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Fiction » Fantasy » Je donne ma vie font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Mayb3L
Fiction Rated: K+ - French - Drama - Reviews: 3 - Published: 04-24-05 - Updated: 05-12-05 - id:1894502

MAY

Chapitre troisième... Je comprendrai

Plusieurs semaines s’écoulai, durant lesquelles Tristan et moi eûmes beaucoup de difficultés. Mais depuis sa nuit en enfer, il n’avait plus touché à aucune drogue. J’étais très fière de lui.

Je passait toute mes soirées avec lui, et le jour, je retournais à Lallti. La mère n’est jamais au courant de ce que nous faisons. Le père y porte un peu plus d’attention. Il me demanda, un jour de printemps. Gaïa faisait fleurir ses arbres. C’était tout simplement magnifique.

Cette journée là, je me rendis dans la demeure du père et y dînai. Amandine en sortait lorsque j’y entrai. Je m’assit sur un des canapé couleur noisette et pris un cookie au gingembre sur la petite table posé devant moi. Amandine venait sûrement lui en avoir apporté, c’est une de ses grandes spécialités.

J’attendis 5 minutes. Le père sortie de la pièce d’à côté au moment où mon regard se portait sur cette porte.

‘-Comment vas-tu Maybel?, me demanda-t-il avec beaucoup d’affection.

-Tout vas bien pour moi. Et pour vous?

-Ho! Je commence à me faire vieux! Je n’ai plus les premiers siècles tu sais...’

Effectivement, il n’avait plus les premiers siècles. Son corps commençait peu à peu à vouloir ressentir le repos, infini soit-il. Sa peau devenait, semaine après semaine, de plus en plus mole, ridée, pâle... Ses cheveux, devenu gris, s’éparpillait par ci par là, laissant voir la pâleur de son crâne. Chauve, il paraissait encore plus vieux. Ses jours étaient comptés.

‘-Et avec l’Humain, ça va ma chérie?’

Je lui souris. Toujours aussi attentif.

‘Oui. C’est difficile mais ça va. Il me demande beaucoup, mais je suis heureuse de lui donné., lui répondis-je avec joie. Bientôt, il sera bien.

-Oui, il pourra continuer seul...’

À son ‘continuer seul’, mon cœur manqua un battement. Non, je ne voulais pas. Je voulais rester avec lui, être là pour lui, qu’importe s’il était sauf... Ses moindres petits problèmes m’importait! Père continua tout de même de parler, ne remarquant pas mon trouble...

‘-May, j’ai pensé à quelque chose.’

Il prit une longue pause puis s’assit devant moi, sur un autre canapé noisette. Ses jambes avaient de plus en plus de mal à le supporter.

‘-Tu sais bien, tout comme moi, évidemment, que mes jours finissent. Il faudra quelqu’un pour prendre ma place. Pour veiller sur les enfants. Et sur les Humains. Pour gérer Lallti. Avec ta mère.’

J’acquiesçai.

‘-J’ai pensé que tu serais la personne idéal. Pour reprendre mon rôle.’

J’étais estomaqué. J’étais amoureuse d’un Humain et Père me demandait d’hériter. D’être la personne ressource de Lallti. Moi, Maybel, elfe de seulement deux siècles... Amoureuse...

Je le regardai, les yeux gros comme des 25 cents.

‘-Je crois que tu serais bonne pour ce rôle. Tu es forte et bonne. Tu es généreuse.

-Mais pourquoi ne pas demander à quelqu’un de plus âgé? Avec plus d’expérience?

-May, tu sais très bien que tu as énormément d’expérience, peut-être même plus que des gens âgés de 5 siècles... Tu sais y faire. Tout le monde t’aime... Il arrive même que, lorsque tu pars, ils te réclament encore. Tu le sais bien, chérie.’

Jusqu’à présent, je ressassais le passé. Maintenant, je dois aller de l’avant...

