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Chapitre deuxième
‘’Ho! Ça va! Arrête de pleurer!’’, lui dit-il en la frappant légèrement.
Elle le regarda, un peu surprise de son geste, puis fronça les sourcils, serra les poings et lui sauta dessus.
‘’J’vais t’en faire moi des ‘Arrête de pleurer!’. J’vais pleurer si ça me tente de pleurer!’’, criait-elle en le frappant de ses mains et de ses pieds.
L’homme essayait de la repousser sans trop lui faire de mal mais finalement, perdant patience, il la frappa au ventre. Elle tomba au sol, saisit, mit ses mains à son ventre, se releva et continua avec plus de force que précédemment.
‘’Mon innocent! Tu m’emmène en pleine forêt, dans une cabane infesté de bibittes, pour me dire arrête de pleurer?’’ Elle finit sa phrase en lui collant son poing à l’œil, recula lentement et s’assit par terre, en le regardant bien méchamment. ‘Dommage, je suis à présent exténué et lui à même pas une égratignure.’, pensa-t-elle amèrement.
‘’Bon, reste assis là et attends. James ne devrait plus tarder...’’, lui dit-il doucement.
‘’Et il est parti faire quoi?’’, cracha-t-elle sauvagement.
Il la regarda et la jaugea lentement. Comme elle était pathétique, assise en indienne, le regardant avec mépris. Ses cheveux étaient en batailles, encore trempés, ses joues avaient la couleur de la pivoine, ses yeux lançaient des éclairs. Elle était jolie, certes, mais, plutôt fatigante.
‘’Il est partie chercher à manger.’’, répondit-il simplement.
Maybel se leva lentement et regarda aux alentours. Par les quelques fenêtres, elle ne voyait que du bois. Et c’était sans compter la maison, faite elle-même en bois rond. Elle se dirigea vers la fenêtre la plus près, celle qui était à coté de la table, en bois elle aussi, et se perdit dans ses pensées.
Lorsqu’elle revint sur terre, James venait d’entrer dans le pièce. Elle baissa la tête, y remarqua une araignée de la grosseur du bout de son pouce et sourit. Elle la fit grimper sur sa main et le porta face à son visage.
‘’Toi aussi tu es coincée ici, hein?!’’,murmura-t-elle à la petite chose. ‘’Ne t’inquiète pas, on s’en ira bientôt.’’
Elle se retourna vers les deux hommes, qui avaient commencés à bavarder, assis chacun sur une chaise, à la table.
Ils lui avaient expliqué ce qu’ils comptaient faire. Pourquoi ils l’avaient ainsi kidnappé. La malchance l’avait choisie, elle. Ils préparaient leur coup depuis quelques mois, et le jour J était ce soir.
Ils avaient besoin d’argent pour soigner un membre de la famille de... Comment s’appelait-il déjà? Hum... William, c’est ça. Et puis ensuite, ils partiraient dans un autre pays, partir une petite business. C’était trop dangereux de rester au pays.
Elle secoua la tête puis s’aperçut que sa petite copine était à présent sur son bras. Elle sursauta aux chatouillements maintenant présent dans son esprit, la prit délicatement et se dirigea vers la porte. Elle l’ouvrit, se pencha et déposa l’araignée sur le perron.
L’air frais la fit frissonner et c’est sur une lune rouge qu’elle referma la porte. ‘Mauvais présage...’, pensa-t-elle.
‘’Va te coucher.’’, lui dit William.
Elle le regarda sans vraiment le voir, et capta finalement ce qu’il lui avait dit. C’était plus fort qu’elle. La taloche partit toute seule, si forte que sa tête heurta la table.
‘’Non mais tu penses t’adresser à qui toi? À un chien?’’Elle le regarda, lui, souriant de la tournure des événements puis elle continua. ‘’ Je suis Maybel Smith. Quand mon père va m’avoir retrouvé, compte sur moi pour engager un tueur à gage mon homme.’’
Il souriait toujours lorsqu’il se leva, la prit par le bras et la dirigea vers une petite pièce fort sale et pleine de toiles d’araignées.
‘’Va te coucher.’’, lui dit-il en la jetant dans la pièce. Il referma lentement la porte et retourna à la table.
‘’OUAIS! Et comment j’fais pour dormir? CRÂNEUR! Y’a même pas de lit ni de sofa!’’
Furieuse, elle s’assit par terre mais se ravisa sur le champs, se doutant que, à la lumière, il n’y aurait pas que de la poussière sur le sol, mais aussi quelques petits compagnons de chambre.
Elle resta debout ce qui lui parut des heures, et, finalement, décida qu’il était temps pour elle de sortir de cette pièce. Le soleil n’avait pas encore montré le bout de son nez et les grillons chantaient encore lorsqu’elle se dirigea lentement vers la cuisine.
La lampe à l’huile était toujours allumé, mais il n’y avait personne en vue.
