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paradiZe
Chapitre 23 – Gabriel
Leur arrivée au paraDis fur pour le moins troublante. Si Gabriel finit par accepter son sort, il n’en était pas de même pour Gabriel. Il resta muet, insensible aux sons extérieurs et immobile. Il était vivant mais sa conscience semblait morte.
On confia sa garde à son frère et on leur attribua une chambre commune afin qu’il puisse surveiller l’évolution de l’état de son frère. On lui confia une arme et on l’assigna à l’entrainement afin qu’il développe ses facultés et découvre avec le temps son pouvoir. Il se révéla vite un épéiste exceptionnel. Il ressentait une petite sensation de manque vis-à-vis de son arme, comme si elle ne lui convenait pas parfaitement. Mais il n’en fit pas grand cas. En effet, on ne l’enverrait pas au front pour le moment. Sa seule mission pour les mois à venir était de rester au chevet de son frère. De nombreux anges possédant des pouvoirs liés à l’esprit tentèrent de pénétrer sa conscience pour comprendre ce qui se passait, mais aucun ne put déceler ce qui clochait.
« Je ne comprends pas, lui confia l’un d’eux. Tout fonctionne. Rien n’explique qu’il soit dans cet état. Son esprit est fonctionnel mais on dirait qu’il attend. Quoi, ça, je ne sais pas. Mais tout porte à croire que quand ce déclencheur se présentera à lui, il reprendra le cours de son existence là où il l’a laissé. »
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Il tenta de se promener avec lui dans l’enceinte du paraDis, afin de chercher ce « déclencheur », mais rien n’y fit.
Néanmoins, une nuit, environ deux mois après leur arrivée, ils se redressèrent tous les deux brusquement dans leur lit.
« J’ai quelque chose à faire !
- Moi aussi ! »
Son frère ! Le déclencheur avait eu lieu !
« Gadriel, tu…
- Oui. Je crois qu’on a tous les deux quelque chose qui nous appelle. Je le sens en toi. On aura tout le temps de parler après, tu ne crois pas ?
- Oui, tu as raison. »
Ils revêtirent leur tunique et partirent chacun dans une direction opposée. Gabriel courut vers la salle de la Sphère du Défunt. Gael, le gardien de celle-ci, s’y trouvait déjà.
« Qu’est-ce que tu fais là ?
- La Sphère… Elle panique.
- Comment ça, elle panique ? Ce n’est qu’un artéfact !
- Oui, mais il n’empêche qu’elle panique. Il y a plein de gens qui arrivent d’un coup et elle sent que quelque chose ne va pas. »
Intrigué, Gael alla dans la salle de réception où arrivaient les défunts choisis pour monter au paraDis. Il en était arrivé dix, puis il en arriva cinq autres, puis quinze… Il se passait définitivement quelque chose. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre.
« Ils veulent nous déstabiliser ! En tuant plein de gens foncièrement bons, ils veulent semer la panique. Ils savent qu’on maîtrise mal la Sphère et que des fois, je n’arrive pas à la canaliser et que cela rend les gens fous de revoir leur mort. En nous envoyant plein de nouveaux soldats, ils nous font un cadeau empoisonné. Sur un si gros pourcentage de nouveaux arrivants, il y aura forcément un nombre important d’entre eux qui ne supporteront pas de revivre leur trépas. Et ce sera la panique. Avec en plus le tumulte causé par le départ d’Anabel pour récupérer la Pierre de l’Âme, les tensions sont palpables. Il ne manque que peu de choses pour qu’il y ait une rébellion interne… »
Il réfléchit quelques instants.
« Samael, garde-les ici. Je ne pourrai pas tous les aider avec la Sphère. Il faut que je parle au chef. Il se retourna et sursauta en se retrouvant nez à nez avec Gabriel.
« Moi, je peux tous les aider.
- Mais-Mais… La Sphère ne doit jamais sortir de la salle !
- Pourquoi ?
- Euh… Elle ne doit pas sortir, c’est tout !
- Est-ce que la pièce dans laquelle elle se trouve la rend plus efficace ?
- Non.
- Est-ce que ça la protège d’un vol ?
- Qu’elle soit ici ou là-bas, cela change-t-il quelque chose ?
- Non.
- Alors, laisse-moi essayer quelque chose, veux-tu ? »
Dépassé, il accepta. Samael calma les arrivants puis Gabriel entra en scène. Il posa la sphère au centre de la salle et leur demanda de spontanément se mettre deux par deux, en choisissant une personne qui leur inspirait confiance, quelqu’un qui, même s’ils ne la connaissaient ni d’Eve ni d’Adam, leur semblaient être une personne à qui ils pourraient parler s’ils en avaient besoin. Ils s’exécutèrent. Le nombre étant impair, il se joignit à un jeune enfant. Il devait avoir dix ans, tout comme lui quand sa triste destinée s’était mise en marche. Il leur expliqua ensuite ce qu’allait faire la Sphère s’il la touchait. Il n’était pas obligé de le faire, mais quoiqu’ils choisissent, il leur demanda de rester auprès de la personne qu’ils avaient choisie, de lui tenir la main et de la réconforter si l’expérience qu’elle vivait était trop traumatique. Ceux qui le souhaitaient s’exécutèrent et tout se passa pour le mieux. Il y eut des cris, il y eut des larmes, mais chacun surmonta cette épreuve grâce à celui qui était à ses côtés. Le petit garçon s’appelait Thomas et il ne comprenait pas bien.
