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Author: Miyuse
Fiction Rated: T - French - Romance/Poetry - Reviews: 7 - Published: 01-24-05 - Updated: 01-24-05 - Complete - id:1815750

Titre : Point de Chute.

Auteur : Lial, point trop n’en faut.

Disclaimer : J’ai emprunté Nola et son amour pour Lial à Shim’ke (joyeux anniversaire mon p’tit !).

Genre : Huhu, fantastique yaoi, dans une école avec deux bishou répondants aux doux noms de Lial (qui non, n'est pas mon incarnation cough enfin, pas tout à fait coughcough) et Nola.

Avertissement : Où l’expression “ tomber amoureux ” prend tout son sens.

Point de chute

Lial était fatigué. Épuisé. Depuis son arrivée dans ce pensionnat pour garçons, il ne dormait plus, ses nuits étant sans cesse troublées par un éternel cauchemar. Toujours le même. Il se retrouvait coincé dans une pièce circulaire, sans porte ni fenêtres. Jamais le moindre faisceau lumineux. Le jeune garçon avait beau taper du pied contre les murs, les frapper, crier, hurler, rien n’y faisait. La pièce restait désespérément vide. Jusqu’à ce que le sol s’effondre. Et là, c’était une chute sans fin. Sa seule chance d’en sortir résidait en une créature ailée – peut-être était-ce un ange ? – qui le retenait par la main, de justesse, avant que son corps ne percute le sol.

Nola, compagnon de chambre de Lial et d’un an son aîné, assistait chaque nuit à la même scène. Son cadet s’agitait dans le lit, se débattait, criait, … Pour finalement se calmer lorsqu’il s’approchait de lui et passait doucement une main sur son front.

« - Là, là… C’est fini, calme-toi. »

Comme s’il lui obéissait, Lial arrêtait de remuer, retrouvant un sommeil paisible. Lorsqu’il se réveillait le matin, il ne se souvenait jamais de la main salvatrice, sa mémoire se concentrant principalement sur la chute et l’échappée fatidique qui devait en résulter.

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Lorsque Lial se réveilla ce matin-là, il se sentait particulièrement oppressé. Les murs de sa chambre lui paraissaient se rapprocher de plus en plus, lui coupant l’air, le faisant suffoquer. Il chercha Nola des yeux, paniqué, mais ne le trouva pas. Il se dirigea d’un pas rapide vers la salle de bain, et, une fois la douche atteinte, il se glissa dedans. Sans même s’être déshabiller entièrement, il commença à faire couler l’eau glacée, la laissant purifier son corps, lui permettre de recouvrer l’air qui lui manquait tant. Il resta ainsi une bonne dizaine de minutes, pour finalement sortir totalement frigorifié. Il éternua, retira le t-shirt – trempé – qui lui avait tenu lieu de pyjama, et s’essuya. Après un bref coup d’œil à la chambre, il la pénétra, toussa, et entreprit de s’habiller. Une fois cela fait, il regarda sa montre. Sept heures trente. Parfait, il avait le temps d’aller déjeuner avant de suivre son premier cours.

Il gagna donc le réfectoire, évitant soigneusement les regards qui se posaient sur lui. Il repéra une table, peut-être un peu plus éloignée des autres, vint y poser son sac, et s’assit. Il se sentait bien, là. Il avait vue sur tout le monde, mais peu de gens avaient vue sur lui. Tant mieux. Lial détestait qu’on le remarque. Il savait bien que se faire connaître n’apporte pas que des bonnes choses. Il l’avait appris, à ses dépens. Il soupira et se mit à manger. Perdu dans ses pensées, il n’entendit pas les pas qui se rapprochaient.

« - Hey, Lial, toujours à éviter les autres ? »

Le ton employé n’était pas méchant, tout au plus un peu taquin.

« - Je fais ce que je veux, répondit Lial un peu trop vivement. Ça te dérange ? »

Il releva ensuite la tête, histoire de voir qui venait troubler sa tranquillité. Face à lui se tenait Nola, grand échalas d’environ dix-sept ans. Une crinière blonde méchée de bleu de toutes sortes lui tenait lieu de chevelure. Pour regard, deux petites billes d’un gris étonnamment éclatant. En bref, Nola était beau. Envoûtant même.

