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Author: KalySo
Fiction Rated: T - French - General/Adventure - Reviews: 22 - Published: 02-05-05 - Updated: 03-20-07 - id:1826265

Genre : policier, yaoi, hétéro, POV
Origine : mon subconscient onirique
Auteur : KalySo

Ylia, mon frère

Chapitre 6

Mars 2000
Los Angeles, Californie, Etats-Unis

La sphère rouge et or descendait à une vitesse folle sur l’horizon, éblouissant les badauds qui la contemplaient. L’océan semblait l’avaler dans une tentative de domination futile car tous savaient que dès le lendemain, le même manège recommencerait.

Garée à l’entrée du ponton, un cabriolet rouge reflétait les ultimes rayons de l’astre solaire, sa conductrice nonchalamment adossée à la portière. Ses cheveux détachés semblaient prendre feu dans son dos mais son visage ne montrait qu’indifférence. Elle attendait, et la patience n’était pas une des vertus dont elle pouvait se vanter.

L’air se rafraîchit significativement lorsque l’orbe de feu disparut définitivement derrière l’océan, et elle remonta en voiture : un important enregistrement aurait lieu le lendemain, il ne fallait pas qu’elle attrape un rhume. Une fois de plus, elle se demanda si donner un rendez-vous à cette femme était une bonne idée. Elle n’était pas sûre de pouvoir lui faire confiance. Bien sûr, elles pouvaient se trouver des intérêts communs dans une vengeance somme toute plaisante… Mais David était loin désormais, et elle s’interrogeait de plus en plus sur la nécessité d’une telle action.

« Je verrai bien ce que Yuki aura à proposer… On ne sait jamais ! »

Elle sentait que sa patience atteignait ses limites au moment où une berline noire s’arrêtait à sa gauche. La vitre arrière se baissa et elle put distinguer le visage d’une femme asiatique légèrement plus âgée qu’elle. Sans aucun doute Yusuki Yuki.

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Cambridge, Angleterre.
Lycée de Cambridge. Dortoirs des filles. Chambre D’Akima Yusuki.

Et si tu connais les réponses, comme le dit ton père, c’est tout simplement parce que Jin est ton frère jumeau.

Cette phrase tournait dans la tête d’Akima depuis près de quinze jours. Quinze jours durant lesquels elle avait énormément parlé avec son père, ils s’étaient même disputés lorsqu’il lui avait annoncé que « non, tu ne feras pas partie de la section de recherches armée ! », puis elle avait fait ses bagages, tiré Alexis par la main et était montée dans le train pour Douvres la veille de la reprise des cours, sans un regard pour son père.

Elle savait qu’elle lui avait fait du mal en agissant ainsi, mais au moins il se concentrerait sur son travail plutôt que sur l’impact psychologique qu’aurait l’apparition d’un frère dans sa vie. Akima n’en mesurait pas encore elle-même toutes les conséquences, mais elle était sûre d’une chose : elle voulait le connaître. Une discussion avec Cathy lui avait permis de dresser un tableau mental de son frère, appuyé par quelques photos, mais elle n’avait pu se faire que des idées sans certitude aucune. D’autant plus si Jin était bel et bien retenu quelque part dans le fin fond de la Colombie narcotique : sa séquestration pourrait avoir des séquelles plus ou moins graves…

Des coups frappés avec insistance à la porte de sa chambre sortirent Akima de ses pensées. S’étonnant d’une visite à une heure si avancée, elle entrebâilla néanmoins la porte pour identifier son visiteur… Qui n’était autre qu’Alexis !

- Salut, ma belle ! fit-il en entrant. Alors le moral ?

- Un peu plus haut que les chaussettes, mais à part ça, ça peut aller. Et toi ? s’enquit la jeune fille.

- Plutôt pas mal, mais on n’a pas le temps ! Fais tes valises, ma belle, l’avion part dans moins de deux heures !

- L’avion ?! Quel avion ?!?! Tu t’es enfin rendu compte que j’étais la femme de ta vie et tu me payes notre lune de miel à Venise ?

Alexis s’esclaffa avant de reprendre un visage si sérieux qu’Akima comprit que les plaisanteries seraient pour plus tard.

