Share/Save/Bookmark
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Horror » Le hêtre de mauvais présage font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Chalimard
Fiction Rated: K - French - Horror/Mystery - Reviews: 3 - Published: 01-25-05 - Updated: 01-25-05 - id:1816524

Note: Bon mon premier original qui vient d'un devoir. Le sujet était faire le monologue interieur d"un personnage d'un Roi sans divertissement de Giono... Mais bon, c'est mon personnage quand même . En tout cas, j'espere que vous aimerez. Bon, c'est un peu glauque (selon amis et parents XD) mais je ne trouve pas. Enfin, j'espere que vous aimerez .

Mon Arbre

Mon arbre.

Mon bougre d'arbre.

Tu es (et sera encore quelques temps) la cachette de mes jeux, la cabane de mon enfance, le coffre de mon trésor. Tiens, il pête fort. Quelle bourrasque! Cette pétarade essaie de percer mon hêtre mais elle ne l'atteint pas. Cette bougresse de pluie tente elle aussi de le pénétrer mais elle glisse le long de son écorce. Rien ne peut découvrir mon secret. Seul un homme dévoilera ce trou d'âmes dorées. Un homme comme moi percera le mystère de ce vieil arbre. Celui ci serait digne d'être mon successeur. Comme tous les autres, d'ailleurs. je me demande lequel de ces bouseux me remplacera. Mais j'ai encore le temps de continuer ma collection, beaucoup de temps, trop de temps...
Le temps dont je compte les milliers de grains de sable. Le temps qui s’écoule goutte à goutte. Le temps que l'on perd tous: L'ennui. Je ne supporte plus de regarder les aiguilles de l'horloge tourner. Je ne supporte plus de rien foutre. Je ne supporte plus rien. L'ennui, c'est tendre au néant; à la mort. Je ne veux pas penser à la fin. Pas encore. Je suis vivant. VIVANT!
Contrairement à toi, ma pauvre petite. Tu es morte. Tu ne t'ennuies plus. Grâce à toi, moi aussi je ne me suis plus ennuyé. Un moment (un seul) d’intense plaisir au coin de ta maison. J'en ressens encore les secousses agréables. Tu sortais sans tes chaussons et je t'attendais. Je te suivais de mon regard; tu étais ma proie. Mes crocs aiguisés attendaient ta nuque blanche. Mon museau percevait ton parfum d'humaine. Mais tu fuis! Ma proie s'échappe, se tire de mes griffes. C'est reculé pour mieux sauter, ma jeunette. L'attente a aggravée ma soif. Lorsque tu es revenue, je n'ai plus hésité. J'ai passé mon collier de cuir et je l'ai serré. Il t'allait a ravir. Je t'ai tuée.
Ha! Qu'il était beau de voir ce liquide couler sur ta peau blanche! Comme l'automne dégoulinant sur l'hiver! Comme une tache de couleur dans ce film en noir et blanc! Ce spectacle m'éclaboussait ! le bouquet final fut annoncé lorsque je t'ai fourrais dans l'arbre. Je t'ai délicatement déposé dans ton linceul blanc.
Aujourd'hui, tu es la première pièce de mon puzzle; une partie de moi; un morceau de mon hêtre. Viendront te rejoindre les autres jouets cassés, les bibelots brisés. Tu ne me suffis plus, gamine. C'est comme ça, j'en veux toujours plus. Ma soif de sang n'est jamais satisfaite.
Que ma femme m'excuse, je vais continuer mon jeu de massacre. Je vais continuer à m'amuser.
Peut être que cet homme qui vient sera ma prochaine victime. Me protéger de l'orage? Bien. C'est fini pour toi, ma gosse.

Tu auras bientôt de la compagnie...



© Copyright 2005 Chalimard (FictionPress ID:455691).


Return to Top