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Note : En ce moment je suis un peu en panne d’inspiration pour mon autre fic... De plus je manque cruellement de temps, et mes fanfics de ff net prennent également beaucoup de retard. Mais en attendant j’ai écris ça... Je ne sais pas quand je ferai la suite, mais je la ferai car je l’ai promis à quelqu’un, cette fic ^^ Je ne sais pas ce qu’elle vaut exactement, j’espère que ce n’est pas trop nul.
Warning : Tout le monde n’est bien entendu pas censé le savoir mais tout ce que j’écris est basé sur le yaoï (= relation entre deux hommes) Donc bien entendu, si ça vous gêne... vous savez ce qu’il vous reste à faire (non pas de m’écrire, mais plutôt de passer votre chemin ^_-)
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Le flash de leurs bécanes, tout juste sorties des studios poubelle de la rédaction, n'a de cesse de le mitrailler de cette lumière aveuglante et malsaine. Cela doit bien faire une heure maintenant, soixante longues, interminables minutes qu'on reste planté là, le cul coincé entre les deux bras de ces fauteuils pompeux au velours rouge criard. Là, je me demande juste si aux yeux des lecteurs affamés de leurs revues people, cette couleur évoquera tout de suite ce tapis légendaire dont les gens raffolent, le bout de moquette respecteusement foulé par ces milliers de souliers d'or. Ma réflexion sans intérêt du moment…
Louise me prend le bras. Ses petits yeux pas très convaincus vont finir par me perforer le crâne si elle continue à me scruter comme ça.
- "Je ne compte pas m'envoler", je répète sur un ton à peine agacé, mais Louise agrippe maintenant la manche de ma chemise de ses doigts aux ongles ras peinturés de rose bonbon.
Je me prends le menton entre les mains et fais mine de souffrir d'une difficulté insurmontable à tourner de nouveau la tête vers le ramassis de journalistes englués autour de la table de conférence. Louise rigole un peu et finit par lâcher prise, posant sa main sur ma cuisse. Lui jetant un coup d'œil en coin, je constate sans mal que toute son attention s'est à nouveau focalisé sur lui. A la voir comme ça, on pourrait presque dire que Louise s'interesse à la cérémonie de la même manière que si elle lui était vitale. En vrai, le cérémonial doit tout autant la stresser que son premier jour d'école, avec tous ces gamins à peine sortis de leurs couches qui se la jouent gros durs pour impressioner les autres minots, les filles, ou Dieu sait qui encore. Je sens sans la regarder que sa main se reserre sur elle-même, enfermant dans son poing un pant de mon costard.
Une voix teintée d'une impatience non dissimulée reporte mon attention sur la scène. Celle-là, je la sentais venir depuis le moment où les premières caméras sont entrées dans la salle et que le bonhomme en blanc, là au centre, s'est posté en face de lui. Nous y voici enfin, messieurs les journalistes. J'ose espérer pour vous que vos patrons du Journal et de la Télé vous aurons avertis du gros vent que vous risquiez à coup à peu près sûr de vous prendre en pleine tronche.
- Nous ferez-vous, cette année, l'honneur de répondre à la prestigieuse invitation du Festival ? ("Le monsieur en blanc…", j'ironise silencieusement.)
Attention, moment crucial de la soirée. On se rassoie tous plus au fond de son siège, deux ou trois rires étouffés, bruissements de feuilles, les stylos sur le qui-vive - surtout, ne pas en perdre une miette, ça fera la Une, demain matin. C'est impressionant la vitesse avec laquelle tous les VIP se sont tus brusquement. J'ai envie de rigoler. Est-ce que Louise m'en voudrait ? Oui ou non, ce qui est sûr c'est que ça ne passerait pas inaperçu au milieu de ce lourd silence mortuaire.
- Je regrette, ce film ne sera pas en compétition. Nous en rediscuterons peut-être l'an prochain. Un esprit un tant soit peu réfléchi aurait vite fait de penser que cette délicieuse phrase n'est qu'une sympathique façon d'éviter de dire : Je me contrefiche de votre Festival à deux balles autant que de la couleur de mon slip d'aujourd'hui.
