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Prologue
Jenny Cid était une jeune fille comme les autres. Issue d’un milieu aisé elle avait bien sûr connu quelques problèmes, mais cela sera raconté une autre fois. Jenny pensait avoir des dons, et ses amis se moquaient gentiment d’elle à ce sujet. Elle savait bien que la magie n’existait pas, mais certaines choses l’avaient parfois mise mal à l’aise. Une nuit, à quatre ans, elle avait rêvé être entourée de lapins mangeurs d’hommes et avait été sauvée par une guerrière. Depuis ce jour, elle bénéficiait d’une chance incroyable, faisait certains songes qui se révélaient être réalité et possédait des sens plus qu’aiguisés. Elle ne savait pas ce que cela pouvait faire d’elle, et ne connaissait, à l’époque, aucune information sur Bormelia.
Notre histoire commence en mai 1996, environ quatre jours avant ses seize ans.
Il y avait eu deux jours de congé supplémentaires, et c’est là que tout commença : des rêves étranges et sanglants vinrent hanter ses nuits. Jenny avait jusqu’à ce jour vécu ses rêves comme des sortes de jeu de rôle où elle se déplaçait librement, seul l’univers restait inchangé. Dans ce monde-là, elle bénéficiait de pouvoirs assez incroyables, mais tout de même limités. Elle faisait également des songes à étapes qu’elle continuait à chaque fois qu’elle se rendormait durant un certain laps de temps.
Mais c’était une sorte de rêves totalement nouveaux, ils dépassaient tout ce qu’elle avait pu vivre ou imaginer. A chaque fois l’horreur se répétait, la jeune fille se retrouvait sur un champs de bataille, couverte de sang, au milieu d’une guerre dont elle ne savait rien. De plus, une odeur de mort et de pourriture écoeurante régnait sur cet endroit. Tous les soirs, elle se faisait tôt ou tard tuer par un soldat, et cela recommençait le jour suivant.
Jenny avait essayé de s’en sortir, de prendre parti pour l’une ou l’autre armée, de ne rien faire, de se concentrer sur une chose précise. Mais rien n’y faisait, elle mourait chaque soir et chaque soir elle réapparaissait à la même place. Elle avait peur d’en parler, peur de se faire traiter de folle, elle tenta de trouver du réconfort quelque part. Elle essaya de se tourner vers ses amies, ses professeurs, mais ce fut son petit frère qui perça l’abcès.
Il fit des hypothèses, certaines absurdes, car il s’intéressait à des choses étranges depuis toujours, mais il fit également une relation intéressante.
« Toi qui aime les jeux de rôles » dit, il « pour sortir d’un donjon, tu dois trouver le maître et le convaincre de te laisser sortir. Peut-être que tes rêves fonctionnent de la même manière.»
Jenny lui fit remarquer qu’elle se retrouverait face à elle-même, mais son frère lui répondit d’un ton de confidences :
« Pas forcément chère sœur, c’est peut-être un message »