« Ça veut dire quoi « être mort » ?
- C’est une grande question, ça ! Ça veut dire que tu ne vis plus sur le Terre, et que tu es monté au ciel.
- Comme mon petit frère ?
- Oui, comme ton petit frère.
- Mais comment je suis mort ?
- Si tu veux le savoir, il faut toucher cet objet. Mais comme tu vois, ça peut te faire pleurer et te rendre triste. Si tu ne veux pas, tu n’es pas obligé. Personne ne sera fâché.
- Je… Je veux savoir. Mais pour être sûr, je veux que tu le fasses avant, monsieur Gabriel. »
Il n’avait pas d’autres choix que d’accepter. Il ne souhaitait pas revivre sa mort mais si cela permettait à un enfant d’accepter la sienne, il le ferait. Il mit donc sa main sur l’artefact et revit le moment où celui qu’il appelait à présent démon avait fait exploser son cœur. Il vit cet étrange phénomène qui s’était produit au moment de la sélection. Et là, il comprit d’où venait cette attraction pour la pierre. Il avait pu emmener son frère avec lui au paraDis par sa volonté de mourant. Sa mort était un élément clé dans sa nouvelle vie. Il avait eu du pouvoir sur cet instant, voilà pourquoi à présent, il avait du pouvoir sur cet engin magique qui permettait de revivre ce moment cruel et douloureux. Il la toucherait de nouveau. Peut-être pourrait-il faire durer l’instant et découvrir qui était ce démon.
« Voilà, je l’ai fait.
- Tu pleures, monsieur Gabriel.
- Ah bon ? »
Les larmes coulaient toutes seules. Ils ne pouvaient pas les retenir mais en même temps, elle ne le gênait pas le moins du monde. Il était enfin libre de ce fardeau qu’avait été sa vie. Il pleura de plus belle. Le garçon, inquiet, se mit debout sur les genoux de l’ange qui était assis en tailleur afin d’être au même niveau que lui et le serra dans ses bras.
« Ça va ?
- Oui, ça va très bien.
Tu veux bien me tenir la main quand je vais toucher la pierre ? J’ai un peu peur !
- Bien sûr. Tu sais ? C’est normal d’avoir peur. Il ne faut pas essayer d’empêcher ce sentiment d’exister. Mais il ne faut pas non plus le laisser t’envahir.
- J’ai rien compris, monsieur Gabriel… »
L’ange se mit à rire, comme bon nombre de gens présents dans la pièce. Rassuré par cette bonne humeur, Thomas toucha la pierre. Il revit des choses terribles mais il les surmonta grâce à Gabriel. Gael s’éclipsa. Il devait rédiger sa lettre de retrait de son poste. Il recommanda chaudement Gabriel en le qualifiant de « véritable maître de la Sphère du Défunt ».
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Parmi les gens qui étaient arrivés, on pouvait compter un certain Raziel. Fou de rage et de colère mais aussi d’excitation, il tenait là sa revanche.
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Le soir même, on tambourina à sa porte.
« Grand frère !! C’est moi, Haziel ! »
Encore cette manifestation de son esprit !
« Non, va-t-en. Tu m’as dit toi-même que tu n’étais qu’un moyen de mon esprit pour me réconforter de ta mort ! Disparais !
- Grand frère, tu crois que si j’étais ton esprit, je prendrai la peine de frapper à la porte. Ouvre, c’est moi ! Je suis un ange moi aussi ! »
Il n’osait y croire mais il alla quand même ouvrir la porte. Il demanda à quelqu’un dans le couloir s’il le voyait.
« Ben bien sûr ! Quelle question !
- C’est vraiment toi, Haziel ?
- Ben oui ! »
Il le serra dans ses bras. Il était tel qu’il l’avait abandonné quand il était mort. Par sa faute. Un corps d’enfant, mais l’esprit de quelqu’un qui avait déjà passé plusieurs dizaines d’années au paraDis. Bien des choses avaient changé entre eux, notamment le corps de Raziel qui avait vieilli et l’esprit d’Haziel qui n’était plus celui d’un enfant. Pourtant, en ce qui concerne ce dernier, on l’avait souvent traité comme un enfant du fait de son apparence, ce qui avait fait qu’il n’avait pas subi développement psychologique d’une personne qui aurait vécu soixante-trois ans en vieillissant. Aussi, retrouver un frère avec un corps d’homme d’âge mur qui ressemblait tant à ce père qui lui avait tant fait défaut instaura une étrange relation entre eux. Haziel but les paroles de son frère et Raziel s’occupa de cet enfant comme si c’était le sien. Un rapport d’autorité s’installa entre eux. Haziel écoutait Raziel et Raziel convainquit Haziel. Il le convainquit que Gabriel et Gadriel étaient mauvais et qu’il fallait les éliminer.