« - Non. Pas du tout. Mais tu n’es pas triste de rester seul ? Je peux peut-être te tenir compagnie ? Après tout, vu qu’on partage la même piaule, ce serait sympa qu’on se connaisse un peu plus. On va quand même passer un an ensemble ! »

Lial, trop étonné pour répliquer, se contenta de faire un peu de place sur la table en mettant son sac à terre. Nola remercia d’un sourire et entama son déjeuner. Tout en mangeant, il interrogeait son vis-à-vis sur divers sujets. Celui-ci s’efforçait de répondre à chaque question sans toutefois donner trop de détails.

« - Et comment es-tu arrivé ici ? Ne me dis pas que tu avais envie de t’essayer à la routine de ce pensionnat, je ne te croirais pas ! »

« - Oh… En fait, mon oncle n’a pas trop le temps de s’occuper de moi, alors il m’a placé ici. Il avait entendu dire que l’on enseignait bien. »

« - Ton oncle ? Pourquoi ? Ce ne sont pas tes parents qui s’occupent de toi ? »

« - Ils sont morts. »

Nola s’empourpra, chose qui ne lui arrivait pas souvent. Ah, cette fichue manie de mettre les pieds dans le plat…

« - Je suis désolé… »

« - Ce n’est pas grave, fit Lial en haussant les épaules. Et toi, pourquoi es-tu ici ? »

« - Ma mère ne sait plus quoi faire de moi. Jamais envie de travailler, toujours là pour les emmerder, … Tu visualises un peu le tableau ? »

« - Plus ou moins… »

« - Hey, fais pas cette tête ! Souris, la vie est belle ! »

Sur ces mots, le blond passa sa main dans les cheveux châtains de Lial et les ébouriffa.

« - Bon, je te laisse, fit-il en se levant. Les cours vont bientôt débuter. Tu commences par quoi ? »

« - Mathématiques. »

« - Avec la vieille Fontaine ? »

« - Oui… »

« - Je te souhaite bien du courage ! Allez, on se voit ce soir. »

Nola se pencha vers le châtain et l’embrassa sur la joue, après quoi il quitta le réfectoire. Lial, interdit, se pencha pour ramasser son sac.

Il sentait encore la douceur des lèvres sur sa joue en entrant dans la salle de classe.

o

Quelques jours avaient passé depuis que Nola était venu lui parler au déjeuner. Il venait maintenant chaque jour manger avec Lial, pour le plus grand bonheur de celui-ci. Le châtain parlait peu, préférant écouter attentivement son aîné. Chaque parole sortant de sa bouche était comme une délivrance, une main tendue.

« - Lial, aujourd’hui je finis les cours en même temps que toi. Ça te dirait qu’on aille boire quelque chose, après la dernière heure ? »

Le cadet s’autorisa un sourire. Et accepta.

« - Génial ! Je t’attendrais près du local 9, d’accord ? »

« - Ça marche. Je te rejoindrai à la fin de la journée. »

Ils se séparèrent sur ces quelques mots. Le châtain se rendit en cours, le cœur léger. Il avait un rendez-vous avec Nola. Il n’en revenait pas. Enfin, rendez-vous n’était peut-être pas le terme exact, mais il s’en fichait. Il était si heureux à l’idée de se retrouver en tête-à-tête avec Nola. Déjà qu’ils partageaient la même chambre… Une chance !

