois... Je ne sais pas.

Nous sommes allés au ciné, puis nous avons mangé à côté de la Seine. Les lumières de la nuit étaient magnifiques ! Puis nous sommes sortis en boîte. C'était génial, mais j'avais toujours cette impression de décaler. Valérie devait avoir trois ans de moins que moi et Mike était un peu plus jeune qu'elle.

Samedi 22 Mai - Tiens je t'avais presque oublié, cher journal ! Vois-tu, après la sortie d'il y a deux semaines, j'ai eut une idée de peinture. Mon inspiration : les lumières sur la Seine que j'avais pu admirer !

Alors pendant tout ce temps j'ai peint. Je n'ai pas fini, mais là j'ai décidé de me faire une pause. J'ai même refusé des rendez-vous avec Valérie et Mike tant je sentais l'inspiration en moi !

Dimanche 23 Mai - Aujourd'hui j'avais pris un jour de congé parce que mon père désirait manger avec moi le midi. C'était comme ça une fois par mois, maintenant que j'avais mon propre appartement. Il n'était pas si grand que ça, mais ça me convenait.

Nous nous sommes donc vu à midi et nous avons mangé dans un bistrot de Paris sans prétention.

- Pourquoi appelles-tu toujours ces moments-là un repas de famille, lui ai- je demandé pour la première fois depuis que je m'étais installé seul. Maman n'est même pas là.

- Je ne sais pas quel nom elle a pris. Sinon tu penses bien que je lui aurais demandé de venir se joindre à nous. Elle doit avoir un nouveau mari maintenant, elle pourrait l'amener lui aussi.

- Si tu le voulais, tu pourrais savoir, ai-je rétorqué. Tu connais son nom de jeune fille et donc ça doit être facile à repérer ! Tu ne veux pas la revoir et c'est tout. Mais moi je ne me souviens plus du tout d'elle... Allez juste une fois !

J'ai si bien insisté, qu'il a accepté à la fin car il trouvait que je me donnais en spectacle en parlant aussi fort.

Les copains au bar m'on appelé pour qu'on se fasse une sortie le soir. J'ai accepté parce que j'avais besoin de me changer les idées. Mouais, je sais que ce n'est pas très intéressant, mais je me dis qu'il faut que je te remplisse, cher journal !

Mercredi 26 Mai - Valérie m'a appelé. Elle avait rompu avec Mike et voulait qu'on se voie le soir. Moi je voulais bien, mais le lendemain, je travaillais et je ne voulais pas arriver au retard. J'ai donc refusé avec tact... enfin j'espère.

Mais bon aussi je ne comprends pas tout. Elle m'a dit que c'était elle qui avait rompu, mais que c'était elle qui était triste et qui avait besoin d'être réconfortée. Enfin je pouvais me taire, moi qui n'avais jamais eu de petites amies. Mais comment on fait pour consoler ?

Je lui ai donc donné rendez-vous samedi soir.

Samedi 29 Mai - Ça y est, j'ai fini mon tableau ! Je l'adore. Je l'ai accroché au-dessus de mon lit pour l'admirer tous les soirs et quand j'en aurais assez je le rangerais dans un coin.

Dimanche 30 Mai - La soirée s'est bien passée je trouve. Tout d'abord nous nous étions retrouvé devant sa boutique. Elle avait des cernes et était blanche comme un linge. Elle n'a pas beaucoup parlé et moi, puisque je n'aime pas parler dans le vide, je n'ai rien dit non plus.

Nous formions un couple assez étrange je crois. Elle a pleuré des petites larmes deux ou trois fois, je lui ai tapoté dans le dos en disant des paroles apaisantes et c'est tout.

Fin du premier chapitre

Mydaya



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