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Un (e), Deux, Trois ...
Un(e)
Elle s'appelait Émilie, son nom de famille n'a aucune importance, elle avait alors quinze ans et des rêves plein la tête.
C'était une jolie jeune fille, avec de longs cheveux châtains foncés aux beaux reflets roux et des yeux couleur bronze. Sa silhouette était svelte et musclée, elle avait la taille fine et une jolie poitrine, ni trop petite, ni trop grosse, haute et ferme. Elle était néanmoins petite, juste une petit mètre soixante, mais comme aurait dit Thomas : « Ce n'est pas la taille qui compte ... ».
Qui était Thomas ?
Thomas Reis ou Tom, était l'homme de ma vie.
Qui suis-je ?
On m'appelle Mamie maintenant, mais lorsque j'avais quinze ans j'étais Émilie.
J'avais donc quinze ans à l'époque et comme toutes les filles de mon âge je rêvais au grand amour...
Mes expériences étaient maigres de ce coté là. J'avais donné mon premier baiser à treize ans et il est parti avec ma meilleure amie deux jours après. A quatorze ans ça a duré la temps d'une boum et puis c'est tout. Depuis, le vide sidéral, pas un mec pour me faire vibrer, jusqu'à ce que je le rencontre.
Je venais de rentrer en seconde, il s'appelait Thomas et il était beau comme un dieu. C'est simple la première fois que je l'ai vu, je n'ai pu détacher mon regard du sien et je me suis prise la porte battante de la cantine, ce qui le fit beaucoup rire, moi nettement moins.
Rouge comme une pivoine, j'ai pris mon plateau et je suis allée m'assoir le plus loin possible de lui et ses copains, mais pas trop loin quand même parce que je voulais le voir.
Thomas, un mètre quatre vingt, des cheveux brun mi long, un peau de lait (même si ça se dit pas pour les garçons) et des yeux... parmi les plus beaux qu'il m'eut été donné de voir.
Comment les décrirent ?
Il avait de longs cils qui lui donnait un regard de biche (je sais, je sais on dit pas ça pour les garçons mais regardez une biche et vous verrez ses yeux), un regard perçant et pénettrant avec un telle douceur dans le fond. Un regard qui vous fait fondre dés qu'il se pose sur vous, un regard d'un bleu transparent, presque irréel, qui reflétait la couleur du ciel ...
Bref, vous avez compris qu'il était vraiment mignon et craquant selon mon vocabulaire de l'époque. Nous étions toutes folles de lui au lycée, mais Thomas lui, se sentait plus proche des garçons, d'un certains Nicolas d'ailleurs. Ils étaient discrets bien sûr et si je ne les avais pas surpris ce matin là, en allant en cours, je ne m'en serais sûrement pas rendu compte.
Mais voilà, je les avais vu et mon univers s'en trouva ébranlé. Loin d'être une amoureuse transis, j'avais sympathisé avec le garçon de mes rêves et nous étions même bon ami. J'avais cru jusqu'alors que ce pourrait aller plus loin mais je devais m'être trompée...
Pourtant, je ne voulais pas y croire. Je voulais ce garçon et j'étais décidée à l'avoir, je n'avais pas d'autres objectifs. Ce que je ressentais pour lui, je ne l'avais ressenti pour personne d'autre et comme toutes les filles de quinze ans, je pensais ne le ressentir pour aucun autre et plus jamais.
J'ai attendu un an. Un an pendant lequel je n'ai rencontré aucun autre garçon, pendant lequel je l'ai regardé fricoter avec ce Nicolas que je ne pouvais pas blairer.
Qu'est ce qu'il pouvait bien lui trouver ?
Pas une seule seconde, dans mon rôle de folle amoureuse, je n'ai pensé que Thomas ne pouvait s'intéresser à une fille. Pour moi, il testait. Il avait simplement commencé par les garçons mais comme je le savais curieux, je me disais qu'il en viendrait bien à essayer les filles ... Débile non ? (un peu quand même).
J'étais sur un nuage, je vivais dans un autre monde. Je me levais le matin pour le voir la journée. Les week-end étaient des enfers, les vacances souvent proche de la fin du monde...
Mes parents ne virent rien, ne comprenaient rien...
Bref, j'ai attendu un an.
En première, les choses se sont un peu précipitées, d'abord parce que je me suis retrouvée dans sa classe et ensuite parce que Nicolas est allé voir ailleurs, laissant mon homme dans un désespoir proche du suicide.
Il était vraiment accro... et moi aussi.
Je suis restée près de lui, je l'écoutais, le consolais, le faisais rire parfois. Il a passé ses colères et ses nerfs sur moi et nous maudissions ce Nicolas, en brûlant ses photos. J'avais même fait une petite poupée vaudou...