Elle fouilla dans ce qui semblait être le garde mangé, en sortit une bouteille d’eau, des biscuits soda et du beurre, et elle s’attabla, seule, dans cette cabane miteuse.
Elle savait qu’ils avaient laissé le véhicule quelque part dans le bois, à environs dix minutes de l’habitat, mais elle ne savait où... Et ils avaient les clefs. C’était donc peine perdu...
Elle mangea donc avec appétit pendant un bon moment. Le soleil commençait à s’éveiller lentement lorsqu’elle entendit du bruit. Elle se retourna vivement et vit un de ses agresseurs sortir de la pièce adjacente, une sorte de petit salon. Elle n’avait même pas prit la peine de savoir si quelqu’un était près d’elle.
‘’Salut.’’, lui dit-il.
Elle hocha brièvement la tête puis se retourna pour une seconde fois en quelques secondes.
Il s’assit à table puis la regarda. Elle avait l’air d’une sauvageonne ainsi accoutré. Les cheveux plus qu’en batailles, la jupe mal placée, le chandail déchiré par endroit dû à ses petites batailles... Elle était, à ses yeux, très mignonne. Mais pas une fois elle ne lui accorda un regard. Elle prit encore trois biscuits, les trempa dans le beurre un à un, bouché après bouché, et prit un bonne gorgé d’eau à sa bouteille.
Il se leva, alla au salon et y ramena la glacière.
‘’Tu veux des œufs?’’, proposa-t-il.
Elle le regarda sans broncher, cligna des yeux et hocha de la tête par l’affirmative. Elle n’allait tout de même pas passer la journée sans protéines dans le corps.
‘’Si tu veux, cette après-midi, on ira aux chutes. Tu pourras te baigner. Nous autres on va en profiter pour se laver.’’, lui dit-il doucement.
Elle sourit mentalement en le voyant en train de se laver puis rougit légèrement de honte en repensant à sa situation.
‘’J’ai pas de costume de bain. Ni de sous-vêtements.’’, répondit-elle à son offre, le regard fixer à la fenêtre, devant elle.
‘’J’y ai pensé. Tu peux aller dans le salon. Tu vas voir, dans le sac de plastic bleu.’’, répondit-il en pointant du menton le salon, diagonalement à lui, tout en brassant ses œufs.
Elle attendit quelques instants, feignant un réel désintéressement, puis se leva lentement, et alla au salon.
Elle cacha son admiration face aux choix qu’il avait fait. Ce n’était pas les grandes marques comme elle en avait l’habitude, mais c’était pas si pire. Il avait pris un jolie bikini bleu turquoise, et un costume one-piece noire, ne sachant trop quoi choisir. Et comme de raison, elle ne voulut point savoir comment, c’était la bonne grandeur dans tout. Il lui avait pris trois soutient-gorge en dentelle, un noir, un beige et l’autre rose, tous assortit de leurs petites culottes, suivit de petites culottes bien simple, en coton noir.
Elle retourna au salon en murmurant un bref merci sec et se rassit à table.
‘’Où avez-vous mis mes sacs de vêtements? J’aimerais me changer.’’
‘’Ils sont dans la salle de bain.’’
Il lui montra le petit couloir près de sa ‘chambre’ et elle s’y engouffra. Trois autres portes s’y trouvait.
Elle en entrouvrit une et y découvrit William qui dormait paisiblement. Elle referma la porte sans douceur. Et continua et ouvrit la seconde porte, du côté droit du couloir cette fois. C’était une autre petite chambre. Elle prit finalement la dernière porte et s’y engouffra sans se faire prier. Là, elle ouvrit ses sacs et en sortit une paire de pantalon et un t-shirt après s’être dévêtit. Un instant après, William entrait dans la salle de bain. Cette pièce aurait surtout dû porter le nom de salle de toilette en fait mais bon...
Dans sa surprise, elle cria un bref ‘Hiiiaa’ puis, reprenant son calme, le regarda bien en face et lui claqua la porte au nez. Elle alla ensuite a la toilette évacuer son petit pipi matinale et ressortit lentement, William attendant face à la porte. Il lui sourit d’un sourire crispé et entra à sa suite.
Les œufs attendaient à sa place, au côté de sa bouteille d’eau rafraîchit par quelques petits glaçons que James y avait mis. Elle ne dit mots, s’assit et commença à manger.
William arriva quelques instant plus tard puis s’assit à son tour à la table.
Il regarda James, qui haussa les épaules, signe qu’il n’avait qu’à se lever plus tôt. William pris la bouteille d’eau de Maybel et en but une longue gorgé.
‘’Faut pas se gêner surtout.’’, répondit-elle alors qu’il déposait la bouteille en la regardant. ‘’À et puis tient,’’, fit-elle en se levant. ‘’ tu peux toute la prendre.’’ Elle ponctua sa phrase d’un sourire hypocrite en lui jetant le restant d’eau au visage.
