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La suite, qui attend l'update depuis un certain temps...enfin le 1er chapitre n'a pas déclenché de réaction, même pas une tite review...pour ceux qui lisent en silence : bonne lecture !
PS : c'est tout qu'est à moi ;-) (comment çà je me répète ?)
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Un frisson puis des tremblements s’emparent d’elle.
Zombie, elle se dirige d’un pas mécanique vers sa chambre et se glisse sous les draps glacés.
Le sommeil l’évitait soigneusement, comme un félin en cage, passant et repassant devant le voile de ses paupières. Toujours et encore des images d’elle…elle se sentait misérable de ne pouvoir l’oublier…de ne pouvoir réagir comme il aurait fallu…de n’avoir rien vu. Les sanglots l’étranglèrent à nouveau. Repliée dans son grand lit vide, elle attendit que Morphée la délivre des larmes et de la douleur dans laquelle elle baignait depuis son départ. Et Morphée se fit attendre avant de l’emporter, dans des rêves sulfureux qui blessaient toujours plus son âme.
Cette nuit là, celle de leur…de sa première fois, tout semblait tendre, doux, voluptueux. Elle l’avait rêvée ainsi. Leurs courbes s’épousaient parfaitement, le temps semblait s’être arrêté pour elles, dans ce grand lit aux draps de soie. Ses mains parcouraient le corps de la belle inconnue qu’elle avait rencontrée au bar, savourant la douceur de sa peau. Le visage enfouit dans la cascade couleur ébène de la belle, elle se laissait aller, poussée sur les marches du septième ciel par ses caresses et ses mots doux murmurés au creux de son oreille…
Je t’aime…Elle se réveilla en sursaut. Il était quatre heure du matin, l’aube se levait, et ce n’était qu’un rêve. Il faisait froid dans la chambre et dehors le ciel était gris…triste journée en perspective. Elle éprouvait l’envie de fuir, loin, très loin d’ici, loin d’elle…tant qu’elle le pouvait encore. Mais c’était impossible. On a beau le fuir, un jour ou l’autre le passé vient réclamer son compte… Encore une de ses sentences…peut-être son passé l’avait-elle rejoint…pour mieux détruire son présent et le futur qui s’ouvrait pour elles deux…Il fallait se lever, maintenant, et continuer, coûte que coûte. Elle quitta donc le lit et se glissa sous une douche tiède, avant de laver le café qui n’avait pas encore imbibé le sol du salon…une tâche marron demeurait, insensible aux frottements…un tapis dessus et il n’y paraîtrait plus.
Dehors, la pluie s’était calmée et une éclaircie semblait approcher de la ville.
Un bruit derrière la porte d’entrée, une sorte de grattement attira son attention. Elle alla ouvrir celle-ci et une chose s’introduisit en courant dans l’appartement. Une petite chose blanche qui courut vers la cuisine. Un chaton. Interloquée, elle repoussa la porte et se dirigea vers le lieu de fuite du chaton. Il était assit au milieu de la pièce, et la regarda entrer avant de s’approcher du frigidaire et de se frotter en ronronnant à la porte de celui-ci. Il semblait assez maigre. Elle le prit dans ses bras et ouvrit la porte du frigidaire, pour y prendre du lait. Une coupelle dans le placard du dessus, un peu de lait versé et le chat blanc se jeta dessus. En quelques secondes le liquide avait disparu et le petit miaulait…mais il n’y avait pas de croquettes ici. Un morceau de pain humidifié ave le lait et des morceaux de poulet froid pouvaient faire l’affaire. Et apparemment il s’en contenta, se remplissant l’estomac jusqu’à ressembler à un petit tonneau. Après quoi elle le déposa sur le sofa du salon, où il s’assoupit en quelques instants. Qu’allait-elle faire de lui ?
Elle verrait cela en rentrant. Pour l’instant elle était en retard. Elle lui prépara de quoi manger pour la journée et un bac avec du sable trouvé dans un sac en guise de litière puis s’en alla en refermant la porte à clef.
