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Nous voici sur Vayssaya, en l’année 7247. Vayssaya est une ancienne planète, disparue de nos jours. Un monde mystérieux et inconnu. Y vivaient Elfes, Hommes, Nains, Hobbits, et bien d’autres encore, mais ces quatre là sont appelés les races originelles. Elles vivent en harmonie entre elles, mais pas avec les autres races, qui les jalousent. Durant l’année citée au début, il n’y eu qu’une seule naissance chez les elfes : Nayra. Chose bien étrange… Le jour même de sa venue au monde, son père, partit chasser, se fit attaquer par deux trolls. Après de nombreuses heures d’offenses, de parades et d’esquives, il fut tué, écorché, et mangé par ces derniers. Sa mère mourut au même moment, lorsque Nayra vint au monde. Cette mort n’est pas naturelle chez les elfes.
Ses parents étaient pourtant de belles personnes. En bonne santé, qui plus est.
Sur le corps de la mère, au niveau du ventre, on put lire en lettres inscrites par du sang : "Un destin étrange l’attend". Personne ne sut de qui ni de quoi l’on parlait.
Les deux conjoints s’étaient lancés un charme le soir de leur mariage : Si l’un mourait, l’autre aussi. Ils n’avaient aucune famille, ni l’un, ni l’autre, et de ce fait, l’enfant n’avait personne pour l’élever. Ilipha, une magicienne de talent la prit sous son aile. Ses cheveux blonds comme il est de coutume chez les elfes, tombant un peu plus bas que ses reins, et ses yeux d’un vert feuille lui donnaient un air fier et rêveur. Et c’est vrai, elle rêvait. Elle rêvait de voyager, de découvrir le monde dont elle n’avait foulé qu’une infime partie durant sa longue vie.
Les elfes ne sont pas pressés de développer leur mode de vie, contrairement aux trois autres races originelles : les Hobbits progressent dans leurs méthodes d’agriculture et continuent à vivre paisiblement. Les Nains creusent des mines de plus en plus profondes qu’avant, et les Hommes bâtissent de nouvelles cités, et installent un bon système de royauté. Hormis leur refus de progresser rapidement, lorsque les elfes voulaient s’améliorer, aucun n’était en accord avec l’autre. En l’année 7249, ils se séparent, formant ainsi, les sous-races. Chaque groupe d’elfe part de son côté.
Il fut une sous race qui se nomma elle-même les elfes des bois, pour leur amour de la nature, des forêts et de la beauté des plantes. Ce peuple s’installa dans une forêt. La Forêt Blanche. Ce fut le nom qu’ils lui donnèrent. Ils inventèrent leur langage, leurs méthodes matrimoniales, leur mode de vie… Durant cinq cent cinquante six ans, ce peuple vécut ainsi, sans contraintes, hormis celle de se plier à la volonté de la nature, vu qu’ils vivaient en son sein. Mais ce n’était pas une imposition, plutôt un plaisir. Durant cinq cent cinquante six ans, la totalité des elfes se réunissaient, toutes les nouvelles lunes, pour parler de leurs améliorations et des périodes sans progressions. Mais au bout de ces cinq cent cinquante six années, les elfes des bois se rendirent compte que le manque d’autorité manquait à la Forêt Blanche. A l’aube du premier quart de lune de l’année 7805, ils se réunirent après avoir préalablement réfléchi à une solution durant toute une année :
" Je pense qu’il serait grand temps d’avoir un chef ! "
" Et lequel sera-t-il ? Un ou une ? Qui serait le mieux disposé pour nous diriger ? Une jeune personne ou une ancienne ?
" Les anciens ont assez fais. Ils ont battis cette cité au cœur des arbres, ce qui est déjà énorme. Nous n’allons pas leurs en demander plus. "
" Alors qui ? "
Cette question passa d’un elfe à un autre, sans obtenir de réponse, jusqu’au moment ou…
" Que pensez-vous de Nayra ? "
L’elfe qui venait de s’exprimer n’était autre qu’Ilipha. Pour elle, sa protégée était une bonne solution pour le bosquet. Elle lui enseignait la magie depuis que Nayra était toute petite, et c’était une élève particulièrement douée.
" Moi ? demanda l’apprentie magicienne. Mais pourquoi ? Je ne vois pas ce que je pourrais apporter de plus à cette forêt alors que je suis en train d’apprendre la magie ! "
" Et bien ton apprentissage est fini. Tu as acquis un niveau suffisant, et tu apprendras plus seule. Vous autres, elfes, acceptez-vous cette dirigeante ? "
Tous acquiescèrent. Ils étaient enthousiastes. Ils allaient être dirigés !
Nayra prit son rôle très au sérieux, ce qui était compréhensible. Elle fit ses adieux à Ilipha. Comme son initiation était terminée, elle devait quitter son guide et commencer sa vie, seule. Elle s’installa au cœur même de la forêt, pour pouvoir mieux communier avec les arbres. Ces derniers offrirent à la magicienne, au fur et à mesure de sa croissance, des pouvoirs de plus en plus puissants : à l’âge de six cent cinquante sept ans, elle savait manipuler une douzaine de sorts en même temps, alors que ce niveau ne s’acquiert pas avant neuf milles ans ! Tout aurait très bien pu se passer si elle avait sût contrôler ses dons. Mais à six cent cinquante sept ans, des dons pareils ne se maîtrisaient pas aussi facilement. A cause de cela, elle eût quelques incidents… Par exemple, lors d’une réunion avec tous les elfes, elle s’énerva contre un autre d’une sous-race différente, qui s’amusait à critiquer la Forêt Blanche. Nayra devint alors flammes et cendres, et engendra un lumière tellement forte, qu’elle rendit aveugle son antagoniste…. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autre, mais la magicienne ne voulait pas tout ceci… Mais grâce aussi à ses dons, elle était respectée et crainte.
