
| La vie vaut la peine d'être vécue
Author: Andra3 Mathilde est une fille qui n'a appris qu'à se battre et crier pour s'exprimer. Personne ne s'est jamais soucié de son cas, jusqu'à ce qu'elle rencontre Henri, son jeune professeur d'anglais... TERMINÉE ! R&R svp :) !
Rated: Fiction T - French - Romance - Chapters: 20 - Words: 83,295 - Reviews: 172 - Favs: 45 - Follows: 5 - Updated: 07-05-05 - Published: 07-12-04 - id: 1664020
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Voilà enfin l'épilogue de la vie vaut la peine d'être vécue !
Un énorme merci à tous ceux qui m'ont reviewé ! Cette histoire a été toute une aventure et vous, lecteurs/trices, avez été une partie intégrante de l'histoire. Sans vous, rien de tout ça aurait eut une fin, je le pense sincèrement. Peut-être que certains trouveront ça dommage (pff, elle écrit pour nous et pas pour elle), mais vous ne devez pas. Quand j'écris, j'écris d'abord pour moi. Mais je dois avouer que par moment, je perds de l'intérêt. Et alors, je penses à tous ceux qui lisent et aux merveilleux commentaires que je reçois (je suis très sincère, je les aime tous, surtout ceux où on se perd dans des sujets divers « c'est bizarre de savoir que quelques part dans la province il y a une personne qui porte le même nom que moi et qui utilise les mêmes expression. »- Lame d'Apache) et je me dis que je ne peux pas abandonner. Merci à tous !!
Bonne Lecture !
Épilogue
Papa, je ne te pardonnerai jamais ce que tu m'as fais. Tu m'as battue, tu m'as humilié, tu m'as détruite, tout comme tu l'as fait à maman. J'entends encore ta voix dans ma tête parfois, je t'entends me crier après.
Mais je voudrais que tu sois là. Je voudrais que tu sois là pour que je puisse te frapper de toutes mes forces. Je voudrais que tu voies que je suis devenue une jeune femme dont tout le monde est fier. Tu te trompais papa, tu me détestais, mais ceux qui m'aiment me le prouvent et savent que j'irai loin dans la vie. Sans toi. Tu te trompais en me disant que jamais je ne ferais rien. J'ai sauvé ma mère, j'ai fait enfermer un dangereux criminel. N'est-ce pas suffisant pour toi ?
Papa, je te déteste. Je ne veux plus jamais te revoir et tu ne recevras jamais cette lettre. Parce que papa, j'ai quand même un merci à te dire…
Julia sourit à Mathilde et s'éloigna un peu, avec Chantal. 17 avril. Dix mois s'étaient écoulés depuis la décision du juge et Mathilde atteignait aujourd'hui ses dix-huit ans. Ces deux dernières années, elle avait tant évolué. Un vrai miracle. Avoir continué dans la voix où elle s'engageait deux ans plus tôt, elle aurait probablement gâché sa vie. Henri l'avait sauvée.
Dix mois. Son entrée au Cégep, ses problèmes d'intégration, ses séances chez le psychologue et finalement, sa réinsertion totale dans la société. Au départ, elle se méfiait de toutes les nouvelles personnes qu'elle rencontrait, sauf si quelqu'un de fiable lui présentait. Et maintenant, elle apprenait peu à peu à accepter tout le monde et à dénoncer immédiatement les injustices… mais ça, elle l'avait appris dix mois auparavant.
Elle avait grandit intérieurement, Julia avait témoigné de cette évolution et ne pouvait qu'en être fière. Maintenant, quand elle la regardait, elle voyait une toute autre personne. Le soleil brillait dans les yeux Mathilde et le bleu métallique qui entourait sa pupille était devenu un bleu doux et réconfortant. Elle souriait spontanément et réfléchissait avant d'agir. Elle évoluait dans son élément au Cégep et les gens la pressentaient pour aller loin dans le domaine cinématographique.
Aujourd'hui, elle rencontrerait Henri dans ce parc, loin des regards indiscrets.
Laurianne serra Henri dans ses bras et Marie-Lou, debout à ses côtés ouvrit la bouche :
- Quoi passer ? demanda-t-elle du haut de son presque mètre.
Laurianne se décolla et sourit.
- Henri va revoir une vieille amie.
- Gentille ?
- Oui, très gentille.
Henri sourit et murmura un « merci ».
Après la décision du juge, sa famille lui avait pardonné ses mensonges et l'avait soutenu énormément. Il avait continué à vaquer à ses occupations et à travailler fort, comme toujours, s'impliquant même un peu partout en bénévolat. Mais sa famille le savait dans une situation délicate. Dix mois sans Mathilde… et s'il rencontrait une autre femme ? Et si elle rencontrait un autre homme ? En dix mois, des tas de choses pouvaient arriver.
