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Pseudo: Florinoir
Titre: Te tester, te dresser. Te rattraper... Te finir...
Genre: Oulah...
Mais il y aussi les catastrophes prévues et inévitables, ouragans, tsunamis, tremblements de terres... cancer en phase terminale, guerres... On en voit les signes précurseurs, et que peut on faire à part essayer de se blinder?
Et il y a celles dont les signes précurseurs, bien qu'existants, ne préviennent pas. Et là, les emmerdes arrivent, surprennent, laissent cons. Ce n'est que plus tard, lorsque la vague est passée et qu'on ramassent les dégats qu'on se rend compte qu'en fait, merde, on aurait pu faire un truc!!
Mais le conditionnel est le temps des regrets et des remords, il ne fait revenir dans le passé et changer le cours des choses que dans les fantasmes.
Jack avait ces cauchemards, ces réminiscenses, cette phobie prennant de plus en plus d'ampleur dans sa vie. Son instinc lui criait que ça craignait, et qu'une couille genre taille XXL de King-Kong dopé aux hormones allait lui tomber sur le coin de la gueule. Tous les films, bouquins, etc.. qu'il avait bien pu voir sur le coup du passé inconnu qui revient vous faire coucou avec toute la cohorte de soucis trimballés dans ses bagages lui revenait à l'esprit dans des moments incongrus.
Jack avait choisit d'ignorer tous les signaux.
Et ça allait se payer.
- 'tain, tu fais grave chier Jacky!! Foutu rabat-joie!! Couille molle!!
- Ouais merde, le connard au tattoo n'attendait que mon poing dans sa gueule de raie fourrée chiasse sèche depuis une semaine!!
- Merci pour l'image mentale Yann... Grimaça le châtain avant de soupirer et de se retourner.
- Ecoutez, ça devenait vraiment méchant, là. Vous avez pas vu les couteaux ou quoi?! Alors arrêtez de m'enchaîner à coups d'insultes pour avoir sauvé vos culs!
- Ouais ouais...Ils sont beaux les violons!! N'empêche que ces mecs avec leurs pouffes, z'auraient eu besoin d'une leçon!!
Jack grogna alors que ses amis repartaient dans une litanie de protestations. Dire que les seules fois où ces zozos là étaient d'accord étaient pour l'envoyer paître ou le faire chier...
Il perçut un mouvement du coin de l'oeil.
Encore lui...
Ce mec, qui venait de s'engager dans la ruelle, Jack était persuadé de l'avoir déjà vu au bar. Même avant.
Le jeune homme frisonna. Ce type lui foutait les boules. Il avait un je-ne-sais quoi d'hyper flippant. Sa simple présence faisait naître des frissons dans tout son corps. Il était sûr que derrière ses lunettes de soleil, ce mec les fixaient.
Arrête, t'es parano mon vieux...
Peut-être mais ce gars nous suit.
- Jo, Yann, arrêtez deux secondes et écoutez moi, chuchota-t-il, ne vous retournez pas, marchez normalement, j'penses qu'on est suivis.
Ses amis continuèrent à marcher, seules leurs physionomie plus tendues trahissaient le fait qu'ils avaient entendu Jack.
- Le blond barraqué, genre millitaire?
- Merde, ce connard était derrière nous au bar!! J'vais le...
- Jo, tu fais rien... On sait pas, si ça s'trouve c'est une coïncidence...
- Ouais, j'y crois presque autant que toi... Siffla la brune entre ses dents. Désolée les mecs, mais j'vais pas laisser un trou du cul nous faire chier!! HEY!!
- Jo!!
- Putain Jo!!
Mais la jeune fille s'était déjà retournée, se dirigeant à grands pas vers l'homme. Curieusement, ce dernier ne bougea pas, restant les bras croisés en attendant que la brune arrive à son niveau. Jack s'aperçut avec un malaise de plus en plus grandissant que ce type ne fixait pas la furie aux cheveux en pétards qui gesticulait devant lui. Il le regardait lui. Le châtain sentait la brûlure du regard, même avec les lunettes fumées.
Il déglutit et saisit le bras de Yann.
- Yann, je le sens pas ce mec...
- Moi non plus, vieux... Et il te mate bizarre en plus...
Les deux garçons rejoignirent Jo, ne souhaitant pas la laisser avec cet homme qui leur donnaient des frissons.
- OH connard, tu m'ECOUTES MERDE!! Vociferait-elle lorsqu'il arrivèrent à leurs niveau.
Mais le type ne la calculait pas. Il passa devant elle, malgrès ses protestations colorées et vint se planter devant Jack. le garçon retint un mouvement de recul. Son coeur s'était accéléré. sa bouche s'était assêchée.
Merde...
Une blancheur éclatante lui voila un instant les yeux et avec horreur, il s'aperçut qu'il associait l'homme avec cette teinte maudite.
Puis tout se passa très vite.
L'homme sourit, un sourire glacial qui tétanisa Jack. Aussi il vit le coup venir, mais ne put faire bouger aucuns de ses muscles pour le parer.
