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Fiction » Romance » 440 Hz font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Killy
Fiction Rated: M - French - Romance/Drama - Reviews: 229 - Published: 02-15-05 - Updated: 01-15-06 - Complete - id:1834921

Notes : Le dernier chapitre…

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440 Hertz

Epilogue

If I gave you the truth…

Would it keep you alive ?

Une seule couleur : Blanc ; la tonalité du silence, aux nuances de paix, éternelle à l'horizon. Pourtant, il ne sentait rien, pas même son corps. Au Paradis peut-être… Etait-il parmi les anges, enfin ? Qu'allait-il découvrir ? Qu'allait-il comprendre – cette vérité recherchée par tant d'hommes, s'approcher de la mort, comprendre ce mystère ? Ici, seule son âme demeurait, semblait-il, mais où était le bonheur, la béatitude tant désirée – Point d'ataraxie… Il lui sembla distinguer la silhouette d'un ange, pourtant, un ange aux longs cheveux bruns…

Le sommeil, sournois, traître, s'empara encore de lui. Mais il avait le temps, maintenant qu'il n'était plus parmi les vivants, alors, pas de regrets. Qu'allait-il arriver ? Son âme sourit, disparut, se fondit au reste. Il était déçu… Ou était cette paix censée le transporter, ce calme supposé le guérir de sa souffrance ? Et cet ange… Où était-il ?

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La douleur, cette fois. Insupportable, atroce, infernale, et nul échappatoire. Un hurlement venu des cellules les plus profondes de son être, hurlant la vie, cette plaie ouverte. Ce fut à ce moment que Floran ouvrit les yeux, pour comprendre, en un cri, lui, silencieux, que la mort ne l'avait pas encore emporté. Il ressentait une vive souffrance en lui, dans tout son corps, dans son estomac plus particulièrement. Le supplice que de vivre, encore, que d'avoir osé braver la mort.

"Vous êtes réveillé", fit une infirmière d'un ton sec.

Il comprit avec amertume qu'il venait encore de rater une chose dans sa vie. Même son suicide, il n'était pas foutu de le faire correctement. Ne meurt pas qui veut, sans doute. Le fardeau est trop lourd pour que l'on s'en débarrasse d'un simple coup d'épaule.

L'infirmière lui administra encore des soins, puis elle l'emmena dans une chambre vide et froide. Elle lui expliqua ce qu'il voulait savoir, quoi qu'elle n'en sache pas beaucoup plus, au fond ; des parents qui l'avaient emmené, un médecin qui l'avait sauvé. C'était aussi simple que cela. La Mort, quelque part, ricanait en le regardant. Flo, lui, ne riait pas.

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Ses parents ne savaient pas quoi dire. Sa petite sœur non plus. Ils avaient beaucoup pleuré, tous ; ils ne comprenaient pas. Tout ce que Floran avait pu dire dans sa lettre, rien ne les avait marqué. 'Pourquoi', restait à jamais la seule question. Lui se sentait déçu, soulagé, un petit peu, triste aussi, pour eux, de les voir comme ça. Sa mère le prit dans ses bras, essayant de se consoler plus que lui, mais si Floran regrettait quelque chose, c'était de s'être raté, et pas autre chose. La prochaine fois, songea-t-il, peut-être s'enfermerait-il quelque part à double tour, ou alors, il choisirait une méthode plus brutale, où un sauvetage n'était pas envisageable : un saut, par exemple, d'un clocher, d'un pont, ou d'un quai de gare. Mais il allait falloir attendre… Revenir à la vie était long et douloureux. Flo se doutait qu'on lui imposerait des visites chez un psy qui décréterait qu'il fallait le garder sous surveillance. Peut-être, après…

Il n'avait rien à dire, pas envie de parler. Ses parents finirent par le laisser, puisqu'il devait encore passer quelques jours à l'hôpital. Seul, parce qu'au fond, même maintenant, il l'avait toujours été. Ca ne changerait pas ? Ca ne changerait rien…

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"Bonjour… "

La voix hésitante, de la silhouette angélique aux longs cheveux bruns. Flo cligna des yeux, reconnut la personne qu'il s'attendait le moins à voir, ici. Sa présence lui fit l'effet d'un coup de poignard en plein cœur, et il détourna le regard. Yoan s'approcha, se tint à côté de lui, essayant de capter son attention.

"J'ai attendu que tes parents partent", fit le jeune homme, hésitant. "Je… Floran… Tu vas bien ?"