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Gabriel courait un dératé jusqu’aux portes du paraDis. Quelque chose était en train de se passer et il devait être là, c’est tout ce qu’il savait. Quelque chose de dangereux mais quelque chose qui était important pour lui. Il sentait aussi confusément des émotions. De l’excitation, da la douleur, de l’inquiétude… Comme les émotions qu’il avait ressenties chez Gabriel quand il était sorti de cet état second dans lequel il se trouvait. Donc, s’il avait ressenti ce que son frère ressentait, ces sensations qui l’envahissaient à présent n’étaient pas les siennes. Il réfléchit quelques secondes, se concentra et demanda aux gardes postés à l’intérieur devant les portes qui était la personne qui arrivait et pourquoi quelqu’un dormait de l’autre côté de la porte.
« Comment tu peux savoir que quelqu’un arrive ? Et puis d’abord, comment… Féniel ?! cria-t-il pour être entendu de l’autre côté de la porte. FÉNIEL !!
- Quoi ?! On peut pas dormir tranquille ? Oh… Qu’est-ce qu’il y a ? »
L’ange qui avait réveillé Féniel était déjà extrêmement surpris de découvrir en même temps que Gadriel ce pouvoir étrange qu’il avait mais il continua pour que tous deux confirment leur impression. Il avait compris que l’ange découvrait son pouvoir et il espérait ainsi pouvoir l’aider à le cerner.
« Est-ce qu’il y a quelqu’un qui arrive ?
- Ouais, il est encore loin mais ça s’annonce très bon pour nous !
- Attends, n’en dis pas plus ! Toi, là, euh…
- Gadriel.
- Est-ce que tu sens autre chose ? Je sais pas comment tu fais mais tu devrais pouvoir trouver la réponse en moi ou ailleurs.
- Je sens de l’excitation chez les gens dehors. Je sens chez vous de l’interrogation, probablement parce que vous ne voyez pas dehors. Et sur cette personne qui arrive, je sens une grande douleur… Et de la gêne…
- Je crois qu’on tient notre nouvel empathe, Féniel !
- Ah ouais ?! Ben fallait bien remplacer Joel. »
On daigna ensuite enfin lui expliquer. Son pouvoir était l’empathie. Jamais deux anges ne pouvaient avoir le même pouvoir. Ils pouvaient avoir des pouvoirs se ressemblant beaucoup mais jamais une faculté complètement identique. Depuis la mort de Joel, le dernier ange à avoir reçu le pouvoir d’empathie, on attendait son successeur car ce pouvoir était un atout majeur lors des combats.
Ensuite, en ce qui concernait le tumulte créé par la personne qui arrivait, c’était simple. L’ange Anabel revenait de l’enFer où il était parti voler un artéfact qui pourrait changer la donne dans la lutte entre les deux camps. Gadriel n’était pas très au fait de la vie après la vie étant donné qu’il était resté fermé sur lui-même durant deux mois. Il n’était pas beaucoup sorti de la chambre lors de ses rares promenades avec son frère mais Gabriel lui avait raconté tout ce qu’il faisait. Il connaissait donc quelques petites choses mais cela s’arrêtait là.
Quand Féniel le lui demanda, le garde aux côtés de Gadriel ouvrit les portes du paraDis. Anabel entra, un sac de toile dans les mains. Il le laissa tomber avant de s’écrouler mollement sur celui-ci. De la fumée s’éleva de son corps. Instinctivement, Gadriel l’éloigna du sac qu’il prit dans ses mains.
« Ça va, euh… Anabel ?
- Je… vais mourir. Lothor m’a empoisonné. Rapprochez-vous. »
Les quelques anges présents à l’intérieur se massèrent autour de lui.
« Donnez-lui la pierre. Il peut… La toucher… »
Ses dernières paroles furent pour son peuple. Le temps de réaliser qu’il était mort et ils se tournèrent vers celui qui tenait toujours le sac et son contenu dans sa main.
« J’ai fait quelque chose de mal ? »
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« Les artéfacts de l’enFer ne peuvent pas être touchés par les anges. Au mieux, ils les brûlent. Au pire, il les tue ou les rendent fous… Auquel cas, il faut les abattre, ce qui conduit au même résultat. Il y a fort à parier que la Pierre de l’Âme a accéléré la mort d’Anabel.
- Et pourquoi elle ne me fait rien ? Est-ce qu’elle me tue sans que je m’en rende compte ? Comment savoir si elle ne me rend pas fou ?
