Share/Save/Bookmark
Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Romance » Je t'aime, moi non plus font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: SitaTheLastVampire
Fiction Rated: T - French - Romance/Humor - Reviews: 25 - Published: 04-12-05 - Updated: 07-26-05 - id:1883960

Notes de l'auteur : Voilà le deuxième chapitre de cette histoire...Veuillez bien croire que je ne me désintéresse aucunement de cette histoire, c'est juste que j'ai conclu plusieurs histoires sur et je n'avais pas le temps de "updater", sans parler du boulot, des copines qui viennent d'avoir leur premier bébé, et des exams...Là je peux un peu respirer : c'est les vacances! :) Vive les vacances, j'ai franchement pas hâte que ce soit la rentrée d'autant que j'aurai encore plus de choses à faire...

Bref, je voulais m'excuser à tous ceux qui lisent cette histoire (s'il y en a encore...) et dire merci : à Such Pretty Words (si elle lit ce chapitre), tu comprendras ce qui en est des "surprises"...; à tenshi, merci pour ton commentaire, ça m'a fait plaisir de le lire; à joomy, je suis contente que tu aimes ce genre d'histoire, c'est le seul genre dans lequel je suis à l'aise (lol); à la p'tite clo, eh bien voilà la suite, j'espère que tu aimeras; à Layla Sherizawa, et oui, j'ai bien l'intention de continuer et de finir cette histoire et j'espère que tu aprecieras ce deuxième chapitre; à Anna, merci pour la review et voici la suite; à LadyKim, j'ai adoré ta review (Félicitations pour 'Cohabitation forcée', elle est super la fin et tu as su faire 'vivre' Hally et Sean ce sont les genres de personnages bien écrit dont on se souvient, merci pour les bons moments que j'ai passé à lire) merci pour les encouragements; à Emi merci pour ta review :); à April Blackwater, le concept du mariage forcé, c'est ma grand-mère qui me l'a donné, à vrai dire, mes grand-mères (paix à leurs âmes), à leur époque c'était monnaie courante mais en même temps, elles me racontaient que parfois, parfois, les choses finissaient bien et que les filles parfois tomabaient amoureuses de leur maris et vice versa...Enfin, merci à tous ceux qui ont lus ma fic...et à la prochaine...


« Voilà, ça y est ! Tu es prête. » lui dit Muriel.

‘Non pas du tout’ pensa Fiona mais elle garda cette réflexion pour elle même.

« Tu es magnifique, Nana, » complimenta Hally.

-Merci. »

En effet elle était plus que magnifique dans sa robe bustier en ivoire de Chanel, spécialement crée pour elle. Il n’y avait pas de traîne. Elle n’en voulait pas. Un voile posé devant son visage, le collier que sa mère avait porté le jour de son mariage. Elle se regarda de nouveau dans le miroir. Apparemment elle était prête en effet. Et si à ce moment là, elle avait sondé son cœur, elle se serait dit qu’elle était plus que prête et qu’elle allait épouser l’homme qu’elle aimait. Mais à ce moment là la seule chose qu’elle se disait et se redisait en silence, était que John, lui ne l’aimait pas. Et ne l’aimerait jamais.

« Maman aurait été fière de toi. Tu es très belle. »

Une larme coula sur la joue de la jeune fille. Des souvenirs remontèrent à la surface, et elle dût faire un effort sur elle-même pour ne pas pleurer.

« Oh ! Génial Muriel, maintenant, tu vas gâcher tout le maquillage. » s’écria Jane ne voulant pas faire voir qu’elle aussi était émue.

Elles l’étaient toutes.

Un léger cognement à la porte se fit entendre.

« Les filles, c’est William. C’est l’heure d’y aller. »

Il entra avant même qu’elles ne répondent et admira sa petite sœur. Mais bientôt elle ne serait plus sa petite sœur. Elle sera Mme Howard.

« Tu es majestueuse. Digne des princesses de tes contes de fées. Plus jolie que Cendrillon le jour du bal. » William savait qu’elle adorait les contes de fées.

Il prit sa sœur dans ses bras et lui murmura tout doux : « Je suis fier de toi. Je t’aime et si jamais il y a un problème : Tu sais où me joindre, ok ? »

Elle acquiesça. Mais elle était incertaine, elle allait épouser un homme qu’elle n’avait vu qu’une seule fois de toute sa vie. Qui ne se serait pas senti nerveux ? D’autant qu’elle avait du mal à savoir ce qu’il pensait d’elle, et plus généralement, ce qu’il pensait tout court.


