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Musique de fond : Within Temptation, Mother Heart (me suis enfin mise à ce truc bizarre).
Prélude :
Himitsu : Et un peu de suite pour éclairer la lanterne des rares fous qui se sont obstinés jusque là.
Choset : le 1er reviewer gagne.. le droit de dire ce qu'il pense au fond de lui (passage en mode Freud).
Old Baby
Un bruit régulier.. lent, aigu.. J'entend ! J'ouvre la bouche et réalise en même temps que j'en ai une et que je respire. L'air a un goût détestable. Sur ma peau quelque chose de rêche entrave mes mouvements.. J'ai un corps !
Je m'immobilise alors que des pas précipités se rapprochent. Le bruit qui suit les battements de mon c?ur arrête de faire des bonds et se calme presque trop vite.
Comment va-t-elle ?
Il y a un bruit de tâtonnements à côté de moi.
certainement mieux qu'en arrivant ici. Mademoiselle ?
C'est une formule de politesse, on me témoigne du respect.. La terreur me saisit, mais je sais la contenir. Si je ne le fais pas, on s'en charge pour moi. Ils m'enferment quand ils craignent que je ne m'échappe.. Le respect a toujours été pour moi la marque la plus évidente et la plus feinte de mon statut. Il représente la vérité chaque fois affirmée que ma vie ne m'appartenait pas et que mon sacrifice était inévitable, prévu et approuvé par tous. J'étais née pour mourir.
Ils ont remarqué les sursauts de mon c?ur. Qu'il est bon de le sentir me réchauffer. La peur recule, je me déplie de la position que je ne me rappelle pas avoir prise.
Chut, tout est fini, tu es en sécurité maintenant, chantonne la voix de la personne qui a passé un bras autour de mes épaules.
Quelqu'un me touche.. Personne n'osait m'effleurer comme si j'avais été contagieuse. On m'a offert le luxe et la vénération pour « compenser », mais jamais on ne m'avait traitée en être humain.
J'ouvre les yeux. Il est temps d'avoir confirmation de ce que me laissent deviner mes paupières. Je veux sortir du noir.
La femme qui me tient croise mon regard, elle sursaute. Je n'ai pas besoin de me regarder dans un miroir pour savoir pourquoi. Je l'ai déjà fait à m'en rendre malade de rage. Les iris sont d'un gris bleuté trop clair et des traces marines donnent l'impression d'une pupille éclatée en une étoile sombre. Marquée par les prêtres, marquée par le culte et les drogues.. Mes yeux ne sont que la particularité la plus visible de ce que je suis devenue.
La femme lance un regard interrogateur à celui qui semble détenir l'autorité. Il hausse les épales, perplexe. Il déplace un doigt devant mes yeux, je le surveille jusqu'à ce qu'il se lasse.
Elle ne semble pas en souffrir ni être aveugle Marianne, nous pousserons les tests plus tard. Je crois que nous avons d'autres problèmes plus urgents.
Ils me fixent tous les deux.. « Bien sûr que je vous écoute » voudrais-je leur dire, mais ma voix est comme un membre dont j'aurais oublié l'usage. Je ne sais même plus sourire. Je me contente de leur rendre leur regard, autant dire que je gagne le concours haut la main. Les « Yeux d'Abîme » ne sont pas la chose la plus rassurante au monde, et je ne fais rien pour arranger la chose.
Docteur, il va bientôt falloir les déplacer, l'opération ne peut plus attendre..
Oui Marianne. Jeune fille, tu vas devoir te tenir tranquille, ton camarade a besoin de soins et comme nous ne pouvons pas vous séparer, tu sera emmenée au bloc, dans une salle voisine ça devrait aller.
Je fronce un sourcil en signe d'incompréhension puis j'acquiesce quand même. Le médecin tire un rideau qui dissimulait un autre lit. Un autre groupe barbare d'appareils bipent à son chevet, exactement au même rythme que le mien.
Himitsu : ma 2e fic en « je », c'est crevant !
Choset : sûr que t'as beaucoup plus l'habitude du « nous ».. vv
La Foule : review, plii ii ii ii ii zeu