- On va où ? demanda-t-elle.

- Bogota, ma belle !

xxxxxxxxxx

Colombie, Amérique du Sud.
Centre de recherche avancé, centre-ville de Bogota.

La chaleur moite de la journée commençait seulement à retomber alors que l’astre lunaire était à son apogée. Dans le vieux centre de Bogota, une maison récemment investie par une dizaine de militaires en civils connaissait les premières minutes de calme depuis près d’une semaine. Animée par les recherches entreprises par Hijiri et David pour retrouver le fils du Japonais, la demeure auparavant inhabitée avait connu de telles allées et venues en moins de sept jours que l’activité avait dû être réfrénée sous peine d’attirée l’attention d’une milice indésirable.

Affalé sur un vieux canapé de velours marron, Hijiri somnolait depuis une heure. Les feuillets qu’il consultait – vainqueurs de sa fatigue – menaçaient de glisser à terre d’un instant à l’autre. La petite brise qui pénétrait par la fenêtre entrebâillée acheva de les mener au sol, le bruissement du papier sur le vieux parquet ne troublant pas pour autant le sommeil de ce père inquiet.

Appuyé au chambranle de la porte – ou du moins à ce qui en restait – David sourit tendrement au spectacle que lui offrait son compagnon. Depuis leur union deux semaines auparavant, on ne pouvait pas dire qu’ils aient réellement eu le temps de se retrouver rien que tous les deux : Akima et son père avaient cherché à rattraper le temps perdu, Alexis lui faisait du gringue à tout va (ce qui flattait son égo, il n’allait pas le nier) puis l’annonce de l’existence du frère jumeau d’Aki avait une fois de plus tout bouleversé. Et même si David n’aimait pas spécialement rester en place, la soudaine tempête d’événements avait somme toute contrecarré quelques uns de ses plans câlins…

Ce fut donc d’un pas silencieux qu’il avança vers le canapé. Se penchant doucement au-dessus du visage si paisible de… bah oui, de son mari, il fit courir son souffle sur sa peau avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres. Lèvres qui lui manquaient énormément depuis quelques temps ! Dans un soupir, Hijiri se tourna vers cette source de tendresse et tendit inconsciemment les lèvres à la recherche d’une caresse plus appuyée. David se rendit alors compte que les derniers jours n’avaient pas seulement contrecarré ses plans à lui.

Et alors qu’il offrait enfin à Hijiri son premier véritable baiser depuis des jours, les mains de ce dernier se refermèrent sur son cou.

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- Heureusement que je t’ai reconnu lorsque tu m’as embrassé, sinon tu serais déjà mort.

- Devrais-je trembler de peur, très cher ? ironisa l’Américain.

- Je pense bien !

Le soleil se levait sur la capitale colombienne, et la nuit – qui n’avait finalement pas été de tout repos pour nos jeunes mariés – s’achevait dans un moment de complicité plus que bienvenu. Sur un dernier baiser, les deux hommes s’extirpèrent des couvertures trouvées au cours de leurs ébats et s’habillèrent. Il était plus que temps de se remettre au travail.

Quelques heures plus tard, penché sur les plans de construction d’une demeure typiquement colombienne, Hijiri donnait ses directives.

- Qu’ont donné les rondes de surveillance de la villa de Perez ?

- Exactement ce que nous voulions : un créneau horaire pour nous y introduire. La relève de la garde de nuit est toujours plus souple que celle de jour, et par cette chaleur, on dirait que ses hommes ne prennent pas autant à cœur leur travail.

- C’est parfait, conclut Hijiri. Nous lancerons donc l’intervention la nuit prochaine. David, tu conduiras l’équipe bêta et moi l’alpha. Nous prendrons chacun une demi-douzaine d’hommes. Le reste de la troupe couvrira notre retraite et nous guidera à l’intérieur de la villa. Il nous faudra être rapide et discret. Perez a à ses ordres des maîtres chiens surentraînés et d’anciens miliciens connus pour leur excès de zèle. Je vous recommande à tous une grande prudence. L’équipe alpha se chargera de retrouver l’otage, l’équipe bêta de rassembler toutes les preuves compromettantes au sujet de Perez.

