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D’amour ou d’amitié.
Je te regarde, et tu me souris. Je sens d’ici que tu t’ennuies au moins autant que moi. Vivement la fin du cours, qu’on puisse se tirer et aller manger un peu.
J’aime bien manger avec toi, on parle de tout et de rien, surtout de rien quand j’y pense. Je me marre à toutes les bêtises que tu sors, mais surtout on est ensemble et c’est ça qui me plait le plus. J’aime être près de toi, t’écouter dire n’importe quoi.
Je te vois me faire un signe, il nous reste trois minutes de cours. J’ai encore oublié ma montre, mais ça ne t’étonne plus ça. Tu m’as dit qu’un jour je l’oublierais sur mon poignet et que je m’en rendrais même pas compte. J’ai rigolé, mais je sais que tu avais raison.
Trois minutes que j’écris en haut de ma copie. Et je continu d’écouter ce que tu le prof, mais je ne l’entends pas vraiment.
La sonnerie me sauve, je suis le première dehors, et j’ai gagné mon pari, tu me dois ton dessert, j’ai encore gagner. Je me dis que ce jeu est un peu débile, mais ça me rapporte bien, et ça te fait rire, et j’aime bien quand tu ris.
Je me dis que tout serait plus simple si je ne te connaissais pas, mais en même temps j’aime vraiment ce temps passé avec toi.
On est les meilleures amies du monde aux yeux de tous. Ca parait simple, et ça l’est sauf quand je te regarde comme la femme que j’aime et non plus comme ma meilleure amie. Un jour tu as voulu savoir si je te cachais quelque chose, et j’ai répondu non. C’est la seule fois que je t’ai mentis, et plus jamais je ne le referais.
Ce soir là, tu m’as dit que toi tu avais un secret, que tu voulais me le dire, mais que tu ne pouvais pas. Tu as commencé à pleurer et je t’ai pris dans mes bras. C’est le plus beau souvenir que j’ai de nous deux.
Mais paradoxalement c’est aussi le pire. J’ai tellement aimé ça, passer ma main dans tes cheveux, caresser ton corps pour te réconforter. Dans tous mes rêves, tu me dis à ce moment là de ne jamais arrêter. Mais c’est pas ce que tu m’as dit ce soir là, non, je me rappelle encore de chacun des mots que tu as prononcé. Arrêtes s’il te plait, c’est déjà assez dure comme ça.
Tu ne m’as jamais expliqué ses mots, et ils hantent mes nuits. Mais ça ne nous a pas éloignée, bien au contraire.
Ce soir, on passe la soirée ensemble, devant un film débile, mais je m’en fiche du moment que tu es avec moi.
C’est l’heure de dormir, mais je n’en ai pas vraiment envie, alors je te regarde te débattre avec ton radio-réveil qui ne veut pas s’éteindre. C’est promis un jour je t’en rachète un qui marche. On dort toutes les deux dans ton lit deux places, comme d’habitude. Tu me regardes à ton tour, et je sens mon cœur accélérer. Tu commences à me parler : tu te rappelle que l’autre jour je t’ai dit qu’il y a quelque chose que je te cache ?
Bien sur que je lui réponds, mais pas trop brutalement, je veux savoir. Il ne faut pas que tu changes d’avis. Mais en même temps, je sens que ce que tu me dis va me faire mal.
Je suis amoureuse de quelqu’un, quelqu’un que je ne devrais pas aimer, parce que ce n’est pas correct. Mais je l’aime et j’en ai marre de me cacher la face. Et surtout de te mentir. C’est une fille que j’aime.
Elle avait du voir mon visage pâlir pour ajouter ça aussi rapidement. J’ai envie de lui hurler à la figure qu’elle n’a pas le droit de me faire ça, que ce n’est pas juste. Que depuis le temps que je souffre en silence parce que je l’aime et qu’elle n’est que mon amie, elle n’a pas le droit…
Je sens que je vais pleurer. Mais j’essais au maximum de me retenir et je lui dis : tu sais, je crois que tu peux aimer qui tu veux, du moment que tu m’oublie pas. On est amie, et ça doit toujours compter pour toi.
Ca compte, plus que tu ne le crois. Mais je ne crois pas que ça va être possible. Tu vas me détester, j’en suis sur. Tu vas me détester autant que je t’aime…
Autant que je t’aime, cette phrase me laisse sans réaction. Alors c’est moi ? Tu m’aimes, et je n’ai plus à te cacher que c’est pareil pour moi…
Tu commences à pleurer, et moi aussi. Je me laisse aller, je laisse sortir toute la pression que j’ai en moi, de tout le temps être avec toi, de tout le temps t’aimer sans être vraiment avec toi, ni vraiment t’aimer.
Je rapproche mon visage du tien, et je pose mes lèvres sur les tiennes, et je reste là, attendant que tu fasses quelque chose. Je te sens prendre mes lèvres et commencer à me donner le baiser le plus doux que je n’ai jamais eu. Je sens toute ta douceur, ton amour en même temps et je voudrais que ce moment ne s’arrête jamais.
Mais on finit par se séparer, et je te dis : je suis désoler mais je suis moins courageuse que toi, je t’aime mais je suis incapable de reconnaître que je te le cache.
C’est pas grave, on est ensemble maintenant. C’est les mots les plus beau que j’ai entendu de toute ma vie je crois. Enfin, après ce qu’elle m’a dit tout à l’heure, quand elle m’a dit je t’aime, c’était vraiment le plus beau moment de ma vie.
On passe la nuit ensemble, plus proche que jamais mais encore si loin l’une de l’autre. Je ne sais pas encore si on arrivera à être ensemble et continuer à faire semblant d’être moins.
Dans ses bras, je me sens d’un seul coup en colère. Pas contre elle, au contraire, mais plus contre la société qui nous oblige à nous cacher, et qui nous a obligé à nous mentir si longtemps.