Je regarde père et approuve. Je sais que je pourrais remplir facilement ce rôle, mais les conséquences concernant Tristan m’inquiètent. Évidemment, personne ne sait que je l’aime... Personne ne doit le savoir. C’est trop dangereux pour moi.

‘-Père, je me sens capable d’une telle tâche. Je sais que j’en ai le potentiel. Mais me laisseriez-vous réfléchir quelques temps à propos de cette décision? Disons que c’est assez important...

-Bien sûr ma chérie. Bien sûr. Je ne veux pas te mettre la pression. Prend ton temps. Mais tu es au courant...

Oui.’ Le coupai-je subitement.

Oui, je sais qu’il va bientôt partir, mourir, comme disent les humains. Et ça m’est insupportable. Mais je sais que Gaïa fait ce qu’elle croit bien pour notre monde.

Je me lève lentement et vais embrasser Père sur sa joue toute ridé. La mollesse de la peau est surprenante. En sortant de la pièce, je jette un dernier regard à mon créateur, lui rend son sourire et part, une larme coulant lentement sur ma joue lisse, et rosée.

Dans le couloir qui s’étant sur plusieurs kilomètres, j’entend Sariette qui hurle de joie, Damien dans ses bras. Il lui a probablement donné sa vie. Comme j’aimerais faire de même pour Tristan. Je ne sais pas quoi faire... Je ne sais plus quoi faire. J’entre dans ma pièce et m’étale de tout mon long sur le lit. Tant que je ne lui aurai pas dit Je t’aime, je suis sauve. Rien n’est officiel. NI nos ébats, ni nos baisés, ni nos regards... Rien n’est prouvé. Il me l’a dit des tonnes et des tonnes de fois, alors qu’il manquait de rechuter. Et je lui ai donner des tonnes et des tonnes de fois le même sourire, le même regard, qui signifiait les mêmes mots. Que faire...

Finalement, je sort pour me rendre dans la chambre de Sariette. En diagonale à la mienne, je vois sa porte rose chewing-gum entre-ouverte.

En entrant, la couleur des murs, jaunes serins, me redonne un peu la foi. J’ignore pourquoi, mais le jaune m’a toujours réconforté, un peu comme le rouge. Peut-être parce que j’erre dans cette pièce aussi souvent que dans la mienne, avec Sari. Assise sur son lit, elle tripote une fleur. Une marguerite, d’un blanc immaculé. Sa fleur favorite.

Elle me regarde en souriant, heureuse comme jamais. Son regard reflète la bonté de vivre, ses cheveux blond ont même l’air de nous hurler une joie indéchiffrable.

‘-Il m’a donné sa vie. Tu te rends compte May? J’attends cela depuis au moins trois années. Trois longues années, qu’il prenne enfin sa décision! Je suis si heureuse!

-Ho! Sari!, commençai-je en pleurant. Je suis si heureuse pour toi!’

C’était vrai... Mais j’étais si jalouse. Je lui en voulais, d’avoir pu trouver le bonheur ici. Alors que moi, mon bonheur, il se trouvait a des millions de kilomètres de mon cœur, de mes lois, de ma vie... Comme je l’enviais.

‘-Sari, je suis tellement heureuse pour toi., continuai-je en reniflant un brin. Si tu savais...’

Elle me regardait, avec ses océans bleus, dans chacun de ses yeux. Comme elle est belle, me dis-je soudainement. Oui, Sariette est d’une beauté incontestable. D’une franchise intarissable. Et d’une loyauté implacable.

‘-Sariette... J’ai un petit ennuie.

-Quoi? Avec quoi, mon lapin au sucre?’

Je lui souris gentiment. C’était mon petit nom, à cause de mes cheveux roses bonbons.

‘-Sariette., commençai-je aussi sérieuse que me le permettait mes yeux bouffit. Je suis amoureuse.

-Non... Non non non... NON!’