- Je ne pense pas, expliqua l’ange. Nous avons une croyance parmi les anges qui veut que les anges sur le point de mourir aient une sorte de révélation quant au futur. Et il semblerait qu’Anabel en ait eu une à ton sujet. Il nous a dit de te confier la Pierre. Je pense que cela vaut la peine d’y prêter attention, non ?
- Je ne sais pas. À quoi sert-elle ?
- Ce n’est pas très clair mais il semblerait qu’elle soit lié à un rituel quand un démon arrive en enFer. Les quelques démons que l’on a réussi à interroger et qui ont livré des informations avant de mourir nous ont révélé que celui qui pouvait la manier pouvait lire dans l’âme d’un autre ange et le révéler à lui-même.
- Si ça, c’est pas vague…
- Tu m’en diras tant… Mais reconnais que ton pouvoir d’empathie irait fort bien de pair avec cette pierre.
- C’est vrai. Mais il y a toujours ce risque que j’en meurs… Ou que vous soyez obligés de me tuer.
- Je ne le nie pas. Et jamais on ne te forcera à t’en servir contre ton gré. De toute façon, le simple fait que l’enFer ne l’ait plus leur met de sérieux bâtons dans les roues. »
Gadriel réfléchit quelques instants puis avoua que cette pierre l’intriguait. S’il avait été attiré vers les portes du paraDis et par extension vers elle comme son frère avait été attiré vers la sphère, il y avait sûrement une raison. Il acceptait donc de se voir confier la Pierre. Il demanda par contre qu’on lui attribue une chambre où il serait seul afin que son frère ne soit affecté si la Pierre devait se révéler néfaste. Il exigea aussi qu’on évacue les chambres autour e la sienne dans la mesure du possible au cas où le rayon d’influence de la Pierre soit élevé. Mais il avait dit cela pour la forme. Ce qui l’intéressait, c’était que son frère soit protégé.
Restait à trouver à quoi elle servait.
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Gabriel était donc devenu le gardien et maître de la Sphère. Cela faisait à présent déjà cent ans qu’il avait un poste au paraDis. Il tenta de convaincre son frère de toucher les Sphère mais celui-ci refusa catégoriquement. Il n’insista pas. Pourtant, au fond de lui, il sentait qu’un jour, il devrait la toucher et revivre ce moment. Peut-être même devrait-il le forcer.
Il n’irait donc pas au front. Cela le dérangeait un peu car après avoir touché de nouveau la Sphère, il avait pu faire durer le moment de sa mort et voir le démon qui s’était nommé comme étant Bélial parler dans la vide à son seigneur Valefor. Il se renseigna dans les archives de la bibliothèque et découvrit que Valefor faisait partie d’un groupe de démons que la paraDis avait nommé les « Collecteurs ». Ils étaient chargés de choisir des personnes avides de pouvoir et de les pousser au vice pour en faire des êtres foncièrement mauvais qui seraient ensuite des proies de choix lors de la sélection. C’était donc sûrement ce qu’il avait tenté de faire sur Gadriel. Cela expliquait pourquoi leur vie n’avait été qu’une succession de malheurs. Mais pourtant, il n’était pas prédisposé au mal… Peut-être était-ce pour cette raison que cela n’avait pas fonctionné… Non, cela avait fonctionné. Ce n’était que parce que la plume qui s’était déposée sur son corps avait chassé la main noire qu’il était monté au paraDis…
Mais alors… Gabriel ne pouvait accepter cette terrible vérité. Il n’en parla à personne et décida d’une chose : tuer Valefor afin que, tout pouvoir qu’il puisse avoir sur Gadriel, il disparaisse avec sa mort.
Il demanda une entrevue avec le chef actuel du paraDis.
« Je n’irai pas par quatre chemins. Grâce à la Sphère, j’ai découvert que c’est le démon Valefor qui a ruiné nos vies à mon frère et à moi.
- Et tu veux le tuer pour apaiser votre cœur à toi et à ton frère ?
- Oui.
- Tu es conscient que si tu meurs, la Sphère n’aura plus de gardien digne de ce nom ?
- Si vous refusez, je n’occuperai plus mon poste. Et je dirai à mon frère de faire de même. Ainsi, jamais on ne saura à quoi sert la Pierre de l’Âme. Et les manœuvres de déstabilisation comme celle que j’ai déjouée ébranleront le paraDis à chaque fois qu’elles surviendront. Combien de temps avant une émeute ? »
Le chef du paraDis n’était plus celui qui avait été si conciliant avec Gadriel. Mort au combat, son remplaçant était beaucoup moins tolérant et faisait de la guerre une priorité. Il avait fait voter des lois lui conférant des pouvoirs sur les anges étant à des postes importants, comme Gabriel. Mais c’était sans compter sur une mutinerie. Le chef, Daniel, grogna et, après avoir marmonné quelques injures dans sa barbe, déclara :
« Tu partiras dans trente-six heures. Des espions iront repérer où il se trouve. Pendant ce temps, on t’attribuera deux coéquipiers. Maintenant, disparais. »
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Le destin voulut qu’on lui attribuât deux frères comme coéquipiers : Haziel, un ange guérisseur et Raziel, son frère. Devant la porte de la salle de transport qui permettait d’aller sur Terre, Gadriel les attendait.
