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Quel rôle a été joué par Jean Moulin dans la résistance française, et quelle était l’importance de ce rôle pour la résistance et pour la victoire alliée ?
Il y a trois choses que je dois faire pour répondre à cette question. La première est, simplement, de raconter le rôle historique de Jean Moulin, le deuxième est d’évaluer la signifiance de Jean Moulin en fortifiant la résistance, et le troisième (sans doute la chose la plus compliquée) est d’évaluer le rôle joué par cette résistance dans la deuxième guerre mondiale.
Le 17 Juin 1940 quelques des Allemands se sont présentés à Jean Moulin et lui ont ordonné de signer un document accusant les troupes sénégalaises de l’armée française de massacres sur les populations civiles. Ces accusations fausses de la propagande Nazie ont été la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour Moulin, et il a tenté de se suicider par se trancher la gorge. Il a échoué, mais le 8 novembre il a été informé de sa révocation, et a quitté les politiques pour la résistance. Il a voyagé à Londres, où il s’est présenté au général de Gaulle le 25 Octobre 1941. Il a communiqué ses idées pour unifier la résistance, d’abord la résistance dans la zone sud, suivi d’une union entre tous les groupes résistants en France.
Le 2 janvier 1942 il a parachuté dans la France pour rallier les mouvements et les unifier ; il a utilisé beaucoup de pseudonymes, l’un le plus célèbre étant « Max ». Dans cette mission il a réussi: un exploit grand, difficile et important.
Les difficultés ont été créées par les différences entre les groupes diverses de la résistance. D’un côté il y avait Combat, une organisation énorme avec Henri Frenay[i] comme dirigeant, et à l’autre côté il y avait les organisations communistes (comme le Front National). Il y avait aussi les difficultés géographiques, surtout la frontière entre la zone occupée et la zone « libre ». Mais, malgré les idéologies opposantes et les personnalités explosives, le 27 janvier 1943 le Conseil Nationale de la Résistance est né. Il y avait encore les débats, comme par exemple les questions posées par l’afflux des hommes voulant échapper du service du travail obligatoire (instauré le 16 février 1943). Frenay a voulu une « armée révolutionnaire », mais les autres avaient peur qu’il formerait une armée indépendant de la résistance. Malgré ces problèmes, et le mort de Jean Moulin dans une opération allemande qui a coûté la résistance plusieurs de ses dirigeants, le CNR a duré. La signifiance de cette unification est difficile de surestimer. Sans cette unification, la résistance aurait resté désorganisée, petite, et souvent en opposition avec elle-même. Avec cela, la résistance a gagné plus de puissance, plus de potentiel.
Selon Patrick Marnham, la vie de Jean Moulin est « définie »[ii] par sa mort, mais les faits sont peu. Il a été arrêté avec huit autres résistants dans une réunion chez Dr. Dugoujon à Caluire, près de Lyon. Pendant son temps sous la garde de la Gestapo, Raymond Aubrac[iii] a vu Moulin, comme il raconte dans le livre « Ils partiront dans l’ivresse» :
« Je l’ai revu deux fois . . . Le surlendemain de notre arrestation je l’ai vu passer, intact, le matin. Je ne l’ai pas vu revenir ; mais le lendemain matin, il descendait, soutenu par deux soldats, mal en point, le visage tuméfié. »[iv]
De cet extrait nous pouvons savoir qu’au début Moulin a été emprisonné dans la même location que les autres. La raison était simple : Les allemands ne savaient pas lequel des résistants était « Max ». Mais, de façon prévisible, sous la torture quelques des résistants ont parlé. Bien sur, Aubry[v] a dit à Aubrac « C’est dur, tu sais, je n’ai pas pu tenir, j’ai un peu parlé »[vi]. A une certaine étape les allemands l’ont élevé de Lyon, et il est mort au cours de cette transfert ; probablement le 18 juillet 1943, en gare de Metz lors de son transfert en Allemagne. Selon la déclaration d’Ernst Misselwitz (l’officier allemand qui était responsable du dossier au sujet des résistants qui ont été arrêtés à Caluire) c’était vraisemblable que l’urne numéro 10137 au cimetière Père-Lachaise à Paris a contenu ses cendres. Ces cendres ont été transférées au Panthéon. En la mort, Jean Moulin est devenu le symbole de tous les résistants qui ont sacrifié leurs vies dans la lutte contre l’occupation.
