Share/Save/Bookmark
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Fantasy » Antès font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Cromax
Fiction Rated: T - French - Humor/Fantasy - Reviews: 1 - Published: 01-28-05 - Updated: 01-28-05 - id:1819111

Titre : Antès

Auteur : Cro

Note : cette histoire est une préquelle/séquelle de la pierre du dragon, œuvre des madfolles que vous pouvez trouver à cette adresse :

Genre : Je ne sais pas trop… c’est du fantastique bien sûr. Il s’agit d’une préquelle par l’histoire à l’époque du père d’Aklabem. Et pourtant c’est une séquelle vu que les personnages qui clorent les chapitres parlent à la fin de la pierre du dragon.

Sinon, euh, c’est Yaoi, c’est sûr.

Les persos sont made in madfolles.

---------------

Dominant la cité, le palais du conseil se dressait, blanc, d’une architecture compliquée. Un petit vent soufflait sur la ville s’éveillant. Les dragons patrouilleurs rentraient à tir d’ailes à leurs nids dans la grande serre, poussant des petits cris alors que leurs cavaliers somnolaient en espérant retrouver au plus vite leurs lits.

Assis sur un banc de pierre dans son petit jardin installé sur l’une des tours de l’immense bâtiment immaculé, un homme observait la mise en mouvement de la ville. Ses grandes ailes de plumes épaisses et blanches le protégeaient du vent et le maintenaient au chaud. Il frotta ses mains un instant pour les ramener à une température plus agréable. Il aimait voir cette scène de sorte que dès qu’il en avait l’occasion, il venait y assister.

Un jeune dragon passa non loin de la tour et poussa une sorte d’aboiement en salut.

L’ange sourit. La bête sermonnée par son cavalier daigna obéir et s’écarta de la source de pouvoir qui avait le même attrait pour lui que la lumière pour un papillon de nuit.

- Tu ne devrais pas rester là, tu vas prendre froid…

- C’est gentil de t’inquiéter mais ça ira.

Il ne se retourna même pas vers celui qui venait de le rejoindre, les yeux toujours fixés sur la cité.

- Je ne comprends pas… quand je la regarde, je ne vois que le vide… comme si… comme si elle n’avait pas d’avenir…

- Tu te poses trop de questions. Penses-tu pouvoir voir l’avenir de centaines de créatures ainsi ? Tes capacités sont limitées et tu devrais prendre ça en compte, Gabriel.

L’archange ouvre ses yeux en sentant les bras de son compagnon l’enlacer. Il prend l’une des mains, la caresse pendant un instant perdu dans ses pensées avant de secouer la tête et de repousser le corps de l’autre.

- Pas en public…, fit-il d’un ton catégorique en le rejetant.

- Ces anges, j’vous assure…, marmonna l’autre en levant les yeux au ciel.

Gabriel fut pris d’un frisson et se leva.

- Nous vois-tu un avenir toi ? Crois-tu que nous resterons toujours caché aux yeux des humains ?

- Ce sont des faibles…

- Notre population se réduit à quelques milliers d’âmes, eux sont six milliards. La force n’aura pas son poids dans la bataille.

- T’as sérieusement besoin de trouver une occupation. Quand tu t’ennuies, tu te compliques la vie.

L’ange eut un moment de réflexion avant d’hocher la tête.

- Tu as sans doute raison… La réunion va bientôt commencer ?

- Non, apparemment, Mickaël et Uriel ont des choses à régler avant. Ils se sont absentés pour une ou deux heures.

- Je sens un sous-entendu dans ta voix. Cesse ça…

L’ange jeta enfin un coup d’œil à son compagnon. Il s’agissait d’un démon, de taille plutôt petite pour sa race, avec des yeux d’un brun très foncé, plissés par l’amusement, et d’épais cheveux noirs tressés pour leur donner un air un peu près coiffé. Il ne put s’empêcher de sourire.

- Asmodée… tu es vraiment un cas…

- On me le dit souvent…

- Pourquoi t’accroches-tu autant à moi ? Je ne suis qu’un pauvre gars qui a vieillit prématurément psychologiquement.

- Toi qui sais lire l’avenir, tu le sais très bien…, souffla le démon en prenant l’une des mèches blanches de l’ange pour la porter à son visage et en respirer le parfum.

Gabriel eut un léger sourire gêné en rougissant.

- Funka…, gémit-il.