Il parcourut la petite assemblée du regard, et tous acquiescèrent.

- Parfait. D’ici-là, vous avez quartier libre.

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Aéroport international de Bogota.

La chaleur accablante les cueillit dès la passerelle de débarquement, en une longue vague d’air brûlant. Durant quelques secondes, ils eurent l’impression de suffoquer, mais le reste des passagers les conduisit telle la marée montante jusqu’aux tapis à bagages. Ils suivirent le mouvement, et moins d’une heure après, ils étaient sur le parvis de l’aéroport, transpirants et hagards.

- Alex ? On fait quoi maintenant ?

- Bah, mon plan était de nous conduire à Bogota, consentit le jeune homme. J’avoue que la suite devait être élaborée dans l’avion, mais…

- Mais tu as été tellement malade que tu n’y as pas pensé une seule fois, termina Akima. Bien, encore heureux que j’ai eu le temps d’acheter un guide à l’aéroport. On va prendre un taxi qui nous conduira jusqu’à une guesthouse que j’ai repérée dans le bouquin et qui n’a pas l’air trop mal. Après… On avisera !

Alexis approuva d’un signe de tête et ils se mirent en quête d’un taxi. Trente minutes plus tard ils roulaient enfin vers leur destination.

- On devrait peut-être essayer de retrouver ton père, non ?

- Je sais pas s’il sera ravi de me voir là… Je suis sensée être en cours à l’autre extrémité de l’Atlantique, et non pas dans ses pattes alors qu’il recherche mon frère… Hum, ça me fait toujours bizarre de prononcer ce mot, avoua-t-elle en tournant la tête vers la fenêtre.

A l’extérieur, le centre-ville avait laissé la place aux quartiers pauvres de la ville, et la jeune fille se prit à espérer que leur point de chute ne se trouverait pas trop excentré.

- Tu sais, fit la voix de son meilleur ami, moi ça me fait bizarre de me dire que je vais me retrouver avec un deuxième toi… C’est vrai, toute seule t’es déjà une plaie, alors avec ton double !

Un coup de poing vengeur l’atteignit à l’épaule et le reste du trajet se fit dans la plaisanterie.

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Finalement, les craintes d’Akima n’étaient pas si infondées que cela : la guesthouse se trouvait totalement en dehors de la ville, mais le confort y était pourtant étonnamment présent. Par souci d’économie, les deux amis prirent une chambre double. La salle de bain se trouvait sur le palier mais les commodités étaient juste en face de leur porte. Une fois installés, ils descendirent à la réception déposer leur clé et partirent à pied visiter les abords directs de l’hôtel. Ils flânèrent dans les petits marchés qui fleurissaient un peu partout, s’extasiant du savoir-faire artisanal et des odeurs qui s’élevaient des étalages. L’heure du repas approchant, ils revinrent sur leurs pas et s’attablèrent à la terrasse d’un restaurant. Un jeune serveur s’approcha quelques instants plus tard pour prendre en note leur commande. Il s’exprima dans un anglais parfait :

- Que puis-je vous servir ?

Alexis ne put s’empêcher de noter la beauté de ses traits encadrés de cheveux aussi noirs que les ailes d’un corbeau. D’ailleurs, il lui faisait penser à quelqu’un… Mais déjà Akima passait commande :

- Un carpaccio de bœuf pour moi, et une bouteille d’eau, s’il vous…

Elle s’interrompit soudainement, les yeux écarquillés fixés sur le visage du serveur. Alexis releva la tête de son menu et suivit le regard interloqué de son amie. C’est alors qu’il fit le lien, à l’instant même où Akima retrouvait sa voix :

- JIN ?!

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Il savait qu’il finirait par être retrouvé, mais il n’avait pas espéré que cela serait si tôt. Ni par de parfaits inconnus. Et encore moins par deux adolescents fraîchement débarqués dans le pays. Il s’était fait embaucher comme serveur quelques jours auparavant, une fois remis de ses émotions et de nouveau présentable. Jin avait estimé que le mieux pour échapper à Perez serait justement de rester sous son nez, plutôt que de fuir, ne serait-ce que dans la ville la plus proche. Et jusque là, ça avait marché.