La sonnerie annonçant la fin de la journée arriva bien vite et, une fois qu’il eut rassemblé ses affaires et fut sorti de la classe, Lial courut en direction du local 9. Arrivé sur le lieu de rendez-vous, il décida de s’asseoir contre le mur, en attendant son ami. Dix minutes passèrent. “ Ce n’est rien, pensa-t-il, il a sans doute eu un empêchement. Il va bientôt venir.” Mais un quart d’heure plus tard, le châtain attendait toujours. Il se leva. Peut-être y aurait-il un horaire des cours affichés aux valves ? Qui sait, il avait peut-être confondu le local du lieu de rendez-vous… Il arriva au bout du couloir et vit Nola avec, dans les bras, Gabriel, un garçon de sa classe. Une sensation de malaise le prit au ventre. Il fit demi-tour, et courut jusqu’à sa chambre. L’air lui manquait, il se sentait étouffer. Il s’appuya contre la porte, ouvrit la bouche, et inspira. Calmement. Il ne devait pas penser à Nola. Du moins pas dans ce sens là… Il ne devait voir en lui qu’un ami. Rien d’autre. Mais il n’y arrivait pas. Et ça lui faisait si mal, si mal, d’y songer. Il allait s’asseoir sur son lit quand il sentit deux mains se plaquer sur sa poitrine. Deux mains qui le poussèrent légèrement. Lial, surpris de ne voir personne, bascula vers l’arrière. Il s’effondra sur son lit et, alors qu’une multitude de questions l’envahissaient, il ne put s’empêcher de pousser un cri. Il fit bouger ses mains et toucha les couvertures. Pas d’erreur. Il était bien retombé sur son lit. Mais alors… Pourquoi ressentait-il toujours cette impression de chute ? Il se releva, effrayé, et entra dans la salle de bain. Il se regarda dans la glace. De grands yeux émeraude brillants et légèrement fuyants, des mèches châtain clair s’échappant en tout sens, un visage petit et fin, … C’était bien lui. Et il se tenait bien droit, la tête haute. Pourtant, la sensation de chute était bien présente. S’il ne s’était pas vu dans le miroir, il aurait juré que sa tête partait vers l’arrière et que son corps suivait le mouvement…

« - Lial, tu es là ? »

Le châtain sursauta à l’appel de son nom. Il quitta la salle de bain et, à la vue de Nola, esquissa un sourire.

« - Je suis désolé pour tantôt. Tu dois m’en vouloir… Si c’est le cas, je te comprendrai, mais j’ai une bonne excuse ! »

« - Oui ? »

« - Je ne sais pas si tu connais Gabriel Laublain – il est dans ma classe. Au moment où je quittais le cours de sciences, il a fait une crise d’angoisse… Je ne pouvais pas le laisser seul. Tu m’en veux ? »

« - Ça dépend… »

Le blond fronça les sourcils, étonné de la réponse de son cadet.

« - Prends-moi dans tes bras, s’il te plait… »

Nola soupira de soulagement. Passa ses bras autour de la taille du châtain. Lui murmura des mots doux à l’oreille.

« - Je suis pardonné ? »

Lial ferma les yeux, se mit sur la pointe des pieds et, tentant d’oublier l’impression de chute, posa ses lèvres sur celles de son aîné.

« - Maintenant oui… »

Les deux amoureux se détachèrent bientôt. Le plus petit s’approcha de son lit. Il s’y assit avec précautions, et regarda Nola comme s’il ne l’avait jamais vu. Non… Ce n’était pas possible. Le blond avait…

« - … des ailes, murmura Lial. »

« - Pardon ? »

« - Non, rien, ne fais pas attention… »

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Trois semaines passèrent. Trois longues semaines de chute interminable passées à se tenir droit, à se demander s’il était bien là. Trois semaines tiraillées entre peur et bonheur. Nola ressentait bien les tourments de Lial. Il ne savait pas pourquoi son cadet s’inquiétait, il n’avait rien voulu lui dire. Mais quelque chose ne tournait pas rond, c’était évident. Le petit tenait parfois des propos incohérents où s’entrechoquaient ailes, chutes, plumes, … Et ses cauchemars… Ses cauchemars, qui semblaient s’être calmé un moment, le reprenaient de plus belle. Nola ne fermait plus l’œil, n’ayant de cesse de veiller sur Lial. Quand cela finirait-il ? Il n’en savait rien. Peut-être que ça n’avait même pas commencé.

Un soir, après le repas, le châtain se vit coincer par son aîné.

« - Écoute, ça suffit maintenant. Ces derniers temps, tu te sens mal et tu ne veux rien me dire. Ça me fait souffrir, j’ai l’impression que tu n’as pas confiance en moi. J’aimerais t’aider… »

Lial fixa son ami de ses grands yeux vert brillant. Il se baissa ensuite, avec lenteur, et ramassa une plume. Il l’agita devant son ami.

« - La vois-tu ? »

Voir quoi ? Le blond avait bien vu son cadet se pencher et mimer ramasser quelque chose, mais il n’y avait rien dans sa main.