Le métis tourna la tête, s'apprêtant à lui dire d'aller se faire voir, avec toute la force qu'il avait encore en lui, mais voir le visage de Yoan l'en dissuada. Il avait l'air d'un véritable spectre, le teint d'une pâleur morbide, les yeux rouges, et les traces de pleurs encore mal effacées. Même s'il avait du mal à croire que c'était à cause de lui qu'il était dans cet état, Flo n'eut pas le courage de lui crier dessus.

"Qu'est-ce que tu fais là ?" demanda-t-il. "Comment tu as su, pour moi ?"

"Par hasard", avoua le guitariste. "J'étais venu à l'hôpital voir… Quelqu'un d'autre, et j'ai croisé ta sœur, par hasard… "

"Elle t'a dit… ?", demanda le métis, comprenant que la réponse était oui, bien sûr.

"Qu'est-ce que tu as fait ? … C'est à cause de moi ?"

"En partie", dit Floran, ne voulant pas lui mentir.

Yoan s'assit à côté de lui, ne sachant pas quoi répondre. La perspective que Flo ait pu vouloir mourir à cause de lui… Etre responsable, encore, de tant de choses : il s'en voulait. Il s'en voudrait, maintenant… Et il ne pouvait pas dire que ça l'étonnait, en toute honnêteté. Il n'y avait même rien de surprenant, là dedans ; et puis, Yoan était parfaitement au courant, de plus, qu'Alex l'avait abandonné… Il n'était censé rien dire, alors il avait fait comme si tout cela, ce que Flo pouvait devenir, ça ne le regardait plus, désormais, se voiler le regard comme il savait si bien le faire.

"Je sais pas quoi te dire, Floran."

"Ne dis rien", fit le métis. "Je vois bien que personne sait quoi me dire, à part 'Floran, mon pauvre Floran'. Ca m'aide pas."

"…Mais je suis désolé, Flo, je suis tellement désolé…"

"Tu étais venu voir qui, au fait ?" demanda le blond, voulant changer de sujet – tout, sauf parler de lui.

Yoan eut un geste vague, un geste de douleur, et le regard perdu dans le vide, Flo comprit instinctivement de qui il s'agissait. Il n'y avait qu'une personne à qui il tenait à ce point… Lui aussi, alors. Pourquoi ? Que s'était-il passé ?

"Nathan", murmura Yoan. "Un accident stupide… Je suppose que j'y suis, aussi, pour quelque chose… "

Il se tut, mais par une étrange empathie, le métis ressentit les paroles qu'il ne prononça pas, à l'intérieur de lui. Ou peut-être était-ce juste que la tension était trop palpable, l'atmosphère trop lourde, trop étrange ? Il y avait autre chose, aussi… Quelque chose de nouveau, de neuf, en lui. Une sensation qu'il n'avait jamais ressentie : être en phase avec les gens, avec les choses, avec le monde. Etrange.

"Je sais", fit Floran, "Je comprends… Avoir sur la conscience à la fois la mort de son ex et de son meilleur ami. C'est ça ?"

"Tu n'es pas mort", protesta Yoan. "Et Nathan non plus."

"Disons que dans mon cas, c'est l'intention qui compte", fit le métis. "Dans le sien… Tu sais que ses chances de survie sont minces."

Le regard de Yoan se fixa un instant, empreint d'une terreur indescriptible. Puis il se ressaisit, interrogea Floran, fronçant les sourcils, ne voulant pas croire ce qu'il venait de dire.

"Comment est-ce que tu sais ça ?"

"Je le sais, c'est tout. C'est comme ça."

"Tu serais devenu médium ?", grinça Yoan, n'appréciant pas vraiment la plaisanterie.

"Peut-être, va savoir… "

"Floran, s'il te plaît, je trouve pas ça drôle. Tu sais quelque chose, non ?"

"Même pas", soupira le blond. "J'aimerais pouvoir te dire s'il va se réveiller ou pas… "

Yoan soupira, s'assit sur le lit, à côté de Floran. Il n'avait pas le courage de retourner voir, de jeter un coup d'œil dans ce couloir, de croiser les médecins et la famille de Nath… Et Olivia, morte, qu'espérer à présent ? A quoi bon croire que le destin se montrerait plus clément pour Nath, que pour elle ? Et les paroles de Flo n'étaient pas pour le rassurer. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait désarmé, il avait mal, mais ce n'était pas à cause de sa propre personne. Ou presque.

