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Author: Silmar
Fiction Rated: T - French - Fantasy/Adventure - Reviews: 14 - Published: 07-04-04 - Updated: 06-27-08 - id:1656316

Cible de choix

Chapitre 1 : fin de la fuite pour Moràeva .

" La ville d’Ardaris se réveillait doucement dans la brume froide et habituelle du petit matin .

Les habitants sortaient sur le pas de leur porte pour saluer l’aube couleur d’or .

Les pavés des ruelles étaient glissants, rendus humides par la brume qui fuyait maintenant devant l’avancée rapide du jour .

Une belle journée en perspective pensaient les citadins, de l’enfant qui jouait dans la cour jusqu’aux lavandières qui se dirigeaient vers le lavoir de la place publique .

Oui, une belle journée comme il n’y en avait pas eu depuis bien longtemps dans cette partie du royaume de Diunal .

Certains événements avaient secoué le royaume ces derniers mois et depuis l’attentat contre le vice-roi la sécurité dans les grandes villes était renforcée à l’extrême .D’ordinaire le neuvième jour du mois était le jour ou le cortège royal faisait une sortie en ville, l’occasion pour tous de faire un repas sur la place publique et, pour les nouveau-nés de recevoir la bénédiction du Roi .

Mais en conséquence de l’attentat, le Roi ne sortirait pas aujourd’hui et la fête était annulée .

La population aimait son roi mais même si la fête était annulée, pour eux, la vie continuait comme d’habitude. Une heure après l’aube tous se mirent au travail et les ruelles redevinrent calmes et vides, les trois quarts des habitants allant vendre ou acheter des produits au marché. Personne ne vit donc une silhouette raser les murs et se glisser dans une ruelle déserte.

Elle se dirigea vers une porte de bois sombre recouverte d’une grille de fer et frappa trois fois .

La porte s’ouvrit et la silhouette entra.

Elle longea un couloir et entra dans une grande salle silencieuse éclairée par des torches fixées aux murs de pierres .Cet endroit n’était rien d’autre qu’une auberge où passaient les étrangers et les personnes qui ne voulaient pas être dérangées .

La silhouette se révéla être une jeune femme cachée sous une longue cape à capuchon grise .

Elle se dirigea vers le fond de la pièce et ôta sa cape .Elle la déposa sur un fauteuil de bois sombre et repartit vers le comptoir .Elle commanda une bière a l’aubergiste silencieux et lui demanda une chambre pour deux jours .

" - Mais bien sûr .La chambre 12 au deuxième étage est libre .Elle vous convient ?

- Oui. Merci. "

Il lui tendit une clef et sa chope de bière. La femme posa quelques pièces sur le comptoir et alla s’asseoir.

Bien…maintenant il ne me reste qu’à attendre, il ne devrait pas tarder .

La femme se nommait Moràeva Arezalïs et était recherchée dans tout le royaume pour meurtre ; Celui du vice-roi. Moràeva était grande et aurait pu être qualifiée de " belle " si elle n’avait pas une longue chevelure rousse et des yeux blancs sans pupille. Elle n’était pas aveugle mais un long séjour dans les ténèbres l’avait transformée et elle en avait gardé les stigmates.

Elle était habillée de noir : un pantalon d’homme, serré, une paire cuissardes de cuir noir et une chemise vaporeuse et bouffante en voile noir.

Ses cheveux étaient tressés en une natte qui descendait jusqu’à ses reins, nouée par un large lien de velours noir lui aussi. Son visage était fin et pâle.

Elle camouflait du mieux possible un tatouage tribal qui se trouvait de part et d’autre de son œil droit, verticalement. Autour de son cou on pouvait voir une fine chaîne d’argent sur laquelle était accrochée une sphère parfaite dans ce qu’on pourrait penser être une roche parfaitement transparente comme le cristal. Un maître d’arme aurait aussi pu percevoir le renflement dans sa cuissarde droite qui indiquait la présence d ‘une arme…d’une dague, pour être plus exact, Idral. Tous pouvaient voir la rapière que portait Moràeva, Ilith.

Le passé de Moràeva était plus que sombre et son futur ne lui paraissait pas en mesure de devenir plus clair…Elle attendait patiemment la personne qui lui avait donné rendez-vous ici en se demandant calmement si un jour elle pourrait enfin avoir droit a une vie moins mouvementée.