Bientôt la marche nuptiale se fit entendre. John était plus nerveux qu’il ne le pensait. Jusqu’à ce qu’elle dise « oui », il lui avait semblé qu’il avait retenu son souffle.

Quand leur vœux furent prononcer, qu’elle ait dit « oui » et que le prêtre les déclara mari et femme, seulement là, il respira plus librement. Il se demanda si ça ne devait pas plutôt être le contraire ? Est –ce que les problèmes n’étaient pas censés arrivés après ? Pourtant l’impression d’avoir gagner ne le quitta pas de la journée.

Oui, il avait ‘gagné’ une femme. Mais c’était beaucoup plus profond que ça.

Quand une heure plutôt, il l’avait vu avancer vers lui au bras de son père, il avait cru à une apparition. Oui, c’était bien ça. Elle était bien trop belle pour être vrai. Et elle avait été bien trop en colère quelques jours auparavant pour être là.

Mais elle était bel et bien là, à ses côtés, remerciant les invités avec lui. Oui, à ses côtés.


Tout comme la cérémonie, la réception se passa bien. Fiona avait eu l’impression de vivre ces évènements à la troisième personne, comme si ce n’était pas vraiment elle. Elle ne voulait pas pour l’instant laissé tomber le masque de la joie et de l’euphorie. Seuls ceux qui la connaissaient avaient conscience de l’angoisse qui la taraudait.

John lui, semblait s’en rendre compte et inconsciemment (ou pas), il se mit à masser sa nuque avec sa main droite. Lentement, dessinant des cercles invisibles sur la peau de la jeune femme.

Mais bientôt ce qui l’a détendit devint un supplice. Elle voulait qu’il fasse tout autre chose avec ses mains, la chaleur qui se propageait dans son corps la mettait on ne peut plus mal à l’aise et lui faisait tellement bien se sentir à la fois.

Elle essaya de se calmer et regarda les invités. Mark Hennessy attira son regard. Comment un homme aussi gentil, sincère, droit et joyeux pouvait être l’ami, qui plus est le meilleur ami de John Howard ? Elle ne comprenait tout simplement pas.

D’après ce qu’elle avait compris, c’était lui qui avait eu l’idée des surprises et non John comme elle l’avait d’abord pensé.

Oh, John ne le lui avait pas avoué, mais elle avait surpris une conversation entre les deux et elle commençait à bien connaître John pour savoir qu’il ne faisait pas ce genre de choses.

Au moins ce mariage lui rapporterai l’amitié d’un des plus bons hommes au monde en la personne de Mark. Elle le considérait déjà comme un de ses frères. Et la femme de Mark, Amélia, était vraiment parfaite.

En les regardant, elle se prit à s’imaginer, amoureuse de…John ? D’où venait cette pensée ? Elle se crispa de nouveau et John le sentit. Il se remit à lui masser la nuque.

« Arrêtez ça ! » lui dit elle, s’efforçant de ne pas crier.

-Arrêter quoi ?

-Ce truc que vous faîtes avec votre main. Arrêtez ça tout de suite, ça me mets mal à l’aise !

-Bon, d’accord. »

Lentement, il retira sa main, et au passage caressa la joue de la jeune fille.

Elle repensa au baiser qu’ils avaient échangé lorsque le prêtre avait dit « vous pouvez embrasser la mariée. » Oui, décidément, John Howard était un expert en baisers. Elle ne l’était peut être pas, mais elle sentait qu’il le faisait plus pour la galerie qu’eux – même. Après tout, ils n’étaient ni obligés, ni censés avoir ce genre de relation.


John avait retiré sa main à regret. Ne comprenant pas vraiment pourquoi il ressentait tant de choses à l’égard de cette fille. Car elle était tout juste sortie de l’enfance pour lui. 21 ans, c’était l’âge de l’insouciance. Il espérait que son self – control ferait le travail pour lui, et qu’elle ne commence pas à rêver de lune de miel et ce genre de choses !

Il se demanda s’il avait fait le bon choix. Mais après tout, il ne cherchait pas une femme qui lui traîne dans les pattes, elle, il pourra la modeler. Elle était encore jeune. Et c’était possible. Il détestait toutes les grosses épouses de ses collaborateurs qui se mêlaient de ce qui ne les regardaient pas. Parfois, il avait l’impression que c’étaient elles qui travaillaient avec lui et non leurs maris. Et elles y allaient à tout va dans leurs suggestions. Non mais, pour qui se prenaient elles ? Qu’importe pour lui que certaines des idées étaient bonnes. Non, c’était une question de principe.