J’ai prouvé dans les paragraphes qui précèdent que Jean Moulin a fait une contribution très signifiante en développant la résistance. C’était assez facile de faire ce, parce qu’il n’y a guère de débat au ce sujet. Par contraste, la tâche d’évaluer l’importance de Jean Moulin pour la victoire alliée est criblée des difficultés. C’est évident que la contribution de Jean Moulin n’aurait pas pu être de plus d’importance que la contribution de la résistance, donc il faut que j’évalue l’importance de la résistance, et c’est encore un sujet de discorde.
Selon M. Rousso, un historien français, il a existé au même temps deux perceptions de l’occupation et de la résistance. D’un côté il y avait la vue (incorrecte) que la résistance était une organisation grande, avec la majorité des français ayant résistée sous une forme ou une autre. Dans cette perception, il n’était qu’un nombre insignifiant de collaborateurs, et les dirigeants de Vichy[vii] étaient malavisés et faibles, mais pas vraiment mauvais. A l’autre côté il y avait la réaction violente contre Vichy qui a mené à l’épuration de 1944-1945. Tous les deux réactions ont eu cette en commun : Ils représentaient le désir des français de retourner vitement au normalité, et d’oublier la honte du collaboration. Ce désir n’a pas permis d’une évaluation objective des faits de l’occupation et de la résistance.
Dans la mesure du possible j’essayerai de montrer la réalité. Tout d’abord, l’idée que la majorité des français ont résistée est complètement fausse. Les historiens estiment qu’en 1940 il y en avait peu qui ont résisté- quelques milles peut-être. Ce nombre a grandi à cause de l’occupation du sud le 11 novembre 1942 et l’introduction du STO[viii] en 1943, mais les résistants restaient une minorité. Il faut qu’on réfléchisse aussi à les races qui composaient d’un part de la résistance beaucoup plus grand de leur proportion en société. En fait, la « résistance française » se composait d’un grand part des étrangers et juifs immigrés.
Quand on prend en considération le nombre relativement petit de la population qui a fait parti de la résistance, on peut voir que sa signifiance dans la victoire alliée n’aurait pas pu être autant qu’on l’a souvent pensé.
En conclusion, Jean Moulin a joué un rôle essentiel dans la résistance, et à la suite de ce rôle peut-être un rôle encore plus grand dans le rétablissement du respect du soi national français (ou le création d’un mythe), mais son rôle dans la victoire alliée n’a pas pu être de plus importance que ça de la résistance, et sa signifiance n’était pas si grande que l’on a souvent pensé.
[i] Henri Frenay: (1905-1988) Chef du « Combat ». Avec la création du CNR il a devenu commissaire pour affaires militaires. Après la guerre il a devenu commissaire aux prisonniers, déportés et réfugiés dans le gouvernement provisoire. Il a quitté la politique en 1945.
[ii]Marnham, P. Resistance and Betrayal: The Life and Death of the Greatest Hero of the French Resistance, London, Random House, (2002)
[iii] Raymond Aubrac: Un des chefs de la résistance qui le Gestapo a arrêté à Caluire. Sa femme, Lucie Aubrac, a écrit plusieurs livres au sujet de la résistance, incluant « La résistance expliqué au mes petit enfants » et « Ils partiront dans l’ivresse ». Après la guerre il a gagné un poste dans le gouvernement français.
[iv] Aubrac, L. Ils Partiront dans l’ivresse, Paris, Seuil, (1997)
[v] Henri Aubry: Un des chefs de la résistance qui le Gestapo a arrêté à Caluire.
[vi] Aubrac, L. Ils Partiront dans l’ivresse, Paris, Seuil, (1997)
[vii] Vichy: Le nom qui est souvent utilisé pour la troisième république. Installe à Vichy (une petite station thermale dans le sud de la France) après l’invasion en 1940, il a collaboré avec les allemands et assisté aux rafles des juifs. Maréchal Pétain était le chef d’état.
[viii] STO : Service du Travail Obligatoire