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Titre: il pleut, il pleut, Bérgère...
Auteur: corbeaublanc
Genre: anecdote
Base: ma vie
Disclaimer: je n'en fais pas. (tiens c'est une première!) c'est juste ce quil c'est passé aujourd'hui: mardi 10 août 2004
Il pleut, Il pleut, Bergère...
sans blague, j'avais pas remarqué...
Milieu de la nuit.
Je fais un test sur Hikaru no Go, allez savoir pourquoi.
Le petit héros n'a plus ses mèches blondes mais une horrible coupe de mouton dépressif.
Un bruit sourd et répété me réveille.
Je comprends vaguement qu'il pleut.
Oh, il pleut.
Ma petite soeur est debout, je l'entends qui se recouche à côté de moi.
Ouais, il me pleuvait sur la tronche alors j'ai fermé toutes les fenêtres, et puis je suis allée couvrir le cobaye avant qu'il flotte. » répondit-elle.
Cool, il pleut.
Je me rendors en lui grommelant juste que je rêvais d'Hikaru no Go.
Je me réveille à nouveau.
Emilie, tu dors?
Nan.
C'est quelle heure?
9h05.
Putain.
Je m'étire dans tout les sens, remarque que je suis à l'envers dans mon lit, et remarque aussi qu'il pleut toujours.
Ma chère petite soeur ouvre les volet, c'est le déluge, ça me réjouis.
On entends mon frère qui déjeune en bas, et le chien qui pleure.
Ca doit être le seul Golden-Retriver croisé Braque de Weimar de la terre à s'appeler Roméo et à avoir peur de l'orage.
On decide de descendre, je crève de faim.
Après 15 minutes à gagatiser avec le chien: ooooooh mon toutou, il a peur? Mah faut pas, c'est que de l'orage!! Mah voui, t'es beau...
Je vois le billet que maman à laissé sur la table à notre intention: quelque chose du genre: « debout les zouzous, j'espère que vous êtes bien réveillés parce que du travail vous attend! Aïe Aïe Aïe!! » et toute une liste de chose à faire.
Je frémis: je me tape la lessive à étendre: mon pire cauchemard.
Je jette un coup d'oeil dehors, le déluge continue.
Chouette, je vais pas pouvoir faire sécher le linge, au contraire, vais pouvoir me coller devant mon pc à rien faire.
Nan nan, c'est pas aussi simple: l'étendage est dans le salon...
Merci papa d'y avoir pensé.
Bon, bah... je vais chercher les pincettes alors. Elles sont dehors bien sûr...
Une minute à peine passé sur la terrasse, je suis trempée jusqu'aux os.
Mmm.
Allez, du thé japonais et une grosse tartine de mélasse ramenée exprès de Suisse, et après, on va tenter de survivre parmis les petites culottes et les serviettes de bain.
Pour une raison qui m'échappe, ma tite soeur ouvre la porte qui mène au hangar et pousse un petit cri.
Je vais voir.
Oooooooh la merde, cinq centimètres d'eau dans un bâtiment de 200m². Je sais pas combien ça fait, mais c'est pas la joie.
Ensuite je capte des cartons de déménagement qu'on a pas encore viéd, un an après avoir emménagé.
Les photos... Les vinyls... Les livres... les papiers... Les cassettes... Les DVD...
Je frise la crise de nerfs: et si y avais encore des trucs à moi la dedans?!
Oui c'est égoïste mais bon... j'exagère un peu.
Je laisse un message sur le portable de mon père pour lui annoncer en gros: que c'est la merde, qu'on va sauver tout ce qu'on pourra, et qu'il ne doit pas se noyer entre temps.
Alors avec émil' on empile les caisses sur des palettes de bois, on prends des cartons pour les mettre en sûreté.
Un carton de magazines trempé qui lâche au milieu de la pièce, c'est sympa...
Mon père arrive.
En short et en T-Shirt sur son scooter, avec son casque bleu qui lui fait une tête de mouche spatiale.
Légèrement mouillé, le Pater.
Il vient prendre la voiture.
Après une mini crise cardiaque devant les dégâts, il dit:
Y a qu'une seule solution: faut prendre les balais et pouser l'eau dehors. Je vous laisse, moi j'ai encore des patients.
Et puis il m'explique deux trois trucs à propos du disjoncteur, de la pompe de la piscine, et je comprends la synthèse: on peut pas se doucher ou tirer la chasse, ou y a tout qui saute.
Sympaaaaaaa...
J'appelle mes ouailles, prends trois balais et let's go!!
Balayer l'eau, y a rien de plus barge.
Tu pousse, tu pousse à te faire un claquage de muscles, tu vois apparaître le sol, tu te dis « ouah, plus d'eau! » et cinq secondes après, y a une vague qui déferle sur toi et engloutit à nouveau tout ton travail.
Au bout de deux heures (il est midi et je viens de finir), on voit apparaître ses doigts de pieds peint en noir, on se répète pour la énième fois « ouais c'est bon là », le grand frère répond pour la énième fois « y en a encore un peu là ».
Finalement on arrête.
On ruisselle de sueur.
On s'installe devant le PC même si on est tout crade, on inspecte ses mains: rouges et douloureuses.
Je sais pas pourquoi je m'obstine à écrire « on », puisque c'est de moi qu'il s'agit.
Le contre-coup de mon dédoublement de personnalité.
J'ouvre la fenêtre et écrit ce présent ouvrage.
C'est pompeux, « ouvrage ».
On repense à ce qu'on a fait: balayer n'importe comment pour gicler le plus possible ses frangins et entendre « mais arrêteuh!! »
Je regarde dehors, y a un peu de vent, mais il fait beau.
J'essuie la sueur de mon visage et me dit: putain, comme j'aimerais qu'il pleuve...
Mouahaha, c'est masain comme pensée, mais je regarde mon frère patauger dans la boue pour ramasser les objets que la tempête à fait s'envoler.
Il est en pyjama et en tong dans un terrain argileux, c'est trop drôle.
Moi je me prélasse, normal, je ne fous rien et je ne compte pas changer.
Il faut que j'écrive Shuya maintenant.
Et là, j'entends:
Shûûûû!! Il faut étendre la lessive!!