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Texte et personnages à Melindra! (oui je sais c'est bête à écrire, mais ça fait du bien...)
Coucou à tous (oui tous, encore une fois, je suis optimiste...) Voici la deuxième histoire de ce groupe d’histoires. Je l’ai écrit en 1996 (non vous ne rêvez pas et j’en ai d’autres aussi vieilles et même pas finies) et je l’ai un peu retravaillé. Elle n’a pas la même spontanéité que « télépathie », mais l’idée d’origine... c’était un devoir d’anglais. Je me souviens encore de la tête de la prof en me rendant la copie !! A l’époque, je dévorais le cycle de « Dune », ceci explique cela.
C’est une « dark fic »...
Bref, je vous souhaite une bonne lecture. Voici les réponses aux reviews :
Nardy : Merci encore d’être passée par ici et encore plus de m’avoir laissé une de tes gentilles reviews. Voici la seconde histoire ! En fait, ça correspond à la première histoire que j’ai voulu écrire. Plein de bisous !
Galouz : ça oui, j’avais beaucoup aimé cet épisode ! Je trouvais toujours intéressant ce genre de point de vue. Oui c’était ce que je voulais développer dans cette histoire. Merci d’être passée et plein de bisous !
How-Big-Is-Your-Violon : Merci beaucoup d’être passé et de m’avoir lue ! En voici une autre plus longue... Bisous !
Myô : Merci beaucoup de ta gentille review pour cette histoire toute simple... ! Au fond cette histoire est optimiste. En voici une deuxième, plus pessimiste. J’espère que tu repasseras par ici ! Bisous !
Silvara : je sais, je t’ai déjà répondu par mail. J’espère que tu ne seras pas trop déçue par cette fic. Bisous !
Examen de Déesse
1
Un jour, une déesse tira du néant une planète, la Terre, la façonnant de ses mains immatérielles...
Au début des temps, la Terre était feu exubérant et eau révoltée. Puis ces deux éléments s’apaisèrent, le feu et l’eau se faisant lentement terre et vie sous le regard patient de la déesse. La vie naissante et balbutiante finit enfin par se développer. Tant et si bien d’ailleurs, qu’elle revêtit au fil du temps une infinité de formes. La Terre était riche de vie et l’une d’entre elles finit par prédominer : l’homme.
De grands dons lui avaient été offerts, sans doute sous la main de la déesse. Peut-être espérait-elle une sorte de reconnaissance ou du moins une meilleures utilisation de ses présents. Un éveil du cœur peut-être. Au respect de la vie. A l’amour tout simplement. Mais l’homme, à qui l’adaptation et l’intelligence avaient été offertes, se révéla avide. Terriblement insatiable. Il fut aussi querelleur, envieux, exubérant dans ses découvertes scientifiques. Il finit par se préoccuper plus de son bien-être matériel plutôt que d’un mieux être spirituel…
Et bientôt la Terre, autrefois si bleue et si verte devint peu à peu un gigantesque désert parsemé de mers polluées et radioactives. Un désert parsemé de quelques villes. Où survivaient encore des êtres humains. Voilà tout ce qui restait après tant de guerres, de conquêtes et d’insouciance… Mais plus pour longtemps.
2
Un être aux vêtements informes et usés traversait le désert. Il semblait indifférent aux tourbillons violents et rageurs soulevés par un vent devenu trop puissant. Ce vent que plus rien n’arrêtait... Cet être ressemblait à un être humain. Quiconque osait - l’inconscient ! - affronter son regard, se sentait glacé jusqu’au sang. Car ce regard n’exprimait rien. Oui, rien qu’une totale et profonde indifférence. Mais en même temps ils étaient curieusement vifs et attentifs.
Quelque chose dans sa démarche, dans sa nonchalance - dans ses actes passés peut-être - criait que cet être n’avait pas de cœur. Et sans doute était-ce vrai. Sûrement vrai.