Il n’était pas sûre non plus qu’elle serait d’accord avec son projet d’avoir des héritiers. Il voulait un fils. Et elle était une jeune fille de bonne famille. Elle était parfaite pour le travail.

Et de nos jours, on n’avait plus besoin de coucher ensemble pour avoir un enfant, il suffisait d’une fécondation in vitro et d’une mère digne de ce nom. Et d’après son pedigree, elle ferait une mère digne de ce nom.

Il ne comprenait pas pourquoi diable il avait cette constante envie de la toucher. Des femmes, il y en avait des centaines qui sont passées dans son lit, mais jamais, jamais, il n’avait eu l’envie de les protéger, de faire tout ce qui était possible pour les rendre heureuses. C’était juste du sexe. A un moment, il se disait qu’il respirait plus librement, lorsqu’il savait qu’elle était là tout près ou lorsqu’il la touchait. C’était ridicule !

De son côté, Fiona ne savait plus sur quel pied danser avec John. Un coup il était chaleureux, un coup il était froid avec elle. Elle ne savait pas quoi faire. Et un mari c’est différent d’un petit ami. Et d’ailleurs, elle n’avait jamais eu de petit ami.

Lorsqu’elle était encore qu’un enfant, elle avait vu ses sœurs pleurer et faire de crises d’hystéries rien que pour un garçon. Elle les avait trouvé ridicule (ce qu’elle ne leur dirait jamais) et s’était promis de ne pas faire de même. La solution pour elle était toute trouvée, c’était de ne pas avoir de petit ami. De toute façon, dès son plus jeune âge, elle avait suivi sa mère partout. Elle avait suivi des cours par correspondance et avait ensuite poursuivi des études d’Economie, de Management entre autres choses à la demande de son père. Elle venait d’ailleurs d’obtenir sa Maîtrise d’économie. C’était une enfant douée, comme ses frères et sœurs, mais elle avait toujours eu ce quelque chose en particulier qui la différenciait, qui donnait à tout le monde l’envie de la protéger du reste du monde.

Elle avait grandi dans un cocon très protégé, et force était de constater qu’elle ne connaissait rien à la vie. En tout cas, rien en ce qui concernait les hommes.


Il n’y avait pas de lune de miel proprement dit. Pas au sens biblique du terme en tout cas. Après la cérémonie, ils se sont tous deux envolés vers une île que possédait John.

Tous deux s’étaient changés. Elle avait opté pour un jean et un t-shirt blanc. Lui aussi s’était mis en jean et mis une chemise bleu ciel. Tous deux avaient des tongs noirs au pied.

« Eh, bien ! Il semblerait qu’on soit déjà sur la même longueur d’onde. » commenta – t –elle à propos des jeans et des tongs.

-Quoi ?

-On est tous les deux en jean et en sandales…enfin, je me comprends…Enfin, je veux dire que c’est peut être un signe pour qu’on sache que le voyage se passera bien. » elle était en train de rougir, elle le savait, et quand elle rougissait, elle n’arrivait jamais à aligner une ligne correctement.

-Je ne crois pas en ce genre de choses., dit –il avec froideur.

-Oh. »

Tout ce qu’elle voulait c’était engagé la conversation. Meubler ce silence entre eux deux. Apparemment lui, ça ne le dérangeait pas et il ne voulait pas parler avec elle.

Elle se tut le reste du voyage, et alla s’allonger sur un genre de canapé pour essayer de trouver le sommeil. Avec tous les préparatifs et ses angoisses, elle n’avait pas eu beaucoup d’heures de sommeil ces derniers temps et quelques minutes plus tard, elle était au pays des rêves.

Quand elle s’endormit, il regretta d’avoir été froid. Mais pour l’instant c’était son seul rempart. Une étrangère venait d’entrer dans sa vie et cette étrangère était sa femme. Pendant un moment, il s’était mis à sa place et se dit que peut être elle aussi ressentait la même chose à son égard.

Il se leva et se mit en face d’elle. Elle dormait à poing fermé et encore une fois il put admirer sa beauté. Allongée là, elle ressemblait à un ange. Il ne put résister à l’envie de caresser son visage. Elle ne se réveilla même pas, au contraire, elle sourit. Un sourire qu’il aurait pu croire lui être adresser, mais ce n’était pas possible. Il se surprit lui aussi à lui retourner ce sourire.

John s’énerva contre lui même de ne pas pouvoir contrôler ce qu’il ressentait à l’égard de sa femme. Il n’était pas censé l’aimer ! Aimer ? D’où venait cette réflexion ? Il ne l’aimait pas ! Point final. Il se leva et se remit à sa place d’origine : devant son ordinateur portable.