« - Et que faut-il que je voie ? »

« - Tend tes mains ! »

Nola obéit alors que le châtain faisant mine de lui donner ce qu’il était sensé tenir. Lial lâcha la plume. À peine l’eut-il fait qu’elle disparut.

« - Je ne comprends pas… Elle était pourtant bien là ! »

« - Mais quoi, s’impatienta Nola. »

« - La plume. Celle que tu venais de perdre… »

“ Que tes ailes venaient de perdre. ”

« - Explique-toi plus clairement ! Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire ? »

« - Embrasse-moi ! Embrasse-moi et je te dirai tout… Même si après cela, tu me prends pour un fou… »

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Ce jour-là, Lial s’était rendu en salle d’étude. À son grand plaisir, il vit que Nola était là, lui aussi, et que le siège à côté de lui était libre. Il vint donc s’y asseoir. Le blond lui sourit mais déchanta vite en voyant la mine blafarde de son cadet. Celui-ci se trouvait effroyablement cerné, comme abattu par un effort trop important. Effrayé aussi.

« - Ça ne va pas mieux, demanda Nola avec une once d’inquiétude dans la voix. »

« - Pas vraiment… J’ai du mal à respirer. Le simple fait de garder les yeux ouverts m’épuise. »

« - Tu veux que je t’accompagne à l’infirmerie ? »

« - Non, je veux juste rester près de toi… »

Le blond se replongea dans son travail alors que Lial sortait quelques cahiers et essayait de se concentrer. De temps en temps, son aîné tournait les yeux vers lui, histoire de voir s’il tenait le coup.

« - Ne t’inquiète pas, je ne vais pas tomber là, fit le châtain en émettant un petit rire. »

Pourtant, il ne s’était jamais senti si mal. Le sentiment d’oppression l’assaillait de nouveau, plus présent et plus fort que jamais. Il regarda autour de lui. Les murs se rapprochaient-ils vraiment de lui, ou n’était-ce qu’une impression ? Il secoua la tête. L’air se raréfiait dans ses poumons. Son cœur s’emballait sans raison.

Sans raison ? Pas si sûr…

« - La chute, murmura-t-il pour lui-même. »

Il allait bientôt toucher le sol. C’était certain. Et si l’impact se produisait, il n’avait aucune chance d’en réchapper. Il tombait depuis si longtemps, si longtemps, et de si haut ! Non, non, il ne pouvait pas… Pas maintenant…

« - Nola, donne-moi ta main… s’il te plait… »

Les mots sortaient difficilement.

« - Dépêche-toi, je t’en prie, le pressa Lial. »

Le blond attrapa la main du châtain dans la sienne et la serra. Fort.

Le choc fut brutal.

Lial ferma les yeux et un ange apparut. Il lui saisit le bras et le rattrapa à une trentaine de mètres du sol. Le châtain s’accrocha de toutes ses forces à la main salvatrice. Il ne tombait plus. Il était sauvé. Pour l’instant.

Il inspira. Ses poumons s’emplirent d’air frais. Son visage retrouvait des couleurs, son cœur se calmait. Il tourna la tête vers Nola.

« - Merci. »

Une voix retentit alors. Sourde. Grondante.

« - Nola, Lial, pouvez-vous m’expliquer ce que vous faites ? »

La surveillante s’approcha des deux adolescents et les toisa durement. Le blond, gêné, lâcha la main de son cadet.

Qui se sentit tomber. De plus en plus vite. Il s’écroula sur le sol en hurlant. Ses membres se brisèrent sous le regard effaré des élèves. Nola bondit de sa chaise et se jeta après de son ami.

« - Nola… Tes ailes… ont disparues… Regarde… »

Lial se saisit d’une plume et, dans un dernier geste, la porta au visage de son aîné. Sa main retomba lourdement sur le sol.

Nola pleura. Une multitude de plumes les entouraient. Personne n’y faisait attention.

Le blond prit celle que le châtain lui avait montré, avant de mourir. Il la serra contre lui, retint un gémissement, et sentit deux mains se plaquer contre son torse. Deux mains qui le poussèrent légèrement. Et il tomba.

Owari…

Notes :

Héhé, encore joyeux anniversaire shimei !
s'en va en sautillant gaiement, sans aucun scrupules



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