Louise se tourne vers moi. Je dois vraiment arborer un sourire niais - ou sadique - j'en sais rien, car ses yeux verts ont l'air de deux mitraillettes chargées à bloc. Je n'ai même pas le temps de rétorquer que déjà (déjà ?) les autres se remettent à hurler à quelques centimètres de leurs micros, invoquant je ne sais quels pretextes selon lesquels Le jeune prodige devrait sans l'ombre d'une hésitation placer son film vedette en course.
"Film vedette". Et en plus ils n'ont strictement rien compris. Le jeune prodige se lève, suivi de près par sa petite troupe. Le boucan des journalistes couvre sans mal le bruit du raclement des pieds de fauteuils sur l'estrade de bois.
- "Film vedette", siffle Louise en se redressant de son fauteuil de velours tout aussi rouge et tout aussi impeccable que les cent vingt sièges trônant dans la pièce confinée. "Et quoi encore…"
Je lui prends la main et on commence à longer l'allée. Je suppose qu'un rictus mesquin doit très joliment me fendre les lèvres. Louise fait peut-être mine de ne rien voir, cette fois-ci. Elle a encore tourné les yeux vers son grand frère.
- "Grimpe", je lui dis, indiquant le dossier d'un invité ayant déjà disparu dans la masse.
Louise s'exécute. Je passe mes deux mains de chaque côté de sa taille et l'aide à ne pas basculer en avant. C'est qu'elle aurait presque l'air d'une reine, ma Louise, debout sur son trône, avec ses ballerines roses redressées sur leur pointe et les froufrous de sa robe qui lui coulent jusqu'aux chevilles !
- "Tu le vois ?", je demande, jetant un œil en direction de la grande table ornée de micros.
- "Parti", répond la petite princesse au bout de quelques secondes, me faisant signe de la lâcher, maintenant.
Je retire mes mains et m'en passe une dans les cheveux. Je ne m'habituerai décidemment pas à cette rugosité que le gel séché laisse sur les doigts. Je reprends la main de Louise dans l'une des miennes et attends quelques secondes encore que la foule se soit un peu dissipée. Finalement, malgré les nombreux curieux restants (je réprime mon envie de gueuler : Stationnement interdit ! Veuillez circuler !), je négocie en maître le parcours du combattant me séparant de la porte d'entrée salvatrice, entraînant derrière moi une Louise un peu réticente.
- "Tu n'as pas trop froid comme ça ?", je lui demande, une fois parvenus à l'extérieur. Louise m'indique un banc en fer forgé et je réponds à la demande silencieuse, m'installant dessus et aidant la demoiselle à se caler sur mes genoux.
Au bout d'une minute, elle finit par secouer la tête de droite à gauche, me faisant comprendre avec un très léger retard que oui, elle avait assez chaud comme ça. Je souris. Je souris toujours comme un gamin devant ce genre d'attitude de la part de Louise.
- "J'espère que Camille rentrera". Je ne dis rien, attendant qu'elle poursuive. Mais non.
- "Oui… Mais toi, tu dormiras. Et ne compte pas sur nous pour te réveiller exprès."
- "Si c'est ça, tu dormiras aussi."
C'est qu'elle n'aurait sans doute pas tort. Ce genre de conférence laisse place à des fins de soirée interminables. Et d'aller voir la princesse se coucher va forcément me laisser avec une terrible envie de rejoindre mon propre plumard au plus vite. Forcément…
- "Maé ?"
- "Mmh ?"
- "Tu dormiras ?"
- "Je sais pas, princesse", je finis par répondre, la tête penchée en arrière, les yeux rivés sur le ciel nocturne nuageux. Avec une bonne bouffée de stress et des draps vides. Ouai, sûr, je dormirai… "Aller, on y va Louise."
Je me redresse lentement et Louise se remet debout sur la pelouse, abandonnant mes genoux. En théorie, un taxi doit nous attendre à l'angle, mais j'avoue que je n'aime pas l'idée qu'il puisse avoir du retard. Pas avec Louise dehors à cette heure-ci.
Mais pardon d'avoir osé douter de la ponctualité de notre cher habitué…
- "Tu fais des heures sup', Eddy", je dis, plus sur le ton d'une amère constation que celui d'une interrogation. Louise passe devant avant même que je ne puisse protester quoi que ce soit et je la vois du coin de l'œil tendre sa petite main à Ed avant que celui-ci ne l'embrasse.
