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Fiction » Romance » Partage mon ombre font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Deeply-N-Love
Fiction Rated: T - French - General - Reviews: 23 - Published: 03-29-05 - Updated: 08-04-05 - id:1872183

Partage mon ombre

Prologue

Paris, février 1849

Bonne journée, bon matin. Sage et noble enfant que je vois là. Je marche vers le soleil, comme à chaque début de printemps. Mon père est malade, ma mère est à nouveau prise dans l’attente d’un autre enfant. La pauvre, le pain manque à sa table comme l’amour manque à son lit. Mon frère s’est encore endormi à la taverne hier soir, ma sœur s’est enfuie, la honte à la bouche. Les temps sont gris en ce beau jour de printemps, cher enfant. Qui suis-je, me demande-tu? Non, je ne peux te le dévoiler. Pourquoi? Pour quel bon dessein? Je te confie mon malheur, à toi petit nuage d’innocence. À quoi bon te dévoiler mon nom qui pour moi, ne veut plus rien dire. Tu ère près de moi, non, je n’ai pas d’argent sur moi, tu le constateras par toi-même. Je te donnerais tout, mais je n’ai rien. Tiens moi la main, je t’aiderai à chasser cette peur pour quelques instant. Ne pleurs pas, je suis toujours là! Ce soir, lorsque tu t’endormiras, n’ai pas peur et rêve. Rêve à elle, la jeune femme qui, plus tard, ensoleillera ta vie. Oui, elle sera la, c’est une promesse. Sois patient, bel enfant. Tu la verras. Elle aura les cheveux dorés, les yeux bleus comme la mer et un sourire dessiné seulement que pour toi. Sois bien sage, reste en vie, tu la trouvera. Maintenant, je dois y aller, mon père a besoin de moi. Belle vie à toi mon bel ange. Adieu.

Dana déposa sa plume et soupira tristement. Elle leva les yeux vers le ciel encore noir, éclairé par la douce lumière de la lune ronde et pleine en ce douloureux mois de février 1849. Elle se leva, laissant derrière elle son troisième chapitre pour lequel elle n’avait plus d’inspiration. Son cœur se serra lorsqu’elle contempla son reflet dans la glace. Ses longs cheveux noirs pendaient tristement sur son visage pâle et miséreux. Ses yeux verts forêt regardait avec espoir ses treize hivers, dans ce miroir, qui souriait malgré cette vie, ne promettant jamais de lendemain.

La nuit. Dana l’adorait. La lune, son amie la plus fidèle. Celle qui recevait toutes les confidences de Dana. Et que de confidences cette enfant de treize ans se voyait pleurer à cet astre brillant, lui souriant le soir venu.

Au village, le temps était à la misère. Dana entendait Madame la Maîtresse se plaindre qu’à la messe, de plus en plus de gens n’y venait plus pour prier, mais plutôt pour s’y réchauffer. Madame la Maîtresse adorait se plaindre. Elle avait le ventre plein et les joues bien roses, mais trouvait toujours les moyens de paraître si mal nantie. C’était tout le contraire pourtant.

Dana se remit au lit et ferma les yeux. Elle rêva encore aux dernières paroles de son père.

« Ma belle Dana, suit ces bons gens. Ils te nourriront comme il faut et tu trouveras le bonheur. Ne reste pas ici, le pain est sec et les gens sont ternes. Va avec Madame Lajoliesse. Elle sera ta maîtresse, tu auras gîte et couvert. Va ma belle enfant, n’oublie pas ton vieux père et tes frères. Ta douce mère et tes petites sœurs. Adieu, ma belle Dana. Ma princesse… »

Dana s’endormait chaque soir, cherchant un sens aux sages paroles de son père. Madame la Maîtresse et Monsieur le Seigneur Lajoliesse étaient-ils ses nouveaux parents? Devait-elle y croire?



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