Bien plus tard, alors qu’il allait atterrir, John secoua sans ménagement Fiona.

« On est arrivé. » dit son mari sans préambule lorsqu’elle ouvrit les yeux.

Elle mit quelques moments à comprendre où elle se trouvait, et pourquoi elle se trouvait là. Alors ce n’était pas un rêve ! Elle était bel et bien mariée à John Howard. Ce mufle, ce….Arhg ! Elle ne trouvait même pas de mot pour le décrire tellement il l’énervait.

Elle se surprit à vouloir pleurer. Vouloir pleurer de tout son soul mais se retint. Elle n’avait jamais pleurer en public et ce n’était certainement pas devant ce monstre de froideur qu’elle allait le faire. Elle se mordilla la lèvre jusqu’au sang pour empêcher les larmes de couler.

John le remarqua et croyait que c’était à cause de l’atterrissage.

« Ne t’inquiète pas. Ce sont les meilleurs pilotes que je connaisse et ils ont fait ce trajet des milliers de fois. »

Elle acquiesça seulement parce qu’il lui avait adressé la parole. Elle n’avait pas vraiment compris ce qu’il disait. Elle savait juste qu’il lui avait dit quelque chose. Son ton lui avait indiqué que ça devait être une affirmation ou quelque chose dans le genre, alors elle avait imperceptiblement secoué la tête.

L’avion atterrit sans encombre et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, elle se retrouva dans une limousine en direction de la villa de son mari.

Bien malgré elle, une larme coula sur sa joue. John fit semblant de ne pas le remarquer. Qu’était il censé faire ? Il n’avait jamais vu une femme pleurer. Enfin, pas comme ça en tout cas, pas en silence. Les femmes généralement lui criaient dessus, lui disaient qu’il était un beau…(nous ne dirons pas ce mot ici) et se mettaient à pleurer, bruyamment et à chaude larmes. Elles donnaient des coups, l’insultaient.

Fiona, elle faisait tout en silence. Tout en discrétion. Ce qui l’ étonnait car la plupart du temps, les femmes qui étaient aussi belles qu’elle essayaient toujours d’en profiter.

Elle passa sa main sur la larme et elle respira un grand coup, ravalant ainsi les larmes qui menaçaient de tomber.


La vue était magnifique. Elle n’avait rien vu dans la limousine. Mais la villa était vraiment belle tout comme la vue sur l’océan. Elle avait toujours aimé la mer. C’était une des forces de la nature qui la calmait ou l’énervait selon son humeur. Tout comme la pluie, la neige, les orages, le vent. Mais jamais ne la rendait indifférente.

« C’est magnifique ! s’exclama – t - elle.

-N’est – ce pas ?, renchérit John.

C’était la première fois qu’elle le voyait ouvertement apprécier quelque chose. Être fier de quelque chose. A part son empire financier bien sûr.

« Viens je vais te montrer notre chambre.

-Notre chambre ?

-Oui, il y aura beaucoup de personnes qui passeront me voir dans les jours à venir. J’ai beaucoup de choses à régler. Tu ne pensais tout de même pas que j’allais rester à rien faire pendant une semaine, non ? Et puis que ferais – je ? Tu n’espérais pas qu’on sorte comme des amoureux non ?

-Je…non…je pensais juste que ce serait l’occasion pour nous de faire connaissance. Après tout, on va vivre ensemble pour un bon bout de temps.

-Nous aurons le temps plus tard. » coupa – t – il. « Oh, nous dînerons avec des amis ce soir, fais en sorte d’être la parfaite hôtesse. »

-Evidemment ! »

Pourquoi d’autre aurait – il eu besoin d’elle ? Monsieur se suffisait à lui même.

Elle le laissa là, sur la terrasse et s’aventura dans la maison. Elle finit par trouver une chambre et refermant la porte derrière elle, elle se mit à pleurer enfin toutes les larmes qu’elle n’avait pas pu verser. Parce qu’elle ne voulait décevoir personne, parce qu’il fallait que tout le monde croit qu’elle était heureuse, ou au moins qu’elle était contente de son sort.


John se tenait en dehors de la chambre. C’est incroyable comment Fiona avait trouvé le chemin vers la chambre de l’une des femmes les plus importantes de sa vie : sa mère. Bien que morte, elle occupait toujours une place importante dans ses décisions et tout ce qu’il faisait. Il l’entendait clairement pleurer. Mais que pouvait – il y faire ? Rien, alors, doucement, il se retira et revint vers la terrasse. Il avait encore dix minutes avant sa prochaine téléconférence. Ils étaient très en retard pour les délais et le contrat devait être ficelé avant lundi. Et on était déjà samedi.
Le point de vue de Fiona.