Un cour trajet en métro vers la bibliothèque où elle arriva avec une heure de retard. Le soleil montrait timidement sa présence à travers le couvert nuageux et la chaussée séchait lentement dans la rue de celle-ci. Devant l’entrée se tenait quelqu’un. Un homme. En se rapprochant elle vit qu’il s’agissait à nouveau du voisin pianiste. Elle arriva devant l’entrée, lui fit poliment un signe de la tête et ouvrit la bibliothèque. Le jeune homme disparut dans les rayons et elle l’oublia. Ce soir elle devait fermer tôt pour passer à l’épicerie, acheter des croquettes pour la petite créature qui s’était invitée chez elle ce matin. Aujourd’hui il lui fallait répertorier une partie des livres, ceux qui ne l’avaient pas été depuis des années, dans la partie poésie. Plus personne n’en lisait…elle trouvait cela dommage car sans la poésie c’est une partie de la culture qui s’évapore…une part de chacun.
Enfin…elle ne pouvait pas changer les habitudes de lecture de chacun…juste les siennes. En ce moment les polar battaient tous les records d’emprunts…l’homme aime les histoires qui finissent dans le sang et les pleurs…çà n’était pas le cas avant, selon la vieille mademoiselle qui dirigeait cette bibliothèque. Elle se plongea dans ces réflexions sur les passions humaines pendant quelques heures, tout en rangeant avec de la patience et un certain automatisme les livres rendus abandonnés par sa collègue sur le plan de travail.
Midi passa, un sandwich, puis quatre heure, un thé pour éviter le café…quand cinq heure sonnèrent au clocher le plus proche, elle rangea ses cours de biologie marine dans son sac et fit un rapide tour des rayons pour s’assurer qu’il ne restait personne avant de fermer.
Mais effectivement il restait quelqu’un. Le voisin, qui s’était apparemment assoupi sur le livre qu’il lisait. Son torse se soulevait doucement au rythme de sa respiration, apaisée par le sommeil. Elle s’approcha et le réveilla doucement. Il releva la tête, un air de chat endormi sur le visage. La confusion l’envahi subitement lorsqu’elle l’informa de l’heure et le rouge lui monta aux joues. Elle souri et lui laissa quelques minutes pour rassembler ses esprits et ses affaires. Il emprunta un livre…de poésie et sorti rapidement en excusant du retard qu’il lui avait causé. Elle lui répondit que ce n’était rien. Elle éteignit les lumières et sorti, fermant à double tour la porte d’entrée.
Il l’attendait en bas de la volée de marches. Il lui proposa de l’accompagner sur le chemin du retour puisqu’ils étaient voisins. Elle accepta, pensive. Ils prirent le métro et s’arrêtèrent à l’épicerie voisine de leur bâtiment. Ils se séparèrent devant sa porte et il sembla vouloir formuler quelque chose mais n’osa pas et pris congé d’un signe de la main. Elle rentra et se fit assaillir par la petite chose blanche comme neige qui englouti une demi boîte de pâté avant de se traîner jusqu’au sofa, pour se rendormir…ronronnant comme une vieille cafetière. Elle lui mit quelques croquettes et du lait dans des coupelles au sol pour qu’il puisse se restaurer sans son aide durant la nuit.
Le répondeur clignotait. Un message de sa sœur, qui passerait le lendemain, dimanche, pour l’emmener faire une ballade en campagne. Pourquoi pas…prendre l’air était important en ce moment. Un deuxième message, de la faculté, lui demandant de se rendre au secrétariat le lundi suivant pour justifier de deux jours d’absences, les deux autres étant vides au niveau planning.
Rien de bien inquiétant. Elle se prépara un repas rapide et s’installa sur le sofa devant le téléviseur pour les infos du soir…attentats, politiciens véreux, destruction de la couche d’ozone…un programme joyeux orchestré par l’humanité.