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Le souffle du Diable
Où suis-je? J’ai vécu l’Holocauste? Je ne suis pas juive... Je ne suis pas juive!
Peu à peu j’ouvre les yeux... Et ce que je voie m’horrifie.
Je me souviens des quelques heures passées
Je n’ai pas vécu l’Holocauste. Mais c’est aussi pire... C’est même pire.
Je sens mon sang se glacer.
En fait, mon sang était déjà très froid.
On m’a baigné
Pendant des minutes entières,
Dans l’eau... Dans l’eau glacée.
On m’a violée
Des dizaines et des dizaines de fois.
On m’a blessée
Au couteau, à la cigarette
Au sel sur mes plaies.
On m’a battu
Jeux auquel ils se sont bien amusés
Mais avant tout, on m’a humilié. On m’a enlevé la vie.
Lentement, je me lève. Et je réfléchis. Difficilement
Je les vois, tous trois.
Ils dorment comme des enfants. Peut-être parce que s’en sont. Des adolescents.
Doucement, j’enlève les cordes pendant à mes poignets.
Puis je vais à ;a cuisine. Ils sont tellement gelé qu’ils n’entendent rien.
Lorsque je reviens, je n’ai plus aucuns doutes
Le premier coup porté atteint une main. Le sang gicle.
Et ce putain de connard gémit...
Puis sa seconde main.
Il plisse les yeux.
Je vais voir le second. J’entrouvre son pantalon et en sort son pénis.
D’un coup sec, je le tranche. C’est l’extase! Le bonheur est trop bon...
Cet enfoiré gémit à son tour.
Chaque doigt de ses deux damnées mains y passent. L’un... après… l’autre...
Puis je me dirige vers le troisième. Je n’éprouve plus aucun sentiment...
Mon visage est empreint d’une sérénité effrayante.
Je commence par lui cisailler les deux poignets.
Puis je goûte
Doucement, je goûte à ce divin sang.
Puis, mue d’une force nouvelle, un premier coup de couteau est offert.
Et un second.
La lame est mon remord. Elle est ma culpabilité. Je l’enfonce jusqu’à la toute dernière fois, au dix-septième coup porté.
Dix-sept ans de ma vie, à avoir élevé cet enfant.
Je goûte plus que je ne sens mes larmes couler.
Je regarde une dernière fois mon fils.
Puis je me cisaille a mon tour, et me goûte.
Aussi divin que le sien...
Cette souffrance, je l’accepte finalement.
Puis, quelques minutes avant de sombrer, j’entend.
J’entend son dernier souffle.
Le souffle du Diable.
Celui que j’ai engendré.
Celui que j’ai aimé.
Puis... Celui que j’ai tué.