« Tu comptais y aller sans moi ?
- Je pensais que tu ne voulais pas le revoir… Que ce serait trop dur de…
- De quoi ? De l’affronter ? Je suis plus ce gamin fragile qui a regardé sa mère mourir ! Ça suffit cette attitude du « je te protège, tu me protèges » ! On doit affronter ce qui nous fait mal et nous effraie et arrêter de mettre notre vie en suspens pour l’autre. Et puis avec mon empathie, on pourra prédire ses mouvements avant qu’il attaque. Tiens, d’ailleurs, on va commencer avec ses gardes qui veulent m’empêcher d’y aller !
- Halte, Gadriel ! On vous a interdit de partir pour cette mission, vous le savez ! Vous devez rester pour étudier la Pierre de l’Âme ! On ne peut pas se permettre de vous perdre.
- Prends ton épée, je vais te guider ! lui ordonna l’empathe. »
Il obéit et se laissa guider. À gauche, à droite. Bloquer, attaquer, désarmer, tordre le bras, assommer. Les trois gardes furent neutralisés sans difficultés. Idem à l’intérieur pour mettre hors d’état de nuire l’ange qui gardait le dispositif de transport.
« Vous êtes prêts ? demanda-t-il aux deux personnes qui les accompagnaient.
- O… Oui… »
Les tuer ne serait pas tâche aisée, pensa Raziel.
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Gadriel ne semblait pas se souvenir qui étaient les deux personnes qui les accompagnaient. Ne souhaitant pas raviver les douloureux souvenirs de leurs jours heureux où ils jouaient sans se soucier de l’avenir avec leurs amis, Gabriel ne dit rien.
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Ils ne souvenaient même pas d’eux. Tant mieux. Cela rendrait la tâche plus facile pour Haziel qui était plus enclin au doute.
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Le combat eut lieu. Il dura en tout et pour tous trois minutes, sans compter les cinq minutes pour se débarrasser de la garde de Valefor. Gabriel le désarma en un rien de temps, après quoi il lui planta son épée dans l’épaule.
« Tu te débrouilles bien, Gadriel. Ton frère fait un beau pantin entre tes mains. Avec moi, tu aurais pu te faire une jolie collection de poupées à manipuler. Et tu aurais pu les saigner, comme j’ai fait saigner ta mère par cet homme. Je suis sûr que tu sens encore le sang de cet ange sur ton visage. Allez, viens vers moi. »
Gadriel s’exécuta et vint se planter devant lui.
« Je savais bien que mon plan avait réussi. Tu te cachais, voilà t… »
Il lui administra un violent coup de genou dans l’estomac, puis enchaina avec une série de coups au visage jusqu’à ce qu’il soit tellement tuméfié qu’il ne lui permette plus de parler. Puis il tendit son bras et fit un signe derrière lui. Gabriel lui lança son épée. Une fois l’arme en main, il mit le démon sur le dos d’un coup de pied et lui transperça le cœur. Il ne fit pas de grand discours, juste un :
« Meurs. »
Après quoi Valefor devint poussière et disparut Dieu sait où dans les entrailles de la Terre.
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Haziel était convaincu. Cet homme qu’il avait aimé et adulé était un véritable monstre. Et son frère qui le suivait aveuglément ne valait pas mieux. Il n’avait plus aucun doute. Il saisit son arme et…
… Son frère l’arrêta. Il fit non de la tête.
« Ils sont trop forts. On ne peut pas les vaincre maintenant, lui murmura-t-il. Il faut qu’on s’entraine. »
Haziel serra les dents et remit son arme en place. Il attendrait, lui aussi.
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Gabriel non plus n’était plus en proie au doute. Son frère venait de lui prouver qu’il n’avait rien d’un démon. Il aurait pu les trahir cent fois durant cette mission et il n’en avait rien fait. Il était fier de lui. Il ne leur restait plus qu’à subir la colère ridiculement exagérée de Daniel… Gadriel et Gabriel étaient assurés de ne plus remettre les pieds hors du paraDis avant un changement de tyran…
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« On est attaqués ! Ils sont aux portes du paraDis ! »
Un homme paniqué passait dans les couloirs en hurlant ces mots. On l’arrêta vite pour le calmer. Un mouvement de panique leur serait fat ale, c’était sûr. En cas d’attaque de ce genre, Daniel avait fait voter des lois qui stipulaient qu’une attaque directe du paraDis instaurait un niveau de danger tel que toute personne jugée apte pouvait être appelée à participer au combat. Étrangement, ce fut le cas de Gadriel.