- Oh, on en est à s’appeler par nos noms de naissance ? Kiriel…

Il semblait apprécier les sonorités de ce nom puisqu’il le répéta encore plusieurs fois avant de passer la mèche qu’il tenait toujours entre ses dents.

- Arrêtes ça… Si on a du temps, je vais en profiter pour finir de remplir la paperasse.

- Et mince, moi qui espérais que tu m’accorderais ce temps…

- Je t’ai dit d’arrêter ça !

- Depuis quand j’obéis ?

Gabriel secoua la tête avec un air las. Il récupéra ses cheveux d’un geste sec puis s’éloigna en direction de l’escalier.

Asmodée eut un petit ricanement.

- Je ne suis peut-être pas capable de voir l’avenir mais je sais pourquoi tu me fuis…

- Ah oui ?

- On se condamne et on en a conscience. Mais je ne peux passer à coté de toi sans me sentir attirer.

- Y-a-t-il quelqu’un dans toute la cité qui ne t’attire pas, Asmodée… ?

- Tu as très bien compris ce que je voulais dire, ne fais pas l’imbécile, tu vois nettement ce que signifit mes paroles.

Kiriel se tourna vers Funka avec un sourire triste.

- Oui, je le sais… mais j’aimerai tellement l’ignorer.

Il ne rajouta rien avant de descendre les escaliers.

- Heeeyyy !!! cria l’archidémon avant de se jeter à sa poursuite.

-------------------

Bruit répétitif, hypnotisant, lassant, stressant,…

Mickael lança un regard noir à l’archidémon qui se trouvait à l’autre bout de la table.

- Asmodée, je te prierai d’arrêter ça…

Le démon eut un grognement en cessant enfin de taper du bout des ongles sur la table et de reporter son attention sur les dossiers devant lui.

Léviathan, l’air d’être à des kilomètres de la réunion, regardait le plafond pendant que Bélial jouait avec un élastique, projetant par moment une boulette de papier, provenant bien entendu des feuilles tamponnées « confidentiel », sur Raphaël qui rongeait son frein en tentant de rester impassible. Lilith grignotait un biscuit du bout des dents. Gabriel poussa un gros soupir avant de croiser les bras sur la table et de poser la tête en leur creux.

- Ils sont d’un immature…

- Hey, on est des démons… grommela Belzébuth en volant un gâteau à Lilith.

Uriel leva les yeux aux plafonds en grimaçant.

- On aborde des sujets importants et…

- Ce qui est important, c’est de construire de nouvelles défenses à la cité, fit remarquer Astaroth avec une voix calme. Les humains continuent à avancer sur notre territoire. Pour le moment le bouclier supérieur nous protège de leurs missions de reconnaissance par les airs mais…

- Bien des démons ça, vous songez à ajouter des choses inutiles pour l’instant plutôt qu’agir sur un fait présent, objecta Raguel.

Avec un air particulièrement calme, tellement qu’il en devenait froid, Desdémone se leva.

- Bien, les discussions ne mène à rien… j’ai pas mal d’affaires à régler dans mes bureaux. Désolé mais je vous laisse à vos disputes.

Sur ses mots, il sortit avec un geste de main.

- Il est pas content, gémit Lilith en avalant un nouveau gâteau.

- Bah , Smodée ira le consoler tout à l’heure…

Uriel poussa une sorte de glapissement.

- Mais vous n’arrêtez jamais vos sous-entendus ?

- Qui a parlait de sous-entendus ?

- Ouais, on affirmait juste…, conclut Lilith

Funka eut un léger ricanement. Ils prenaient un tel plaisir à gêner les anges que ça aurait été idiot de contredire en signalant qu’il n’en ferait rien. Il observa un instant le jeune Heiwiel qui en recul par rapport aux autres, observait la scène avec un sourire presque amusé.

En voilà un qui avait compris. C’était juste une manière de s’amuser. Mais Raguel et Uriel ne semblaient pas le prendre de la même manière. Quels abrutis…

------------------

Recroquevillé sur lui-même, les yeux mi-clos, Gabriel, le souffle roque, s’agrippait aux draps.

Des flammes…

Des ruines…

Des cadavres…

Encore et toujours les mêmes visions. Les larmes lui envahirent les yeux et il retint un sanglot. Un claquement sec et une douleur à la joue droite le força à ouvrir complètement les yeux. Asmodée était penché sur lui et sans même réfléchir, l’archange l’enlaça, le faisant tomber de tout son poids sur lui, pleurant silencieusement au creux du cou de Funka.