Et puis, il avait sentit ses nouveaux élèves réticents et ses collègues légèrement honteux face à lui. Il s'y attendait et avait prit beaucoup de temps à refaire sa réputation, surtout auprès des parents des jeunes filles. Avril s'avançait et il commençait à établir un bon contact avec tous. Il savait qu'il en serait de même pour quelques années encore… plus si Mathilde et lui décidaient de ne pas recommencer/continuer leur liaison amoureuse.
Parce qu'en dix mois, tous deux avaient eut le temps de douter. Douter énormément. Ils rencontraient d'autres gens, faisaient de nouvelles expériences, affrontaient de nouveaux obstacles… seuls.
Et des événements et surtout des paroles les écrasaient. Pour Mathilde, elle avait rencontré dans l'année un jeune homosexuel rejeté par un autre garçon hétéro et totalement dévasté par la situation. Pour Henri, un de ses élèves avait tenté de se jeter par la fenêtre quand il avait appris que sa toute première petite copine, celle qui venait juste de le larguer, était sortit avec lui au bout d'un pari et de l'argent. Et chaque fois, la phrase pathétique qu'on répétait à ce couple médiatisé :
« Comment vous faites pour vivre l'un sans l'autre… »
On les forçait. Et à la longue, ils ne se manquaient plus, ils se sevraient lentement. Et ce jour là, ils sauraient si au bout de leurs peines, la flamme brûlait toujours.
Mathilde avait consulté souvent son psychologue, mais lui avait seulement parlé de son père et de sa mère et jamais d'Henri, au grand dam du professionnel. Julia et Chantal n'en savaient pas plus long. Tout comme Laurianne, Diana, Rachel, Catherine et les parents ne savaient rien de ce qui se cachait dans le cœur d'Henri.
Ils étaient nerveux à l'idée de se revoir et de se parler, mais ne le réalisait pas vraiment encore. Ils avaient réglé des tas de problèmes personnels pendant l'année et avaient affrontés des attitudes bizarres à leur égard et redevenir une équipe pour affronter les problèmes et surtout les médias allait se révéler bizarre. Enfin, ils le croyaient.
La neige avait fondu tôt cette année. Mathilde avait une légère veste sur le dos. Le soleil bas plombait et entourait la nature d'halos dorés. Henri portait ses jeans et un chandail beige à manche longue et col roulé. Il ne faisait ni chaud, ni froid. On ne savait à quoi s'attendre.
Henri avait laissé ses cheveux noirs allonger un peu. Les cheveux de Mathilde avaient blondis naturellement par le soleil. Blonde foncée. Elle avait toujours eut cette tendance mais ne s'était jamais permise de prendre du soleil. Par le fait même, elle semblait plus en forme. Et Henri affichait un air plus serein et plus joyeux au visage. Il avait appris que les choses viennent et partent, mais que la vie reste belle, quand on sait s'y accrocher.
Auparavant il aurait fait peur aux élèves au début d'année avec le respect froid qui émanait de lui. Maintenant, tous se sentaient immédiatement en confiance et essayaient même parfois de le défier. Ils les remettaient à sa place doucement, mais efficacement. Mathilde lui avait appris à jamais se fier aux apparences. Elle n'effrayait plus ses compatriotes parce qu'elle ne portait plus son maquillage lourd et effrayant, ni son air dur et méchant, même si toujours un peu méfiante. Elle avait maintenant les cheveux à la taille, mais n'avait pas pris une livre ou une rondeur de plus, malgré ses efforts.
Quand ils se virent au loin, ils figèrent. Les arbres en éveil et les plantes poussant timidement semblèrent retenir aussi leur respiration. Ils s'observèrent à distance. Pourquoi une telle appréhension ? Ils n'en avaient pas la moindre idée. Dans tout bon film, ils se seraient jeté dans les bras l'un de l'autre sans se poser de questions.
Une minute s'écoula. Puis deux. Pendant cinq longues minutes, ils ne firent que se regarder, se reconnaître.
Et ils sourirent. Ils se sentaient fragiles et ne voulaient pas briser ce qui restait de leur relation. Voilà pourquoi ils prenaient leur temps. Mais on aurait dit que ce dix mois de réflexion avait accrû leur amour l'un pour l'autre, en silence. Ils s'aimaient d'un amour moins fusionnel, mais plus profond, plus vrai, plus calme et posé. La nature s'était bien occupée de la fleur qu'ils avaient semé et elle avait magnifiquement grandit à leur insu.
Ils s'approchèrent lentement. Très lentement. Personne ne regardait, si ce n'était que les arbres et le soleil. Puis, ils se retrouvèrent face à face.
« Quand les yeux bleus de l'adolescente se plongèrent dans les siens, ce fut comme une invitation à laquelle il ne pouvait plus résister.