J’ai pleuré tout l’après – midi, et quand je suis sortie de la chambre, il faisait nuit. C’était la première fois que je pleurais si longuement et il n’a même pas eu la décence de venir voir si j’allais bien. Et il voudrait que je joues les mariée totalement heureuse de l’être ce soir !

Je n’espérais pas grand chose de ce voyage. C’est la vérité. Mais j’espérais, je ne sais pas. Quelque chose, une amitié. J’espérais. C’est peut être ça le problème. Espérer quelque chose de John Howard.

C’est ça ! Ne rien espérer. Ne rien demander. C’est la solution de notre relation. Etait – ce qu’il demandé de moi ? Être là juste quand il faut, et me faire la plus petite possible quand je ne suis plus « utile » ? Si c’est ça, je n’aurai aucun mal à me faire toute petite. Je l’ai fait depuis ma tendre enfance.

Je m’étais endormie en pensant que le divorce était inenvisageable. Pas avant que les affaires de papa reprenne en tout cas. Et cela prendrait au moins cinq an. Même avec l’aide que John avait « offert » en échange du mariage. J’étais condamnée à passer au moins cinq ans de ma vie avec ce mufle.

Je ne sais pas ce qui m’a réveillé. Peut être le fait que je n’avais plus besoin de sommeil pour le moment. Je me suis tournée et j’ai vu l’heure sur l’horloge : 19h !! Il était 19h ! Je ne serais jamais prête à temps. Je me suis levée en courant vers la première porte que j’ai vu et me suis retrouvée dans le couloir. Bon, ce n’était pas cette porte. Revenant sur mes pas, j’ai essayé une autre porte. Non, c’était le placard. J’ai remarqué que mes affaires étaient installés là. Quelqu’un avait dû les installés là pendant que je dormais. J’ai encore essayé une porte et j’ai finalement trouvé la salle de bains. Superbe, comme de bien entendu.

Rapidement, c’est – à dire durant un heure, je me suis acharnée sur mon pauvre corps. Tout ce que je voulais c’était passer le reste de cette soirée dans mon bain. Mais je savais que c’était hors de question. Mon ours de mari aurait l’audace de me traîner par les cheveux à la salle à manger.

Une fois sortie de cette merveilleuse salle de bain, je me suis retrouvée confrontée à un autre problème. Je ne savais pas comment m’habiller. Il m’a donné aucune indication. Je ne savais si je devais m’habiller en grande pompe, assez formel ou tout à l’opposé avec un jean et une chemise. Je me suis dit qu’une jupe blanche dans le style de celles des gitanes avec une chemise blanche, sans manche devrait faire l’affaire. Je me suis attachée autour de mon cou un collier que ma mère m’avait acheté au Togo. Un collier tout simple au bout duquel pendait un pendentif avec une grosse pierre de couleur sombre tendant vers le marron. J’ai enfilé mes sandales à talon marrons et suis sortie en courant de la chambre où je me trouvait.


En se pressant, elle ne remarqua pas, ni n’entendit les pas qui venaient dans sa direction. Elle entra en plein dans John. En fait, surtout sur son puissant torse. A travers le tissu de sa chemise, elle ressentit sa force mais aussi la douceur de sa peau. Elle eu le plaisir même de sentir son odeur. Il sentait comme les bébés avec quelque chose de typiquement masculin et d’une odeur qui n’était qu’à lui.

« Où étais – tu passée ? » dit John avec colère.

Je…désolé…je me suis pas réveillée. »

Il avait à peine écoutée ce qu’elle disait et l’entraîna avec force derrière lui. C’était donc à ça que sa vie allait être réduite. A être le faire valoir d’un homme. Elle prit de grande bouffée d’air pour ne pas pleurer de nouveau. Elle se disait qu’elle était plus forte que ça. Et puis ce n’était pas comme si on l’avait forcé à se marier avec John.

Au bout d’un moment, il ralentit et se tourna vers elle et pour la première fois, il la regarda. Dieu qu’elle était belle. Sans aucune indication, elle avait réussi à mettre une tenue qui convenait tout à fait à la soirée. Ses cheveux étaient lâchés et de longues boucles pendaient à ses oreilles. Elle était envoûtante. John se retint de plonger ses mains dans les cheveux de sa compagne et de respirer son odeur. Cette odeur de pêche, de chaleur et d’épices qui n’appartenait qu’à elle.