- J’en peux plus… J’ai… J’ai peur…

- Je suis là…. Je te protège, amour…

Tout aussi inquiet que son compagnon, le démon laissa de lourdes larmes s’écoulaient jusqu’au cheveux blancs de l’ange. Entremêlés dans le lit, ils s’endormirent ainsi, rassurés par la chaleur du corps de l’autre.

Un léger tapement sur la porte fit frémir les oreilles en pointe d’Asmodée et il ouvrit les yeux. Empêtré dans les draps et avec Gabriel, il eut quelques difficultés à se lever sans troubler le sommeil de son compagnon. Celui-ci s’agita un instant en se sentant soudainement séparés de sa source chaude et attrapa à tâtons un coussin et se bouina contre.

On frappa de nouveau.

Asmodée allait pour ouvrir quand il réagit. Qui que ce soit, pour celui qui allait entrer, les choses seraient suspectes. Il soupçonnerait sans doute une relation entre eux. Lui-même, laisser traîner une telle rumeur ne le gênerait pas mais pour le bien de Gabriel, il se devait de ne rien laisser paraître.

Face au silence qui lui répondait, le jeune ange poussa la porte et entra.

- Maître Gabriel ?

La fenêtre était grande ouverte, laissant passer un vent froid qui secouait les voiles qui masquaient le lit de l’archange, et l’ange s’empressa d’aller la fermer avant d’aller rejoindre son supérieur, écartant les tentures pour se pencher vers lui.

- Euh… Maître ?

Kiriel ouvrit un œil paresseux alors que le jeune le secouait doucement.

- Heiwiel… qu’est ce que…

- Il est près de dix heures du matin.

Gabriel regarda autour de lui avec l’air de chercher quelque chose avant de froncer les sourcils.

- J’ai dormi si longtemps…

- Ca ne vous fait pas de mal à mon avis, vu votre manque de sommeil en ce moment. Je peux même m’occuper de vos affaires de la journée si vous voulez. Je préfère vous savoir en train de récupérer.

Gabriel prit le coussin encore chaud qu’il avait serrait contre lui et en huma l’odeur du démon restée incrustée avec un air soucieux.

- Viens…

Heiwiel le regarda un instant surpris avant de grimper sur le lit et de ramper jusqu’à son maître. Celui-ci passa une main dans les cheveux blonds de son jeune disciple et lui sourit.

- Un jour, ce sera toi qui sera à ma place et tu comprendras.

- Moi ? Devenir archange ? J’en aurai jamais la puissance.

- Crois-moi, tu seras le prochain Gabriel et tu feras partie d’une ère qui verra bien des changements. Je te charge de changer les choses quand je ne serai plus.

----------------

Asmodée entra dans ses appartements complètement trempé. Bien sûr, il avait fallu qu’il pleuve le jour où il devait passer par la fenêtre.

Un raclement de gorge le fit s’interrompre dans son activité consistant à essorer ses cheveux tout en s’ébrouant avec un air de chien mouillé.

Il se retourna lentement vers la démone qui était installée à l’unique bureau de la pièce, visiblement en train de travailler lors de son entrée.

- Quelle excuse vas-tu me sortir cette fois ?

- Bah euh… chérie

- Pff… laisse tomber… Carnis est passé tout à l’heure pour te chercher mais je lui ai dit de repasser. En fait, je peux savoir avec qui tu as passé la nuit ?

Elle était très typée asiatique avec des yeux noirs plongeant dans le regard de l’archidémon avec une lueur de fureur et une chevelure toute aussi obscure coiffée avec style. Funka sentait bien l’aura de colère qu’elle dégageait et tenta aussitôt de se rattraper.

- On a juste dormi ensemble, grogna-t-il.

- Mais tu aurais préféré faire autre chose que dormir…

- Beuh…

- Qui ?

- Gabriel. Il a des problèmes avec ses visions alors je suis allé lui tenir compagnie.

La femme ne semblait pas le moins du monde calmée par ces explications.

- Pauvre vieux Gaby, il a pas la vie facile. Et tu lui compliques encore plus. Imagine un peu les questions qu’il doit se poser… qu’il se rende compte qu’il a des sentiments pour toi alors que ce qui t’intéresse, c’est sûrement pas une relation sentimentale. N’oublies pas tes capacités et les illusions que tu es capable de produire. Tu devrais laisser cet ange tranquille, tu risques de le détruire.