- "Bonsoir, demoiselle", glousse l'imbécile en rendant à Louise son sourire blancheur. Je haïs ce type.
- "Et pour ces messieurs dames ?", je l'entends vaguement demander en claquant derrière moi la porte arrière du taxi.
Une forte odeur de tabac, à moitié dissimulée par du déo bon marché, me donne un haut-le-cœur et je tourne rapidement la poignée d'ouverture de la fenêtre. Eddy pianote une seconde sur les boutons de son auto radio et lance un vieil album de jazz – artiste inconnu. Il serait bien sûr trop demander à monsieur de daigner baisser le son.
Sans que ni l'un ni l'autre de ses clients ne lui ait répondu quoi que ce soit, le chauffeur met sa machine en branle et l'engin démarre au quart de tour – assurément un moteur trafiqué au black par quelque connaissance. Je laisse à Louise le bon soin de tenir la conversation et viens reposer ma tête lourde de la soirée sur mon bras, calé sur la portière, les yeux mi-clots.
Je laisse la porte de Louise entrouverte. La princesse croit dûr comme fer qu'ainsi elle l'entendra rentrer, que ce soit dans une minute ou au petit matin. C'est attachant la façon qu'elle a de se persuader, et de me persuader, qu'elle ne s'endormira pas avant d'entendre le bruit si distinctif des pas légers de Cam pénétrer dans l'appartement. Ca oui, elle serait là pour l'appeler doucement, mendier son baiser sur le front, lui serrer la main un bref instant avant de lui faire signe qu'à présent elle allait s'endormir. Mais jamais avant d'avoir entendu de sa bouche ces mots qui lui ouvraient les portes du monde des rêves : Bonne nuit ma Louise.
Elle s'est endormie, je l'entends déjà qui ronfle doucement, le nez enfoui dans le ventre de sa peluche. Il ne lui aura pas fallu une minute, au final, et pas un seul mot de Cam n'aura été là pour l'aider à plonger son esprit dans le vaste univers de la nuit. Je crois que je n'aurai pas cette chance.
J'avise à tout hasard un regard en direction du couloir d'entrée, sans toutefois espérer quoi que ce soit. J'expire finalement un bon coup avant de prendre le chemin de la salle d'eau. Je crois bien que le gel n'a pas apprécié la soirée, ou quelque chose, et j'ai l'impression d'avoir le crâne si poisseux que je pourrais en récupérer le petit jus pour en faire de l'huile de table.
L'eau coule drue sur ma tête lourde, froide, acceuillante, avant d'aller se perdre dans les méandres de la robinetterie. J'entame un mouvement lent au niveau de l'articulation du cou, prenant soin de glisser mes doigts partout où le produit mélé de sueur aurait pu s'avanturer. Lorsque je referme le robinet et que mon visage se retrouve de nouveau face au miroir, de longues traînées d'eau s'infiltrent déjà en traître sous ma chemise. J'ôte rapidement les boutons du tissu de soie, laisse le vêtement glisser sur mes épaules en l'accompagnant quelque peu de mes mains, avant de le contempler à terre, jisant sur le carrelage en damier en une masse noire et informe.
Vêtu de mon seul pentalon noir, les cheveux toujours parfaitement humides, je me dirige vers ma chambre et pénêtre dans la vaste pièce carrée. Ce que j'ai devant les yeux présente étrangement bien mieux que le lieu que j'avais laissé en hâte ce matin. Sans doute que la nouvelle femme de ménage est passée par là entre temps. Je me demande alors ce qu'elle a bien pu faire de mes sapes de la veille - posées en théorie sur une chaise désormais vide. Je sers les poings, irrité qu'un illustre inconnu s'imisse entre moi et mes fringes. Fouiller la pièce serait une pure perte de temps - je me doute parfaitement du sort qui leur a été reservé – alors je quitte l'endroit, fermant sans doute un peu trop fort. Louise marmonne quelque chose dans son sommeil, à quelques mètres de moi. Je souris, par réflexe.