Cet être marchait dans ce désert immense depuis plusieurs jours, sans nul besoin d’eau. Ni même de nourriture. Cela lui était inutile. Puis un jour une ville apparut à l’horizon.
Un endroit où il restait encore des êtres humains.
Le soleil se couchait qu’il entra enfin dans la ville. Une ville, un bien grand mot. Ce n’était qu’un vague assemblage de cahutes, au milieu de ce sable rougeâtre du désert qui envahissait tout... Après quelques pas, des enfants se pressèrent autour de lui. Ils étaient bien peu nombreux. Et tous étaient démunis de tout. Surtout... ils n’étaient plus rien. Non vraiment rien, eux qui mangeaient si peu.
« De l’eau… De l’eau. Rien qu’une goutte. Juste une. La sentir sur nos lèvres. De l’eau… », quémandaient doucement ces petites voix desséchées.
Ces petites voix qui au lieu d’être fraîches et vivantes n’étaient que poussières de sable et chuchotements légers. Petites momies en sursis. Si cet être avait eu un cœur, il aurait craqué. C’était impossible de résister à ces voix si douces, à ces grands yeux implorants…
« De l’eau… »
Il n’en avait pas. Pas plus d’eau que de coeur. Il contempla la scène de ses yeux qui ne cillaient pas, de ces yeux profonds qui enregistraient tout, avant de s’éloigner.
Les enfants n’insistèrent pas. Ils n’avaient pas senti l’odeur de l’eau - cette odeur fraîche et savoureuse - sur cet homme. Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, cet homme avait traversé le désert sans eau.
L’être sans cœur continua sans hâte son chemin. Partout la misère. La résignation. Parfois la mort… Mais un cadavre ne restait jamais longtemps dans les ruelles. Très vite, son sang était récupéré puis traité. L’eau était si rare, alors il fallait bien apaiser sa soif...
Cela ne l’étonnait pas : cette ville avait les mêmes coutumes que les autres qu’il avait déjà traversé. Car l’instinct de survie finissait toujours par prévaloir sur l’horreur des actes…
Il ne restait que peu d’habitants. Et comme dans les autres villes, il y avait les propriétaires du puits. Où chaque jour un peu d’eau venait recouvrir le sable dont il était empli, cette eau que tout le monde convoitait. Ils s’étaient battus jadis pour posséder cette richesse. Les autres habitants tentaient parfois de la leur arracher, mais c’était plus du suicide qu’autre chose. Les propriétaires du puits, en bien meilleure santé, les repoussaient sans réelle difficulté.
Parfois, lorsqu’il y avait un peu plus d’eau à la surface de ce puits de sable, les propriétaires y trempaient des chiffons qu’ils jetaient aux pauvres dehors. Ils aurait bien aimé bien les laisser crever de soif, mais une peur terrible sourdait en eux : se retrouver seuls dans ce village en sursis. Se supporter c’était difficile. Ils savaient qu’ils se déchireraient alors pour la possession du puits, qu’il n’y aurait alors plus aucune morale. Et puis le survivant deviendrait fou à force de solitude. Car personne ne pouvait résister à une solitude absolue dans un village seulement peuplé de morts.
Cela, l’être le savait. Une fois, il avait attendu dans un village où cela s’était produit. Il avait attendu, oh peut-être un mois. Pas plus. Les choses avaient très vite dégénérées. Puis le survivant s’était tué. Alors il était parti, en haussant les épaules. Et il s’était dirigé vers une autre source d’eau, et donc un autre village.
L’homme était le même partout. Cette ville n’y faisait vraiment pas exception. Ces chiffons mouillés le démontraient assez.
Car l’être marchait dans la ruelle où se trouvait la maison dissimulant le puits. Juste au moment où les propriétaires du puits étaient en train de jeter des chiffons trempés. L’un d’eux lui tomba entre les mains. Il le contempla un instant… pour le jeter ensuite. Comme indifférent, il continua à parcourir le village. La nouvelle de son arrivée s’était répandue rapidement. Il intriguait.