Elle se rassit puis continua de manger ses œufs, sous le regard amusé de James et celui plutôt détrempé de William.
Il s’essuya lentement les yeux et la regarda amèrement. Ce que cette gosse de riche pouvait l’ennuyer!
Le soleil plombait fort en après-midi. Ils avaient finalement décidé d’aller aux chutes la où le soleil était à son zénith. Ils prirent les sentiers des bois et en vingt minutes, ils y furent enfin. Maybel traînait un petit sac de plastic contenant son costume de bain, une serviette et quelques provisions, au cas où elle aurait faim. Pour les autres, elle ignorait le contenu de leur sac. Elle suivait William, en tête, qui portait son chandail en mottons au cou. Son dos était luisant de sueur. James la suivait. Dès son arrivé, elle alla derrière un rocher se changer et commença à découvrir la place. Il y avait un gros trou dans les roches où on pouvait s’y asseoir, un peu comme un spa, et où les chutes coulaient. Elle commença par y relaxer, puis décida de monter plus hauts, la où l’eau était plus forte, mais aussi où s’était plus amusant et plus dangereux. Les deux hommes étaient sous la chutes en train de se laver. Elle décida qu’elle était dû elle aussi, bien qu’elle ait pris une douche la veille. Elle avait tant stressé la veille au soir et aujourd’hui il faisait si chaud...
Elle s’approcha d’eux sans faire grands bruits et alla sous la chute, qui avait beaucoup plus de force que n’en laissait paraître les hommes. Du haut de ses dix-sept ans, elle regarda James et lui tapa sur l’épaule.
Lorsqu’il la remarqua, il fut assez surprit. Elle cria un presque inaudible ‘Je peux avoir du shampoing?’ et il lui passa la bouteille avec gentillesse. Il la fit reculer de quelques pas et elle se retrouva derrière les chutes. Il lui cria ‘que ça allait mieux pour savonner ainsi .’. Elle hocha de la tête et commença. Puis, voyant le savon par terre, elle se savonna par la même occasion et retourna sous la chute avec un peu de méfiance. Elle allait basculer vers l’avant sous la pression lorsqu’il la retint fermement. Son cœur battait à tout rompre. Non, là, elle ne voulait plus rester sous cette chute. Elle gardait les mains serrées sur les bras de son agresseur depuis presque qu’une minute lorsqu’il leva lentement les bras pour lui déssavoner le fond de la tête, la où l’eau des chutes n’avait pu faire de miracle.
Ils sortirent lentement de la chute, laissant William se faire masser par cette dernière.
‘’Tu sais, j’ai trouvé un spa là-bas.’’, lui dit-elle sans intonation.
Elle s’y dirigea et il la suivit, sous ce qu’il pressentit être une invitation. Elle s’assit là où elle s’était assis précédemment et remarqua une grenouille près d’elle. Elle sourit et tenta de l’attrapé. L’animal, pas du tout apeuré, la laissa faire, sous le regard attentif de James. Il glissa lentement dans l’eau, fraîche, quasi-chaude sous ce soleil du désert, et la regarda flatter le sébacé.
‘’Embrasse-le. Il deviendra peut-être un prince.’’, lui dit-il avec un air très sérieux.
Elle le regarda. Simplement. Elle le regarda et porta la grenouille à ses lèvres, lui donnant un doux baisé. Puis elle la remis à l’eau. Elle regarda l’eau parler ses vagues, avec une mince touche d’agressivité, et regarda à nouveau l’homme qui se trouvait devant lui.
‘’Ça m’a tout l’air que c’était pas lui, le prince.’’, lui répondit-elle en souriant légèrement et en haussant les épaules. ‘’C’est un bel endroit.’’
Il hocha la tête, continuant de la regarder tandis qu’elle laissait voler ses yeux partout. Elle remarqua William, assit par terre, une bière à la main. Il lui fit un petit signe de tête. Elle changea de direction pour regarder la forêt qui bordait ces chutes, magnifique et pleine de vie. Puis elle reporta son attention sur James, l’homme qui l’avait kidnappé.
‘’Quand est-ce que je pourrai retourner chez moi?’’, questionna-t-elle, sans vraiment attendre de réponse précise.
‘’Quand ils seront prêts à payer.’’
‘’Je déteste être de la monnaie.’’ Elle baissa les yeux et poursuivit. ‘’C’est tellement pathétique. Vous n’avez jamais pensé à ‘emprunter’ à la banque?’’, demanda-t-elle en relevant les yeux.
Il sourit en hochant la tête, signe qu’elle ne comprenait pas grand chose à cette histoire d’argent... L’opération demandait un millions et demi de dollars. Ils ne pourraient jamais rembourser... Et qui voudraient leur prêter une telle somme?