Mais lorsque la jeune fille cria son prénom, l’incrédulité peinte sur son visage, il se demanda si ce n’était pas une blague. Mais elle lui sauta dans les bras et sa surprise ne fit qu’augmenter. Il ne se rappelait pas où il pouvait bien l’avoir rencontrée… Heureusement, le jeune homme qui l’accompagnait retrouva ses esprits plus rapidement :

- Tu t’appelles bien Jin, n’est-ce pas ?

- Comment savez-vous cela ? se méfia-t-il. Je ne me souviens pas vous avoir déjà vus.

- Effectivement, tu ne nous connais pas, et nous n’avons jamais vu que des photos de toi. Ton père se nomme bien Hijiri Yusuki ?

Cette fois, les battements de son cœur accélérèrent imperceptiblement et il hocha la tête en guise de réponse.

- Et bien Jin, moi c’est Alexis Drachme, et je te présente Akima Yusuki.

- Yusuki ?

- Oui, tu…

- Tu es mon frère jumeau, parvint enfin à articuler la jeune fille.

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La nuit était tombée depuis plusieurs heures déjà. Silencieuse, la capitale colombienne dormait sous l’épaisse chaleur tropicale. Quelques éclats de lumière brillaient ici ou là au gré d’une ruelle, piquetant le paysage d’une nuée d’étoiles.

Un silence quasi lunaire qui vola en éclat en même temps que les deux battants de la porte d’entrée de la villa d’Alejandro Perez, notable trafiquant local en tout genre. Les six hommes armés et cagoulés y pénétrèrent au pas de course, tirant sur les quelques gardes encore en vie présents à l’intérieur. Des cris provenant de l’étage leur apprirent que les enfants et leur bonne fuyaient déjà par l’escalier de secours. David ne s’en occupa pas davantage : les hommes avaient ordre de les laisser tranquille. Seuls Perez et Jin avaient de l’importance.

D’un signe de main à ses hommes, il leur indiqua le grand escalier de marbre. Ils l’empruntèrent pour monter à l’étage et trouvèrent rapidement leur cible : le bureau de Perez. Alors que deux hommes restaient postés à la porte pour faire le guet, David mena les recherches à l’intérieur. Ils avaient pour ordre d’amasser tout dossier pouvant être utilisé contre le trafiquant colombien à son futur procès.

Quinze minutes plus tard, les six hommes redescendaient à l’étage. David était plutôt satisfait de la mission. Il appela les quelques hommes resté à l’extérieur pour couvrir leur retraite.

- Equipe bêta à tank, répondez.

Un silence grésillant fut tout ce à quoi il eut droit.

- Equipe bêta à tank, répondez !

L’Américain laisse passer quelques minutes avant de grogner et de se tourner vers ses hommes qu’il trouvait étonnement silencieux. Suivant leurs regards fixes où brulait une flamme coléreuse, il découvrit que la milice aux ordres de Perez n’avait pas tardé à arriver en renfort. Et de toute évidence, l’équipe tank avait été neutralisée.

N’étant néanmoins pas déterminé à se en rester là, David leva son arme tout en criant des ordres à ses hommes, se mettant à l’abri derrière le grand escalier. Alors que son équipe canardait joyeusement les miliciens, il tenta de contacter Hijiri.

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Les coups de feu résonnèrent à l’instant où l’équipe alpha atteignait le sous-sol. Entrée par l’arrière quelques instants après l’équipe bêta, Hijiri et ses hommes avaient atteint la cave sans rencontrer aucun obstacle, tous les hommes de main de Perez s’étant précipités dans le hall.

Son oreillette grésilla quelques secondes avant que la voix de David n’y résonne.

- Equipe alpha, ici bêta. La milice a rappliqué plus tôt que prévu. Dépêchez-vous, je ne sais pas combien de temps on va te…

Un cri étranglé parvint aux oreilles du Japonais qui se cramponna à son arme. Ses hommes fouillaient les pièces du sous-sol.

