|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Auteur : Astrée :
Titre : Interlude pour quatre
Note de Astrée : cette histoire m’est inspirée d’un fait réel qui m’a fait sourire bêtement dans le train. Cet évènement et une réflexion personnelle de ma part m’a donné envie d’écrire cette courte histoire.
De tout et de rien nous discutions, dans ce métro bondé où les inconnus le temps d’un voyage, trouvent leur histoire mêlée à celle de tant d’autre. La notre était là, modeste histoire où rire et larmes s’étaient succédés. De temps en temps, dans le brouhaha des voyageurs et le bruit des machines, tu glissais un mot à mon oreille et un sourire ourlait nos lèvres complices.
Dans trois stations nous serons chez nous. Mais nous devons encore attendre. Le métro s’arrête, ouvre ses portes, vomi ses passagers avant d’en avaler boulimiquement de nouveaux.
C’est alors que je les vois qui montent. L’un est grand, blond, les yeux... je ne me souviens plus de leur couleur mais ils semblaient doux. Il est mince dans son trench-coat noir. L’autre est plus petit avec une masse épineuse de cheveux noirs. Vêtements passe-partout, silouhette anodine. Un mouvement de sa tête me montre qu’il est asiatique.
Je les fixe.
Je te les montre.
Tu souris et me dit qu’ils sont mignons.
J’approuve évidemment et nous continuons de les observer. Les mains de l’asiatique restent plongées profondément dans ses poches. Celles du blond sont nonchalamment posées autour de la barre poisseuse du métro. Il se penche vers son ami que je ne vois que de dos et lui parle. La réponse le fit sourire. Un sourire qui illumine ses yeux et creuse des fossettes dans ses joues un peu juvéniles. En le voyant ainsi, je ne peux pas empêcher mes lèvres de s’étirer.
Ce regard qu’il lui lance, on ne l’a pas envers n’importe qui, pas même un ami. Je tends l’oreille pour essayer de capturer une bribe de conversation. Les yeux levés sur le détail de la ligne, ils semblent commenter le trajet qui leur reste à faire.
Le métro s’arrête.
Tu me dis que je suis d’une curiosité maladive.
Je le sais.
J’entends le blond dire quelque chose dans un éclat de voix amusé à son compagnon. De l’anglais.
Je me perds en divagations et fantasmes. Deux étudiants étrangers que tout séparent et qui se retrouvent à Paris.
Alors que chacun se tait, le grand blond semble un peu s’ennuyer tandis que le trajet s’éternise. Pour attirer l’attention de l’asiatique, il lui souffle sur les cheveux. Je les vois les mèches noires voleter dans l’air lourd du métro et une pommette remonter. Impossible de ne pas deviner son sourire qui se reflète par mimétisme sur le visage du blond.
On ne fait pas ça ave n’importe qui.
Je me tourne vers toi et te raconte tout. Tu as tout vu bien sûr et à présent, tu me souffles sur le visage. Je sens ton souffle chaud, ton haleine caféinée. Un petit rire franchie ma gorge et remet une mèche de cheveux en place en tirant affectueusement sur ton écharpe.
Le prochain arrêt est le notre et je me tourne vers les deux hommes qui avaient éveillé notre curiosité. Je croise le regard du blond et vois l’asiatique tourner la tête vers son compagnon.
Ils nous ont vu eux aussi et tout comme nous précédemment, ont observé nos gestes témoignant notre affection.
Le blond me sourit, complice.
Lui aussi sait ce que ça fait.
Je lui rends son sourire.
Parce que nous savons qu’il est dur de montrer que l’on s’aime lorsqu’on est pareil.
FIN
Vous avez aimé cette histoire ? N’hésitez pas à aller jeter un coup d’œil à mes autres écrits et à me laisser des reviews. Peu de gens en poste et c’est bien regrettable ! Faites moi part de vos réactions sur mes modestes écrits, ça fait tellement plaisir !