Asmodée cligna des yeux bêtement.

- Beuh, j’y peux rien, il est un peu près aussi efficace sur moi qu’un aimant sur un bout de métal.

- Sympa de savoir que je suis reléguée au second plan.

- Dis t’as l’air d’oublier que tu as obtenu assez de mon respect pour que j’accepte de faire de toi ma compagne officielle.

- O joie, grommela la démone en replongeant dans ses dossiers préférant l’ignorer.

-----------------

Le jeune Shytan sautillait sur place essayant vainement de calmer sa nervosité sous le regard amusé d’Heiwiel. Tout deux installé dans l’antichambre de Gabriel, assis dans un tas de coussins moelleux, les deux anges patientaient, attendant leur maître.

- Mais qu’est ce qu’il fait ? demanda le jeune du clan Mickaël.

Heiwiel eut un lueur inquiète dans le regard.

- Il se sentait mal… laisse lui un peu de repos, expliqua Heiwiel en reportant son regard sur un tas de dossier. C’est impressionnant comme l’évolution de la population démoniaque est plus rapide que celle angélique.

- Pas étonnant, ils traînent n’apporte où et s’en foutent de mettre une femme inconnue en cloque tant qu’ils ont pris du bon temps.

Heiwiel secoua la tête négativement.

- Non, je crois surtout que ça vient de nos obligations. Les anges doivent demander que leurs liaisons soient officielles sinon, ils courent le risque d’être déchu. Les démons, eux, n’ont pas de contrainte…

- Heiwiel, tu traînes trop avec eux !

- Encore une fois… non, seulement, Kiriel m’a dit quelque chose qui m’a fait réfléchir.

Shytan pencha la tête sur le coté avec un air curieux.

- C’est à dire ?

Heiwiel l’observa un instant, hésitant avant de soupirer.

- Tu promets de ne pas le répéter ?

Shytan hocha la tête positivement avec un air un peu surpris. Heiwiel lui tourna alors le dos et le plus jeune des anges fronça les sourcils. Est-ce que son aîné ne lui faisait pas confiance ?

Il glapit en voyant l’autre retirer son tee-shirt.

- Mais qu’est ce que tu… fais…

Il venait de comprendre avant même de finir la question. Dans les omoplates de l’ange, un tatouage tout en finesse, représentant un cheval ailé à l’envol, se dessinait. Le sceau…

- Tu… Tu es le prochain Gabriel, conclut-il. … En fait, quel rapport avec notre discussion ?

- Shytan, crois-tu que le destin des archanges soit enviable ? Qu’est ce que de vivre pour seulement gouverner une cité ? Sans jamais pouvoir aimer.

Le jeune ange resta bouche bée avant de prendre un air de réflexion.

C’est à ce moment que la porte de la chambre s’ouvrit et que Gabriel entra d’un pas traînant.

- Les enfants, vous feriez mieux d’aller vous occuper au lieu de rester enfermés ici avec moi…

Heiwiel et Shytan bondirent sur leurs pieds pour venir s’agenouiller devant leur maître.

- Nous préférons veiller sur vous, seigneur Gabriel…

- Nous avons fait vœu de vous servir alors acceptez le peu de d’aide qu’on peut vous amener.

L’archange eut un sourire amusé. Il passa une main sur la tête de chacun de ses deux disciples.

- Vous me voyez fier d’avoir de si bons amis.

Shytan eut un sourire timide alors qu’Heiwiel aurait peut-être pu paraître impassible si ces yeux ne s’étaient pas mis à briller de bonheur.

Les deux anges attendirent que leur supérieur enlève ses mains pour se relever et lui adressait une révérence polie.

Je me souviens des paroles de Kiriel plus que de celle de mon père, son frère. Il voulait créer un avenir à la communauté magique, à la cité… changer ses cauchemars en rêves.

Aujourd’hui, assis sur un toit dominant la ville renaissante, je frissonne à ses souvenirs. Désormais, on a tous un futur et les humains sont tenus à distance. Oui, on a un avenir !

J’ai respecté mes promesses envers toi, mon maître. Maintenant, je pense, je peux mourir en paix, devenir à mon tour un protecteur de la cité. J’observe le vide et j’entend sa voix comme s’il s’en était aussi rappelé. Son aura et son souffle me caresse…

Shytan…



Return to Top