- David ?! s’écria-t-il. David, est-ce que ça va ?!

Quelques instants de silence accrurent son angoisse avant que l’Américain ne réponde enfin, haletant :

- C’est bon, une égratignure. J’ai déjà trois hommes à terre. Grouille, darling !

Hijiri se força à ne pas grimacer à ce surnom totalement hors de propos vu l’état actuel des opérations. Il lança quelques ordres et trois de ses hommes montèrent prêter main forte à l’équipe bêta.

- Chef ! l’interpella l’un des hommes restés sur place. On a quelque chose.

Hijiri s’approcha et parcourut la pièce des yeux. Un matelas, des draps sales et des traces de vie sommaire prouvaient qu’une personne avait été retenue ici. Mais de toute évidence, cela faisait un petit moment qu’elle n’y était plus. Le Japonais retint un grognement rageur et se retourna.

- Equipe bêta, appela-t-il par oreillette. Equipe alpha en renfort dans trente secondes.

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Ils avaient regagné leur planque après plus de deux heures de course poursuite dans toute la ville. A de nombreuses reprises, Hijiri avait pensé que c’était foutu, mais à chaque fois, un coup de pouce du destin les avait aidés à s’en sortir. Et maintenant, affalé sur le même canapé que la veille, il repensait à cette attaque qui n’avait qu’à moitié porté ses fruits.

L’équipe de David avait bel et bien trouvé toutes les preuves les plus compromettantes contre Perez, mais la sienne n’avait mis la main que sur des traces de vie de son fils. Et cela ne lui suffisait pas. Sans compter qu’ils avaient perdu la moitié de leurs hommes et que, plus qu’une égratignure, c’était bien une balle qui était allée se loger dans l’épaule de son compagnon, touchant une artère secondaire. Le garrot provisoire avait tenu jusqu’à leur retour dans le centre-ville où le Japonais s’était empressé de le soigner. David avait juste réussi à protester quelques instants sur les méfaits de l’utilisation d’un anesthésique sur son humeur au réveil que déjà il s’évanouissait sous les soins d’un des hommes qui, obéissant à Hijiri, avait appuyé sur la plaie. Les soins avaient pu être administrés sans l’ombre d’une protestation grincheuse.

Fatigué se ressasser son semi-échec et las d’hypnotiser le plafond, Hijiri se leva énergiquement, saisit sa veste et sortit. Il savait que ce n’était pas prudent de sortir avant la tombée de la nuit, mais il n’était pas non plus un débutant.

Quinze minutes plus tard, il avait atteint les abords de la ville et s’arrêta dans un petit bouiboui pour acheter une bouteille bière. Il allait ouvrir la bouche pour passer commande au comptoir qu’un éclat de rire lui fit tourner la tête sur sa droite. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise avant de briller de colère. D’un pas énervé, il s’approcha du petit groupe d’adolescents attablés devant quelques verres et qui riaient gaiement. Il se planta derrière l’un d’eux et gronda alors que les deux autres le fixaient, l’un apeuré et l’autre intrigué.

- Aki, je peux savoir ce que tu fais ici ?

- Mais bien sûr, ‘Tou… Oh merde ! s’écria la jeune fille lorsqu’elle se rendit compte que ce n’était pas une apparition due aux effets de l’alcool, mais bel et bien son paternel qui se tenait derrière elle.

D’un bond, elle s’éjecta de sa chaise en babillant, Alexis ne trouvant pas mieux pour s’expliquer. Levant un sourcil perplexe et toujours vaguement en colère, Hijiri obtint un instant de silence qui ne fut troublé que par le soupir de sa fille.

- ‘Tou-san, commença-t-elle. Je suis désolée. J’aurai voulu te prévenir, mais tout s’est décidé si vite que j’étais arrivée à Bogota avant même de m’en rendre compte et…

- Stop ! l’interrompit-il. Je ne veux pas savoir comment tu es arrivée ici. Je veux savoir pourquoi ?

Alexis ouvrit des yeux ronds, et ne put s’empêcher de répondre, tendant la main vers le troisième adolescent toujours assis.

- Bah, ça me paraît évident, non ? Pour la même chose que vous, voyons !