« Ma tenue n’est peut être pas appropriée ? » demanda – t – elle. « Mais tu ne m’as pas donné d’indication, et…

-Tu es parfaite. » dit il sans pouvoir s’en empêcher. Fiona ne contint pas son étonnement, elle recula d’un pas.

-Je…merci…C’est le premier compliment que tu m’ais dit. » Elle avait dit la phrase d’une petite voix ne sachant pas trop comment, il allait réagir.

Il se rapprocha d’elle, comblant de nouveau l’espace entre eux deux, et sans attendre le consentement de Fiona, pris d’assaut la bouche de celle – ci. Ce baiser était différent, différent des baisers qu’ils avaient jusque là échangés. Celui – ci était passionné, celui – ci indiquait que tous les deux ressentaient bien plus de choses à l’égard de l’autre que ce qu’ils voulaient bien avoués.

C’est à ce moment là qu’un des invités avait ouvert la porte devant laquelle tous deux se tenaient.

« Eh ! Les voilà ! Je comprends pourquoi vous avez mis autant de temps ! » commenta l’homme qui venait d’ouvrir la porte.

Lentement, toujours tenant sa femme fermement dans les bras, John détacha sa bouche de la sienne.

« C’est ma lune de miel quand même, non ? » dit – il d’un ton menaçant.

D’autres personnes avaient également vus qu’ils venaient de s’embrasser. Fiona était complètement rouge et John l’attira de nouveau à elle, de façon, à ce que la tête de celle ci soit posée sur son torse, et instinctivement, elle mit ses bras autour de lui. Elle ne connaissait personne, sauf John. Et il était sa bouée de sauvetage ici.


Elle remarqua en entrant dans la salle qu’il y avait beaucoup plus de femmes que d’hommes. Des blondes, des brunes, des rousses. Toutes étaient très belles. Et pourtant, son instinct lui dit clairement qu’elle était ici en terrain ennemi. Les visages ne lui étaient pas inconnu. Quelques visages étaient au mariage, mais même au mariage, elle avait ressenti en voyant certaines d’entre elle de la haine à son égard. Et certaines de la pitié. Ce n’était donc pas seulement des rumeurs. Tout ce qu’on disait sur John était vrai. Elle avait honte. Pas d’elle même mais du comportement de ces femmes. Et d’un autre côté, elle avait peur. Peur parce que ces femmes n’empêcheraient sûrement pas son mari de la tromper. Bien au contraire, elles étaient là pour ça. Elle ne se sentait pas à sa place, et elle sentait le regard condescendant des autres femmes dans la salle lui dire : « nous l’avons eu avant toi ! »

A son soulagement, Mark et Amélia apparurent au milieu de ces vipères.

« Fiona ! » s’exclama Amélia.

Avant même que Fiona puisse répondre, elle avait ses bras autour de la jeune femme et lui murmura, « Je déteste ces vipères ! Elles ne sont venues là que pour voir comment tu es et comment tu t’en sors avec John. »

-Elles sont là pour me voir tomber. »

Amélia secoua tristement la tête.

« On ne va pas laisser ces vipères nous gâcher la soirée, allez viens. »

La femme de Mark l’entraîna vers le bar, où de jeunes barman servaient les invités.

« Alors, tu bois quoi ? demanda Amélia.

-Oh, pas d’alcool pour moi. Si vous aviez du jus d’abricot, ce serait parfait. »

Amélia parut quelque peu étonnée.

« Tu ne bois pas.

-Non, je ne bois pas. Mais je ne veux pas t’empêcher de boire, c’est juste que je n’ai jamais aimé l’alcool. Enfin, j’aime bien le vin quand il est bien marié avec le menu et le champagne de temps en temps. Mais ça s’arrête là. »

-En fait je suis impressionnée. »

-Alors ce sera quoi mesdames, demanda un des barman.

-Eh bien, un jus d’abricot et un cosmo pour nous.

-J’ai peur que nous n’ayons pas de jus de fruits, commenta le jeune homme.

-Eh bien, Brad, il va falloir que vous en trouviez. Cette jeune femme est la femme de votre patron. »

Le jeune homme devint tout rouge.

« Oh, je suis désolé. J’aurais dû vous reconnaître.

-C’est rien.

-Je vais voir dans la réserve et en cuisine…

-Non, ne vous dérangez pas, interrompit Fiona. « Dites juste ce que vous avez comme boisson non alcoolisées. »

-Bien madame. Du soda, du coca…

-Du coca ça ira. N’ouvrez pas la bouteille, je le ferais moi – même. »

Brad s’éloigna pendant un moment pour préparez le cosmopolitain d’Amélia.

