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Je dédie ceci à ma tendre amie Ève qui a pleuré avec moi et qui m'a soutenu lors de cette fameuse soirée, lorsque tu es revenu me hanter…
Mes larmes inondaient déjà chaque parcelle de mon visage, mon corps se soulevaient saccadé par les sanglots qui sortaient de ma gorge. J'aurais tant voulut que tout s'arrête, que tout soit effacé, mais je n'avais plus conscience du temps. Pourtant, dans mon fort intérieur, je ne comprenais pas pourquoi ton être me terrorisait tant, me forçant à me culpabiliser. Malgré les larmes, malgré les promesses, malgré les réconforts et les fleurs, tu me hantais toujours.
Je ne t'en veux pas.
Je veux te dire adieu pour de bon.
Mais, je ne le peux, je ne m'autorise pas à le faire. Ce serait comme me trahir, renier ma conscience, moi. Certes, cela fait un an que tu as dit merci à la vie, mais je ne t'ai toujours pas oublié.
Ma mère m'a prié de le faire, le jour même où je t'ai vu dans ton cercueil. Bien sûr, tout le monde me consolait, disait qu'il comprenait ma peine. Mais ils me mentaient tous…Ils ne pouvaient pas savoir quelle haine me rongeait de l'intérieur, quelle culpabilité se posait sur mes épaules…Je m'étais senti tellement faible, tellement lâche alors que je pensais tout au contraire…J'ai essayé d'être forte, de ne pas m'abattre et de continuer de vivre normalement…Mais tu m'en empêchais…
Je ne sais plus ce que je dis, ce que je pense. Ton visage déchire mon esprit, défait les barrières que je me suis construites contre toi. Malgré cela, tu sembles ne pas comprendre…
Pourquoi m'en ferais-je pour toi? Tu m'as abandonné! Tu m'as laissé, sans le moindre recours, qu'une seule lettre destinée à me réconforter.
Comme je t'ai haït! Sache-le cousine! Retourne dans ta tombe et restes-y! Si tu m'aimais tant, pourquoi n'es-tu resté? Pourquoi n'as-tu pas demandé de l'aide?
J'ai trop pleuré pour toi.
Mais je ne t'en veux pas.
Je suis désolé, des millions de fois tu m'entendras le répété et dusses-je le comprendre, mon être me défend de le faire. Je me culpabilise de t'avoir oublié, de n'avoir eu aucune pensée pour toi, ce jour-là, quand le septième mois à sonné…
J'étais si heureuse dans ma joie, de voir mes efforts récompensés enfin pour le travail accompli! Cette pièce, ç'avait été ma vie, de longues heures auxquelles je me suis dévoué corps et âme pour atteindre la perfection! Mais alors que je fêtais, tu es revenu, comme une chimère, m'épuisant de toutes mes forces. Alors, mon sourire s'est perdu dans les images de ton enterrement et mes pensées se sont rappelé la ridicule lettre d'excuse que tu as érigé avant de faire ta chute… Et que celui ou celle qui dirige notre piètre existence m'attende! J'ai pleuré pour ton âme, j'ai prié pour toi, je t'ai supplié, jusqu'à la dernière de mes larmes.
Pourquoi, hantise que tu es, reviens épuiser ton seul espoir? Pourquoi moi?
Je suis si désolé, je ne t'en veux pas.
Mais, va-t-en, laisser-moi vivre. Abandonne ta quête, sois en paix, c'est ce que je souhaite. Dis-moi adieu. Le temps n'efface pas les choses, certes, mais laisse mon âme hors de toute tourmente.
Je ne te dois rien, tu me dois tout. Laisse les vivants en vouloir aux morts et non les morts en vouloir aux vivants. Sache que je ne t'en veux pas, sois en paix, je t'aime.
Adieu.