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Un petit texte en prose écrit un soir de tristesse profonde... C'est pas joyeux mais j'y trouve une certaine beauté parce que l'amour peut faire traverser toutes les barrières...
ECHO
Il n’avait pas plus de seize
ans, peut-être dix sept tout au plus. Il était beau comme un diable avec son
sourire enjôleur, son regard aguicheur et ses gestes trop adultes. Il avait ces
mots caressant mon âme, toutes ces douceurs qu’il savait manier, que lui seul
savait dresser, il avait mon cœur entre ses mains, il perdait ma raison et je
suppliais qu’il m’aide, qu’il cesse… qu’il continue.
Lorsque nous étions entre ces
feuilles de nuit, douces et fraîches sur nos corps, lorsque nous passions de la
douceur aux cris, il se faisait ange, il se faisait démon, il avait cette
étincelle dans les yeux, blanc de neige, rouge de sang. Il me torturait, me
cajolait, il me faisait pleurer, il était si fragile…
Il y avait même des jours où je le voyais dans le soleil, son sourire masquant toutes ses lumières, remplaçant l’astre diurne par son éclat éternel, mon ange… Son image de lui me regardant simplement me revient souvent, son âme débordait presque par ses yeux.
Mais il ne s’aimait pas, mon ange, il se détestait.
Il aimait se faire mal, se
faire mal au point d’en pleurer, d’en souffrir… d’en mourir. Il aimait me voir
le supplier de rester, il aimait me savoir près de lui alors que lui s’en
allait. Il m’a tendu la main plus d’une fois, parfois pour que je l’aide,
parfois pour qu’il m’entraîne. Souvent pour que je pleure.
Il ne s’aimait pas mon ange,
il ne savait pas s’aimer, on ne lui avait jamais appris. Il me disait : « je ne
suis pas comme les autres, n’est-ce pas ? » Alors nous étions deux, mais il ne
le voyait pas. Sa douleur était mienne, sa douceur était vaine et parfois, je le
détestais, il était détestable à s’user, se torturer, se promener si loin sans
moi. Il m’interdisait de le suivre, il ne voulait pas que je voie à quoi
ressemblait le monde qui l’attirait tant, il ne voulait pas que je voie à quoi
ressemblait les berges du fleuve qu’il voulait traverser. Et pourtant je les ai
vues, je les ai longées, une fois, alors que la passion m’avait fait le suivre
pour une fois. Mais je ne l’y avais pas trouvé, sur ces berges, j’étais seul, et
la beauté de l’endroit me parut affreuse, hideuse sans lui. Peut-être que je
suis revenu uniquement pour échapper à cette solitude en ces lieux que je ne
connaissais pas.
Puis un jour, il n’a plus
ouvert les yeux… mon ange… Il était toujours chaud, sa peau était pâle mais son
cœur dansait encore… un peu… Il se détestait, il ne pouvait plus supporter de se
savoir si différent des autres, si semblable à ce que j’étais, ce que je suis.
Mais il n’avait pas vu, il n’avait pas voulu voir. Mon amour pour lui était
pourtant la seule chose que je savais faire vivre, j’avais longtemps voulu lui
prouver par plus que des gestes et des paroles mais il me répondait toujours de
ne rien lui offrir, qu’un jour, ça finirait par ne plus servir.
Et son cœur ne dansa plus. Je
crois que les berges du fleuve avaient été plus attirantes de l’autre côté, il
devait y avoir plus de lumière, plus de chaleur. Pour moi, les berges n’ont
toujours pas changées, elles sont toujours aussi affreuses. Et si je
traversais ?...