« Alors Fiona ?

-Amélia ? répondit elle sur le même ton amusé.

-Oh, je t’en prie appelle moi Amy. Tout le monde m’appelle comme ça.

-D’accord.

-Qu’est – ce que ça fait d’être la femme de John Howard ? »

Un silence suivit cette question.

« Je ne voulais pas te blesser, Fiona.

-Non, ce n’est pas ça. C’est juste que je ne sais pas trop quoi répondre. Et puis avec lui, je ne sais jamais sur quel pied danser.

-Eh bien, il a des progrès à faire. »

Oui, il y en avait à faire dans son mariage, pensa Fiona. Elle se tourna un moment, et ne put s’empêcher de voir une blonde attacher au bras de son mari, essayant de l’entraîner à part. John ne paraissait pas le moins du monde irrité par l’attitude de la femme.

« Annette Hargrove. » dit Amélia en suivant le regard de Fiona. « Celle – là, c’est une vraie pétasse. »

Fiona se tourna brusquement vers Amélia. Elle ne connaissait pas ce côté de son amie.

« Excuse mon langage mais cette femme ! Cette femme ! Et regarde la, la façon dont elle se tortille à côté de John. Comme si tu n’étais pas là. »

Fiona comprit qu’elle voulait dire comme si je n’étais pas là. Amélia et John n’ont quand même pas pu…Enfin, John n’aurait jamais pu faire ça à son meilleur ami.

C’est alors qu’elle remarqua le regard de Mark, et Fiona comprit, qu’Amélia ne parlait pas de John et d’elle, mais bien de Mark et elle.

Lentement, Mark s’approcha des deux jeunes femmes.

« Chérie, ça va ?

-Ca va, répondit Amélia assez froidement. « Je n’arrive pas à croire qu’il invite encore cette femme chez lui. Je croyais que mon amitié valait plus que deux paires de seins silliconés.

-Viens danser avec moi, Amy, murmura Mark.

Amy acquiesça et Mark prit sa main dans la sienne et ensemble ils se dirigèrent vers une petite piste de danse.

Fiona se retrouva seule au milieu de ces gens qu’elle ne connaissait pas. Brad lui tendit sa bouteille de coca encore fermée, avec un verre.

« Merci. » dit elle.

Elle regarda autour d’elle, puis elle se dirigea vers un balcon vide. De toute façon personne ne se préoccupait d’elle.


Du balcon, elle gagna le jardin. Fiona avait toujours aimé jardiner, toujours aimé les fleurs, en fait tout ce qui touchait la nature. Elle avait laissé son verre sur le balcon, et buvait son coca au goulot. Elle se mit à sourire en pensant à ses sœurs qui sans nulle doute lui dirait que c’était vulgaire.

Un peu plus loin, elle s’allongea de tout son long sur l’herbe et se mit à regarder les étoiles. Elle avait l’impression d’être loin de cette soirée. Elle ferma les yeux et s’imagina qu’elle était ailleurs.

« Qu’est ce que tu fais ? » demanda une voix qu’elle reconnut pour être celle de son mari.

Elle se releva lentement. C’était triste comme avec lui elle avait toujours l’impression d’être une enfant pris en faute.

« Rien, je m’étais juste allongée. Je ne connais personne et puis, tu étais occupé. Et j’adore être dehors. » se justifia – t –elle.

-Tu es supposée être la maîtresse de maison, lui reprocha – t – il.

-Je croyais que c’était Annette Hargrove qui remplissait ce rôle. » répondit – elle quelque peu fâchée. En regardant sa montre elle avait remarqué que ça faisait une bonne heure qu’elle était dehors. Et il commençait à faire froid. Elle se mit à trembler.

« Tu as froid ? » demanda – t – il radoucit.

Elle acquiesça.

« Ca fait une heure que je te cherches. » lui dit – il en mettant autour de ses épaules sa veste.

-Merci. »

-Reste avec moi. » murmura – t – il et il mit sa main autour de la taille de sa femme, la ramenant à l’intérieur.


Dès qu’il mit les pieds à l’intérieur, Annette se jeta sur lui.

« Où étais – tu passé ? »

-Annette, je te présente ma femme. »

-Oh. » La blonde fit une grimace. « Bien, maintenant que tu nous as présenté, viens avec moi, j’ai quelques personnes à te présenter.

-Peut être n’ai – je pas été assez clair Annette. »

La salle entière s’arrêtait et toute l’attention fut dirigé vers les trois protagonistes.