Elle porta sa chope a ses lèvres mais ne fit que simuler qu’elle buvait, elle avait perdu depuis longtemps la confiance que les clients avaient habituellement en leur tavernier et le fait de se trouver si prés du palais ne la rassurait pas : le meurtre dont elle était accusée n’était pas vieux et elle ignorait si son portrait avait ou non été diffusé par les hérauts royaux. "

Un homme entra dans l’auberge et se dirigea vers le comptoir, parla avec le tavernier qui me montra du doigt en murmurant quelque chose que je n’entendis pas. Sur la défensive, je posais ma main sur la garde d’Ilith et pris mes points d’appui pour pouvoir engager le combat s’il s’imposait.

L’homme se dirigea vers moi, calmement et s’assit sur le fauteuil en face du mien.

" - Moràeva Arezalïs ? me demanda-t-il d’un ton calme et confiant.

- Oui. Ma voix était glaciale, elle le fit sourire.

- Pourquoi êtes-vous si tendue ? Je ne suis pas votre ennemi. Je me présente : Imlado Tarkis, je vous ai donné rendez-vous parce que crois que j’ai trouvé le moyen de vous faire sortir du royaume.

- Je ne veux pas partir…monsieur Tarkis. Je veux mon innocence. Je vais trouver le meurtrier et lui faire avouer. Ensuite je reprendrais ma vie normale, sans fuite et danger. Est-ce clair ?

- Vous ne… Pourquoi ?

- Parce que je ne suis pas coupable et parce que je ne suis pas lâche. Mais surtout parce que je ne veux plus fuir et jouer au chat et a la souris. Je n’ai pas peur de l’homme qui me poursuit de sa haine.

- Comment comptez vous y arriver ?

- Je l’ignore encore ;et vous que me demandiez vous contre vos services ?

- La rumeur court que vous n’êtes pas totalement…démunie et que vous payez grassement les gens qui travaillent sous vos ordres.

- Mon pauvre ami…vous croyez tout ce qu’on vous dit ? Je n’ai pour fortune que ce que j’ai sur moi. Il y a bien longtemps que j’ai légué toute ma fortune à l’institut de magie du royaume…Je ris doucement et me penchais vers Imlado : vous pouvez repartir mon cher, j’aimerais que vous cessiez de m’importuner pour rien.

- Mais…bien, comme vous voulez. Si vous changez d’avis laissez un message au tavernier, il me connait. Je vous souhaite une bonne journée Moràeva.

- A vous aussi Imlado. "

Il sortit de l’auberge et je me détendis…quelles rumeurs circulaient sur moi !

Bon…il va falloir agir. Je me doute que le grand conseiller est dans le coup mais comment savoir ?

Les hommes du prince ont aussi pu agir : ce bâtard n’a pas pu supporter que son père le renie au profit de son neveu…mais pourquoi est-ce que je sers de coupable ?

Ma position au palais ne justifie pas cela.

Qu’est-ce qu’une prêtresse comme moi peut avoir de plus que ce bâtard? C’est trop étrange.

Je n’y comprends plus rien et cela m’angoisse.

Pourquoi moi ? Je n’ai jamais intéressé le roi ni son neveu…de toute façon je n’avais pas le droit de fréquenter des hommes, même de haut rang, le cas du prince est suffisamment connu…

Ce ne peut donc être pour ce genre de raisons que je suis accusée. Il est temps de mettre les choses au clair .

Je pris ma cape et montais jusqu'à ma chambre. Un lit, une armoire de bois et un chandelier double.

Je posais ma cape a nouveau et fermais les yeux. Je refermais mes mains sur ma pierre et me concentrais. Quelques étincelles jaillirent autour de moi et j’ouvris les yeux.

J’avais maintenant les yeux bleus(avec des pupilles…) et j’étais brune.

Mon tatouage avait disparu et j’étais légèrement plus halée.

La magie m’étonnera toujours. Maintenant je pouvais sortir dehors sans crainte d ‘être reconnue. Je remis ma cape et camouflais Ilith dessous.

Je redescendis les escaliers et sorti.



© Copyright 2004 Silmar (FictionPress ID:422959).


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