|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Les yeux fermés
De ses yeux, elle m’observe. Elle semble me crier l’agonie. Ses mots ne sortent pas de sa bouche, sa gorge n’émet plus aucun son compréhensible... Qu’un souffle rauque qui semble demander pardon. Qu’un souffle rauque, pour nous donner une version. Sa version. Qui semble nous dire... On ne choisit pas de mourir, se sont les circonstances qui amènent la mort. C’est le mal. L’hypocrisie des humains. C’est la haine. C’est le chagrin. C’est toi. C’est moi. C’est le camion. C’est les poumons. Ce n’est pas de dire ‘Aujourd’hui, je meurt!’. C’est de comprendre la vie et tout ses côtés, bons et mauvais. Sous son regard inquisiteur, accusateur... Je ferme les yeux. Comme tout les humains, je choisit d’oublier. D’oublier la souffrance d’autrui, la pauvreté, la famine, la guerre, le viol... Mais à quoi bon?... À quoi bon? Je me dirige vers cette clocharde, assise, seule, sur ces marches salles et froides. Je m’assoie à ses côtés. Et sur son visage, je vois un semblant de sourire… Elle semble dire, communiquer, avec son regard, la vie. Sa main dans la mienne, j’entend son dernier souffle, son soupir, son dernier chant. Son âme s’envole vers un monde où il fera bon de vivre, où elle ne sera pas ignoré de tous, où son opinion représentera quelque chose pour quelqu’un, où on lui accordera une seconde chance. Là où la présence de Dieu est bonne. Où elle est vrai.