Certains y voyaient un espoir : un homme avait réussi à traverser le désert. Alors la situation allait mieux. Peut-être - non il fallait être positif - sans doute, avait-on trouvé une vraie source. Sans doute le désert régressait et la végétation revenait. Enfin ! De vains espoirs, oui. D’autres, plus lucides, tremblaient : ils murmuraient que le monde était fini. Car cet être ne pouvait être humain pour avoir traversé le désert ainsi. Oui, ils chuchotaient tout le monde allait mourir. Ils étaient bien rares ceux-là. Et puis, tous refusaient de les écouter.
Tel était devenu l’être humain, malgré les dons de la déesse. Nier le mauvais côté, les solutions trop terribles. L’homme était devenu lâche. Et paresseux.
Sans doute est-ce cela qui a causé sa perte. Je pense à ça depuis un sacré bout de temps. Et je crois qu’avec l’abandon de toute religion, j’ai mis le doigt sur ce qui n’allait pas…
L’être se moquait de tout cela. De ces espoirs idiots. Non pas que l’être humain se soit réveillé trop tard, mais c’était plutôt qu’il ne s’était même pas réveillé. Et qu’en dormant, il avait lui-même précipité sa perte.
Car on ne pouvait vraiment plus rien faire. La radioactivité était partout, la flore avait dégénérée comme la faune…
L’être sans cœur haussa les épaules. Ou peut-être était-ce pour remettre sa cape en place. Puis il quitta le village où plus rien ne vivait. Car dès qu’elle avait jugé, la Mort s’exécutait. Plus rien ne respirait sur ce monde Sans doute était-ce mieux...
C’était là le dernier village. La Mort les avait tous touché de sa main miséricordieuse et tous les habitants avaient connu son toucher et sa paix.
3
Tout cela, c’est bien joli. Mais me voilà un peu ennuyée. J’ai une planète déserte sur les bras. Que vais-je pouvoir en faire ?… Mmh, oui. Vraiment je ne vois pas d’autre solution. Je pourrais y recréer la vie, mais sérieusement, je ne crois pas l’intérêt de tout y remettre en ordre alors qu’il est si simple de créer ! Cela m’ennuie pour la planète, mais elle a tellement été meurtrie que ce sera un soulagement pour elle… De plus, il vaut mieux que je reprenne un nouveau sujet d’examen. Je veux réussir à mon examen de déesse...
Et la déesse tendit le bras et ouvrit grand la paume de sa main droite. Lentement ses doigts parurent se refermer comme les pétales d’une fleur. Dans le même temps, la Terre se fissura et du feu s’écoula des blessures. La Terre souffrait encore une fois. Une ultime fois.
La déesse dégagea l’âme de la planète des fragments encore brûlants. Cette âme avait l’apparence d’une jeune femme au corps meurtri et étranglée par d’étranges ronces de ténèbres.
« Déesse… Pourquoi ne pas m’avoir soignée ?, murmura la jeune femme.
- A quoi bon ? Tu étais déjà exsangue. Te soigner ? J’aurais perdu mon temps, répondit la déesse d’un ton semblant distrait.
Elle réfléchissait déjà à son prochain monde à créer... Pour chasser la douleur que lui causait l’échec de celui-ci.
- Et maintenant ?, demanda celui qui fut jadis l’âme bienveillante du berceau de l’humanité.
Celui qui aima cette humanité pour tout lui offrir...
- Maintenant… Meurs, Terre. C’est ta récompense pour toutes tes souffrances. Ta paix éternelle. »
Et l’âme de la Terre s’éteignit sans un bruit.
Bon, et les âmes des humains ? Vais-je les réintégrer ailleurs, sur un autre monde… Non… A moins de tous les réincarner en pierres, ils n’apprendront jamais rien de leurs erreurs. Autant laisser tomber. Cet essai est définitivement raté. Il vaut mieux que leurs âmes retournent au néant.