Après deux années de réflexion et de nez plongé dans des livres de magie, elle trouva enfin une solution a ses problèmes. Elle alla à une source d’eau pure, la source Aglareb, et se forgea un collier incrusté de pierres trouvées dans l’eau. Des pierres sacrées. Elle se prépara alors à un rituel qu’elle avait trouvé dans le livre ouvert, à ses côtés.
Les pierres et le collier étaient dorées, comme le recommandaient les instructions. Elle sortit sa dague et s’écorcha un peu la paume de la main gauche, puis, elle colora les pierres du rouge de son sang. Ainsi, elle fusionnait avec l’aura des pierres sacrées, qui l’aideraient à maîtriser ses pouvoirs. Ayant accompli ceci, elle se para du collier. La lumière bleue, significative de ce sort apparut et envahit tout le corps de Nayra, tandis qu’elle ramassait son livre, croyant que tout était terminé. Mais ce n’était pas finis, loin de là. Les yeux fermés à cause de la douleur intense qu’elle ressentait, la magicienne ne put voir le sang, qui provenait du collier, couler dans la source. La douleur tellement intense lui fit oublier le contact froid du sang coulant sur son cou, et surtout, lui fit perdre le souvenir qu’elle tenait un livre dans la main. Elle fit tomber ce dernier. Il s’ouvrit. Les pages tournèrent. Seules...
La douleur intenable s’estompa soudain. Quelque chose avait mal tourné. Elle devait recommencer… Non… si c’était pour ressentir de nouveau cette douleur… non. Elle trouverait autre chose. Nayra ouvrit alors les yeux. Ce n’était pas encore finis ; un démon se trouvait là, devant elle. Un regard vers le livre lui fit comprendre que c’était de là qu’il provenait… Et elle se souvint… Elle venait de faire une énorme bêtise… le rituel disait qu’il ne fallait pas que le livre s’ouvre sur une autre page tant que le sort n’était pas terminé. Elle avait oublié la phase de la lumière, et dès l’instant ou le livre fut fermé, le démon en a profité pour répandre sa douleur… Et malheureusement, ce démon là était le plus puissant de tous les mondes… Le seul mâle sur Vayssaya. Il pouvait très bien donner naissance, et faire perdurer sa race encore et encore… Elle lança alors une boule de feu. Puis de la glace. Le démon ne bougeait pas. Celui-ci devait résister aux magies simples… Nayra entama un sort plus complexe. Des boules multiples de tous les éléments entourèrent le démon. L’étau se resserrait. La victime ne bougea pas. La magicienne ferma les yeux lorsque son sort atteignit enfin le démon. Elle pria pour que ce sort marche… Malheureusement, le démon était toujours là. Droit. Un sourire aux lèvres. Il s’amusait. Nayra essaya alors un sort non élémentaire et voulut lui trancher la tête. Ce sort était très dur à lancer. Lorsque le sort agit, le démon leva la main, et il n’eut rien au coup. Il était insensible aux attaques magiques… Nayra était perdue…
Le démon baissa le bras. La magicienne était paralysée. Elle voulut crier aux elfes de s’en aller, mais elle ne pouvait plus parler. Un sentiment d’impuissance emplît tout son être. Un sentiment qui lui déplaisait fort et qu’elle avait mis de côté pendant toute sa vie. Une larme coula le long de sa joue. Ses yeux étaient les seules choses qui répondaient encore à son appel. Si une larme coulait, ce n’était pas pour elle. C’était pour les siens, car elle avait peur que le démon s’en prenne à eux…
Le démon laissa rouler la larme jusque dans sa main, puis la tendit vers la poitrine de l’elfe. Sa main y rentra. Nayra plissa les yeux de douleur. Elle avait l’impression qu’on lui enlevait son dernier souffle de vie. Le démon ressortit le cœur de sa victime. Organe vivant, essentiel pour vivre… Nayra tituba. Elle essayait de résister, mais même la volonté de l’esprit ne peux rien contre la mort. Elle finit par tomber dans l’eau…
Son ennemi se pencha vers elle, caressa son doux visage, sa main descendit vers le cou, prit le collier, puis, le démon jeta le cœur dans la source et lança un éclair dans cette dernière. Il finit par quitter la Forêt Blanche, dans un nuage de fumée, tandis que le corps de l’elfe était englouti par la source.
Depuis ce jour, la source Aglareb est teintée de rouge… Depuis ce jour, on conta la légende de la magicienne qui vient tuer, à présent, quiconque s’approche trop près d’Aglareb, la nuit. Depuis ce jour, jusqu’au dernier de Vayssaya…
Nayra avait, en effet, un dessein bien étrange : celui de permettre à une race de démon de vivre, ailleurs que dans un livre…