« Tu resteras dans l’enceinte du paraDis. Danael utilisera son pouvoir qui lui permet de voir à travers la matière. Ainsi, tu pourras suivre le combat qui se tiendra devant les murailles. Tu donneras des ordres d’attaque à un ange se trouvant près des portes et Kariel les transmettra à cette personne grâce à ses pouvoirs mentaux. S’il meurt, choisis-en un autre tout de suite. Ne réfléchis pas sauf si tu le connais et que tu sais que c’est un bon combattant. Compris ?
- O… Oui. »
Gadriel s’exécuta. Il aurait bien aimé que son frère soit là mais on lui avait interdit de quitter sa salle. Si les rangs angéliques étaient décimés et que de nouveaux anges faisaient leur apparition, ils pourraient être forcés de les envoyer se battre.
« Se faire massacrer, plutôt, pensa Gadriel. Cheveux noirs frisés. Dague à gauche. Esquive. Non, ça marche pas, y’a trop de décalage. Kariel, tu peux lire dans les pensées ?
- Non, juste suggérer ses mouvements à une autre personne.
- Et quelqu’un peut lire dans les pensées ici ?
- Oui. Tarael. Mais il est déjà dehors.
- Oui, il est sûrement mieux là. Ça va pas ce plan ! Le temps que je dise quoi faire et que tu le transmettes, le coup à déjà eu lieu. Qui a eu cette idée de merde ?
- Moi-même, lança Daniel dans son dos.
- Je comprends mieux comment une telle attaque a pu avoir lieu, maintenant. Réactivité inexistante. C’est un massacre dehors ! Regarde l’ange que j’ai tenté de guider, il est perdu. Ça se voit qu’il ne sait pas se battre. Du coup, maintenant, il se repose sur mes ordres et il attend en se défendant. Voilà, il est mort. C’est pas la bonne manière d’utiliser mes pouvoirs ! Il y a sûrement une meilleure solution. »
Les yeux de Gadriel virèrent au rouge l’espace d’une seconde, ce qui fit reculer Daniel. Puis l’empathe sortit la Pierre de l’Âme de sous sa tunique. Il la prit dans les mains et une vive lumière s’en dégagea. Quand elle s’estompa, ses habits avaient changé. Vêtu à présent d’une tunique semblable à celle d’un religieux, il portait également une sorte de bâton de marche à sa ceinture. Il était pointu au bout et l’endroit par lequel on le tenait était renflé pour épouser la forme de la main quand on le tenait.
« Je sais ce que c’est…
- Moi aussi. C’est un bâton, commenta Daniel, sarcastique. La Pierre de l’Âme sert donc à produire du petit bois ? Magnifique ! On va pouvoir se chauffer…
- Non, imbécile. C’est un bâton magique. Il me renseigne sur ce qui vient de se passer quand j’ai touché la Pierre. C’est pour ça que je n’arrivais à rien depuis deux-cent cinquante ans. Je ne devais pas chercher à la dompter ou même à m’en servir moi-même, mais plutôt à la stabiliser. Maintenant, tout le monde devrait pouvoir la toucher. Je peux te demander de la toucher, Daniel ?
- Je ne suis plus un imbécile ?
- Non, juste un cobaye.
- Tu sais que tes yeux sont devenus rouges avant que tu te « transformes » ? l’informa le chef.
- C’était ça le mouvement de recul, alors. Bon, tu la touches ou pas ?
- Qu’est-ce qui me dit qu’elle ne t’a pas ensorcelé ? Je vais peut-être mourir en la touchant.
- Il faudra bien essayer de s’en servir un jour, non ? Et c’est une tâche qui revient au chef, il me semble. À moins que tu veuilles jouer un peu plus les tyrans et désigner une victime pour la tester à ta place? »
Il grommela, tapa du poing dans les murailles, laissant son pouvoir faire une large marque dans celles-ci puis la toucha. Même lumière mais résultat différent. Daniel se retrouva revêtu d’une lourde armure à laquelle pendait un fourreau.
« Ton pouvoir, c’est bien d’augmenter ta force physique comme la grosse brute tyrannique que tu es ? demanda Gadriel, profitant du fait qu’il était en position de supériorité pour se moquer de lui.
- … … Oui.
- Donc, cette armure un peu lourde ne doit pas beaucoup te gêner ?
- Non. Enfin, un peu quand même.
- Prends ton épée en main, maintenant… Voilà. Cours maintenant…
- C’est pas possible, je me sens tout léger.
- L’épée, quand tu la tiens en main, allège ton corps, ce qui fait que ton pouvoir qui augmente ta masse musculaire pour augmenter ta force ainsi que ta nouvelle armure ne seront pas une gêne. Tu pourras te déplacer à ta guise sur le champ de bataille.
- C’est incroyable. »
Il s’approcha de Gadriel et le serra dans ses bras.