En fin de compte, nous étions tous les deux désespérés et nous devions donc bien nous retrouver un jour.
Ce jour arriva six mois après sa rupture avec Nicolas. Thomas vint chez moi pour préparer un devoir d'anglais. Nous sommes montés dans ma chambre, c'était la première fois qu'un garçon rentrait dans mon univers et j'étais à la fois excitée et terrorisée.
Il est entré et a regardé tout autour de lui. Je fis de même retenant mon souffle au cas où traînerait la petite culotte qui ferait de ce moment le plus horrible de ma vie...
Pas de petite culotte, juste mon Mr Nours, un gros ours en peluche avec lequel j'avais pris l'habitude de dormir.
- Ainsi voici l'homme avec qui tu partages tes nuits ! me dit-il
Je lui souris, (il ne tenait qu'à lui de changer ça me disais-je), mais je ne dit rien.
- Et ce gentleman à un nom ?
- Mr Nours dis-je, veux tu faire ton exposé d'anglais sur ma peluche ?
- S'il me raconte tes rêves pourquoi pas ? me dit il avec un regard que je ne lui connaissais pas.
Mon coeur fit un bon dans ma poitrine. Il me drague là c'est pas possible ! Il me drague mon Dieu ! Il faut que j'appelle ... Mais la seule personne que je voulais appeler pour lui dire ce qui m'arrivais était justement assise sur mon lit, étudiant encore mon ours de près.
- Hé ! il a même une poche, c'est pour mettre des préservatifs ?
Je deviens toute rouge, parce que justement, cette pensée m'avait déjà effleuré l'esprit. La poche de Mr Nours était au début une cachette à bonbon, puis à sous, mais maintenant, je ne mangeais plus de bonbon (ligne oblige) et l'augmentation de mon argent de poche avait rendu la cachette trop étroite.
- Thomas, lui dis-je, arrêtes de te moquer de moi !
Il se leva et se rapprocha de moi.
- Je ne me moque pas de toi Emi ...
Il était maintenant tout prés de moi, j'avais du mal à respirer et mon coeur battait trop vite, trop fort. Était-ce là le moment que j'avais toujours espéré, toujours rêvé ?
Il se pencha sur moi et déposa un tendre baiser sur mes lèvres tremblantes.
- Tu as froid ? me demanda-t-il alors que je ne pu réprimer un frisson.
- Un peu oui, mentis-je
Troublée plus que je ne voulais le paraître, j'essayais de me ressaisir. Et comme toujours dans ces moments là on dit ce qui vous passe par le tête et c'est jamais le bon truc.
- Tu n'aimes plus les garçons ?
Même encore aujourd'hui je me demande pourquoi je lui ai demandé ça. L'homme de mes rêves, que j'ai attendu pendant un an, qui était pratiquement inaccessible venait de m'embrasser et moi je lui demandais s'il n'aimait plus les garçons ... La question devait être posée. Ce devait être écrit quelque part... Un mauvais génie sans aucun doute...
Il me regarda légèrement surpris, puis me sourit et dit avec un air étonné.
- Tu n'en ai pas un ?
Je l'ai regardé avec de gros yeux.
- Pardon ? dis-je n'ayant absolument pas comprit qu'il se foutait de moi.
Voyant ma tête, il explosa littéralement de rire en s'effondrant sur mon lit.
Il venait de me vexer profondément, je ne savais pas exactement pourquoi, mais je me suis demandée s'il ne se moquait pas de moi. Alors sans réfléchir, je me suis précipitée sur lui, je lui ai plaqué les épaules sur le lit et l'ai embrassé avec force et désespoir.
Au début, il fut très surpris, mais il ne me repoussa pas. Alors je tentais une timide langue sur ses lèvres qui s'entrouvrirent pour que je puisse rencontrer sa langue. Nous nous sommes embrassés pendant un long moment, je n'arrivais pas à hotter mes lèvres des siennes, j'en voulais toujours plus. Puis tout à coup, il me repoussa.
- Oh doucement jeune fille, je n'ai pas l'habitude d'être pris de force !
Je le regardais un peu gêné.
- Je suis désolée balbutionnais-je, je sais pas ce qui m'a pris excuse moi ...
Il m'a regardé en souriant puis c'est levé.
- Ou ah ! si j'avais su que je pouvais faire autant d'effet à une fille j'aurais peut être du commencer plus tôt !
- Parce que je suis la première ? dis-je surprise
Il me tourna le dos et fit mine de chercher quelque chose sur mon bureau avant d'ajouter tout doucement
- La première et la seule.