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Fiction » Essay » Forêt font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Didulou
Fiction Rated: K - French - Poetry/Romance - Reviews: 2 - Published: 05-21-04 - Updated: 05-21-04 - id:1615412
Sujet : Sans reprendre le thème de la forêt, faites parler un animal ou un végétal qui s'interroge sur le sens de son existence.

Le chêne. Je suis un chêne, un très grand chêne. Je suis très vieux, plus vieux que tous les arbres de la forêt qui s'adressent à moi avec respect. Je suis le c?ur de cette foret car je suis l'ancien, celui qui a survécu au passé. Mais je vois tant de choses mourir autour de moi. Avant il y avait des buissons qui murmuraient, des insectes qui fredonnaient tous ensemble dans le vent. Les animaux se nichaient dans mes branches ou dans mes racines afin de se tenir bien au chaud l'hiver. Les oiseaux étaient dans le ciel. Les poissons étaient dans les mares. Et dans chaque trou, il y avait une petite bête qui avait fait sa vie. Maintenant, bien sûr, il y a encore cela. Mais je suis vieux et je vois bien que toutes ces choses meurent à mes côtés, avec moi. Les moineaux, les arbrisseaux sont jeunes et ils disparaissent. Je suis le c?ur mourrant de cette forêt mourante, pourquoi avons-nous survécu au passé pour s'éteindre dans le futur ? Regardez : où irons voler les nouveaux oiseaux si le ciel est trop pollué pour y survivre ? Regardez : où irons nager les nouveaux poissons si la mare est trop acide pour y survivre ? Regardez : où irons se nourrir les nouveaux animaux si les fruits sont trop empoisonnés pour y survivre ? Regardez : où irons se planter les racines des nouveaux arbres si la terre est trop sale pour y survivre ? Et comment le monde serait triste et terne sans les oiseaux dans le ciel, les poissons dans la mare et les animaux dans la forêt ? En réalité, il serait bien silencieux. Il serait bien gris. Bientôt, la forêt autour de moi ne sera plus. Il y aura des hommes avec leurs engins, ils briseront les jeunes pousses des plantes, ils étoufferont les jeunes moineaux, ils chasseront les jeunes animaux. Ils recouvriront le sol d'un magma noir et épais comme la roche pour que plus rien ne repousse. Ils me laisseront planté là, au beau milieu de cette hécatombe. Ils ne toucheront pas au c?ur de la forêt, sans doute pour pouvoir se dire qu'ils ne l'ont pas entièrement tuée ou bien encore par respect, par crainte aussi des choses anciennes, parce que je suis un très vieux chêne. Je serais sans doute seul au beau milieu d'un square, d'un jardin public ou alors en compagnie de quelques géraniums sur un carrefour. Et si lors de ma jeunesse lointaine, le coup de hache qui s'est abattu sur mon voisin le hêtre s'était abattu sur moi, alors serais-ce lui seul dans le jardin public ? J'entends encore les petits oiseaux chanter dans mes branches et jouer dans mes feuilles. Je revois les petits animaux et les petits insectes jouer à mes pieds et entre mes racines. Ce monde-là est en train de disparaître. Et lorsqu'il n'y aura plus aucun ancien, plus aucun vieux chêne, qui y aura-t- il ? La forêt a-t-elle été crée pour disparaître ?

Je suis un chêne, un très grand chêne. Je suis très vieux, plus vieux que tous les arbres de la forêt qui s'adressent à moi avec respect. Je suis le c?ur de cette forêt car je suis l'ancien, celui qui a survécu au passé. Pourtant, la nature ne peut être vaincue, malgré le magma noir qui stérilise la terre, j'ai gardé auprès de moi une petite fougère. Toute petite, toute fragile. Je lui ai dis qu'un jour elle serait aussi grande que moi et aujourd'hui, malgré tout, est sortie sa première feuille. Sujet : On a dit sans reprendre le thème de la forêt ! ! !

Je suis une fleur. Une toute petite fleur. On me trouve souvent dans les prés humides, dans les parterres sauvages. Je pousse après les orages au beau milieu des flaques, entre les touffes d'herbe et les fleurs des champs trempées. Je suis blanche, rose ou violette, selon les saisons, selon mes humeurs. Je suis une plante orgueilleuse ; car de toutes les fleurs, je suis celle qui sait se défendre le mieux. Les hommes m'appellent « tue-chien », et les commères du pré en racontent de belles sur moi. Mais cette pimbêche de marguerite ou ce bougre de coquelicot, quand arrive le printemps finissent en bouquet ou croqués par la vache. L'animal pourra tourner, tourner autour de moi sans jamais me toucher car il sait, d'instinct, ce que je suis capable de faire à son estomac affamé. Je suis de grande lignée mais on ne me respecte guère. Ma famille se nomme Liliacée mais la nature semble nous avoir oubliée. On ratisse, on laboure, on nous passe dessus avec pelle et pioche en se disant que l'an prochain, on saura malheureusement bien se débrouiller pour fleurir à nouveau, pour revenir à nouveau comme des petits pièges empoisonnés. Sommes-nous les mal- aimés du pré ? Sommes-nous si détestables ? Toute cette haine parce que l'Homme n'a jamais su admirer sans toucher, sans cueillir, sans tuer. Pourtant, je me sens seule. Mon voisin le pissenlit a déménagé il y a peu, la marguerite au fond à droite m'a soufflé qu'il ne pouvait plus me supporter. Je voudrais tant me débarrasser de toute la colchicine qui court dans ma sève, ou alors pouvoir expliquer que c'est un poison inoffensif lorsque l'on ne veut pas me dévorer ! Personne ne comprends ! Parfois même, on se sert de mes graines comme un alcaloïde ! Oui, oui : je suis un traitement ! Hélas, on rajoute toujours « très toxique à haute dose » derrière les boîtes de médicaments. J'aimerais tant être une fleur ordinaire ! La nature m'a créée avec ce poison qui me rends différente, ma seule arme qui me permet de survivre et je me met à la détester ! Il paraît stupide de vouloir finir entre un crocus et une jonquille, fanée dans un vase mais c'est, désormais, le destin de toutes les fleurs. Ne pas le partager est comme ne pas exister. On m'a appelé un jour le « safran des prés », je me souviens, c'était quand les fermiers me redoutaient comme un fléau pour leur bétail. Il me semble alors que jamais personne ne m'a aimé, qu'aucun enfant ne m'a jamais arraché du sol pour m'offrir à sa mère. A quoi sert une fleur si ce n'est pour être contemplée, si ce n'est pour être aimée ? A rien.

J'ai présenté les deuxième sujet, j'ai eu un bo 19.5/20 ! ! !



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