C’est alors que le soldat se tourna pour la première fois vers la dernière personne qu’il n’avait pas pris le temps d’observer. Et il eut l’impression de voir double, malgré la coupe de cheveux beaucoup plus courte. Ce fut son tour d’écarquiller les yeux d’étonnement et d’incompréhension.

Un bras compatissant entoura ses épaules et la voix grave d’Alexis résonna toute proche de son oreille.

- M’sieur Yusuki, je vous présente votre fils Jin !

L’incompréhension céda rapidement la place à l’interrogation, un détail lui revenant enfin, celui qui lui avait échappé tout au long de ces dernières semaines passées à la recherche de son fils. Ce nom par lequel tout le monde l’appelait, ce n’était en rien celui qui avait figuré sur l’acte de naissance immédiatement suivi de l’acte de décès.

- Non, fit-il d’une voix hésitante. Pas Jin. Tu ne t’appelles pas Jin.

Un petit sourire triomphant aux lèvres, l’adolescent se leva enfin et s’approcha du Japonais comme on s’approche d’un animal apeuré.

- Non, confirma-t-il. Ce n’est pas mon vrai nom. Mon vrai nom est Ylia Yusuki, fils d’Hijiri Yusuki et de Yuko Asano. Hein, ‘Tou-san ?

A suivre…


Bien... Je ne me mettrai pas à genoux, mais je vous assure que je suis tout simplement horrifiée de mon retard. Ce chapitre m'a presque écorchée vive. Non mais rendez-vous compte: les deux malheureuses dernières pages ont mis... quoi? Six mois à venir?! Argh!! Et pourtant, je savais ce qu'il se passerait, mais je n'en suis toujours pas contente. Alors autant vous le poster maintenant (mes bêtas m'ont dit que ce n'était pas si mal que ça... Merci les filles!) avant d'appuyer malencontreusement sur le bouton "Suppr" du clavier.
Donc pardonnez la médiocrité des scènes d'action, c'est l'endroit qui a le plus pêché.
Sinon, n'hésitez pas à me donner votre avis, même si je suis ddans l'incapacité totale de vous prédire l'arrivée du prochain chapitre.
KalySo


Réponses aux reviews: (parce que je ne sais plus si je vous ai répondu... Oui, je suis désespérante!)

mimi yuy: Bon, on est maintenant loin de Noël, mais c'est moi qui ait gagné... Non je plaisante! Tu as beaucoup à faire avec les scantrads, et je t'en remercie encore mille fois!!! en espérant que les retrouvailles t'aient plue!

Milii: Moony avait raison. Les lecteurs relèvent absolument tout! Bref, je suis heureuse que le chapitre précédent t'ait plue... Et merci pour tous tes compliments!!

Morgyane: Le suite est là! Merci beaucoup pour ton analyse aussi pointue! Je suis contente de te savoir si enthousiaste au sujet de mon histoire. Et toute chamboulée aussi, tous ces compliments... Merci!!! Et ne désespère pas, c'est en essayant qu'on s'améliore! Bon courage et à bientôt!!!

.: Bon, toi tu as tout suivi... Mais merci quand même pour la relecture et ton avis!! Et pour la proie d'Alexis... Tu verras bien!! Pluch pluch!!

Lady Kaoru Anarchy: Simple et concis! Merci beaucoup, j'espère que la suite te plaira! A bientôt!!

Aceituna: Encore une fois, les lecteurs remarquent vraiment tout... Bravo!! Et si, j'ai osé. J'espère que l'apparition (courte mais présente!) des deux sorcières t'aura plu, même si je dois avouer que je ne sais pas du tout où je vais avec elles. Oui, auteur indigne qui met des situations en place mais qui ne sait plus quoi en faire par la suite... Faut que j'apprenne à suivre un scénario! Encore merci pour ta review, et j'espère que ce chapitre-ci ne te décevra pas trop. A bientôt!

L'ange gardien: Merci beaucoup pour ta review! J'espère que cette suite t'aura plue... Et que la lecture des six chapitres d'un coup n'aura pas été trop indigeste! encore merci et à bientôt!



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