« La maîtresse de maison ici, c’est Fiona. Fiona Howard, ma femme. »

Les yeux de John lançaient des éclairs, et Fiona resta bouche bée en voyant se transformer l’attitude d’Annette à son égard.

« Bien sûr, John. »

-Tu connais la sortie, je ne te retiens pas.» Puis, il s’éloigna avec Fiona l’entraînant vers la piste de danse.

La main posée fermement sur le bas du dos de sa femme, il l’entraîna sur la piste et la serra contre lui alors qu’un slow venait de commencer.


De nouveau, les émotions se disputaient en Fiona, elle ne savait décidément pas quoi faire avec John. Cet accès de rage qu’il avait eu ne lui avait pas fait peur, au contraire, elle aimait les gens qui savaient s’imposer. Et John lui s’imposait dans une pièce tout naturellement. Pourquoi avait – il eu cette réaction à l’égard d’Annette alors qu’en début de soirée, il se fichait pas mal d’où traînait sa femme ?

Mais ses doutes et ses questions furent vite oubliés, tant elle était prise par le mouvement lent et sensuel du slow. Petit à petit, le désir qu’il l’embrasse de nouveau la prit. D’ailleurs, elle voulait bien qu’il fasse ce qu’il veuille d’elle. Elle rougit, la joue contre le torse musclé de son mari. D’où lui venait ce genre d’idée ?


Ils avaient dansé chansons sur chansons, jusqu’à ce que les pieds de Fiona commencèrent à se plaindre. Apparemment tout le monde avait déserté la grande salle et s’était éparpillé dans toute la maison. John en avait l’habitude. La plupart d’entre eux resterait dans sa propriété jusqu’à ce qu’ils n’aient plus la gueule de bois, puis ils partiraient tous.

Il se demanda pourquoi il avait lancé cette invitation. Après tout, il n’était pas obligé de faire ce genre de fête. Mais les vieilles habitudes ne s’oublient pas si facilement.

Lorsque quelques heures auparavant, il ne vit plus Fiona au bar, son cœur s’accéléra. Où est – elle passé ? Est – ce ces vipères lui avaient mis le grappin dessus et lui faisait passé un mauvais quart d’heure ?

Il était allé de pièce en pièce, l’angoisse au ventre. Il devait se résoudre à l’évidence. Il était attiré par elle. Après tout, pourquoi avaient – ils décidé qu’il n’y aurait pas d’échange de ce genre entre eux deux. Ils étaient tout deux adulte et bien portant. Et ils étaient mari et femme à la fin ! Au diable le contrat, au diable ce que les frères Scott penseraient de lui ! Il voulait Fiona de toutes ses forces.

Mais à ce moment là, elle était nulle part où il cherchait. Finalement, il s’était résigné à faire un tour dans le parc pour se calmer. Et c’était là qu’il l’avait trouvé : allongée dans l’herbe, comparable à une Déesse Grecque. Elle était magnifique, et une bouffée de désir le submergea de nouveau.

Il prit un plaisir fou à remettre Annette à sa place : il devra penser à mettre à jour le nom des personnes qui étaient autorisés à recevoir ses invitations. Surtout après ce qui s’était passé avec Marc et Amy.

« Je suis fatiguée, murmura – t – elle comme si elle attendait de lui la permission de ne plus danser. Ce qu’il lui dans les yeux de sa jeune femme le troubla. Elle avait peur de lui. Ce n’était pas une peur comme celle que les femmes qu’on bat ressente mais une peur née de la confusion, de l’incompréhension. Elle n’avait pas confiance en lui. S’il devait la conquérir, il allait devoir développer des trésors de gentillesse pour qu’elle lui fasse confiance.

-Je comprends. »

Il sembla à Fiona qu’il n’avait pas dit cette dernière phrase à la légère, ni qu’il parlait de la même chose qu’elle. Elle n’osait cependant pas le regardait. Durant l’heure qu’elle avait passé dehors, elle avait pris une décision : être docile, comme John, le voulait. Après tout 5 ans, ce n’était pas si long. Et s’il se désintéressait d’elle autant qu’il l’a fait ces derniers jours, elle n’aurait aucun problème à survivre à ce mariage.

John fit cependant quelque chose à laquelle elle n’était pas préparée. Il lui souleva le menton, et lentement rapprocha leur lèvres. Pour la deuxième fois de la soirée, il l’embrassa ; ou plutôt ils s’embrassèrent.


review please...dites moi ce que vous pensez...


© Copyright 2005 SitaTheLastVampire (FictionPress ID:432837).


Return to Top