"Qu'est-ce que tu vas faire, ensuite, Flo ? " demanda Yoan.

"Je vais retrouver Alex", fit le blond. "Je veux lui parler… Je veux la voir, absolument…"

"T'inquiète pas pour ça", soupira le guitariste. "Je sais exactement où elle est, et avec qui elle est partie."

"… ?"

"Je ne devais pas t'en parler. Elle ne voulait pas qu'on puisse la retrouver, tu comprends ? Même toi, …surtout toi. J'imagine que c'était pour ne pas te blesser, aussi pour que tu ne puisses pas la retenir. Mais on peut dire que les choses ont changé, non ? Je crois que tu dois savoir, j'aurais dû t'en parler, mais c'était sa décision, alors j'ai rien fait…"

Il chercha dans son agenda, griffonna une adresse sur un bout de papier, le tendit à Floran. Si Alex était réellement parti avec lui… Voilà, l'endroit où ils devaient être à présent. A prendre un nouveau départ, comme toujours. Un nouveau départ… L'expression frappa à Yoan. Elle s'appliquait à bien du monde, ces derniers temps, lui compris ; mais pour l'instant, il était dans l'expectative, à attendre que sa vie prenne un nouveau tournant, un bon ou un mauvais, qui savait ? La réponse était à quelques mètres de lui, dans une chambre voisine ; un avenir qu'il imaginait dépendre entièrement de la survie (ou pas) de Nathan… L'angoisse de l'attente, avant cela.

"Alors tu vas faire comme elle ?" demanda Yoan. "Tout laisser tomber, tout ça, tout ce qui t'ennuie, … pour aller rejoindre Alex ? "

"Je veux m'échapper d'ici", soupira Floran. "Même encore maintenant … J'étouffe."

"Si tu veux mon avis, c'est une meilleure solution que la mort."

"Qui sait ?"

L'infirmière entra dans la chambre, et Yoan les laissa seuls. Il avait le sentiment que Flo avait changé, comme s'il avait fallu qu'il frappe aux portes de la mort pour qu'enfin, il comprenne ce qui n'allait pas, aussi bien chez lui que chez les autres. Ce choc nécessaire pour qu'enfin, il suive le chemin d'Alex, pour qu'enfin, il prenne sa vie en main… Même s'il n'en disait rien, cela se ressentait, dans toute son attitude. Les choses allaient changer, pour lui, Yoan le savait et le pressentait. La voie avait été longue, pour en arriver là où il était, pour que Floran accepte ce cheminement de son âme, long et douloureux, et cela ne faisait encore que commencer. Peu importait, au fond, ce qu'il trouverait auprès d'Alex et des autres, là bas, peu importait ce qui se passerait ; l'essentiel, c'était qu'il allait se passer des choses. Avant même le but, avant même le chemin qu'il emprunterait, le plus important, c'était sa décision de prendre ce chemin.

Quant à lui… Yoan ne savait pas encore. Il n'espérait qu'une chose, à présent ; pouvoir dire à Nath qu'il regrettait tout ce qui s'était passé, tous ces mots, et puis finalement, ce silence qui s'était installé entre eux, qui avait effacé leur amitié… Amitié, s'il fallait mettre un terme sur ce sentiment, même si Yoan savait que ce n'était pas vrai, ni pour lui, ni pour son 'meilleur ami'. Peut-être qu'avec le temps, si celui-ci ne s'arrêtait pas ici brutalement, avec le temps… Tout redeviendrait comme avant. Cet autrefois, ces sentiments prétendument ambigus alors que … Il espérait juste une chose, à l'instant présent : avoir, encore une fois, l'occasion de dire à Nath ce qu'il ressentait.

Il guetta un temps, l'arrivée de nouvelles, le passage d'un médecin, ou de la famille de Nath, n'importe qui, pourvu qu'il en sache plus. Mais personne ne vint… Yoan resta là, seul, à attendre, la tête posée sur l'accoudoir, somnolant à demi, malgré le poids qui pesait sur son cœur, proche du sommeil.

"Yoan…" murmura une voix faible et lointaine, irréelle. "Yoan, il s'est réveillé…"

Fin

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Notes : Et voilà ! Merci beaucoup à tous les lecteurs qui sont arrivées jusque là et qui ont eu le courage d'attendre mes updates pas très régulières… Ptetre qu'on reverra les persos dans un one shot prochainement, qui sait ;)


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