Je parviens encore à m'inspirer de l'odeur de Camille une fois installé sur la chaise unique de son bureau. Mélange de sueur et de vanille, mélés aux parfums omniprésents de l'espace confiné : menthe poivrée, herbe roulée, encre, vieilles feuilles de papier. Je remarque un long joint en équilibre sur le rebord du cendrier. Ma main gauche semble d'elle-même venir se retirer de derrière ma nuque pour le saisir délicatement entre le pouce et l'index. Je reste là à fixer le bout noirci par le feu, quelques secondes, peut-être plusieurs minutes. J'ouvre finalement l'un des tiroirs du bureau, suivant le même geste que Cam ne manque jamais d'effectuer en ma présence, et dégote sans mal le lourd briquet de métal d'où le visage de Robert Smith semble légèrement se détacher en une imitation de relief. Les premières notes de Inbetween Days forcent le passage de mon cerveau à mon esprit et la voix de Robert accompagne ma première bouffée d'herbe. Sans vouloir y prêter plus d'attention, je laisse retomber le briquet dans le tiroir et viens reposer mon front sur le bord du bureau, le bras gauche ballant, l'autre main callée sur son épaule. Le joint se consume lentement, suspendu entre mes doigts et le sol. Je ferme les yeux et me laisse envahir par la mélodie embaumant mes sens.
C'est étrange cette façon que les chansons ont, en esprit, de s'achever, comme si la plage du CD prenait fin. Je me redresse légèrement, un peu engourdi par les effets que l'herbe ne manque jamais d'avoir sur mon organisme. Ma dernière tire me convaint d'éteindre le joint. J'ai comme la sensation que mon maigre encas de ce midi tente de creuser un passage dans la membrane de mon estomac pour refaire le chemin en sens inverse jusqu'à ma gorge. L'idée même d'avoir à gerber, surtout ici, me révulse, et je ferme obstinément la bouche en penchant légèrement la tête en arrière. Le goût de bile se dissipe peu à peu et les parfums forts de la pièce reprennent finalement le dessus. Je me décide alors à quitter mon siège.
Le verrou de la fenêtre laisse entendre un léger déclic lorsque je le tourne pour goûter l'air extérieur. La nuit a au moins cette faculté de dissiper quelque peu les gaz viciers de la pollution. Ca, ils doivent bien se marrer, les mecs du rural profond, de voir que la capitale en personne, sous la couverture de la nuit; a l'illusion qu'elle respire une atmosphère pure.
Je laisse de côté mon examen mental et visuel pour rejoindre la cuisine dans l'espoir de dénicher une bouteille de coca. Avec un peu de chance, mon stoc ne sera pas encore sec, et je ne me sens pas, vraiment pas, de me lancer un café maintenant.
Par bonheur, trois canettes neuves m'attendent dans le frigo. Je chope deux d'entre elles, m'en cale une sous le bras, puis saisit la dernière avant de refermer d'un léger coup de genou la porte de l'appareil. J'hésite une seconde avant de finalement reprendre la direction de l'antre de Cam et referme derrière moi de la même façon. Des frissons commencent à se former sur mes bras nus lorsque je passe près de la fenêtre demeurée ouverte et je dépose rapidement les canettes sur le sol avant de refermer la vitre et son verrou. Lorsque je me penche pour récupérer l'une des boissons, mon regard se pose sur une pile de feuilles à la stabilité toute relative. Certaines dépassent un peu plus du lot que d'autres, comme si elles avaient été volontairement ainsi déplacées afin de me convaincre de les consulter. Ce à quoi je réponds sans hésitation par la positive. Mes doigts effleurent la surface de la première feuille volante avant de s'en emparer plus franchement, offrant ainsi à mes yeux la possibilité d'en déchiffrer les premiers mots.
L'écriture est de Camille, cette information ne m'étonne en rien. Je comprends sans mal qu'il s'agit d'une esquisse de script, pourtant les premières lignes ne m'évoquent rien. Je repose la feuille sur la moquette avant de m'asseoir en tailleur et de commencer à boire. J'en suis déjà aux trois quarts de la première canette lorsque je reprends ma lecture rapide, passant à la seconde feuille, bientôt aux suivantes.
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