Il tomba à genoux, la respiration coupée. Aussitôt après, un million d'étoile explosa dans sa tempe près de son oreille et il tomba sur le côté.
Il fut surprit de ne pas laisser un son, mais se rappela qu'il n'avait jamais crié, ni même gémit lors d'une douleur physique...
Il entendit vaguement des cris et des bruits de lutte mais il lui semblait que son monde se réduisait au sol qui le soutenait et au sourire si froid de cet homme.
Tout le reste était flou, comme en dehors du cadre.
Il se releva et un autre coup vint l'envoyer à quelques mètres.
Il tomba, lourdement. L’homme s’avançât, et parvenu à côté, il s’accroupit. Jack n’avait toujours pas relevé la tête; cette fois, il y avait vraiment été fort, on dirait... Mais celui qu’il était avant encaissait ce genre de coup sans broncher. Et le blond voulait retrouver le soldat, il le sentait en lui; il suffisait juste de le réveiller...
Il lui agrippa le menton de façon à le regarder droit dans les yeux.
-LACHE-LE!!
Ivre de rage, Yann se jeta sur lui; sans même un regard, le militaire le réexpédia trois mètres plus loin. Jack, pendant ce temps, avait péniblement rouvert les yeux. Son agresseur lui sourit:
-Tu as toujours d’aussi beaux yeux, N°6...
-Qu’est ce que vous me voulez?!
En réponse, l’autre resserra son étreinte, lui arrachant un cri de douleur:
-Ce que je te veux? Tu ne te souviens vraiment plus de rien, N°6? Je veux retrouver mon bien... Je veux retrouver ma création. Ne t’inquiète pas, je ne cherche pas à me venger, je veux juste te rappeler quelques règles... Tu n’as que trop fuis, il est temps de revenir.
-Mais de quoi vous parlez, nom de dieu! Je vous ai jamais vu, moi! Je...
Le militaire le plaqua brusquement face contre terre, lui tordant le bras; Yann essaya de se relever, mais Joanna le retint; elle avait bien vu qu’ils ne pouvaient rien faire pour aider leur ami, et de plus, elle était, outre sa frayeur, vraiment intriguée.
-Oh si, pour se connaître, on se connaît... N’ai-je pas passé huit ans à te dresser? Tu était ma plus belle réussite, d’ailleurs... Une parfaite machine à tuer, sans état d’âme superflu, du moins je le croyais...
Quoi?! Joanna n’était pas sûre d’avoir bien entendu: un... Tueur?! Jack? Mais... D’ailleurs, pourquoi il l’appelle tout le temps “N°6”?! J’y comprend rien... Ce gars doit être cinglé!! Pourtant... Il a l’air lucide, mais... Jack!!
-N°6..., murmura l’homme, J’ai mis tellement de temps à retrouver ta trace... Malgré ce que tu as fait, tu es toujours resté mon préféré, te rends-tu compte?
-JE SAIS PAS DE QUOI VOUS PARLEZ, PUTAIN!! Je... Je suis normal... Vous vous trompez, j’vous dis alors, lâchez-moi, bordel!!
-Normal? Prouve le.
Ignorant ses gémissements, il tourna son bras lentement... Jusqu’à ce qu’il l’entende se casser. Il retourna le jeune homme sur le dos, se mit à califourchon sur lui, et, après avoir observé son visage, sourit d’un air satisfait:
-Je vois de la souffrance... De la peur... Typique chez quelqu’un de “normal”, tu n’aurais jamais affiché ces expressions avant... Mais... Je ne vois... Aucunes... Traces... De... Larmes!
Il se tourna vers les deux amis de Jack, tétanisés:
-N’auriez vous pas pleuré, ne serait-ce qu’à cause de la douleur?, se retournant vers sa victime, Réfléchis-y, N°6. Je reviendrais.
Il s’en fut, laissant là les trois jeunes gens désemparés...
Au bout d’un moment, Yann et Joanna se précipitèrent vers Jack, qui, sous le coup de la douleur et de l’incompréhension, s’était évanoui.
-Mais qui était ce mec, merde!, hurla Yann, furieux.
-J’en sais rien, moi!! Plus tard, les questions! Il faut l’emmener à l’hosto!
Cinq jours? Je ne sais plus... Je crois que je deviens fou... Et cette porte qui peut s’ouvrir sur eux n’importe quand... La porte...
-...Te...
-... Qu’il dit?
-... Ais pas! Oh, on dirait qu’il se réveille! Jack?
Il ouvrit complètement les yeux, les referma aussitôt et murmura:
-S’il vous plaît... Eteignez la lumière, ou fermez les rideaux...
Yann et Joanna se regardèrent puis:
-Merde! Avec toutes ces conneries, on a complètement oublié...
Ils se précipitèrent sur les rideaux. L’obscurité envahit la pièce; le blanc disparut, le blessé put enfin regarder ses amis. Il essaya de remuer son bras droit, grimaça de douleur, et vit qu’il était dans le plâtre. Il se laissa retomber sur son oreiller et gémit:
-Et merde... C’était pas un cauchemar, il y avait vraiment ce dingue qui...