« Merci. Grâce à toi, je vais pouvoir protéger mon peuple. »
Il se rendit compte de ce qu’il venait de faire et lâcha vivement Gadriel. Il leva ensuite son épée au ciel et cria :
« Non, nous allons tous pouvoir protéger les nôtres !
- Oui ! crièrent les anges présents. »
Voir leur chef agir comme il venait de le faire avec Gadriel puis rallier les troupes par ses mots changea beaucoup de choses. Pour la première fois, ils le reconnurent réellement come leur chef et non plus comme une montagne de muscles arrivé à ce poste par accident.
On répandit la nouvelle dans le paraDis et, très vite, de nombreux anges arrivèrent en trombe pour prendre part au combat. La stratégie était simple : armer le plus d’anges possibles pour les envoyer se battre, permettant ainsi aux autres de rentrer faire de même et choisir ou non d’y retourner.
Gabriel n’en fit pas partie car il faisait face à une nouvelle vague d’arrivée de nouveaux anges visant à les déstabiliser. Gadriel se dit que, quand le combat serait terminé, il serait le premier qu’il irait voir pour lui faire profiter de son nouveau don.
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« C’est un arc qui n’a pas besoin de flèches. Il utilise les particules en suspension dans l’air pour créer des flèches ou bien les matériaux à disposition autour de toi. Ne démonte pas les murailles pour te faire des flèches ! Quel est ton pouvoir ?
- Contrôler le vent. Tu ne peux pas le deviner avec ton bâton magique ?
- Non. C’est le point faible de mon arme. Mais n’oublie pas que pour moi comme pour toi, ton point faible n’en est un que si tu en décides ainsi. Ton pouvoir sur le vent peut notamment influer sur la vitesse des flèches que tu enverras. Tu peux en faire une force. »
Les anges défilaient. Utiliser son pouvoir à répétition le fatiguait énormément mais l’adrénaline l’aidait à tenir.
« Tu peux contrôler la trajectoire de ta lance quand tu la lances. Avec ton pouvoir de déplacer les objets par la pensée, tu pourras aussi dévier les coups qu’on te portera. À toi les brochettes de démons ! »
« C’est une lame ardente. N’importe quelle arme qui n’a pas expressément un pouvoir contraire à la tienne fondra quand elle croisera le fer avec la tienne. Tu devrais faire équipe avec cette ange, son arme et la tienne se complèteront. »
Le plan se déroula à merveille. Ils ouvrirent les portes et envoyèrent les anges fraichement équipés au combat. Un petit groupe resta derrière la porte afin de la défendre au cas où un démon parviendrait à entrer. Sur le champ de bataille, les nouveaux arrivants firent discrètement passer le message à ceux qui se battaient de rentrer. Petit à petit, ceux-ci se replièrent près de la porte.
« C’est bon ! Ouvrez la porte ! »
Gadriel confirma qu’il n’y avait aucun démon camouflé parmi eux. Ils entrèrent. Après les explications de rigueur, il commença à les armer. Après le dixième, il tomba inconscient.
« Dans la mesure où il n’a pas pu tous vous armer, changement de directives. Que ceux qui ont été armés par Gadriel retournent au front, excepté trois personnes qui resteront là. Les autres, qui n’ont pas reçus de nouvelles armes, vous soutiendrez les trois qui restent ici. »
Après ces directives, Daniel prit Gadriel dans ses bras et le porta jusqu’à sa chambre.
« Si je n’avais pas interdit tout contact amoureux, je t’embrasserai… lança-t-il à mi-chemin.
- Ah oui ? s’étonna Gabriel qui revenait de la salle d’arrivée des nouveaux anges avec la Sphère.
- Euh… Je… »
Il se savait plus où se mettre.
« Tu t’es occupé de tous les nouveaux ? demanda-t-il d’un ton sec.
- Oui.
- Alors, va veiller ton frère.
- Très bien. »
Daniel déposa l’ange aux cheveux blancs dans sa chambre puis il partit. Dans le couloir, Gabriel l’interpela :
« Daniel ?
- Quoi ?
- Tu sais, rien ne me ferait plus plaisir que de voir Gadriel heureux avec toi. Je ne pense pas qu’il soit prêt à aimer quelqu’un, et il ne le sera peut-être jamais, mais si c’était le cas, j’aimerais que ce soit quelqu’un comme toi : un peu bourru mais avec de l’amour à revendre.
- Je… Je dois y aller… »
oOo
Daniel amorça un changement dans les lois. Il n’aurait sûrement pas lieu avant un siècle ou deux, mais avec un peu de chance, il serait encore vivant quand les anges pourraient s’aimer librement.
oOo
Quand il se réveilla, Gadriel n’avait qu’une idée en tête. Et il refusa de retourner se reposer tant que son frère n’eut pas touché la Pierre. Quand son frère fut recouvert d’une armure à laquelle pendaient deux fourreaux, il s’étonna :
« C’est étrange : ton pouvoir, ton arme et ton travail avec la Sphère ne se complètent pas.
