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Titre
: Train d'enfer (merci à Mithy d'être d'aide appréciable
pour les titres quand elle est droguée XD)
Auteur :
Meanne77
Genre : Pfff… Besoin de se défouler.
Avertissement
1 : Si l'homosexualité masculine vous dérange, merci de
bien vouloir fermer cette fenêtre.
Avertissement 2 : Ceci
est une pure fiction ! Toute ressemblance avec des événements
réels (qui se seraient par exemple produits le 5 mars 2005)
serait bien évidemment totalement fortuite !
NdA : Malgré la présence d'un Nicolas, ce one-shot n'a absolument rien à voir avec Tu quoque, me frater. Sais pas, faut croire que ce prénom me plaît bien en ce moment ? lol.
Train
d'enfer
J'ai
envie de hurler. De détruire quelque chose, de passer mes
nerfs sur le premier truc qui aura le malheur de me tomber sous les
mains. De redevenir un mâle primaire, un homme de Neandertal et
de pouvoir légitimer cette envie de meurtre. Et le pire dans
tout ça, c'est que je peux même pas gueuler mentalement
sur un responsable. C'est pas de leur faute ; je peux même pas
leur en vouloir, je sais que c'est pas de leur faute. Je connais rien
de plus frustrant que de même pas pouvoir s'insurger contre
cette foutue SNCF ! Il neige. Que voulez-vous, il neige…
J'aime
la neige ; c'est blanc, c'est féerique, c'est beau. Je
continue d'aimer la neige, ça reste quelque chose de
magique. J'ai quelques très bons souvenirs avec de la neige.
Et je sais que d'ici quelques jours – heu, non, disons quelques
semaines – j'aurai totalement oublié cette mésaventure
mais pour l'instant, rien à faire ! Les seules choses
auxquelles je pense sont ces deux heures à me les peler en
attendant que le train entre en gare, au fait que je suis
parti à l'heure à laquelle j'aurais dû arriver
à Marseille et au fait qu'à cause de la neige –
encore elle ! Toujours elle ! – le TGV ne peut que rouler lentement
! Et si encore je m'arrêtais à Marseille ! Mais non ! Je
suis censé prendre un autre train après ! J'aurais dû
arriver à 11h27 à Cassis ; il est 12h06 ! J'ai envie de
hurler.
Et
pourquoi, pourquoi a-t-il fallu que ça tombe ce
week-end ? Ça n'aurait pas pu arriver le week-end dernier, me
dispensant ainsi d'aller chez les beaux parents de ma sœur ? Noooon
! Trop facile ! Bien sûr que ça tombe le week-end où
je peux enfin aller retrouver Nicolas ! Nico me manque, jusqu'à
la moelle des os. On a pas pu se voir depuis un mois et demi et juste
quand on arrive à voler deux petits jours… Et encore…
arriver le samedi midi – théoriquement ! – pour devoir
repartir le dimanche en début de soirée… Petit, tout
petit week-end. Dire que je devrais déjà être
dans les bras de Nicolas… Au lieu de ça, je suis coincé
dans ce stupide TGV, bondé parce que regroupant les passagers
de plusieurs trains, et je dois me taper les conversations insipides
de mes très chers voisins. J'ai vraiment, vraiment envie de
casser quelque chose. Qu'est-ce que j'en ai à faire, moi, de
ses histoires de famille à cette grosse bonne femme ! Et ces
gens qui beuglent au téléphone et qui n'ont même
pas la décence de communiquer par SMS ! On le sait tous qu'on
est partis avec deux heures de retard et qu'on n'est pas prêts
d'arriver ! Ouais, c'est ça, tenez vos proches au courant…
Allez le faire dans le couloir ! Taisez-vous, taisez-vous tous, du
silence ! C'est déjà suffisamment l'enfer comme ça
alors pitié, qu'on ait au moins le silence ! Je vais pas tenir
le coup ; j'ai rien pour me distraire, rien pour faire diversion. Si
seulement j'avais eu la présence d'esprit de ma voisine et
pris un bouquin… ou mon discman… Mais non, rien d'autre à
faire que de maugréer sur mon siège et de regarder le
paysage défiler. Je suis même pas côté
fenêtre en plus. Si je l'avais été, j'aurais
peut-être réussi à m'isoler dans une bulle…
Je
suis d'une humeur exécrable, comme ça ne m'était
pas arrivé depuis longtemps. J'avais tellement attendu ce
week-end – mon Nicolas, enfin mon Nicolas ! – et le voilà
complètement foutu en l'air. Parce que je me connais, je vais
rester de mauvaise humeur. Ça va me coller à la peau
jusqu'à ce que je sois de retour chez moi. Je vais pas pouvoir
m'empêcher de faire la gueule, ça va énerver Nico
et ça va m'énerver aussi. Il va me dire de ne plus y
penser, que je suis arrivé maintenant et que ça y est
on est ensemble alors profitons-en, je vais pas y arriver. Me
connais. Et il me connaît aussi, mais il essayera quand même
parce qu'il m'aime et qu'il a envie de me voir lui sourire, mais je
ferai la gueule malgré tout, même si je veux pas, même
si je l'aime et que j'ai envie de lui sourire.
Qu'est-ce
que je ne donnerais pas pour pouvoir être sous ma couette !
Roulé en boule et seul ! Seul dans les bras de Nicolas, et le
sentir me caresser doucement les cheveux après que nous ayons
fait l'amour, sentir le bout de ses doigts glisser le long de ma
colonne vertébrale et frissonner, parce que je frissonne
toujours. Sentir sa peau chaude contre ma peau froide. Ne pas être
dans ma bulle mais dans la sienne, dans la notre. Ecouter son accent
du sud me chanter des mots débiles, juste parce que je suis le
seul à pouvoir les entendre. Et ensuite aller tous les deux
dans sa pinède, parce que je la préfère au
printemps qu'en été et que je ne l'ai encore jamais vue
en hiver. La chasse est fermée depuis des semaines mais il est
encore trop tôt pour qu'on risque d'y croiser des touristes
promeneurs. La pinède rien que pour nous deux, ce sera bien…
Et le soir, rester devant la cheminée pour se réchauffer
et admirer les flammes parce qu'on a pas ça en ville. Puis
retour au lit et aux bras de Nicolas, et l'aimer, trop fort pour que
la nuit finisse, l'étreindre à en éteindre le
soleil. Ou lui faire le petit-déjeuner parce qu'il est
incapable de se lever sans un café pour l'y aider, et revenir
vite sous les couvertures parce que son carrelage me gèle
toujours les pieds et que je n'aime pas porter des chaussons. Et
passer le reste de la journée au lit parce qu'on a rien besoin
d'autre. Mince, voilà que je souris…
Vivement
qu'on arrive !
(oui, ça finit comme ça)