Il effleura tout d'abord ses lèvres, se laissant une dernière chance de résister et demandant inconsciemment à Mathilde de le rejeter. Mais cette dernière ne savait plus comment réagir. Elle l'aimait.
Puis, il l'embrassa doucement. »
« Elle fronça les sourcils et tourna le visage pour ne pas qu'il voit les larmes qui commençaient à couler. En un instant, il comprit. Il soupira et sourit lentement. Délicatement, il releva la tête de Mathilde et lui demanda :
- Tu as peur de souffrir ?
Elle l'admit difficilement.
- Je ne te ferai pas souffrir. Et je ne laisserais jamais personne te faire souffrir, si seulement tu m'en donnais le droit.
- Henri, je ne veux pas que tu…
- Que je me mêle de ça, je sais. »
« Puis finalement, il passa ses bras autour de sa taille et l'embrassa dans le cou.
- Mathilde, souffla-t-il, n'y retourne pas. Reste avec moi. Je t'aime. Je ne veux pas qu'il t'arrive malheur. Reste avec moi.
Elle se retourna pour lui faire face, toujours collée à lui et le regarda droit dans les yeux.
- Je resterai.
Il soupira de soulagement et se promit de la protéger. Il l'embrassa doucement dans le cou de nouveau et elle ferma les yeux, heureuse comme jamais elle ne l'avait été.
Et puis, la nuit passa où leurs corps et leurs esprits ne furent plus qu'un seul. »
« Il courut dans la chambre, enjamba la jeune femme inconsciente et voyant le spectacle terrorisant qui s'offrait à lui, il figea un instant et une bouffée de colère, de rage, de peine et d'angoisse monta en lui, poussant l'adrénaline à son maximum. Paniqué, il empoigna l'homme plus grand que lui par les épaules et le retourna avant de le frapper au visage. Il le poussa sur le sol et le frappa au visage comme si la tête devant lui n'était qu'un punching bag. Le mécanisme de ses muscles enclenché par la colère le poussait à frapper et à frapper toujours plus fort, comme un malade.
- Espèce de fou ! criait-il à l'homme inconscient. »
Henri tendit doucement sa main et Mathilde l'empoigna avec hésitation. Avec son autre main, il caressa doucement le dos de la main de la jeune femme, puis son bras, son épaule et il glissa jusqu'à ses cheveux, totalement soyeux. Mathilde laissa glisser ses mains sur les épaules de l'homme, reconnaissant ses muscles et glissa doucement jusqu'à ses mains, qu'il avait délicatement portées au visage de la jeune femme.
Ils n'osèrent pas se parler tout de suite, ayant peur de dire quelque chose de stupide. Leurs lèvres s'effleurèrent et ils se serrèrent dans leurs bras.
- Tu m'as manqué…
Un merci papa, parce que sans toi, jamais je n'aurais rencontré Henri. La personne que je hais le plus au monde m'a permis de rencontrer celle que j'aime le plus. Paradoxal, non ? Henri a été envoyé ici pour me sauver de tes griffes, ce qu'il a fait. Et maintenant, je me sens incapable de quitter mon ange gardien, celui qui sût me garder en vie. Je l'aime. Et je suis transformée, je le sens au plus profond de moi-même. Élevée dans la violence, j'espère pouvoir retrouver mes ailes et faire de ce monde, un monde meilleur et enrayer de la société ces foyers où les enfants vivent en enfer. Et si j'ai cet espoir aujourd'hui, c'est grâce à Henri.
Prologue…
« Andrew laissa retomber sa fille brusquement sur le sol et sortit de sa chambre, prenant soin de claquer sa porte.
Mathilde se releva péniblement et frotta sa gorge. Elle s'assit sur son lit, face à sa fenêtre, la rage bouillonnant en elle. Elle avait juste hâte d'être à l'école, loin de la maison. Elle était tellement en colère qu'elle aurait pu tout casser dans sa chambre, mais elle ne le fit pas, ayant peur que son père ne revienne la battre.
Elle tenta de se calmer légèrement en regardant par la fenêtre. Un oiseau s'était posé sur la branche d'un arbre et se lissait les plumes. Il semblait si heureux, si libre, en si bonne santé. C'est à ce moment qu'elle souhaita n'être jamais née dans cette maison, mais être née d'une coquille d'oiseau et être un oisillon heureux, même en sachant qu'elle mourrait jeune, mangée par un chat…
Et dehors, du haut de ses seize ans, Henri tourna la tête à ce moment. Une enfant à l'intérieur de la maison pleurait et regardait l'oiseau qui lissait ses plumes. L'oiseau prit son envol.
Vole petit oiseau, vole. Un jour, tu atteindras le paradis. »
FIN
Mardi, 5 juillet 2005, 17h59
Daphnée Dugas
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