- Pourquoi ?
- Ben, tu es un guerrier. Tes deux épées peuvent se joindre via les pommeaux pour former une seule arme, un peu plus courte et beaucoup plus légère. Mais quel rapport avec la télépathie et la Sphère ? Est-ce que la Pierre se serait trompé ?
- Non, je ne pense pas. Je crois comprendre. J’utilise parfois mon pouvoir de télépathie quand les gens ont très peur. Je murmure des paroles de réconfort dans leur esprit. Comme ils paniquent souvent un peu, ils prennent ses voix pour la leur et cela les rassure. Et je pense qu’à présent quand ils verront un guerrier qui les accueille, cela pourra les aider à se sentir en sécurité.
- C’est un peu tiré par les cheveux…
- Peut-être, mais ce qui est sûr, c’est que nos pouvoirs se complètent, eux… Un empathe et un télépathe sur un champ de bataille, ça ferait des ravages.
- C’est vrai.
- Enfin, avant qu’on nous envoie sur un champ de bataille…
- C’est vrai aussi… »
oOo
Les années, où plutôt les siècles passèrent. Il arriva une certaine Micha, devenue ensuite Michael. Un vrai danger avec son arc, mais un bon fond. Elle réserverait sûrement bien des surprises. Puis vint ce jour où un certain Miguel débarqua chez lui. Un lien se tissa de suite entre eux quand il utilisa la Pierre. Des rapports ambigües en naquirent, que Miguel méprit pour de l’amour alors que ce n’était qu’une forte amitié que la différence d’âge rapprochait d’une relation paternelle. C’était le genre de relation dont on ne sortait pas facilement et qui faisait mal aux deux parties. On était sans cesse tentés d’y céder, surtout lorsqu’on était vulnérables.
Et ça, Gadriel l’avait senti et s’était tout de suite senti menacé. Aussi, quand on envoya Miguel travailler avec lui, il fit bien en sorte de faire qu’il ne reste pas. Et il y arriva parfaitement. Avec son pouvoir, il était facile de lui faire peur et de lui donner envie de partir en se servant de ses émotions. Quand Miguel venait parler à Gabriel, il tentait toujours de trouver une raison pour les éloigner. Son frère le voyait très bien, mais il faisait son possible pour céder tantôt à l’un, tantôt à l’autre car il savait à quel point les deux anges avaient besoin de lui. Il n’avait socialisé avec personne au paraDis, et s’enfermait chaque jour un peu plus dans cette relation triangulaire malsaine. Chacun s’imaginait seul et se rendait compte des bêtises qu’il pourrait faire si cela arrivait. Alors, il continuait à avancer avec les deux autres, tant bien que mal.
oOo
Puis IL arriva, et tout bascula. Tout changea avec lui. Babibel/Babel, Miguel, son frère, Michael, Lox et lui, furent pris dans un tourbillon dont la fin était déjà connue. Comment ils y parviendraient, ça, nul ne le savait.
Il se savait qu’une chose : leur cercle relationnel était à double tranchant : soit ils les sauveraient, soit ils les tueraient.
oOo
Quand Gabriel se réveilla ce matin-là, il avait rêvé de son passé toute la nuit. Les rêves déformant la réalité, il était troublé parce les liens étranges qu’avaient tissés son esprit. Il se retourna pour observer son frère et trouva un enfant d’une dizaine d’années assis en tailleur sur le lit à la place de son frère.
« Haziel ? Je suis encore en train de rêver ?
- Dis monsieur le méchant, pourquoi tu m’as tué ? »
Gabriel vit du sang sur les draps. Les traces allaient jusqu’à la porte de sa chambre. Il les suivit tout en revêtant son armure. Quelque chose n’allait pas. Les traces le conduisirent jusqu’au salon où il vit son frère allongé sur le canapé, inconscient, un homme avec une lance pointée sur son cœur au-dessus de lui.
« Ne t’inquiète pas, tu vas le rejoindre bientôt. »
TBC
Ah, ben, celui-là, y me plait déjà mieux ! Je suis content d’avoir pu le faire se dérouler au paraDis et de pouvoir en raconter un peu plus cet endroit qui est quand même resté bien mystérieux jusqu’à présent. Je me suis souvent demandé si j’aurais pas lu laisser l’histoire se passer au paraDis, mais j’avais peur qu’elle ressemble à la fic de Luciel dont j’ai mangé le nom. Et puis, bon, faut pas avoir de regrets. Ma fic est bourré de défauts, elle est impubliable mais de toutes mes histoires, c’est celle que je préfère !
Sinon, le prochain chapitre sera orienté action, vu que les quatre derniers n’était pas très violent ! Et bien sûr, même sans vous le dire, vous devinez qui sera mis en avant !
Ah, je suis impatient d’écrire un certain chapitre…
C’est tout.
Miguel