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Auteur : Astrée
Titre : La Cage Dorée
Genre : Conte
Disclamer : Cette histoire et ses personnages m’appartiennent dans leur intégralité. Toute ressemblance avec des personnes déjà existantes ne sera que fortuite.
Il était une fois une princesse qui vivait dans un lointain royaume. Elle était jolie et les princes du monde entier venaient de tous les pays les bras chargés de présents tous plus beaux les uns que les autres.
Un jour, un prince arriva au palais de la princesse, les mains dans les poches et l’air désinvolte. Tous les autres se moquèrent de lui, pouffant derrière leur main que le prince n’avait aucune chance avec la princesse.
Mais sous les yeux de tous, le prince sortit de sa poche une masse écarlate et palpitante qui émettait une douce chaleur qui brûlant un peu les doigts quand on la serrait un peu trop, et la donna à la princesse.
Subjuguée par ce cadeau hors du commun, la princesse succomba au prince et celui-ci fit d’elle sa reine.
Il l’emmena dans son château et l’entoura de tout son amour. Souvent, il la prenait dans ses bras en lui disant tout bas qu’elle était comme un fragile petit oiseau qu’il se devait de protéger. Alors la princesse lui souriait et posait ses lèvres sur le front tiède du prince.
Ils vécurent heureux plusieurs semaines, plusieurs mois, plusieurs années. Le prince ne cessait de dire à sa princesse qu’il l’aimait, la couvrait de mille et un bijoux, lui faisait parvenir les plus belles robes des quatre coins du monde et servait à sa table les mets les plus délicats qu’on puisse mijoter.
Mais rapidement, la princesse commença à en avoir marre. Elle s’ennuyait. Elle en avait assez de pousser les mêmes exclamations de surprise à la vue des somptueux présents de son prince.
Elle alla donc le voir pour lui dire qu’elle s’ennuyait et qu’elle voulait voir du pays. A cette annonce, le prince sembla prit d’une terrifiante peur irraisonnée. Il supplia sa princesse de renoncer à cette idée, prétextant que dehors, c’était dangereux.
La princesse céda et le prince en fut rassuré. Il lui promit qu’un jour, il l’emmènerait dehors, en lui passant la main sur le jour avant de la prendre dans ses bras pour lui murmurer qu’il ne voudrait pas qu’il arrive malheur à son précieux oiseau.
Mais le prince ne tint jamais parole, remettant tout le temps au lendemain le jour de sa promenade à l’extérieur avec la princesse.
Agacée, celle-ci décida de faire venir ses amis et sa famille de son royaume dans le palais de son prince, histoire de faire passer son ennui.
Quand le prince vit la princesse rire et danser au milieu de tout ce monde sans poser un seul regard sur lui, il entra dans une colère noire et renvoya chez eux tous les invités. Avant même qu’elle ait pu dire quoi que ce soit, le prince se mit à déverser tout le venin camouflé dans sa langue acérée sur le dos des incités de sa princesse, les accusant de la corrompre, les accusant de la salir, de l’abîmer.
Quand il eut terminé son monologue pendant lequel la princesse n’avait cessé d’encaisser chacune des attaques, la colère bouillonnait en elle et même les larmes que versait le prince à genoux devant elle ne parvinrent à la calmer. Elle laissa son prince seul alors qu’il la suppliait de ne pas partir.
Le lendemain matin, la princesse avait décidé de mettre les choses au point avec le prince et voulu quitter ses appartements pour rejoindre ceux de son époux. Elle soupçonnait ce dernier d’avoir pleurer toute la nuit et s’en voulait un peu de l’avoir laisser tout seul.
Mais quelle ne fut pas sa surprise quand en voulant tourner la poignée de la porte, elle se rendit comte que celle-ci était fermée à clef.
Elle essaya alors toutes les autres portes. Sans succès. Elles étaient toutes closes et la princesse se retrouva enfermée dans sa luxueuse suite.
Comme elle ne voulait pas restée cloîtrée, elle appela à l’aide, elle appela son prince pour qu’il vienne lui ouvrir.
Le soir venu, elle n’avait plus du tout de voix. Ce fut le moment que choisit le prince pour se manifester. Comme par magie, il était entré dans la chambre e se tenait devant sa princesse. On aurait dit qu’il avait vieillit de dix ans tant il avait les traits tirés, le visage osseux, les yeux bouffis par les larmes et les cheveux encadrant mollement ses joues.
D’une voix monocorde et tremblante, il lui dit qu’il ne pouvait pas la laisser partir, que s’il faisait ça, elle serait comme un fragile oiseau exotique et elle ne retrouverait jamais le chemin du retour. Sans doute ne voudrait-elle même pas faire d’effort.
Elle voulut lui dire que non, mais sa voix était éteinte à force d’avoir trop crier.
Il ajouta qu’il ne pouvait pas vivre sans elle, qu’il devait la garder toujours près de lui, comme un élixir de vie.
Tout en se regardant en chien de faillance, il se remit à pleurer à gros bouillons, avant de s’en aller tout en répétant qu’il l’aimait, qu’il l’aimait à en mourir.
Quand il fut partit, la princesse se mit à fouiller sa chambre de font en comble. Au bout d’un long moment, quand toutes ses robes furent entassées au sol, que tous ses bijoux furent jetés aux quatre coins de la pièce, elle trouva au fond d’un tiroir ce qu’elle cherchait :
Le cœur chaud et palpitant que lui avait jadis offert le prince.
Elle ne put le garder longtemps dans sa main car celui-ci était glacé. Tellement glacé que ses doigts se retrouvèrent engourdit. Il n’était plus palpitant. Il n’était plus écarlate : il était à présent noir comme le charbon et dévoré par la démence et la jalousie.
La princesse regarda longuement ce cœur amer. Pendant la nuit, elle se confectionna une corde à l’aide de draps et de robe. Et au petit matin, alors que tout le monde dormait encore, elle ouvrit une fenêtre et s’échappa de sa prison dorée.
Et elle ne revint jamais.
Le prince quant à lui, se laisse dépérir, passant ses journée à appeler sa princesse devant la porte de ses appartements, désespérant de n’avoir de réponse, ne sachant pas que sa princesse était partie.
Tous deux finirent par mourir sans avoir de nouvelles l’un de l’autre, seuls.
A vouloir garder son amour dans une cage dorée, on finit par le perdre. Et je dois vous confier quelque chose. Car le prince de cette triste histoire, c’était moi.
FIN