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Titre : Les enfants du brouillard – Prologue
Auteur : Lakesis
Base : Originale
Genre : Yaoi / Angst
Disclaimer : L’histoire, ainsi que les personnages et les situations, sont ma propriété, dans leur totalité. Merci de ne pas me les emprunter sans mon accord.
Note : Oui, une nouvelle histoire lol. Mais, si vous êtes un peu curieux et que vous passez un peu sur mon profil, vous verrez sans problème que j’ai fait un peu le ménage et que donc, celle-ci fait office de remplacement pour les autres
LES ENFANTS DU BROUILLARD
Prologue : Londres, théâtre de nos vies
Londres, l’exotique, Londres, l’hétérocyclique, Londres, l’enchanteresse, Londres, la terrible. D’un bout à l’autre de la Tamise, de ce fleuve sombre, aux goules innombrables, la ville étendait là ses bras de briques et de pavés, de bois et de métal. Méandres méconnus ou grandes avenues, Londres offrait à ses habitants un mélange pathétique de richesse et de misères. Londres, l’intellectuelle, Londres, la dédaigneuse. Londres de tous les plaisirs, Londres, de toutes les misères.
A travers ses ruelles, pavées de pierres grises, s’élevaient cris et bruits, couraient badauds et marchands, voyous et hommes d’affaires, marins de passage, ou vieux loups de mers. Dans les quartiers huppés de Westminster, les immenses villas des nouveaux riches asseyaient la suprématie des patrons d’usines, que l’industrialisation avait bénis. Chaque après-midi, dans les jardins de Kensington, d’innombrables couples de bourgeois s’y promenaient, toisant de leur œil victorieux, le reste du monde, qu’ils avaient réussi à vaincre. Leurs enfants s’amusaient, engoncés dans leurs habits qui leur interdisaient le moindre geste déplacé, à courir dans les allées de graviers blancs, refroidis par cet hiver particulièrement rude. West End était la fierté de la ville, la marque de sa réussite et la preuve de sa domination économique.
Mais de l’autre côté, là-bas, où la Tamise s’enfuyait, silencieux et éternel témoin du malheur caché de cette ville superbe, East End avait regroupé au cours de la révolution industrielle, les ouvriers, anciens paysans que la cité avait tentés, les immigrés, que l’Angleterre avait happés à elle, en main d’œuvre facile, les reclus, les parias, les maudits, tous ceux dont on ne voulait pas. Ces femmes, qui se vendaient, pour une bouchée de pains, pour ne pas mourir, ces hommes qui tuaient, par plaisir, par vengeance, par besoin encore, ces enfants qui volaient, pour se nourrir, pour continuer à vivre, malgré tout. Les tripots et les maisons closes se comptaient par dizaine, perdus parmi les églises et les immeubles infâmes, qui à la première étincelle, partiraient en fumée, comme une feuille de papier. La police tentait bien d’y faire régner la loi mais chaque arrestation ne retardait que pour un temps le vice qui y restait agrippé, comme le diable, sur ses âmes damnées. Et combien y-en avait-il ici, de personnes qui avaient pactisés avec le malin ? Toutes, certainement. Londres savait aimer, pourtant. Elle aimait ses enfants, comme une mère sauvage, qui ne saurait le montrer que par des coups, que par des pleurs, que par la mort. Mais Londres ne pouvait pas les sauver et les laissait crever, elle détournait les yeux, pour les oublier, en les gardant au fond d’elle.
La nuit venue, elle se gonflait de brume, Londres voulait faire peur et montrait son vrai visage, celui d’un ogre monstrueux, avalant ses petits par centaines, pour plus qu’ils ne souffrent, une fois engloutis dans le ventre famélique et sans fond de cette ville de paradoxe.
Sa tour, au loin, résonnait parfois, de cris, ceux des corbeaux, qui ne la quittaient plus et qui inspiraient craintes et mépris. Quand le soir tombait, tout ne devenait qu’imprévu, les crimes et les meurtres en profitaient alors pour sortir le bout de leurs nez audacieux et déchaînaient dans la capitale anglaise les avanies les plus sombres. Les vieilles femmes se plaisaient encore parfois à rappeler quelques histoires légendaires, pour effrayer les plus jeunes. Mais qui aurait été assez fou pour leur prêter une oreille attentive ? Londres était égoïste, ses enfants également. Ils ne vivaient que pour survivre, eux-mêmes, et pas les autres, qu’importait le prochain, si l’on pouvait, un jour de plus, tenir encore debout.
A suivre…