4
La déesse contemplait pensivement l’univers, ses planètes et étoiles comme autant de joyaux tournoyant avec lenteur. Elle effleurait du bout des pensées ses planètes où elle avait fait éclore la vie, comme si elle était à la recherche de l’inspiration...
- Pourquoi ne pas leur avoir laissé une chance ma fille ?, fit une voix près d’elle.
Elle se retourna, en soupirant.
- Cela aurait été du temps et du travail de gâchés, père, répondit-elle sur un air d’évidence.
- Tu les croyais si incapables ?, objecta-t-il.
Il paraissait à la fois triste et déçu.
- Oui. Egoïstes et préférant la facilité.
Tel était son verdict sans appel.
- Bien sûr. Et tu ne crois pas que tu viens de faire pareil ? Dis-moi alors… Que dois-je faire d’une apprentie déesse comme toi, manquant autant de cœur et de persévérance ?
Elle le regarda sans comprendre :
- Qu’aurais-tu voulu que je fasse ?
- Que tu les aimes, que tu sois plus proche d’eux… Je crois bien que tu as échoué à ton examen de déesse, conclut-il.
- Mais j’ai d’autres mondes !, protesta-t-elle.
- Peu importe. Détruire ce n’est pas dans tes attributions, dit-il avec fermeté.
La jeune déesse répliqua alors, avec une logique qu’elle croyait sans faille.
- Je n’ai détruit que ce j’avais créé ! J’en avais le droit puisque c’était ma création !
- Non Amarya, il faut une bonne raison pour détruire. Et tu n’en avais pas… Voilà ton erreur. J’ai sauvé l’âme de la Terre et des humains. Tu vas devoir leur redonner une autre chance. En t’investissant un peu plus. Et tu vas accomplir ce que nous avons tous fait : te réincarner. Tu repasseras ton examen de déesse plus tard, ne t’inquiète pas.
- Quoi ? Moi...? Moi au milieu de ces barbares…?!
Elle avait pâli. Etre rétrogradée au rang de simple mortelle... même si c’était temporaire, cela n’avait rien de réjouissant.
- Tu connais la loi : quand tu échoues dans une création, tu dois t’incarner dans la suivante. Tu n’as pas le droit de détruire les âmes que tu as créé... Tu préfères être sanctionnée par le Haut Collège des dieux ? Apprends au lieu de critiquer et de punir tes créations, la sermonna-t-il fermement.
Amarya réfléchit un instant, juste un instant dans le cours éternel de l’univers. Elle secoua la tête :
- Non. Je refuse, fit-elle d’un ton sec.
- Tu...
- Non père, le coupa-t-elle. J’ai mis en oeuvre tout ce que tu m’as appris. J’ai souffert pour mon monde et je suis prête à retraverser cette souffrance mais pas comme ça. Pas en mortelle ! Et contrairement à ce que tu penses, j’ai le choix.
La déesse révulsée préféra se détruire plutôt que de déchoir. Alors, tout ce qu’elle avait créé disparu avec elle. Y compris les âmes des êtres humains.
Son père soupira. Pleura même. Longtemps. Puis comme il avait le sens des responsabilités, il revint veiller sur ses mondes. Et sa planète, la première Terre, que sa fille avait voulu copier en la surpassant.
Il était heureux qu’elle n’ait pas vu où les choses en étaient arrivées. Et pourtant, cela faisait quinze fois qu’il recommençait, avec tant de variances... Mais à la fin, c’était toujours ce grand désert aride avec les rares villages qui revenait.
Il se demandait si avoir vécu parmi les humains lui avait servi à quelque chose car il avait pris leurs défauts. Comme sa fille qui avait copié son attitude sur lui.
Et maintenant ?
Eh bien, il envoya la Mort se balader dans les villages survivants.