Elle paniquait la pauvre. Au dernier non, elle s’était brusquement levé, me regardant comme un être difforme, qui n’a pas sa place ici... J’étais très mal.

‘-Tu sais très bien que tu n’en n’as pas le droit! Espèce d’idiote! Tu perdras tout! Tout! Arrête ça et va-t-en.

-Sariette. Essaies de me comprendre... Sari. Écoute. Il est si...

-Ils sont tous si... Ils ont besoin de nous. Nous sommes là pour les aider. Point. Tu ne dois pas tomber amoureuse d’eux! Ce sont des Hommes! Les Hommes ne nous apporteront jamais rien!

-Sari. Arrête. Je l’aime. Et je suis prête a tout perdre.

-Et s’il arrêtait de t’aimer? Et s’il se lassait de toi? Que ferais-tu, May?

-Alors, je vivrais comme eux...’

Je jette un regard à la plante araignée à mes côtés. Comme je l’envie, elle aussi. Aucun décision à prendre. Rien à espérer. J’en déchire doucement une feuille et commence à la grignoter.

‘-Fais comme tu veux, mais ne viens pas te plaindre le jour où les parents le découvriront, où tu sera bannis... Quand tu seras mortelle.’

Je sens plus que je ne ressent la larme qui coule sur mon visage, se traçant un chemin jusqu’à mes lèvres. D’un coup de langue, je l’avale. Je me lève doucement, jette un dernier regard à Sariette et me dirige vers ma chambre. Je sais qu’elle ne pouvais pas dire autre chose que cela. Je sais qu’elle s’en veut. Je sais tout cela. Je sais aussi que j’aurai un immense choix à faire. Le choix qui prédira mon futur.

Je m’étend sur mon lit pour finalement sombrer dans un sommeil profond, aux abords même du coma. Le coma est très fréquents chez nous. Il nous permet de nous rétablir comme il le faut, de bien se remettre.

Je ne rêve à rien. Qu’un noir immense et une mauvaise impression qui m’assaille. La pire impression qu’un être vivant puisse ressentir. La trahison. Je me réveille en sursaut, en hurlant son nom... Comment... Pourquoi? C’est finit maintenant... Je n’ai même plus de choix à faire. Mon cœur se serre peu à peu, je vide toutes les larmes que mon pauvre corps a. J’ai des envies meurtrières. Oui. J’ai envie de le tuer. De le tuer de m’avoir ainsi trahit. Oui. De s’être à nouveau empoisonné. Le désir... La tentation... Nous avons tous des choix à faire dans la vie! Pourquoi a-t-il fait celui-ci? Pourquoi m’a-t-il ainsi abandonné?

Si j’étais irrationnelle, si j’étais humaine, si mes sentiments contrôleraient mon cerveau, si je ne serais pas retenu par deux bras frêles, ceux d’une meilleure amie, qui est là pour nous, je me trancherais les veines et je regarderais avec délices le sang couler lentement de mes doux poignets.

Cette overdose ne l’a pas seulement tuer lui... Mais moi aussi...

Plus tard, je comprendrai probablement que son corps avait autant besoin de cette drogue que moi j’avais besoin de lui. Plus tard, je comprendrai certainement qu’il en avait trop consommer, de crainte de devoir le refaire lorsque je serais près de lui. Plus tard, je comprendrai avec chagrin que tout ce qu’il avait fait était pour moi, et qu’il avait pensé un seul instant à lui. Pour l’instant, la seule chose dont je comprend, c’est la trahison dont j’ai été victime. Une trahison d’amour...

Fin de MAY...


Merci à Petale de Lune pour sa gentille review! J'ai été très touché et très heureuse de te lire! : ) Merci encore! J'espère que tu apprécieras la dernière partie de MAY. Celle de Sariette devrait suivre bientôt.

Beezu : )
Maybel ; P



© Copyright 2005 Mayb3L (FictionPress ID:429803).


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