-Ouais, qui t’as pété le bras, entre autres... Il avait l’air de te...
-Arrête! Je connais pas ce mec! Il détourna le regard Je ne le connais pas...
Joanna se rapprocha du lit.
-On dirait que tu cherches à t’en convaincre... En tout cas, ce gars n’avait pas l’air de débloquer...
Elle sembla vouloir dire autre chose, sans oser. Jack s’en aperçut:
-Quoi?
-Et puis... Enfin, merde, tu... Tu n’as pas pleuré! C’est vrai que c’est bizarre! J’veux dire, bon, t’aurais au moins dû laisser échapper des larmes de douleur! Surtout qu’il avait bien fait en sorte que ça fasse très mal! D’ailleurs, je ne t’ai jamais vu pleurer!
-LA FERME! Yann avait hurlé. Tu fais chier! Tu trouves que c’est le moment?!
La fille se retourna, furieuse:
-Tu fais genre, mais t’as autant envie de savoir que moi!
-Peut-être, mais je sais que c’est pas le moment!
Cette dispute aurait pu continuer encore longtemps, mais ils furent interrompus par un filet de voix, presque inaudible venant du lit.
-...C’est vrai, que je n’ai jamais pleuré...
Il restait encore assez de lumière, mais le garçon alité avait la tête baissée; quand il releva les yeux en direction de ses amis, ils virent dans ses yeux un curieux mélange d’interrogation et de tristesse. Il fronçât les sourcils, et répéta:
-Joanna a raison, je n’ai jamais pleuré, d’aussi loin que je me souvienne..., soudain, il eut un petit rire, remarquez, ça n’a rien de bien étonnant, vu le peu de souvenir que j’ai!
Il repartit d’un petit rire, mais si triste et désemparé qu’il effraya les jeunes gens:
-Jack... Murmura craintivement Yann, Qu’est ce que tu racontes?! On y comprend plus rien!
-Mais moi non plus! Moi non plus! Il se calma, respira à fond et les fixa gravement:
-Ecoutez... Vous savez que je n’aime pas beaucoup parler de mon passé...
-Quel euphémisme, l’interrompit Joanna, dis plutôt que tu détourne la conversation à chaque fois qu’on aborde le sujet! De façon assez habile, d’ailleurs...
-Oui, et bien, en fait, c’est parce que je n’ai rien à dire dessus... Il marqua une pause embarrassée; heu, désolé de ne pas vous en avoir parlé avant, mais je pensais que ça la foutait un peu mal... Je... Je...; il se lança; je n’ai aucun souvenirs avant mes douze ans...
Un grand silence suivit cette déclaration. Au bout d’un moment qui parut très long à Jack, Joanna rompit le silence:
-Euh, quant tu dit aucun...
-Oui, strictement rien, enfin, sauf parfois... Dans mes cauchemars...
-Excusez-moi... Les visites sont terminées pour aujourd’hui, je vous prierais de sortir.
Obéissant à l’infirmière, Yann se leva, entraînant Jo à sa suite. Sur le pas de la porte, il s’arrêtât et, se laissant distancer par les deux jeunes femmes, il parla, sans se retourner:
-Ecoute, tu sors dans deux jours, d’ici là, repose-toi, on viendra te chercher à la sortie de l’hosto. On viendra pas demain, ça te laissera le temps de réfléchir.
-... A quoi?
-A ce que tu va nous dire. Il se tourna; Jack vit qu’il était très sérieux; on veut tout savoir, et tu vas tout nous dire, ,compris?! Salut, à après-demain.
Il partit. Le blessé se rallongea
-Pfff... Leur raconter, je veux bien... Mais quoi?
Il repensa à son rêve et frissonna; d’habitude il ne rêvait que de sensations confuses: des bruits, des hurlements, surtout, et puis cette blancheur tellement angoissante, qui le plongeait invariablement dans un état de panique intense... Mais là... C’était la première fois que c’était si net... Il songea soudain que, depuis peu, ses rêves s’intensifiaient... Et si l’agresseur le connaissait vraiment? Non. C’était impossible. Ce type l’avait qualifié de machine à tuer. Ridicule; il ne pourrait jamais descendre quelqu’un! Oui, pas de doute à avoir, il s’agissait simplement d’une coïncidence, ça n’avait rien à voir avec son amnésie!
-Ouais, ce mec s’est planté, tenta-t-il de se convaincre à haute voix;
Mais il repensa aux paroles de l’homme: “Tu as toujours d’aussi beaux yeux, N°6...” Il frissonna. Puis, furieux après lui même, il grommela:
-Et puis quoi? N’importe quel taré peut se pointer et déblatérer des conneries ringardes, sans aucun doute tirés d’un film à la con!
Il se retourna:
-J’suis trop débile...
C’est alors qu’il identifia d’un coup l’un des bruits récurrent dans ses rêves; des tirs. Des coups de feu...
TBC...